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L’écosystème Darwin à Bordeaux accueille la nouvelle édition du festival Climax du 15 au 17 septembre. Cet événement a été créé « un peu avant la COP 21 à Paris, explique Philippe Barre, fondateur de Darwin et de l’événement. Parce que l’urgence écologique et climatique était présente, mais les océans n’étaient pas à la table des négociations. Alors, avec la Surfrider Foundation, on a décidé de mettre la pression sur ce thème-là, mais on voulait le faire de façon festive. La première édition s’appelait Océan Climat. De toute façon, on le voit bien à l’écosystème Darwin, quand on met au cœur la culture, l’art, la communion, on arrive à beaucoup plus rassembler les gens ».

Une programmation qui “Resist”

Plus de 20 000 festivaliers devraient assister aussi bien aux conférences gratuites qu’aux concerts qui se tiendront sur trois jours. Cette année, toute la programmation est tournée autour du thème « Resist ». Une pléiade d’intervenants hétéroclites seront présents pour illustrer les différentes formes de résistances à travers le monde.

Les festivaliers pourront notamment compter sur la présence de Paul Watson, fondateur de Sea Shepperd, mouvement international de défense des océans. Barbara Glowczewski, directrice de recherche au CNRS en anthropologie sociale, participera de son côté à une table ronde sur les alliances sororales pour défendre le vivant. Fatima Ouassak, militante écologiste, féministe et antiraciste française, s’exprimera quant à àl’occasion de la tribune “Écologie pirate et quartiers populaires”.

“L’union fait la force”

Une phrase de l’affiche cette édition résume bien l’esprit du festival : « Nous sommes le vivant qui se défend ». « Aujourd’hui, il est temps de montrer que nous ne laisserons pas faire les dynamiques délétères d’exploitation du vivant à outrance. Pour cela, nous pensons qu’il faut donner envie aux gens de s’impliquer, de se relever les manches. Quelquefois, on a tendance à se dire que c’est perdu d’avance. Donc il faut trouver du courage et, pour trouver du courage, rien de mieux que d’être ensemble », soutient Philippe Barre.  

Preuve que cette action a de l’impact, les messages de sensibilisation diffusés au fil des éditions sont entendus. « J’ai croisé un papa qui m’a dit : « “Mon fils est venu au festival Climax il y a quatre ans et il a radicalement changé sa vision du monde.” Et des témoignages comme ça, depuis huit ans, j’en ai peut-être reçu une cinquantaine ou une centaine. J’en suis fier ».

Évoluer dans l’industrie musicale tout en réduisant son impact environnemental, c’est possible. En effet, Music For Planet fait partie de ces associations qui œuvrent à sensibiliser sur ces questions. Elle fait d’ailleurs partie des lauréates 2023 des meilleures jeunes associations élues par la mairie de Bordeaux.

Créée il y a deux ans dans la capitale girondine, la structure associative agit à une plus grande échelle. Il y a une cinquantaine de membres actifs dont des professionnels de l’industrie de la musique, des experts de l’engagement environnemental, des scientifiques, des entreprises et des particuliers. Music For Planet est le résultat de la réflexion de cinq personnes pendant les périodes de confinement.

La musique pour parler écologie

« On travaille tous sur les enjeux de développement durable, explique Benjamin Enault, président-cofondateur. On partait tous du constat que, sur ces sujets, les choses n’avaient pas tant changé que ça. Et c’est très technique avec des chiffres, des rapports, etc. parfois plombant. On s’est dit qu’il valait mieux inventer un nouveau récit, enthousiasmant. » Les fondateurs de Music For Planet ont décidé, afin que les discours soient plus audibles, qu’ils soient portés par des « influenceurs du monde du sport ou des réseaux sociaux. Par opportunisme, ça a été la musique. Pour que demain des artistes parlent plus d’écologie et éveillent les consciences auprès de citoyens », dit-il.

Pour mener à bien son projet, l’association s’est donné trois missions. Tout d’abord, mobiliser les professionnels du secteur, puis les aider à réduire leur impact environnemental. « C’est une industrie qui a une activité économique avec son propre impact environnemental, souligne le cofondateur. Il doit aussi faire sa part. On s’est rendu compte qu’il y avait une demande pour produire un CD ou un concert responsable. » Enfin, Music For Planet souhaite lever des fonds grâce à la musique, notamment lors d’achat de billet de concert. Ils seront reversés pour soutenir des projets d’associations environnementales.

Réduire son impact

En ce qui concerne l’impact de l’industrie musicale, l’action se place à différents niveaux. « On déplace du matériel, des gens aussi. Après, ça dépend si c’est un festival local ou pas. Le public se nourrit sur place aussi. On utilise du numérique, explique Arthur Lecercle, cofondateur. La musique va être l’interface pour transmettre des messages. On va leur parler des empreintes de numérique, de merchandising, de mode… » Afin d’aiguiller aussi bien les acteurs de l’industrie musicale que le public, Music For Planet a donc écrit un livre blanc. Ce dernier recense les pratiques en respect avec la Terre, que l’on peut appliquer en fonction de multiples situations : si on est spectateur, si on écoute de la musique depuis chez soi, si on est un studio…

« On a envie de déployer cet outil de sensibilisation lors d’événements musicaux. Ça permet aussi de montrer aux gens que le gros de l’empreinte n’est ni la data ni le streaming, mais bien autour du fait que l’on fabrique trop d’équipements. Qu’ensuite, on jette au lieu de recycler. On utilise la musique comme prétexte, car les gens n’ont pas nécessairement conscience de tout cela. Et elle est puissante pour ça », conclut Arthur Lecercle.

Eudoxie se reconnecte à la nature dans son petit jardin, à Blanquefort, près de Bordeaux. Son métier la scotche à son ordinateur. Son potager et ses fleurs lui donnent la bouffée d’air nécessaire à son équilibre. Si elle a toujours eu un lien avec la nature, elle a réellement commencé à jardiner il y a quatre ans. C’est-à-dire quand elle a eu suffisamment de surface pour se faire plaisir.

Petit jardin
© Omar Mahdi
Petit jardin
© Omar Mahdi

Ni sa taille modeste ni son emplacement (dans un lotissement) ne l’ont découragée. Au contraire, elle y a vu l’opportunité de créer une oasis de biodiversité. Et aussi la possibilité de faire pousser des choses qu’elle ne trouve pas forcément dans le commerce.

Tomates en fête !

Petit jardin
© Omar Mahdi
Petit jardin
© Omar Mahdi

Car si elle n’est pas encore autonome, les premières réussites de son petit jardin sont prometteuses. Par exemple, les tomates, dont la variété Ananas a vite trouvé sa place dans les assiettes de la petite famille. Et notamment celles de ses deux jeunes garçons à qui elle fait découvrir de nouvelles saveurs. Si elle est fière de ses poivrons, elle a eu moins de chance avec ses courgettes…

Partage et inspiration

Mais elle ne va pas renoncer pour autant. Avide d’en apprendre toujours davantage pour progresser, elle trouve des conseils dans les magazines, les livres et sur Internet.

Petit jardin
© Omar Mahdi
Petit jardin
© Omar Mahdi

Sans oublier Instagram où je l’ai dénichée grâce aux photos de son petit jardin qu’elle poste régulièrement. Pour elle, le réseau social est autant une mine de conseils qu’une source d’inspiration. Et le meilleur moyen de partager sa passion sans « saouler » son entourage !

Les jus sont bio, naturels, pétillants, fabriqués à partir de fruits et de plantes. La marque Unaju a été créée à Bordeaux par deux ingénieurs agronomes Marion et François Delmas Saint Hilaire. L’idée a émergé en 2015.

« À cette époque, nous nous rendons compte que de plus en plus de personnes ne souhaitent pas boire d’alcool à l’apéritif et se retrouvent à boire des jus classiques trop sucrés ou des sodas chimiques. L’idée était donc d’apporter une alternative finement pétillante, bio et naturelle », explique François Delmas Saint Hilaire. 

La bio, une évidence 

À partir de là, les deux jeunes diplômés se lancent dans la cuisine de leurs parents. Ils élaborent un process et créent la société Manufacture Bordeaux. « Les fruits sont pressés, les plantes infusées. Nous ajoutons un sucre extrait de raisin bio, des bulles. Il n’y a pas de colorant, pas d’additif, pas de conservateur, pas d’arômes. Nous nous sommes naturellement tournés vers la bio », insistent-ils.

Douze parfums sont aujourd’hui disponibles : fraise/basilic, mandarine/romarin, citron vert/gingembre ou encore abricot/thym. 

Un rapprochement pour mieux se développer

Après 7 ans d’activité, une nouvelle étape s’est ouverte en octobre 2022. Vitamont, filiale du groupe Léa Nature spécialisée dans les jus de fruits bio, est devenue l’actionnaire majoritaire de Manufacture Bordeaux. La société bordelaise bénéficie dès lors de la force de frappe commerciale, logistique et financière de Vitamont. « Les perspectives sont bonnes », confient les fondateurs de Manufacture Bordeaux qui réfléchissent à de nouvelles innovations. 

« Dans ce secteur, pour sortir du lot, il faut innover. Nous étions très innovants à l’époque. C’est aujourd’hui de moins en moins original. Nous travaillons donc à de nouvelles innovations », confie François Delmas Saint Hilaire qui n’en dira pas plus.

400 000 bouteilles de boissons Unaju ont été vendues en 2022. 

Au 4 rue des Douves, dans le quartier Saint-Michel, à Bordeaux, est installée depuis 2019 la première laiterie urbaine et bio de la capitale girondine : La laiterie Burdigala. Une référence à l’ancien nom de la ville. Dans cet établissement, des fromages italiens tels que la mozzarella la burrata sont confectionnés sur place. Ce qui fait la particularité du lieu : il est un trois en un.

En effet, l’atelier de fabrication, visible depuis l’extérieur, jouxte l’espace boutique. Il est aussi possible de s’y restaurer. À l’origine de ce projet, deux femmes :  Chloé Allano et Claire Bouyssou. Aujourd’hui, cette dernière est seule à la gestion de la laiterie.

Photo Jennifer Biabatantou/AirZen Radio

« Toutes les deux, on travaillait dans le vin. Après quinze ans de bons et loyaux services, on avait envie de donner un second souffle à notre vie professionnelle. On est des grandes fans de mozzarella et écolo, mais ça me faisait mal d’acheter des produits importés et emballés dans du plastique, explique Claire. On voulait aussi dire à nos enfants qu’on a essayé de changer les choses pour l’environnement. » Par ailleurs, si les deux femmes se sont associées, c’est aussi dans une volonté de réintroduire les métiers de bouche en ville. « La dernière laiterie à Bordeaux a dû disparaitre dans les années 90 », explique-t-elle.

Les deux ex-associées se sont donc formées, notamment auprès de Sara Lacomba, Italienne. Elle a créé la première laiterie urbaine en France.

Un travail de sourcing des produits

Photo Jennifer Biabatantou/AirZen Radio

Une fois formées, un long travail de recherche a commencé pour trouver le fournisseur de leur matière première : le lait. N’ayant pas trouvé leur bonheur en Gironde, où le monde agricole est majoritairement dominé par le vin, elles se sont rabattues en Charente, à 70 km de la laiterie. Elles ont ainsi rencontré Julien, qui a repris la ferme familiale, avec qui les valeurs coïncidaient. Car Claire et Chloé avaient certaines exigences. Que le lait soit bio, que les vaches soient de race jersiaise ou normande, « parce qu’elles font du lait très gras ». L’alimentation des bêtes rentrait aussi dans l’équation.

Photo Jennifer Biabatantou/AirZen Radio

Le lait est récupéré deux à trois fois par semaine en printemps et en été. Une fois en hiver. « Comme nous notre activité principale est la mozzarella et la burrata, et que les gens assimilent ces fromages à la tomate et l’été, on n’en vend plus lors de la saison estivale. Mais il faut savoir que si on se cale sur le cycle de la vache, la saison du lait est au printemps, explique Claire. Elles retournent alors dans les champs, avec des herbes qui prennent le soleil et sont gorgées de chlorophylle. Les beurres sont alors bien jaunes et on fait les meilleurs fromages. »

Par ailleurs, la laiterie Burdigala propose des ateliers pour faire soi-même sa mozzarella et sa burrata.  

Le 7 juin dernier à Paris, La Tablée des Chefs avait mis les petits plats dans les grands. Il faut dire que l’association organisait sa deuxième finale nationale des Brigades Culinaires de France. Un concours sur le mode de “Top Chef”, qui regroupait la crème de la crème. C’est-à-dire les meilleures équipes de collégiens, les meilleures brigades culinaires de France. Forcément, comme tout concours, il n’y a qu’un vainqueur.

Pour cette édition 2023, quatre équipes se sont donc donné rendez-vous au pied de la tour Eiffel à Paris. La région Ile-de-France était représentée par la ville de Poissy. La Nouvelle-Aquitaine par Bordeaux. Le Grand-Est par Strasbourg. Et la Normandie par une équipe venue de Granville. Le stress est monté d’un cran au tout début du concours, quand le président de La Tablée des Chefs, Vincent Brassard, a pris la parole pour expliquer les enjeux de cette finale.

La Tablée des Chefs
La Tablée des Chefs

La tension est encore montée d’un cran quand, cette fois, la présentatrice météo et maîtresse de cérémonie Chloé Nabédian, a présenté aux finalistes les épreuves du jour. Ils avaient un peu plus d’une heure pour sortir un plat, décliné en trois assiettes identiques, et le présenter aux membres du jury. Un jury qui sera d’ailleurs présent tout au long de l’épreuve pour distiller quelques conseils aux collégiens.

Pour cette deuxième édition du concours, les Normands ont bluffé les membres du jury avec leur composition d’été. Une prise de risque qui a permis aux quatre collégiens et à leur chef de décrocher la première place du podium et de devenir ainsi la meilleure Brigade Culinaire de France 2023.

Pour aller plus loin > La finale des Brigades Culinaires, le « Top Chef » des collégiens

Depuis quelques années, le garage de Maud, à Bordeaux, s’est transformé en Ruche. Elle offre, d’un côté, aux producteurs de la région, qu’elle source elle-même, un lieu de distribution de leurs produits. De l’autre, elle propose des produits de qualité et de saison à ses membres qui peuvent commander leur panier chaque semaine (environ 100 commandes par semaine). Le circuit ne peut être plus court.

Le réseau la Ruche qui dit Oui étant important, une ruche se trouve forcément de chez soi. La puissance de cette communauté permet aussi aux producteurs de mutualiser leur distribution et donc de se concentrer sur leur cœur de métier et non sur la logistique de la distribution ou de trouver des clients. Maud invite ses clients à tester le concept, par l’intermédiaire d’un panier, sans engagement. L’occasion de sentir la puissance de son achat pour son assiette et pour les agriculteurs, maraîchers, éleveurs, vignerons, qui se trouvent à proximité.

L'entrée de la Ruche qui dit Oui de Maud
@Maud Cazaux
L'espace pour venir retirer ses commandes à la Ruche.
Quelques paniers qui vont vite se remplir. Crédit @MaudCazaux

Des commandes de paniers, mais pas que

Les semaines et les saisons défilent, la composition du panier aussi. L’année est également rythmée par des temps forts comme les Apéruches, lors desquels les producteurs proposent une dégustation aux membres et un bon moment autour de leurs produits. L’occasion de rencontrer ses voisins, de composer son premier panier ou de découvrir de nouveaux produits.

Maud met également à disposition son espace pour animer des ateliers ou d’autres événements variés. Des animateurs de la Fresque du Climat et des Nouveaux Récits ont déjà investi les lieux.

La fresque sur le volet du garage où se trouve la Ruche
Achetez local et prenez le pouvoir, comme Batman. Crédit @Maud Cazaux

Pratique.
Pour commander un panier, participer à un Apéruche, se renseigner sur la location de l’espace, ou simplement faire la rencontre de Maud, RDV au 34 cours Balguerie Stuttenberg à Bordeaux.

WonderFood est avant tout l’histoire de trois copains qui se sont rencontrés pendant leurs études à Bordeaux. Très vite, Alexis Louli, Brice Tricou et Lucas Guitard ont eu envie de mener à bien un projet commun qui aurait du sens. Ils ont lancé, en avril 2023, un magasin bio en ligne avec des produits d’épicerie et des produits frais issus de l’agriculture biologique. L’idée ? Permettre aux clients de faire leurs courses les yeux fermés.

Les produits ont été passés au crible par des diététiciennes. « Il s’agissait d’éliminer tous les produits ayant une composition néfaste ou non naturels. Car tous les produits bio ne sont pas bons pour la santé », souligne Lucas Guitard. Et de citer en particulier les produits transformés. « Le but était de développer un magasin bio pour son aspect écologique mais aussi pour la santé. Donc préserver la planète tout en préservant nos corps. »  Deux des fondateurs sont en effet sportifs. Ils pratiquent le CrossFit et font attention à leur alimentation. D’où le choix de se tourner vers les produits issus de l’agriculture biologique.

Ne pas consommer du bio comme du conventionnel

Alors, les produits bio, oui, mais à quel prix ? « Nous sommes alignés sur les magasins bio et même sur les grandes surfaces pour les fruits et légumes », précise Alexis Louli, pour qui le but est de ne pas consommer du bio comme on consommerait du conventionnel. « C’est surtout une question de choix et de répartition du panier. En se nourrissant avec une base de féculents, de légumes et en sortant tous les produits auxquels nous pouvons être addict, comme les produits sucrés, les sodas, le prix du panier baisse, ajoute Lucas Guitard. Étudiants, on privilégiait le bio pour l’aspect qualitatif des produits. Mais cela ne nous empêchait pas de sortir ! »

Lucas a, pour sa part, appris à aimer les fruits et légumes. « Il y a beaucoup de légumes que je ne mangeais pas et que je me mets à consommer parce qu’ils ont du goût. Par exemple, les brocolis. J’ai fait un énorme progrès », reconnaît-il.

Lancé à Bordeaux, le site de vente de produits bio en ligne WonderFood livre pour l’instant uniquement la Gironde.

Faire ses courses dans un commerce de proximité, un acte anodin pour de nombreux Français, mais qui relève du parcours du combattant pour d’autres. En 2021 France, 62% des communes, essentiellement rurales, en étaient dépourvues. Cela représente plus de 21 000 municipalités, selon les chiffres de l’Insee. Ce pourcentage s’établissait à 25% en 1980.

C’est pourquoi, le gouvernement a lancé le programme de relance Reconquête du commerce rural. Il consiste à soutenir l’installation de commerces dans des territoires qui n’en ont pas. En parallèle, des initiatives entrepreneuriales sont lancées, telle qu’Api. La start-up bordelaise a été créée en novembre 2022 par Alex Grammatico et Julien Nau. Leur projet : développer des supérettes de villages.

Développer ce modèle au cœur des villages

Principalement présente en Nouvelle-Aquitaine, Api essaime ces commerces de 40 m² dans la région. Aujourd’hui, ils sont au nombre de 15. Le dernier en date a vu le jour à Lagorce, en Gironde. La particularité de ces commerces : ils sont en libre-service, accessibles 24/7. Pour y entrer, il faut se munir d’un QR code téléchargeable sur une application. Celui-ci est par ailleurs imprimable sur une carte pour les personnes n’ayant pas de smartphone.

Ici, il n’y a ni d’hôte ou d’hôtesse de caisse, mais une caisse automatique. « On a souhaité travailler sur ce modèle-là, car mon associé et moi venons de Charente. On est issus du milieu rural, explique Alex Grammatico. Et puis, on a constaté en faisant des recherches que 10 millions de personnes sont à plus de 20 minutes aller-retour d’un supermarché. »

Photo Api

Des « apiciers » viennent tout de même deux heures par jour pour effectuer différentes tâches comme la mise en rayon, le nettoyage et répondre aux questions des clients. Le fait qu’il n’y a pas une présence humaine constante n’a pas l’air de déranger la clientèle, selon le cofondateur. « On avait un peu peur de ça, confesse Alex. Mais on s’est rendu compte que les personnes sont autonomes, quel que soit leur âge. C’est assez surprenant. »

Justement, Dominique Perez, le maire de Claix, en Charente, a été séduit par ce modèle de commerce. Depuis son élection en 1989, l’édile de cette commune de 1080 habitants n’a pas vu de commerce de proximité. Actuellement, il y a un distributeur à pain alimenté quotidiennement par un boulanger d’une ville voisine. Mais pour faire ses courses, il fallait faire 10 km. C’est pourquoi la municipalité a répondu favorablement aux sollicitations de la start-up bordelaise. “Ça amène un point de rencontre entre des personnes qui ne se sont pas vues depuis quelques jours”, justifie le maire. 

La commune de Claix avait par ailleurs déjà contacté des structures plus traditionnelles pour installer un commerce. Mais elle avait essuyé des refus. “ Économiquement, pour que ça fonctionne, ces enseignes ont une amplitude horaire très large, le panier moyen n’étant pas important, explique Dominique Perez. Puis, pour la gestion, deux personnes sont nécessaires. Malheureusement, on nous a expliqué que les salaires des deux salariés ne pouvaient pas être amortis par les paniers journaliers.”

Devenir le leader dans ce secteur

700 références de produits sont proposées dans les magasins Api. 70% de marques de distributeur, notamment de leur partenaire Carrefour, et 30% de marques nationales. Dans cet ensemble, il y a 10% de bio. Api a parallèlement décidé de développer un programme super local qui référence les producteurs dans un rayon de 50 km.

En ce qui concerne les prix, « on a constaté, que les gens allaient dans les supérettes pour se dépanner parce que les prix sont très élevés. Nous, on souhaite qu’ils y fassent leurs courses du quotidien. On a donc négocié les tarifs », explique le cofondateur d’Api. Ces commerces ouvrent par grappe de trois. Mais avant ça, le projet doit être présenté en conseil municipal pour être validé. On doit s’implanter dans des villages de plus de 600 habitants et à une certaine distance d’un supermarché. Les frais d’installation pour une municipalité se situent entre 3 000 et 8 000 euros.

Par ailleurs, la start-up bordelaise compte bien continuer de se développer. « Pour le moment, on se concentre essentiellement sur la Nouvelle-Aquitaine. D’ici à la fin de l’année, on souhaite ouvrir 40 Api supérettes de village précise Alex. Notre objectif est d’être le leader de la distribution alimentaire dans le monde rural ».

La petite histoire :

Le nom Api expliqué par Alex Grammatico : « C’est le diminutif d’Apidae. C’est la variété d’insecte qui regroupe les 5 700 espèces d’abeilles. Mon associé Julien Nau m’a dit que nos épiceries seraient comme une ruche, qui nourrit les abeilles dans un rayon de 2 km, et nous, on nourrit un village 2 km à la ronde. Et puis, on a mot anglais qui parle à tous. »

Quatre Français sur dix ne partent pas en vacances. Une tendance qui évolue peu depuis une vingtaine d’années, souligne l’Observatoire des inégalités. «!– /wp:paragraph –>

«. Souffler un instant, s’éloigner de son quotidien d’autant plus pour les personnes qui peuvent avoir des difficultés dans leur parcours de vie. »  

Vacances et Familles, premier partenaire

Bordeaux Solid’AIR s’est ainsi façonné grâce à un partenariat entre l’OTCB et l’antenne girondine de l’association Vacances et Familles. Depuis 2020, lors d’un achat en ligne sur le site de l’office, il est possible de faire un don. Plus de 1 400 euros ont été recueillis. Ça a permis de financer le séjour de deux familles en Gironde. En effet, la structure favorise l’accès aux vacances pour tous en proposant un accompagnement sur-mesure tout au long de la démarche.

Avec Bordeaux Solid’AIR, la structure associative ajoute à son catalogue des activités touristiques et locales aux familles les plus précaires. Celles qui résident en Gironde ou qui sont accueillies dans le département. Depuis quelques mois, le programme s’est étendu à un plus large réseau qui comprend désormais 47 structures sociales : des Centres communaux d’action sociale, des Maisons du Département des solidarités, des associations et la CAF de la Gironde.

Une diversité d’activités

« On travaille main dans la main avec les travailleurs sociaux pour construire des activités sur-mesure. Nous, on vient intégrer leur programme d’insertion à l’année, explique la responsable de Bordeaux Solid’AIR. Ça peut être des visites guidées des différentes villes de la métropole adaptées à tous les publics. Il y a aussi plusieurs entreprises touristiques qui proposent des entrées comme la Cité du Vin ». Il peut aussi s’agir de croisière sur la Garonne, d’excursions dans le vignoble.

Des éducateurs sont aussi proposés aux travailleurs sociaux « pour qu’ils vivent aussi ces moments-là. C’est aussi un instant de pause pour eux ». En ce qui concerne le financement de Bordeaux Solid’AIR, la métropole bordelaise le subventionne. Mais, « il n’y a pas tant de budget. C’est plutôt un rapport au temps, à l’humain, souligne Julie Benisty Oviedo. On a créé des relations avec les structures sociales et nos partenaires ».

En deux mois, une centaine de personnes a bénéficié du programme Bordeaux Solid’AIR.

Les Scènes d’été continuent de rythmer la saison estivale en Gironde. Cette programmation culturelle organisée par le Département se tient entre juin et octobre et compte une soixantaine de festivals. Aussi, une vingtaine de compagnies – théâtre, danse, musique et cirque – a été sélectionnée pour se produire parmi une centaine de candidatures. La Cabale fait partie des heureuses élues et présente dans ce cadre son spectacle “Sauvages”.

Cette troupe de théâtre qui fait de l’improvisation a été fondée en 2018 par Tom Phenix, qui en est aussi le directeur artistique. Dans son aventure, il a embarqué Alice Gabrielle et Julian Rouhet. Ils se sont rencontrés lors de leur formation au Conservatoire de Bordeaux. Leur mot d’ordre : « Faire du théâtre de l’instant, populaire, accessible à tous. »

Montrer une facette de l’humanité

Par ailleurs, les spécificités de La Cabale sont qu’elle improvise pendant 1h-1h15. Elle joue à différents endroits : théâtres, salles des fêtes, en plein air… Et se sert de cet environnement pour nourrir son jeu. Le public a aussi un rôle dans cet univers. Ces éléments rendent chaque représentation unique.

Au fil du spectacle, différentes histoires inédites se jouent devant les spectateurs. « L’idée est qu’on traverse des histoires sauvages. C’est-à-dire qu’on joue des personnes qui font face à des injustices de la vie quotidienne, explique Tom Phenix. Là où on répondrait avec douceur et diplomatie, nos personnages, eux, ont envie d’être libres. Ça peut être une personne qui ne sait pas dire « je t’aime », qui n’en peut plus d’être invisible, de se mettre des barrières. On a envie de montrer cette face de l’humanité avec son côté animal. »

“Un théâtre organique”

Ce spectacle en inspiré du film italien à tiroirs “Les Nouveaux Sauvages”. « On a repris cette structure narrative, qui fait résonance avec notre société actuelle. » Bien qu’il s’agisse d’un théâtre d’improvisation, les comédiens de la troupe La Cabale utilisent des techniques pour passer d’une saynète à une autre. Ils s’appuient sur un vocabulaire propre à eux, des codes, de la musique pour donner du tempo.

Aussi, « on a une structure scénique en tête. Généralement, on est deux comédiens sur scène, le troisième est aidant. Le but est de voir des personnages assez ordinaires qui vont exploser et reprendre leur liberté On tourne avec l’idée d’avoir un théâtre organique, qui est ressenti aussi bien par les acteurs que le public. » 

Un an après, les stigmates des incendies ravageurs sont toujours visibles en Gironde. L’été dernier, près de 30 000 hectares de forêt ont pris feu. Jusqu’à 3 000 pompiers avaient été réquisitionnés, certains venant d’autres pays européens en renfort. Les communes de La Teste-de-Buch, Landiras, Saint-Magne, Saumos et Arès avaient particulièrement été touchées. Les secours avaient pris la décision d’évacuer en prévention 50 000 personnes. Le commandant Matthieu Jomain du SDIS 33 (Service Départemental d’Incendie et de Secours) nous explique les mesures prises depuis ces événements.

AirZen Radio. Par rapport à l’an dernier, quelle est la situation actuelle en Gironde ?

Matthieu Jomain. Sur le plan météorologique, c’est différent par rapport à ce que l’on a connu en 2022. Les conditions climatiques sont favorables en termes d’humidité. Depuis le début de l’année, l’état de la végétation est beaucoup moins préoccupant. On croise les doigts. Pour l’instant, nous n’avons pas connu de vagues de canicule par rapport à l’an dernier, où elles s’étaient succédées. Il y avait eu une déshydratation avancée de la flore dès le printemps. Ça avait malheureusement donné du combustible pour tout départ de feu.

Là, en 2023, les conditions météo sont plus clémentes, même si l’état des nappes phréatiques est préoccupant et que la tendance et générale est plutôt à l’accentuation de la sécheresse sur tout le territoire national.

Quelles sont les mesures que vous avez prises par rapport à l’an dernier ?

Dans notre culture, le retour d’expérience fait partie intégrante du mode opératoire. C’est-à-dire que, l’année dernière, nous avons été confrontés à une situation inédite. Alors, nous avons dû faire preuve d’inventivité et remettre, par exemple, au goût du jour des anciennes techniques comme les « coupes tactiques ». Puis, on a engagé tout un processus de remise en l’état du matériel puisque 40% du parc camions citernes feux de forêt avait été endommagé. Nous avions aussi perdu trois camions de lutte et quelques camions de liaison.

Aussi, on a mis en place des groupes d’interventions de feux de forêt. Ça implique le déploiement de véhicules et matériaux au cœur du massif forestier à des points stratégiques. Ils viennent en renfort des effectifs traditionnels lorsque le risque feux de forêt est classé au niveau médian.

Justement, quels sont vos conseils sur les bons gestes et comportements à adopter ?

Déjà, il faut avoir à l’esprit que près de neuf feux sur dix sont d’origine humaine. C’est dans ce cas que le gouvernement a mis en place la Météo des forêts. L’idée est de sensibiliser le citoyen sur l’état de dangerosité du massif forestier, tout en lui indiquant les bonnes pratiques et le comportement à adopter pour éviter les sinistres dans le milieu naturel. Donc, le premier conseil est de suivre la réglementation en matière d’accessibilité. Si un site est interdit en raison des conditions climatiques, eh bien, on diffère ses balades, ses déplacements. Pareil, pour les activités professionnelles. Tout le monde doit adapter sa posture et contribuer à la préservation du milieu forestier.

Puis, le message que l’on répète chaque année : ne pas jeter son mégot de cigarette. Ne pas faire de barbecue en forêt ou à la plage. Il faut garder en tête qu’un feu ne démarre jamais seul. Il démarre généralement de la main de l’homme.

Comment fonctionne cette Météo des forêts ?

C’est une cousine de la Météo des plages (rires). Elle est liée aux conditions météorologiques, à la manière dont le climat va impacter la forêt. Ce sont des données accessibles au grand public. Cet outil est facile. C’est une carte qui fonctionne avec quatre codes couleurs. Il s’agit d’un partenariat essentiellement entre le gouvernement et Météo France, qui travaille de concert avec des acteurs engagés dans la préservation des massifs forestiers.

Dans une démarche de lutte contre la précarité alimentaire des étudiants, un projet d’expérimentation inédit sera lancé dès la rentrée universitaire en septembre, en Gironde. Il s’agit d’une Sécurité Sociale de l’Alimentation pour les étudiants des campus bordelais. Le CREPAQ (Centre Ressource d’Écologique Pédagogique de Nouvelle-Aquitaine) et la Gemme – la monnaie locale girondine – en sont les coordinateurs. « Avec les différents partenaires de l’université, on avait le souhait de changer totalement la façon de voir l’aide apportée aux étudiants en situation de précarité. On s’est donc inspiré du collectif national de Sécurité Sociale de l’Alimentation », explique Dorothée Despagne Gatti, directrice du CREPAQ.

Cette expérience de dix mois concernera 150 étudiants volontaires qui auront été tirés au sort. « On ne se sentait pas légitimes de choisir nous-mêmes. Et l’un des piliers de ce projet, c’est l’universalité. Le but n’est pas de le limiter qu’aux personnes en situation de précarité », souligne-t-elle. Une fois que la sélection est effectuée, les participants recevront 100 Gemmes par mois en échange d’une cotisation mensuelle minimum de 10 euros. Cette somme pourra être dépensée dans des établissements conventionnés avec la monnaie locale girondine. Ceux-là remplissent des critères éthiques, sociaux et environnementaux. Ça comprend des restaurants, des épiceries vrac, des commerces alimentaires.  

Analyser les pratiques

Tout au long de la mise en place de cette Sécurité Sociale de l’Alimentation, des chercheurs feront un suivi pour évaluer l’évolution des pratiques. « Ils vont aussi s’intéresser à savoir comment les étudiants ont pu se réapproprier leur droit à alimentation. Nous, on souhaite qu’à travers ce projet chacun puisse avoir accès à des produits de qualité et durables, de proximité. Car prendre soin de son alimentation, c’est prendre soin de soi. Là, en l’occurrence, on est sur un public jeune qui se construit. Ça implique aussi être dans de meilleures conditions pour mener à bien ses études. » Par la suite, au terme de cette expérimentation, le CREPAQ et la Gemme souhaitent élargir le public des participants.

Par ailleurs, l’objectif est de pérenniser ce modèle et que « ça devienne une branche de la Sécurité Sociale liée à l’alimentation. Que les citoyens aient une enveloppe budgétaire, peut-être en fonction de leurs revenus. Puis que cet effort soit réinjecté aux profits des petits producteurs et des agriculteurs ». C’est donc dans ce but qu’une cagnotte de financement participatif a été créée.

Les métiers à impact sont les emplois qui contribuent à la transformation durable. Force est de constater que ces métiers à impact touchent tous les secteurs et tous les types d’entreprises.

En réalisant ce premier baromètre spécifique, Kaelig Sadaune démontre combien l’emploi est touché de façon massive par la transition écologique. En effet, toutes les entreprises doivent transformer leur économie et satisfaire à leurs obligations en vue de 2030. Et si le recrutement de nouvelles compétences émerge sensiblement, de nouveaux besoins en formation apparaissent évidemment également en formation.

Des résultats impressionnants

Au printemps 2023, la première édition du baromètre des métiers à impact indique que les secteurs de la transition durable recherchent en France 410 000 talents. Ce baromètre apporte aussi des clés de lecture aux chercheurs d’emploi. Ils peuvent ainsi identifier les nouveaux métiers liés à la transition durable. La collecte et le traitement des données ont été réalisées avec l’appui d’une solution technologique dédiée. La recherche de ces offres se base sur une requête sémantique détaillée, incluant des termes et mots-clés définissant une offre d’emploi directement liée à la transformation écologique.

Les régions dans lesquelles les métiers impactants sont les plus demandés sont la région Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine. Les secteurs qui recrutent le plus sont le commerce, l’industrie et la construction, juste devant la fonction publique. Parmi les secteurs d’activités, ce sont les énergies renouvelables et l’économie circulaire qui sont en tête des propositions d’offres. Les dix métiers à impact les plus demandés sont : ingénieur commercial, technicien de maintenance et chef de projet. Enfin, ce sont les PME qui recrutent le plus dans ces métiers à impact.

Le baromètre détaillée est à consulter sur le site www.brawo.fr

Unis par leur passion de la voile, Clément Soula, Stanislas Chambriard, Martin Joessel et Francesco Saint-Supery vont effectuer un tour de l’océan Atlantique pendant un an. Leur projet, ils l’ont appelé Sillage Atlantique. Le départ est prévu le 23 septembre du port de Toulon. Les amis, qui se connaissent depuis le collège, vont parcourir 17 pays tels que le Sénégal, le Cap-Vert et des îles des Caraïbes. « Ça a commencé avec Clément. On était un peu rêveurs et on avait l’idée de faire un tour du monde à la voile pendant le confinement. On a embarqué nos deux autres amis. Finalement, on a raccourci l’itinéraire en tour de l’océan Atlantique. Et on avait à cœur d’avoir des missions », résume Stanislas.

Le jeune équipage, âgé de 19 à 21 ans, a en effet souhaité donner plusieurs dimensions à son projet en se fixant différents axes. Il y aura une mission scientifique sous la responsabilité de Francesco, en troisième année d’ingénieur. Trois associations sont en partenariat avec les quatre étudiants. Elles leur ont confié des tâches à effectuer comme des prélèvements de microplastiques et phytoplanctons dans des zones dans lesquelles il manque des données. Avec Wings of the Ocean, il s’agit de faire des dépollutions des plages. Par ailleurs, ils souhaitent documenter leur voyage, recueillir des témoignages de passionnés de l’océan. Surtout, faire ressortir les différences culturelles qu’il y a autour de l’Atlantique.

Une traversée pédagogique

Mais il y a une autre mission qui a une importance particulière, en relation avec l’éducation. « On a créé un kit pédagogique pour des profs, mais destiné aux élèves. On y retrace tout notre itinéraire. Il y a aussi des exercices sur la vie à bord d’un bateau, la vie maritime ou encore la préservation de l’environnement marin, explique Clément. Il sera aussi possible de suivre notre bateau sur chaque étape. » En échange, les quatre navigateurs envoient des photos de leurs pérégrinations. Les enfants pourront leur poser des questions lors de visioconférences. Déjà 25 classes de France se sont procuré ce kit. Cette collaboration se fait principalement avec des écoles de REP (réseau d’éducation prioritaire).

« Cette mission pédagogique nous tient à cœur. Tous les quatre, on a eu pas mal de pas mal de difficultés scolaires. Alors, si notre projet qui implique 500 élèves peut en motiver ne serait-ce qu’un seul, eh bien ce sera notre plus grand cadeau. On veut montrer que c’est faisable, certes avec beaucoup de travail, il faut croire en ses rêves », confie Stanislas.

Afin de financer Sillage Atlantique, Martin, Francesco, Clément et Stanislas ont créé une campagne de financement participatif et souhaitent atteindre 20 000 euros. Les quatre amis pourront installer notamment un dessalinisateur pour avoir de l’eau potable.

Au cœur de Bordeaux, rue de la Verrerie, un nouveau lieu dédié aux femmes s’implante : la Maison des femmes Gynécée. Le but est de permettre un accès aux soins, un accompagnement adapté et que les femmes puissent bénéficier de professionnelles en santé féminine. L’ouverture dans la capitale girondine est prévue pour l’automne.

Une première a déjà ouvert ses portes en 2020 à Paris, accueillant plus de 12 000 clientes. « Salomé Brial et Camille Boursier, anciennes infirmières militaires, sont les fondatrices. Par leur vécu et expériences professionnelles en centre hospitalier, elles ont estimé qu’il y avait des choses à améliorer dans l’accompagnement des femmes. Ça comprend différents niveaux : d’un point de vue global, de l’écoute, de la bienveillance et de la disponibilité », explique Julie Auger, directrice de l’établissement girondin. 

Un lieu pluridisciplinaire

Celle-ci a découvert la Maison des femmes Gynécée sur les réseaux sociaux. Ça a alors été une « révélation. J’aurais voulu avoir cette idée », confie-t-elle. Après avoir fait savoir enthousiasme auprès des fondatrices, et quelques échanges, elles lui ont proposé de rejoindre l’aventure.

C’est dans un ancien immeuble de 300 m² sur trois étages que ce concept prend place. Le rez-de-chaussée est réservé à l’espace médical pour les sages-femmes, les gynécologues, ou encore des kinésithérapeutes. Les deux autres niveaux sont dédiés au bien-être avec des praticiennes en médecine douce comme les ostéopathes, les sophrologues, etc. Des cours de sports collectifs (yoga, fitness et pilates) y seront dispensés, ainsi que des ateliers thématiques. Un espace clé en main est mis à disposition

Un espace bien-être

«. C’est une maison, dans laquelle on s’installe sur le canapé et échange avec d’autres femmes qui peuvent avoir les mêmes problématiques », aime souligner Julie Auger. Avec les fondatrices, elles ont souhaité créer une ambiance cocooning, chaleureuse et accueillante. L’objectif est que les femmes s’y sentent bien et assez à l’aise pour poser toutes les questions qu’elles souhaitent.

Ainsi, lors du recrutement, la personnalité des professionnels et leur envie d’accompagner chaque patiente ont joué un rôle déterminant. Pour compléter son offre, la Maison des femmes Gynécée a aussi une plateforme digitale sur laquelle on peut suivre des conférences, s’informer.

La Maison des Femmes à Bordeaux a pu être financée grâce à une levée de fonds de 650 000 euros.

À Paris et à Bordeaux, en ligne ou avec son magazine, l’association Rose Up accompagne les femmes touchées par le cancer. Jenna Picard est la directrice de l’antenne bordelaise de cette association. Entretien.

AirZen Radio. Quelles sont les missions de l’association ?

Jenna Boitard. L’association Rose Up a trois missions. La première c’est d’informer à travers notre site internet et notre magazine édité deux fois par an et distribué gratuitement à 180 000 exemplaires dans toute la France.

La deuxième est d’accompagner les femmes grâce à nos trois antennes à Bordeaux, Paris et en ligne. Enfin, la troisième mission est de défendre les droits des malades.

Comment les aidez-vous ?

Concrètement, à Bordeaux, par exemple, nous accueillons les femmes en leur proposant une écoute, un soutien psychologique. Nous leur procurons également de l’information et de l’orientation. Par exemple, où trouver une prothèse capillaire ou de la lingerie adaptée. Et surtout, nous mettons à leur disposition 130 ateliers mensuels de soins de support. Les ateliers de Rose Up sont gratuits dès lors qu’on a versé une cotisation de 30 euros pour un an.

Comment les femmes viennent à votre association ?

Ce sont principalement les professionnels de soins qui les orientent vers Rose Up. Les médecins, les infirmiers… Les médias aussi et surtout le bouche-à-oreille. Des bénéficiaires qui parlent de nous. Ce sont souvent elles qui en parlent le mieux.

Le 7 juin 2023 se tenait à Paris la grande finale des Brigades Culinaires de France. Cet événement était organisé par l’association La Tablée des Chefs. À cette occasion, quatre équipes composées de collégiens et d’un chef se sont affrontées sur une péniche au pied de la Tour Eiffel.

Les régions Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Grand-Est et Normandie étaient présentes. Pour cette seconde édition, la Normandie s’est imposée et a raflé le trophée. L’équipe de Grandville a su séduire le jury avec sa composition d’été.

Les membres du jury. Photo Jérôme Pasanau / AirZen Radio

Les Brigades Culinaires est un programme de formation culinaire proposé par La Tablée des Chefs, explique Vincent Brassart, président de l’association en France. Pendant toute une année scolaire, dix ateliers sont ainsi proposés à des collégiens de 11 à 15 ans.

Les Brigades Culinaires sont un moteur de cohésion sociale, d’ouverture au monde et de découvertes gustatives, précise Vincent. L’idée n’est pas de créer des vocations et de faire des jeunes de nouveaux chefs. Non, le but est avant tout d’enseigner aux jeunes les principes d’une alimentation saine et équilibrée. Mais également de donner les techniques de base en cuisine, les règles d’hygiène et de sécurité. Autant de connaissances qui permettent de mieux gérer son budget alimentaire. Et surtout de lutter contre le gaspillage alimentaire et la malbouffe.

Pour aller plus loin > La Tablée des Chefs : des grands chefs aux côtés des plus précaires

C’est un métier qui permet de faire le pont entre le monde des sourds et celui des entendants : interprète français/langue des signes française. Ce métier, Karine Thénard, 31 ans, l’exerce depuis près de 10 ans. Ajourd’hui, elle est installée en Gironde. C’est par hasard qu’elle découvre cet univers à 14 ans. « À l’époque, ma mère était un peu désespérée de me voir faire aucune activité, dit-elle en souriant. J’ai dû voir un reportage sur ce sujet. On m’a inscrite à un atelier. J’ai donc rencontré mon prof de langue des signes, Yannick Loison, qui est une personne sourde. Il m’a intégrée à sa communauté et je me souviens des émotions que j’ai ressenties. Quand mon père est venu me chercher, je lui ai dit : « Je veux devenir interprète ». » Une vocation était née.

Depuis, Karine Thénard a évolué au contact de personnes sourdes dont elle ne connaissait rien de leur quotidien. Elle a longuement étudié la langue des signes et a obtenu son diplôme. « C’est comme lorsqu’on devient interprète en bulgare, en italien ou en arabe. Il y a quatre-cinq formations en France. J’ai suivi celle de Toulouse, qui la particularité de déboucher sur un double diplôme. On est interprète français/langues signes française, mais également traducteur anglais-français. Là, il s’agit d’écrit. »  

Différentes interventions interprétations

La jeune femme a alors mis ses compétences au service d’un centre relais téléphonique, en tant que salariée. Il s’agit d’un service qui permet notamment aux personnes sourdes de recevoir et de passer des appels en présence d’un interprète. Elle consacre la majeure partie de son temps en tant qu’indépendante. Elle peut être sollicitée par des employeurs pour des réunions, des conférences, etc. mais aussi des particulières pour aller chez le médecin.

Par ailleurs, étant inscrite sur une liste en tant qu’experte judiciaire à la cour d’appel de Bordeaux, la police, la gendarmerie, les avocats peuvent l’appeler. Depuis plus d’un an, elle intervient aussi une fois par mois dans le tout jeune service de permanences juridiques gratuites destinées aux sourds au tribunal judiciaire de Bordeaux. Autant d’activités qui lui imposent d’avoir une vie professionnelle très organisée et qui met aussi en relief une problématique : celle du manque d’interprètes. Elle a d’ailleurs été sollicitée à Anglet et à Lyon, mais a dû refuser.

« On ne sait pas combien on est, confie-t-elle. Il y a une campagne de recensement menée par des interprètes parce qu’on n’a pas de chiffres. On estime être à peu près 500 en France. En revanche, j’ai remarqué, tout ou long de ma jeune carrière, qu’il y en a beaucoup qui arrêtent. Il reste généralement entre trois et cinq ans. »  Et pour cause, Karine Thénard met en avant la difficulté de ce métier, qui nécessite une extrême concentration pour faire l’interprétation dans les deux langues, et différents déplacements.

Une communauté sourde hétérogène

Une autre inconnue aussi dans l’équation, celle du nombre de personnes sourdes. « Il faut bien comprendre que ma clientèle est une minorité d’une minorité, souligne Karine. Il y a des personnes sourdes ou malentendantes, mais il faut enlever toutes les personnes âgées. Parmi les sourds pathologiques, il y a de sourds oralistes, qui ont fait une rééducation avec un orthophoniste. Ceux pour qui ça a marché ne connaissent pas la LSF. Ils vont être appareillés et évoluer dans le monde des entendants. Il y a des sourds non-oralistes, ce sont mes clients, et les personnes qui deviennent sourdes. »

Malgré les difficultés auxquelles doit faire face Karine Thénard, ce qui la fait tenir c’est sa passion pour son métier, son engagement pour rendre cette communauté visible. « C’est un métier qui est militant, ça, c’est certain. Je me suis investie dans la justice parce qu’il y a de la discrimination au quotidien, s’agace-t-elle. Les droits des sourds sont dénigrés, en disant par exemple que le droit à un interprète n’est pas obligatoire. Or, si, ça l’est et c’est payé par l’État. J’essaie de rendre compte de certaines solutions avec la permanence juridique et de contacter des politiques. »

Après leur première ferme aquaponique urbaine de 1 000 m² à Lormont, en Gironde, créée en 2019, les cinq fondateurs des Nouvelles Fermes – Laura Gaury, Thomas Boisserie, Clément Follin Arbelet, Paul Morel et Edouard Wautier – ont visé plus grand. Ils en ont implanté une seconde de 5 000 m² au printemps dernier, dans le même département. Cette superficie de grande en envergure fait d’elle l’une des plus grandes fermes aquaponiques urbaines d’Europe. Au total, une trentaine de personnes travaillent dans cette entreprise de l’économie sociale et solidaire.  

Si les cinq amis se sont lancés dans cette aventure, impulsée par Thomas, en remettant cette méthode de culture ancestrale au goût du jour, c’est parce que tous sont sensibles à un mode de culture écologique, durable et qui consomme peu d’énergie. Ils ont donc créé tout un écosystème sous serre. « On élève des poissons dans un endroit dédié, et on fait aussi du maraichage. Ces deux entités vont communiquer. C’est-à-dire que l’on va récupérer les déjections des poissons à travers l’eau qui vont se transformer en nutriments pour les plantes. Les racines vont les absorber et en même temps nettoyer l’eau qui va être renvoyée aux poissons », détaille Laura Gaury.

Crédit photo Sarah Arnould

Un écosystème bien rodé

À l’entrée du site, la partie piscicole est installée. Il s’agit d’un endroit fermé, ombragé dans lequel des truites arc-en-ciel sont élevées dans un grand bassin à 17 °C. Les conditions naturelles d’élevage y ont été recréées. Les poissons sont nourris avec des granulés fabriqués en France. Ils sont à base de farine de poissons et de légumineuses, car la truite est un poisson carnivore. À quelques mètres, séparé par une porte coulissante, se situe l’espace d’environ 3 500 m² pour la culture des fruits, légumes, épices et aromates. « On fait du semi jusqu’à la récolte. On plante les graines dans les mottes de terre que l’on transfère sur des radeaux flottants », explique la cofondatrice.

Tomate, salade, poireau, aubergine, oseille, ciboulette… Toutes les productions sont bio. La saisonnalité est respectée. Quant au goût des fruits et légumes, il reste inchangé. Par ailleurs, dans cette culture aquacole, les fleurs ne sont pas lésées. « Elles s’inscrivent dans une stratégie de lutte biologique. On utilise des produits phytosanitaires de synthèse, souligne Laura. On fait du purin d’ail et d’orties pour pouvoir se prémunir de certains ravageurs et de champignons. Notre volonté est de faire revenir des insectes qui vont lutter contre d’autres, et d’attirer des insectes pollinisateurs. On va aussi les valoriser comme fleurs comestibles et les vendre auprès des restaurateurs. »  

Les avantages de l’aquaponie

Crédit photo Sarah Arnould

En outre, quand on aborde les avantages de ce mode de culture, pour Laura Gaury, c’est avant tout l’économie d’eau. « Dans cette serre, on économise la production de cinq piscines olympiques pour produire la même quantité qu’en pleine terre. On produit 60 tonnes des légumes chaque année et 15 tonnes de truite avec 90% moins d’eau qu’en culture conventionnelle. Ce sont des grosses quantités de production sur une petite surface. Puis, l’eau qui circule dans le système est toujours la même. On peut en rajouter un peu parce qu’il y a de l’évaporation. »

Tout ce travail agricole et aquacole est destiné à la vente auprès des consommateurs. L’emplacement des fermes aquaponiques en zone urbaine n’est pas un hasard. « C’est pour être au plus près des villes et y réinstaller l’agriculture pour réduire l’impact carbone des légumes et donner du sens. On veut attirer un public qui n’est pas forcément toujours au fait de ce qui se passe en agriculture et faire découvrir l’aquaponie. » Les productions des Nouvelles Fermes sont vendues en grande distribution dans un rayon de 20 km, mais aussi en vente directe.

À savoir, des visites pédagogiques sont organisées sur le site de Lormont.