Aurélie Delmas, l’artiste sophrologue aux multiples visages

Elle a plusieurs facettes qui se nourrissent les unes les autres. Thérapeute, modèle, performeuse, créatrice de bijoux, la jeune femme est l’exemple même que vie et carrière ne sont pas linéaires.

Podcast

Aurélie Delmas : un grand tout

1 - Aurélie Delmas : un grand tout

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Aurélie Delmas : un parcours foisonnant

2 - Aurélie Delmas : un parcours foisonnant

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Aurélie Delmas : l’histoire d’une résilience

3 - Aurélie Delmas : l’histoire d’une résilience

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À 22 ans, Aurélie Delmas débarque à Paris avec sa petite valise et des rêves plein la tête. Elle vient pour un job de chargée de production dans le monde de la musique. Elle travaillera des années auprès d’Ibrahim Maalouf.

En parallèle, elle se met à l’effeuillage burlesque, au cabaret new burlesque, ce qui la mène à collaborer avec des groupes, notamment Mass Hysteria, pour lequel elle réalise une performance au Trianon de Paris, qui marque un pas dans sa carrière, une performance qui fait encore référence aujourd’hui. Cette collaboration lui ouvre alors de nombreuses portes dans le milieu. Elle tourne ensuite un clip pour Cachemire, la reprise de “La nuit je mens”, d’Alain Bashung. 

Plusieurs vies qu’elle mène de front, jusqu’au burn-out : “Je n’avais plus de vie”. Elle est forcée de freiner. “C’est là que j’ai découvert la sophrologie, qui m’a permis de devenir autonome dans la gestion de mes maux, de mon anxiété, mes troubles du sommeil”, raconte-t-elle. “Et puis, juste avant le confinement, j’ai eu la bonne idée de me dire “et si c’était le moment de changer de vie ?” Et me former pour pouvoir transmettre cette méthode qui m’a permis de sortir la tête de l’eau”.

Modèle, créatrice…

Aurélie Delmas reprend ses études à l’Institut français de la sophrologie à Paris, puis ouvre son cabinet à l’été 2021 à Bordeaux. Aujourd’hui, elle est principalement thérapeute et hypnothérapeute, même si son côté artistique ne l’a pas quittée pour autant. “À côté, je garde des shootings en tant que modèle avec, toujours, comme éthique, de travailler dans le Made in France, comme avec Flibustier, et je crée des bijoux à base de fleurs, Les fleurs de Woo“.

Un parcours qui peut paraître foisonnant et pourtant, “tout fait lien, tout fait sens. Je me nourris de différents univers qui m’enrichissent et me permettent de me retrouver. Si je ne faisais que de la thérapie, je me laisserais envahir par tout ce que je reçois de la part des patients. Le fait d’avoir différentes facettes, ça me permet de me recentrer et d’être, je pense, performante dans tout ce que je fais. J’ai trouvé un ancrage et je me sens alignée.” 

Pour elle, ce qui est important, en plus de la création, c’est de pouvoir partager. “Partager les expériences, partager ce qui me fait vibrer. Quand les gens choisissent un thérapeute, on choisit pour les diplômes, pour les spécialités, mais on choisit aussi pour l’humain. Chaque personne est singulière et va pouvoir, en plus de la méthode qu’il transmet, faire passer l’ineffable, la “vibe”, qui va donner envie de continuer à pratiquer ou à venir voir la personne. Un grand tout.” 

“J’accompagne en sophrologie des gens que j’ai côtoyés dans l’univers du spectacle. C’est aussi un beau lien que je fais avec ma vie d’avant”

Aujourd’hui, Aurélie Delmas accompagne des personnes en maladie longue, est spécialisée dans la gestion de la douleur, des troubles du sommeil, des troubles sexuels. Elle utilise aussi l’hypnose pour approfondir certains protocoles de sophrologie et dans l’accompagnement du sevrage tabagique. 

Elle garde le lien aussi avec ce monde de la musique qu’elle a si bien connu. “J’accompagne en sophrologie des gens que j’ai côtoyés dans l’univers du spectacle. C’est aussi un beau lien que je fais avec ma vie d’avant. On peut se servir de la sophro en préparation scénique pour appréhender ses émotions, gérer son stress. Le stress, ça peut être très bénéfique, ça porte, mais il faut éviter de le transformer en trouble anxieux, en angoisse incontrôlable. Donc je trouve vraiment un sens entre mon avant et la vie que j’ai maintenant.” 

Tu peux rayonner

À travers son activité de modèle qu’elle poursuit, elle voudrait aussi pouvoir permettre aux femmes qu’elle accompagne de travail sur la réconciliation avec leur corps.” Peu importe le physique, peu importe les expériences de vie, tu peux rayonner, tu peux être belle en t’assumant. La sophrologie c’est l’harmonie corps/esprit, c’est la gratitude envers ce corps qui te porte. À travers le travail photographique, tu peux trouver un moyen de réappréhender ton schéma corporel, te réconcilier avec et te voir d’une autre manière. J’ai la chance d’avoir pu guérir de tout ce que j’ai vécu dans mon adolescence, via le travail photographique, puis via la sophrologie.”

Chenille devenue beau papillon, Aurélie Delmas a su sublimer ce corps qui l’a tant meurtrie plus jeune. “Au collège, je portais un corset pour une scoliose, j’avais un appareil dentaire, j’étais piquée aux hormones de croissance pour grandir. J’ai vécu un harcèlement physique et moral de ma 6e à ma 4e. Puis, je me suis retrouvée avec un corps de femme. Je ne savais pas du tout comment le gérer. La photo, j’y suis arrivée par pur hasard, pendant mes études à Arles, l’ENSP, l’Ecole nationale supérieure de la photographie, qui cherchait des modèles et on m’a proposé, en m’arrêtant dans la rue, de poser. J’ai vraiment fait de la photothérapie. Je me suis réconciliée avec mon corps, je l’ai redécouvert, j’ai découvert ma féminité, ma sensualité. Dans le futur, c’est quelque chose que j’aimerais transmettre aux femmes.”  

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