Fashion Week : rencontre avec Philippe Uter, le styliste des stars

Après des études à l’école Saint Laurent, une collaboration avec Lagerfeld et des shootings pour les plus grands magazines de mode, Philippe Uter exerce aujourd’hui son art sur les tapis rouges d’Hollywood.

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Philippe Uter : la carrière du styliste français en quelques looks

1 - Philippe Uter : la carrière du styliste français en quelques looks

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Philippe Uter : les tapis rouges s’arrachent le styliste français

2 - Philippe Uter : les tapis rouges s’arrachent le styliste français

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Hollywood : la success story mode du styliste Philippe Uter

3 - Hollywood : la success story mode du styliste Philippe Uter

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Los Angeles, Londres, Milan, New-York… Quelque 160 Fashion Weeks viennent conclure l’été partout dans le monde. La dernière, et non pas des moindres, se déroule à Paris du 26 septembre au 4 octobre.

Dior, Chanel, Louis Vuitton, Chloé, Balenciaga, les plus grandes maisons de mode seront représentées toute la semaine à l’occasion de défilés où mannequins, couturiers de renom et stars se croiseront. Parmi eux, le styliste Philippe Uter.

De Sarreguemines à Hollywood

Philippe Uter / Brefunefille

Depuis son arrivée en Californie, en 2014, son nom circule sur les tapis rouges d’Hollywood. De plus en plus de stars américaines se l’arrachent pour faire sensation sur les podiums ou lors de la montée des marches.

Ses atouts ? Son sens du détail, son style sobre et chic mais aussi son humilité : « Je sais d’où je viens. Je côtoie un monde de paillettes, mais ceux qui me ramènent constamment sur terre, ce sont mes amis et ma famille, qui comptent plus que tout pour moi », confie le jeune homme qui a grandi en Moselle.

« Je suis né à Sarreguemines et, déjà à l’âge de 4 ans, je savais que je voulais travailler dans la mode », se souvient-il. Le premier défilé qu’il a vu à la télévision est celui d’un certain Yves Saint Laurent.

« Bien des années plus tard, c’est son école que j’ai choisie pour faire mes études de mode, dans l’objectif de devenir couturier. » Mais, au bout de plusieurs mois, le Mosellan passionné de mode se rend compte que concevoir des habits ne l’intéresse pas. Ce qu’il veut, c’est créer des styles.

Il travaille alors avec de nombreux stylistes comme Karl Lagerfeld ou Monica Pillosio puis devient assistant de magazines de mode à Paris.

« J’aime beaucoup imaginer des univers pour des shootings photo. Un peu comme un réalisateur de cinéma », explique-t-il. Après un passage à “Vogue France”, il devient, à 25 à peine, le rédacteur en chef de “So chic”. Ensuite, Los Angeles lui tend les bras.

La mode pour créer une identité

« Je travaille un peu moins pour des magazines aujourd’hui, mais j’aime bien varier les plaisirs », ajoute Philippe Uter, qui se consacre de plus en plus à sa nouvelle passion : les tapis rouges.

“Je sais d’où je viens. Je côtoie un monde de paillettes, mais ceux qui me ramènent constamment sur terre, ce sont mes amis et ma famille”

Ses tenues font régulièrement sensation à Cannes, pour les Golden Globes ou les Oscars. Parmi les stars qu’il habille : Milla Jovovich, Karolina Kurkova, Teri Hatcher ou encore Noah Schnapp, l’une des stars de la série “Stranger Things”.

« Généralement, je travaille dans l’urgence avec des délais très courts. Mais c’est suffisant pour cerner une personnalité », détaille le styliste. Et d’ajouter : « Il y a un premier contact. Je propose ensuite les tenues selon la personne et l’événement. Et il y a un déclic. Ensuite, c’est une question de bouche à oreille ».

Et l’impact de la mode, alors ?

Son plus grand rêve : habiller une célébrité pour le MET Gala, l’événement mode par excellence qui se déroule chaque année dans la grande pomme. Pour l’édition 2022, l’influenceuse française Lena Mahfouf a été invitée – une première.

Philippe Uter utilise justement beaucoup les réseaux sociaux pour mettre en avant son travail. Mais selon lui, cela a des limites : “Il ne faut pas oublier que les réseaux sociaux véhiculent des images parfois, souvent même, erronées sur le style, sur les corps aussi.”

A N N O N C E

Au-delà de la question de la représentation du corps, il y a celle des modes de consommation. Dans une récente tribune, plusieurs étudiants de grandes écoles ont appelé les influenceurs à promouvoir des modes de vie plus durables. “Je pense que le ver est dans la pomme. Instagram tel qu’il existe n’est pas vraiment compatible avec ça. Il faudrait imaginer d’autres réseaux sociaux ou qu’émergent d’autres types d’influenceurs”, ajoute-t-il.

Quant à la question de savoir si la mode prend en compte les enjeux écologiques – une des industries les plus polluantes – Philippe Uter se dit optimiste : “Il y a énormément de marques qui intègrent la question, qui travaillent sur des méthodes écoresponsables, il y a des cuirs de pomme par exemple qui sont magnifiques…”.

Mais il relativise : “Il y a des matières comme la soie qui ont un rendu impeccable sur un corps… et malheureusement, pour l’heure, aucun substitut ne donne la même chose. Dans mon travail, si j’ai la possibilité de promouvoir cet engagement, je le fais, mais ce n’est pas évident à chaque fois”, conclut-il. Après la Fashion Week de Paris, Philippe Uter assistera à la Vegan Fashion Week de Los Angeles.