À la fin des années 1990, Jean-François Réaud, vigneron à Saint-Aubin-de-Blaye, en Gironde, crée le collectif Vignoble Gabriel & Co, du nom de son arrière-arrière-grand-père, lui aussi vigneron. Il est fondé autour du respect des valeurs humaines et pour la promotion d’un vin éthique. Une trentaine de vignerons de la rive droite de Bordeaux y adhèrent et signent alors une charte. Cette démarche a été initiée alors que, quelques années plus tôt, avec quatre comparses, ils pratiquaient déjà « l’entraide vigneronne ». À savoir le prêt de matériels viticole, l’entraide, le travail dans les vignes. Ils ont ainsi voulu aller plus loin.
« Progressivement, on a imaginé tous les cinq qu’on pouvait aussi avoir une position plus transverse. C’est-à-dire aussi bien travailler nos vins ensemble, se prêter du matériel, mais aussi penser à mettre en marché de façon collective nos propres vins de vignerons indépendants, explique Jean-François Réaud. Et ainsi permettre à chacun une plus grande reconnaissance auprès de la clientèle, de la distribution, des cavistes, de la restauration, voire du consommateur. En arrivant avec une palette de vins plus hétérogène et des profils de terroir qui donnent différents vins. »

Dans ce collectif, plus de 60 % des vignerons indépendants sont en agriculture bio et/ou en biodynamie. Ils sont aussi sous tous certifiés HVE (Haute Valeur Environnementale). « Le bio, pour moi, est un élément essentiel. Il devrait être entré dans les codes de tout le monde aujourd’hui, insiste le vigneron. Il y a deux raisons principales. La première, c’est qu’il faut protéger et respecter notre environnement, nos terres pour que nos enfants puissent vivre sur cette planète de la meilleure des façons. La deuxième raison, c’est la santé des populations. Nous avons un impact, nous, en travaillant la vigne. On peut retrouver des traces des pesticides dans les produits que nous commercialisons. Par le passé, tous ces produits chimiques, les pesticides, n’existaient pas et, pour autant, on arrivait quand même à protéger nos vignes. En fait, on doit opérer un retour aux sources qui doit permettre une durabilité », explique-t-il.
Le collectif Gabriel & Co est ainsi la première entreprise du monde viticole en France à avoir reçu la certification commerce équitable Fair for life de l’organisme Ecocert. Et une première gamme de vins « équitables » a été dévoilée au public en septembre. Le regroupement de vignerons totalise ainsi plus de 1000 hectares, sur lesquels sont regroupées dix appellations. Son chiffre d’affaires s’élève à près de 6 millions d’euros par an.
L’alcool est à consommer avec modération.
C’est sur les bancs de l’école d’ingénieur chimie de Bordeaux, en 2014, que se sont rencontrés Antoine Brege, Guillaume Charbonnier et Thomas Hennebel. Une fois diplômés en tant qu’ingénieurs chimistes spécialisés dans les matériaux polymères, ils ont chacun pris une trajectoire différente. Puis, ils se sont retrouvés, quelques années plus tard, pour fonder, Dionymer.
Cette start-up utilise les déchets organiques pour les transformer en un plastique biosourcé et biodégradable, le PolyHydroxyAlcanoate. « On a voulu avoir une approche complètement différente de la chimie qui est celle de la chimie des déchets. C’est de la chimie circulaire. Et donc on a créé ce polymère. Il concerne tout ce qui est plastique, vêtements polyester, résines de peintures, de colles, etc. Aujourd’hui, ces matériaux sont composés à 99 % de plastique issu de la chimie du pétrole », explique Thomas.
Les trois amis élaborent ce principe depuis ces deux dernières années. Leur démarche s’inspire du biomimétisme, c’est-à-dire l’imitation de la nature. Il y a toute une approche autour du biomimétisme, qui consiste à regarder ce qui se fait dans la nature. « En fait, c’est un principe de fermentation bactérienne, un peu comme on fait de la bière. Mais nous, on utilise des bactéries bien particulières qui sont capables de dégrader ces déchets et de les transformer en matériau plastique biodégradable. Car elles-mêmes sont capables d’accumuler du plastique dans leur corps, comme si nous, on stockait la graisse. À la fin, on extrait ce bioplastique à l’intérieur des bactéries. Et donc, on obtient une poudre blanche qui ressemble un peu à de la farine. Celle-ci peut être mise en œuvre pour un certain nombre d’applications », détaille l’un des fondateurs de Dionymer. Il suffit ensuite faire fondre cette poudre blanche pour lui donner la forme souhaitée.

Les ingénieurs travaillent sur différents types de déchets. Il y a ceux qui sont alimentaires, issus de l’hôtellerie-restauration, des ménages. Des effluents laitiers également, qui proviennent des industriels du lait, par exemple, ou encore sur des déchets de l’industrie vinicole sur lesquels ils ont commencé à travailler. L’un de leurs partenaires est Bicycompost. Cette société bordelaise collecte les déchets de façon décarbonée, à vélo cargo électrique, dans la métropole. Elle se rend dans les hôtels, les restaurants, les crèches, les entreprises… Elle centralise ainsi les déchets et en donne une partie à Dionymer pour développer son innovation.

À l’arrivée, ce matériau a les mêmes propriétés que celui issu de la pétrochimie, précise l’ingénieur. Il peut s’utiliser en cosmétique, pour des médicaments, la fabrication de matériaux, d’emballage type sachet de thé… Il est compostable chez soi, biodégradable au bout de 2 ans, en fonction du milieu et ne génère pas de microplastique.
Pa ailleurs, il était important pour les ingénieurs que la production de ce plastique biosourcé ait un impact environnemental faible. « Et c’est le cas, puisqu’on a eu recours à la chimie du vivant. On utilise les bactéries qui se développent dans l’eau uniquement à une température quasi ambiante, à 35 degrés. Ça se développe à pression ambiante. Contrairement aux procédés de pétrochimie classiques, qui nécessitent des températures extrêmement élevées, des pressions, etc. »
Avec ces qualités avancées, nombreuses sont les entreprises à avoir approché Dionymer. En revanche, Thomas Hennebel précise que cette technologie ne peut pas s’adapter à toutes les demandes. «. Notre matériau ne les a pas. »
La prochaine étape pour les fondateurs de Dionymer est la phase de pré-industrialisation et une production à une plus grande échelle de leur polymère.
Le roller derby est parfois encore trop méconnu. Jeune sport, s’il en est, il est remis au goût du jour à la toute fin des années 2000 à Austin, au Texas, et se répand comme une traînée de poudre partout dans le monde et en France, d’abord par le Sud-Ouest, raconte Beethell, joueur.euse, coach et référent.e au pôle arbitrage au SAM Roller derby de Mérignac, en périphérie bordelaise. Ici, on a décidé de s’entraîner en mixité, bien qu’historiquement ce soit un sport féminin+, c’est-à-dire qui accueille des femmes, mais aussi des personnes transgenres et non-binaires. Les hommes cisgenres (homme biologique qui s’identifie comme un homme et se sent à l’aise avec le sexe masculin attribué à la naissance) sont acceptés avec plaisir, mais leur entrée dans le collectif fait l’objet d’un vote. On ne peut pas imposer un homme cis dans un environnement qui, à la base, est un sport en non-mixité. Si un nouveau devait être intégré, on devrait revoter”, précise Beethell, qui se dit fier.e de ce principe, qui a fait ses preuves, et d’un club dans lequel tout le monde évolue dans la bienveillance.
Au SAM roller derby de Mérignac, il existe aujourd’hui trois équipes (la loisir et la masculine ayant disparues pendant le Covid-19) : l’équipe A, qui évolue en championnat Élite – le plus haut niveau – et qui occupe fièrement la sixième place au classement français ; l’équipe B qui évolue en Nationale 2 et les Fresh, les débutant.e.s, qui peuvent éventuellement monter ensuite les échelons. Certain.e.s ne souhaitent pas faire de compétition et peuvent rester dans l’équipe intermédiaire. C’est selon les envies.
Au roller derby, les joueure.euse.s ont très souvent un pseudonyme, qui leur est attribué. “Ça devient notre nom dans 80% de notre vie, parce qu’on passe 80% de notre temps au roller derby.” Des noms plus ou moins effrayants pour faire peur sur la “track” (la piste) : Bloody Mary ou Beethell Juice. D’autres aussi moins impressionnants, mais tout aussi recherchés comme Plancton ou Galopin. Le numéro est aussi choisi. Celui-ci ne dépend pas du poste dans l’équipe, mais de sa disponibilité.

Passons maintenant au cœur du sujet : les règles du jeu. Aux dires des joueur.euse.s, c’est coton ! Des dizaines de pages de règlement très détaillé, mais que l’on peut à peu près commencer à entrevoir au bout de deux ou trois entraînements bien encadrés. C’est pour cela aussi que les formations arbitrales sont primordiales. “Parce que connaître les règles de base, c’est ce qui permet d’intégrer une équipe”, insiste Beethell.
Concrètement, on compte 15 personnes sur un “roster” de match, sur le terrain, mais seulement cinq sur la “track”, la piste. Quatre vont tenter de bloquer la personne qui porte une étoile sur son casque, c’est la personne qui “jam” et la seule capable de marquer des points. Le roller derby se joue sur une piste ovale d’environ 2 mètres de largueur, dans le sens anti-horaire. La personne qui “jam” va essayer de passer les bloqueur.euse.s et donc marquer un point à chaque fois que ses hanches dépassent les hanches de la personne adverse. À cela, s’ajoutent des dizaines de règles.
Mais alors, qu’est-ce qui attire tant dans le roller derby ? “Généralement, la première chose est la communauté. On a énormément de personnes politisées au sein du roller derby, de personnes minorisées, racisées, trans, non binaires, gay, queer, c’est un espace “safe”, où on peut être libres et avoir une bulle au sein de notre propre vie. Ce n’est pas toujours facile d’évoluer dans la société en étant une personne minorisée”, explique Beethell. Mais c’est aussi très demandeur physiquement, extrêmement salvateur, lorsque l’on a passé une mauvaise semaine, poursuit-iel. “Ca fait du bien au moral et au corps, et, généralement, les gens qui viennent ne repartent pas.”
Un sport historiquement féminin donc, créé par les joueur.euse.s pour les joueur.euse.s, et “quand c’est un sport qui a été construit par des minorités ou par des femmes, qui représentent elles-mêmes une minorité au sein de la société, forcément, il est plus accueillant et bienveillant. Voilà sans doute l’un des secrets de l’attrait du roller derby, un sport où on peut être soi, porter des mini shorts et des bas résilles (aujourd’hui mis de côté pour éviter les blessures) et ne pas être sexualisé.e, mais aussi porter des leggings longs ou le voile, sans que cela ne pose jamais aucun problème ni se sentir jugé.e. “C’est un sport qui a ses propres problèmes, certes, mais qui ne reflète pas ceux de la société à l’heure actuelle. C’est super empouvoirant comme discipline”, se réjouit Beethell. Maintenant, à vous de tester !

La vie est loin de s’arrêter une fois à la retraite. C’est l’un des messages que l’on peut retenir de la comédie musicale « Eh bien ! Dansons maintenant… », en accès gratuit. Elle a été créée par Frédéric Chevaux et Simon Froget-Legendre et mise en scène par Julien Rouquette. Ce spectacle qui mêle chant et danse tourne autour du bien vieillir et de l’importance de prendre soin de soi tout au long de sa vie.
Le pitch est le suivant : « Mireille et Henry, sexagénaires, retraités et dynamiques, vivent en Aquitaine. Très complices, leurs journées sont emplies de sorties, de découvertes culturelles et gastronomiques. Tout va donc pour le mieux jusqu’au jour où Sam, leur petit-fils de 20 ans, déprimé, débarque chez eux pour deux jours. Seulement deux jours. Mais cela précipite Mireille et Henry dans un gouffre de perplexité : ils n’avaient absolument pas prévu sa venue. Et cela contrarie fortement leurs plans. Comment s’y prendront-ils pour que Sam ne végète pas sur leur canapé, et surtout pour qu’il reparte le plus vite possible, leur rendant ainsi leur liberté ? »
Il s’agit d’une commande de la CARSAT Aquitaine, organisme gérant les caisses de retraites, qui pour son troisième spectacle, a opté pour ce format. « On cherche à rendre plus ludiques les messages de prévention, explique Maud Delaunay, qui est directrice Action Sociale et Interventions Sociales. C’est vrai qu’ils peuvent avoir un aspect un peu rébarbatif et être vécus plutôt comme quelque chose de contraignant. Du coup, on a eu l’idée de faire plutôt appel à des formats artistiques pour mieux véhiculer ces messages de prévention auprès de nos publics. Nous avons donc fait appel à des professionnels du spectacle pour vraiment avoir quelque chose de très qualitatif ».

Pendant plus d’une heure, le spectacle sensibilise sans moraliser, avec beaucoup d’humour et de légèreté. « Eh bien ! Dansons maintenant… » est un voyage temporel sur l’évolution des conditions de travail et de santé. Il rappelle quelques souvenirs d’enfance à Anne Didon, qui joue Mireille. « Moi, je repense à ma grand-mère et aux personnes âgées de ma famille. Quand je vois des photos, on a l’impression qu’à 60 ans, elles en avaient 80, parce que la vie était plus dure. Elles travaillaient la terre, on sent bien que la vie ne les a pas épargnées. C’est intéressant de repositionner historiquement le parcours de la vieillesse, puisqu’il n’y avait pas de retraite avant, tout simplement. C’est-à-dire que quand même, là, il y a tout de même la possibilité de vivre après le travail et d’en profiter », analyse-t-elle.
« Aujourd’hui, on peut facilement être vieux et ne pas paraître vieux parce qu’on entretient notre corps. On garde le contact avec la nature, avec les jeunes, les moins jeunes. Donc tout ça fait qu’effectivement, on n’a pas une allure de vieux », ajoute son partenaire de jeux, Sylvain Savard, qui joue Henry. Un discours que rejoint Marie-Françoise, qui a assisté à l’une des représentations à Mérignac en Gironde, ayant rassemblé plus de 1000 personnes. « Le spectacle était bien parce que ça montre une image positive des seniors. Il faut dire que quand on est à la retraite, on est aussi encore utile puisqu’on s’occupe des petits-enfants, de nos parents. Pourtant, on ne reconnait pas forcément notre place dans la société, regrette-t-elle. Mais on est là, on est des retraités actifs ! »
La comédie musicale « Eh bien ! Dansons maintenant… » est en tournée jusqu’en juin 2024 dans toute la France.

Après deux ans d’activité, onze fermes ont été acquises pour 19 agriculteurs et agricultrices installés en France. 827 hectares ont ainsi été convertis en agroécologie. Objectif pour 2024 : participer à l’installation d’une vingtaine d’autres fermes. Telle est l’ambition de l’entreprise Fermes En ViE (FEVE), créée en 2021 à Bordeaux.
« Au départ, il y a trois associés qui décident d’accélérer la transition agroécologique », explique Vincent Kraus, cofondateur de FEVE. « L’agroécologie a été identifiée comme une solution efficace, notamment dans le 6ᵉ rapport du GIEC. Sa mise en place contribue à stocker le carbone et l’eau dans les sols, à restaurer la biodiversité et à éliminer l’utilisation d’intrants de synthèse », explique l’entreprise.
En revanche, il n’existe pas de label de l’agroécologie. FEVE a donc défini une charte qui se base sur le socle de l’agriculture biologique. L’entreprise demande aux agriculteurs de s’installer en agriculture biologique et va même plus loin. « L’agriculture biologique est un pan de l’agroécologie », précise Vincent Kraus.
Concrètement, pour aider ces agriculteurs à s’installer, FEVE a créé une foncière. « La foncière, financée par de l’épargne citoyenne, achète des terres agricoles pour les mettre à la disposition d’agriculteurs sous forme de location avec option d’achat », explique Vincent Kraus.
Pour chaque euro investi, 1 m² de terres est converti à l’agroécologie. « Les difficultés d’accès au foncier et la crainte d’un endettement lié à un investissement de départ trop conséquent constituent les principaux freins à l’installation », rappelle Vincent Kraus.
En deux ans, 11 projets ont été financés. En 2024, l’entreprise vise une vingtaine de nouvelles installations. L’équipe en profite pour rappeler que cet investissement permet une réduction de l’impôt sur le revenu de 25 % du montant investi.
En 2023, au-delà de l’investissement citoyen, la Banque des territoires et le fonds Engagement solidaire de Crédit Mutuel Asset Management ont investi 1 million d’euros dans la foncière pour faciliter le renouvellement des générations agricoles. « C’est un signal très positif, un signe de sérieux et de reconnaissance pour FEVE », reconnaît l’entreprise.
Les énergies renouvelables permettent de se détacher des énergies fossiles, et notamment de la dépendance et de la pollution qu’elles impliquent. Si la meilleure façon de consommer mieux est de consommer moins, il reste cependant la possibilité de se procurer des énergies issues de matières renouvelables au niveau local. En France, nous développons le solaire, l’éolien, la géothermie, mais aussi le biogaz. C’est à ce dernier que nous allons nous intéresser.
« Il faut des porteurs de projet pour qu’un méthaniseur s’installe. On a plus de 120 méthaniseurs sur le territoire », explique Arnaud Bousquet, directeur régional GRDF Nouvelle Aquitaine. L’objectif : 100% de gaz vert, d’ici à 2050. C’est ainsi que Julien Hérault, éleveur installé en Nouvelle-Aquitaine, s’est allié à 16 autres agriculteurs pour construire un méthaniseur proche de leurs exploitations. « L’agriculteur le plus loin est à 10 km du méthaniseur. On produit en moyenne 130 nm³/heure ». Un nm³ étant comparable à environ 1L de carburant, les 17 agriculteurs produisent près de 130L de carburant par heure.
Pour limiter les débordements, le code de l’environnement limite à 15% de cultures dédiées à la méthanisation. Un agriculteur ne doit pas abandonner son activité principale pour produire du biogaz. « Le plus gros changement pour nous concerne l’organisation », explique Julien Hérault. Sur son exploitation, il récupère les effluents, c’est-à-dire les fluides résiduels de son activité agricole, et le fumier qu’il va envoyer dans le méthaniseur, puis récupérer pour répartir sur son sol. « La partie que l’on exporte aujourd’hui sur le gaz était déjà une perte de carbone qu’on ne maitrisait déjà pas lors des épandages à l’air libre », poursuit-il. Selon l’agriculteur, ce qui a certainement le plus changé est la gestion logistique des effluents qui demandaient des logistiques importantes et une organisation complexe. La méthanisation de ces 17 effluents permet un véritable engrais composé d’une concentration d’éléments fertilisants connus, uniforme et régulière. Pour les agriculteurs, cela représente également à terme un complément de revenu. Du côté des consommateurs, rien ne change.
10,4%. C’est la part de temps d’antenne accordée au parasport dans les magazines sportifs des chaines gratuites de la TNT, excepté l’Équipe. C’est ce que révèle une étude de l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique). L’analyse a été réalisée entre le 1ᵉʳ avril et le 15 juin 2023, dans le cadre de son programme Jouons ensemble ! L’objectif est d’encourager la médiatisation du handisport, à l’approche des Jeux olympiques et paralympiques 2024 à Paris.
En parallèle, à différentes échelles, organismes, association, collectivités… organisent aussi des événements pour sensibiliser au monde du handicap. À Bordeaux, 200 étudiants de Gironde et de la Vienne ont ainsi été initiés au basket-fauteuil au Palais des sports. Le tout en présence d’athlètes en situation de handicap et valides, et d’ambassadeurs d’EDF – l’organisatrice et l’une des partenaires des JO de Paris 2024 -, mais aussi d’influenceurs.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre du programme « enJeux d’avenir » pour faire vivre cet événement sportif et porter un autre regard sur le handicap. Cette démarche est essentielle selon Boubacar Konaté, membre de l’équipe de France de handibasket. « Il faut démocratiser le monde handisport et montrer qu’on est des sportifs à part entière, qu’on existe. On est des athlètes de haut niveau comme les autres, avec les mêmes obligations. Malheureusement, on n’a pas les mêmes moyens que les athlètes de haut niveau », dit-il.
Un constat qu’il explique par le fait qu’« on pense qu’on ne vend pas des billets d’entrée. Donc, on est moins glamours. Je pense que c’est une erreur parce que si on est plus visibles, il y aura un engouement. Les gens vont vraiment venir nous voir. La plupart des personnes réalisent qu’elles ne connaissent pas ce milieu. Quand elles connaissent, elles adhèrent sans problème ».
Aussi, il considère que ce genre d’événements sont des vitrines pour les enfants en situation de handicap. «. Le souci ensuite est l’image projetée du handicap dans la société dans des films, des documentaires. Il y a toujours un côté larmoyant, chiant. On nous voit que dans un spectre où on demande de l’aide, jamais du côté du super-héros. Pourtant, nos fauteuils peuvent aussi être de super armes, des super gadgets. »

Justement, Ornella, l’une des étudiantes présentes à l’événement, a pu découvrir l’univers de l’athlète à cette occasion. Une expérience qui a été enrichissante. « Ça nous permet aussi de proposer ce genre d’initiative dans nos écoles respectives. Mais il faut dire que quand il n’y a personne pour nous initier, il peut y avoir une certaine appréhension d’aller vers les gens et d’aborder ces sujets avec eux. Or, si une personne prend l’intuitive, c’est plus simple », explique-t-elle.
C’est au 21 cours de Verdun, tout près du Jardin public, dans le centre-ville de Bordeaux, qu’a élu domicile depuis deux ans la Ressourcerie. Ce lieu, géré par une association éponyme, est tourné vers l’accompagnement des aidants familiaux et proches aidants. On estime qu’ils sont entre 8 et 11 millions sur le territoire français. Ils jouent un rôle important dans la société. Ils apportent un soutien moral, financier et/ou pour les tâches quotidiennes auprès de personnes en situation de handicap, de vieillissement ou de perte d’autonomie. Et ce, de façon ponctuelle ou régulière. Ce rôle peut avoir des répercussions lourdes dans leur quotidien. D’où la création de lieux afin de leur permettre de se ressourcer.
« La volonté d’accompagner autrement “l’aidance” a motivé l’ouverture de la Ressourcerie, soutenue par Malakoff Humanis, une caisse de retraite complémentaire. Catherine Roux, salariée de ce grand groupe, en est à l’initiative. Elle constatait la difficulté qu’avaient ses équipes sur le territoire à accompagner les aidants », explique Laura Briday, animatrice et coordinatrice du lieu. Les adhérents, principalement des femmes, sont accueillis dans une ambiance cosy avec des couleurs bois clair et bleu. Dans un seul et même espace, il y a l’accueil, un salon, une bibliothèque, une cuisine et un espace avec des tables et des chaises. C’est là que se déroule la majorité des ateliers créatifs (peinture à l’aquarelle, macramé, broderie, etc), de bien-être (yoga, Pilate, sophrologie) et culturels. Ces activités varient en fonction des semaines.
« Le lieu est ouvert à tout le monde. C’était un souhait des aidants, évoqué lors des ateliers de coconstruction. Ils ont demandé qu’il y ait un public mixte pour permettre des discussions qui sortent du champ du rôle d’aidant, pour s’évader. Nous, à l’association, y voyons un double avantage, dit-elle. On peut faire passer des messages de prévention auprès des personnes non-aidantes parce qu’on ne sait pas ce que la vie nous réserve. Nous souhaitons qu’avant d’avoir ce rôle, elles sachent qu’il y a un lieu où trouver des informations avant qu’il ne soit trop tard, c’est-à-dire que l’aidant s’épuise, s’oublie au profit de son proche », souligne Laura.
La Ressourcerie a une équipe psychosociale présente pour renseigner et orienter les aidants. Parmi elle, Magali Dupouy est en charge de la partie accompagnement social. « Ma mission, c’est de faire un diagnostic de la situation. D’où ma première question, qui est de savoir ce dont ils ont besoin. Une question qui est plutôt posée à l’aidé qu’à l’aidant. Notre travail consiste justement à remettre l’aidant dans le circuit, car celui-ci sous-estime souvent son rôle, et en oublie de s’occuper de sa santé. On peut alors arriver à des cas où l’aidant, s’il est âgé ou lui aussi malade, meure avant l’aidé », explique-t-elle.
Par ailleurs, Magali a aussi pour tâche de les « soulager des tumultes de l’administration » en les informant sur les ressources existantes. En effet, les dispositifs d’aides et les droits des aidants ne sont pas forcément lisibles ni connus de tous. Cela peut s’expliquer par différentes raisons, dont le fait que le statut d’aidant n’a été reconnu qu’en 2015 par la loi. S’ajoute la difficulté, pour beaucoup d’aidants, à se considérer comme tel. Car il parait évident de s’occuper d’un parent, d’un enfant, d’une tante malade. Certaines personnes ignorent d’ailleurs l’existence de ce statut.
Ça a été le cas pour Lætitia, aidante auprès de son père atteint des maladies de Parkinson et d’Alzheimer, et de sa mère. Ce sont ses praticiens qui ont donné l’alerte. Ils lui ont conseillé de venir à la Ressourcerie, car sa santé s’était dégradée. Cette démarche a été difficile à entreprendre, mais lui est aujourd’hui bénéfique. « Quand j’ai passé le pas de la porte, j’ai été prise en charge comme dans un petit cocon. On a discuté et on m’a expliqué les activités. J’ai sauté le pas, je me suis inscrite, et j’ai fait un premier atelier. Ma première activité a été un bracelet sur lequel j’ai marqué “vivre” dessus. Ça a été le déclic. Quand on est aidant, on ne sait plus qui on est. Je suis dans les soins, j’accompagne au rendez-vous, etc. Ici, les activités, les échanges nous permettent de nous retrouver », raconte-t-elle.
Depuis sa création en 2019, La Ressourcerie a 200 adhérents.
« En quête de sérénité, d’optimisation ou d’expériences : on a tous une bonne raison de se mettre dans sa bulle. » Le slogan de Graviti dit vrai. Dans votre capsule individuelle, vous flottez pendant environ une heure dans une eau idéalement chauffée à 35°C. Le tout dans le noir, tous vos sens endormis pour une relaxation intense.
L’espace Graviti Bordeaux vous invite réellement à vous reconnecter à vous-même, en douceur et en profondeur. Les séances sont proposées en solo ou à deux. Le centre est accueillant à tous les niveaux. Que ce soit par son ambiance, la gentillesse et le sourire chaleureux de Sophie (la co-fondatrice), son accessibilité (ouvert 7 jours sur 7, de 10 h 30 à 22 h 30), sa propreté et ses qualités de conception.
Dès votre arrivée, le visage rayonnant et détendu de Sophie, la fragrance orangée d’un diffuseur, les banquettes de cuir blanc, une douce musique méditative, vous mettent dans l’ambiance. Vous savez que vous allez vivre un vrai moment, pour vous, de relaxation.
Toutes les étapes de l’expérience sont expliquées oralement, puis lorsque vous lisez le manuel remis par Sophie. Vous choisissez une ambiance musicale qui vous accompagnera les 10 premières minutes de flottaison. Vous posez vos affaires, dont les bijoux, dans un casier. Puis direction la salle de flottaison. Murs noirs, sol carrelé noir, lumière-filament pour ambiance feutrée, une chaise, une étagère, une douche dans un coin (passage obligatoire avant et après la flottaison). Tout pour éviter une excitation de nos sens.
Là, au milieu de la pièce, trône la capsule, la véritable reine de Graviti. D’un blanc immaculé, en forme d’œuf, ses courbes et sa texture lisse expriment douceur, enveloppement, cocooning.
35cm d’eau saturée en sel d’Epsom, plus porteuse encore que la Mer Morte, à température du corps. Ensuite, il est conseillé d’être entièrement nu dans la capsule. On place les bouchons d’oreille et on ferme le couvercle. Pour vivre pleinement l’expérience, sans stimuli extérieur et pour conserver la chaleur de l’eau. Une fois allongé, la magie opère. Chaque muscle, chaque nerf, chaque tendon, chaque parcelle du corps se détend grâce à l’effet porteur intense de la flottaison.

Plus rien n’existe que soi, le ressenti, ce qui vient à nous, dans ce silence reposant. A priori, tout pourrait paraitre noir, effrayant. Il n’en est rien. Chacun va vivre sa propre expérience, se connecter à ce qui lui vient : souvenirs, re-visiter sa propre naissance, regarder une ou des émotions sous un nouveau jour, méditer, rêver, s’entendre respirer, etc.
Vous ne voyez pas le temps passer. Il vous semble qu’à peine allongé sur l’eau, l’heure s’est écoulée, tant l’effet relaxant est intense. Après une douche pour retirer toute trace de sel, vous pouvez passer dans « la petite salle beauté » où sèche-cheveux, crème, lotion sont à disposition pour poursuivre le soin du corps. Et vous finissez dans le salon de décompression, une grande salle aux lumières tamisées, avec des fauteuils confortables. Sophie vous propose un thé (son goût est divin) ou une tisane et discute tranquillement avec vous de l’expérience que vous venez de vivre.

Ainsi, en douceur, votre cerveau se re-connecte à un environnement et une ambiance familiers, vos cellules conservant en mémoire tous les bienfaits reçus par cette pause flottaison. Partager vos ressentis vous permet aussi de revivre cette heure magique, dans des énergies plus dynamiques.
Ces séances sont totalement réalisées en sécurité, guidées étape par étape. Par ailleurs, elles conviennent à tous les âges, dès l’adolescence. Les enfants sont obligatoirement accompagnés et surveillés par au moins l’un des parents ou un adulte responsable. Cela peut être une bonne idée-cadeau pour les fêtes qui approchent à grands pas. Notez qu’il existe aussi deux centres similaires à Lyon.
Cet article et ce reportage ont été coréalisés par Danièle Duval.
Nous abandonnons de plus en plus la voiture au profit du vélo, de la trottinette ou de la marche, par peur des embouteillages certes, mais aussi grâce aux nouveaux aménagements mis en place dans les villes et les agglomérations. “La pratique des modes de déplacement alternatifs a explosé”, confirme Isabelle Rami, conseillère métropolitaine déléguée aux mobilités alternatives à Bordeaux Métropole. Pour preuve, les résultats de la dernière enquête mobilité, qui porte sur la période comprise entre 2009 et 2021. Cette enquête souligne que les déplacements à vélo ont augmenté de 124% et la marche de 30% dans la métropole. La voiture individuelle, si elle représente encore près de la moitié des déplacements, connaît un recul de 20%.
Plusieurs enseignements sont à tirer de ces résultats. “Tout d’abord, on note une multimodalité des déplacements à l’échelle de la métropole, c’est-à-dire l’utilisation de différents modes de transport pour se rendre d’un point A à un point B. Cela montre aussi qu’on a des marges de manœuvre intéressantes, puisque 40% des déplacements en voiture sont réalisés pour des distances de moins de 2 km, qui sont donc accessibles via le vélo ou la marche à pied pour les plus courageux. C’est une piste à creuser pour développer la pratique des mobilités alternatives”, s’enthousiasme Isabelle Rami.
Pourquoi les habitants de la métropole bordelaise ont-ils changé leurs pratiques ? La conseillère métropolitaine met en avant deux réponses. Bordeaux est, en premier lieu, la 4ᵉ ville de France la plus congestionnée, où les habitants passent le plus de temps dans les embouteillages. C’est pourquoi nombre de ses résidents ont souhaité trouver d’autres moyens d’effectuer leurs allers-retours quotidiens sans trop stresser. Ensuite, la période Covid a bouleversé les habitudes. Des “coronapistes” ont été créées, c’est-à-dire des voies dédiées aux vélos et trottinettes, ainsi qu’aux bus. Ces pistes ont été pérennisées après les différents confinements. “Les gens se sont rendu compte que se déplacer à vélo était faisable pour des trajets, qu’ils soient courts, moyens ou longs, et pour différents usages tels que se rendre à son travail, pour les loisirs ou accompagner les enfants à l’école”, explique Isabelle Rami.
Décider de changer la voirie, en informant les usagers en amont, mais sans concertation ni projections de plans au préalable, est une des méthodes utilisées en urbanisme tactique. Les discussions ont lieu après. Cela permet de tester au préalable, de se faire ainsi une idée. Et souvent, les retours sont positifs. Cette stratégie a été utilisée dans plusieurs secteurs de la ville de Bordeaux.
Avec le déploiement des vélos à assistance électrique, de nouvelles pratiques se développent. Notamment des déplacements sur des distances plus longues qu’auparavant. “On se rend compte que certaines personnes utilisent le vélo pour faire des déplacements domicile-travail de plus de 10 km”, relate Isabelle Rami. Ce nouveau public profitera bientôt, dans son ensemble, du Réseau Vélo Express, qui répond au doux acronyme de ReVE. À l’horizon 2030, ce sont plus de 270 km de voirie qui seront à la disposition des usagers.
À ce jour, 70% du réseau est déjà à l’étude ou en travaux. Ce sont 14 itinéraires vélo sur les 28 communes de la métropole bordelaise, qui viendront se rattacher, également, aux territoires périphériques. Car là aussi, les usages existent bien au-delà des frontières métropolitaines. Le maillage desservira le campus, le centre hospitalier régional, les zones d’activités et commerciales, et les pôles d’échange multimodaux, comme les différentes gares et l’aéroport. En effet, un des enjeux du schéma des mobilités de Bordeaux Métropole est de créer de l’intermodalité pour limiter la place de la voiture dans la métropole.
Onze nouveaux kilomètres ont été créés cette année, vingt sont projetés pour 2024 et cinquante pour 2025. “Le ReVE va permettre de transférer 10% des déplacements individuels opérés aujourd’hui en voiture”, anticipe Isabelle Rami. Cet équipement sera déconnecté de la voirie voiture, doté d’une signalétique particulière qui permettra de circuler à plusieurs de front et à des vitesses telles que l’autorise un vélo de route électrique léger, c’est-à-dire 25km/h. Du moins, là où ce sera possible.
Dans l’hypercentre de Bordeaux, l’étroitesse des rues et le manque de foncier disponible ne permettent pas cet aménagement. Parfois, des voies sont partagées avec les bus, comme sur les Boulevards, mais “c’est une première étape, tant que les usages des vélos et des bus sont confortables”, précise la conseillère métropolitaine. Car le flux vélo peut encore se massifier. “Donc nous nous sommes donné une charte, qui permet, sur une ligne de ReVE, de pouvoir associer de la voie ReVE, de la voie verte, et parfois, des voies partagées bus et vélos”, complète la conseillère métropolitaine.
La Métropole anticipe et surtout s’adapte aux besoins de demain. “La nécessité actuelle, c’est d’accompagner l’augmentation des pratiques. On travaille avec plusieurs associations nationales, comme la FUB, la Fédération des usagers des transports, et le Club des villes et territoires cyclables et marchables. Il y a aussi le plan vélo national. C’est une véritable dynamique en cours partout en France”, développe Isabelle Rami.
Autre piste pour permettre à tous de trouver leur espace : travailler sur les axes secondaires. Depuis le début de la mandature, ce sont 24% de bandes, pistes cyclables, voies vertes, zones 30 et zones de rencontre que l’on peut comptabiliser en plus. Les zones 30 se sont déployées sur 18% de territoire supplémentaire, les zones de rencontre sur 19%. “Partout où l’on apaise la ville, on met davantage en facilité les cyclistes et les marcheurs. On les sécurise avec la baisse de la vitesse des voitures”.
La sécurité reste bien le maître-mot. Sécuriser les plus faibles, piétons et cyclistes, grâce aux aménagements, mais aussi en communiquant sur les éclairages des vélos et sur la protection individuelle, comme le casque. Enfin, il s’agit aussi d’agir sur la sécurité des équipements eux-mêmes. “L’enjeu est de mettre en place du stationnement sécurisé, parce que les cyclistes acquièrent maintenant des vélos relativement chers : à assistance électrique, cargo, long tail”, explique Isabelle Rami. Ils ont donc besoin de leur trouver un arceau libre ou un lieu à l’abri lorsqu’ils les laissent pour faire leurs courses ou au terme de leur journée de travail. La Métropole aide d’ailleurs à investir pour s’équiper de ces nouveaux vélos plus onéreux.
Au 205 rue Judaïque à Bordeaux, la boutique Mama Kombucha, qui produit artisanalement et vend cette boisson fermentée, accueille quelques soirs par mois les ateliers créatifs et de dessin de Bénédicte Dufour. De 18h30 à 20h, l’artiste reçoit y ses adhérents dans une ambiance cosy, avec un attirail d’outils nécessaires pour explorer sa créativité : des pastels secs et gras, des crayons de couleur, des feutres, de l’aquarelle, des feuilles blanches… Cette semaine-là, le thème, qui change régulièrement, est « la couleur ». Posés au centre de la table, deux bouquets de fleurs séchées, les modèles du jour.

Ces séances s’adressent aux adultes et adolescents, pour tous niveaux. « Moi, je n’enseigne pas du tout la technique, mais je peux donner des conseils », dit Bénédicte Dufour. « Ma démarche est plus personnelle, dans la pleine conscience. C’est un peu comme de la méditation ou de l’introspection. L’idée, c’est de prendre soin de soi grâce à la créativité. Donc, on va observer ce qui nous entoure et ce qu’il y a à l’intérieur de nous. On se reconnecte au présent, à nos émotions, on se calme quand on est stressé, on génère des solutions », complète l’artiste.
Pour celle qui a travaillé dans la direction artistique, ces ateliers sont semblables à des outils de développement personnel, voire thérapeutique. En revanche, la trentenaire précise qu’elle ne fait pas d’art-thérapie. « Je fais très attention à cette nomination qui n’est pas contrôlée en France. J’ai suivi des formations à l’art-thérapie, mais je n’ai pas de compétences de thérapeute ».
Pour assister à ces ateliers, il n’est pas nécessaire de savoir dessiner. « Ce n’est pas grave si on ne sait pas dessiner. Le but, c’est vraiment de se faire plaisir et d’expérimenter. Moi, je prône toujours le faire plutôt que le résultat. C’est vrai qu’on voit beaucoup en France des ateliers pour le « beau ». On juge le « beau ». On voit aussi qu’avec les réseaux sociaux, il faut que ce soit toujours plus beau, toujours plus performant. Moi, j’ai une approche qui est assez différente dans le sens où on est dans le non-jugement et dans une démarche bienveillante », explique Bénédicte Dufour.
Cette approche a séduit Lucie, une adhérente régulière. C’est sur les conseils d’une amie qu’elle a décidé de s’essayer à ces ateliers. « J’adore écrire, la peinture, mais je n’en ai pas fait beaucoup moi-même. La méthode de Bénédicte inclut différents exercices « contraignants » pour nous sortir de notre zone de confort, comme dessiner avec la main non dominante sans lever le crayon. Maintenant, j’arrive davantage à me lâcher. Au début, j’étais un peu coincée, je n’osais pas. Et maintenant, en fait, j’ose beaucoup plus », partage-t-elle.
Le proverbe dit : « ce n’est pas la petite bête qui va manger la grosse ». Et pourtant, pour beaucoup d’entre nous, à la vue d’insectes tels que les moustiques, fourmis et guêpes, nos poils se hérissent. Parfois, un sentiment de dégout peut survenir. On l’a bien compris, ces derniers ont mauvaise presse. Conscientes de ce constat, Cristela Sanchez Oms et Diane Bigot, toutes les deux docteures en biologie et écologie , ont créé Fourmidables® fin 2019 en Gironde. Elles proposent des animations ludopédagogiques pour sensibiliser le public aux insectes. Le but est de contribuer à leur protection et à celle de leurs écosystèmes.

« Nous voulions partager toutes nos connaissances et surtout notre passion des insectes », déclare avec enthousiasme Cristela. « On a remarqué que, souvent, les gens ne comprennent pas pourquoi on s’y intéresse. Ce sont des animaux stigmatisés, mal-aimés. Mais je trouvais dommage que les personnes ne puissent pas savoir ce qui se passe derrière les portes des laboratoires. J’ai donc proposé ces animations tout public à Diane », complète cette passionnée. Les deux femmes se sont rencontrées alors qu’elles écrivaient leur thèse à l’Institut de Recherche sur la Biologie de l’Insecte à Tours.
Aujourd’hui, les deux ingénieures pédagogiques animent des ateliers auprès des scolaires, des résidents d’EHPAD, des associations, des familles, des amis, etc. Les mots d’ordre de ces séances sont : apprentissage, jeu, originalité et surtout, fun. Car, selon elles, ce dernier ingrédient manquait parfois dans ce genre d’atelier, notamment pour les enfants. C’est pourquoi elles sortent le grand jeu. « Que les ateliers soient à destination des adultes ou des enfants, c’est la même façon de procéder, parce que les adultes aiment aussi s’amuser, avoir des étoiles plein les yeux. Donc, on explique ce qu’est un insecte. On ramène avec nous de très belles collections naturalistes. Puis, on montre des espèces exotiques qui ont de magnifiques couleurs. Et là, les gens se disent que les insectes peuvent être beaux », dit avec fierté Cristela. Celle-ci précise que les insectes de leurs collections n’ont pas été chassés, mais récupérés morts, auprès de collections de naturalistes ou en seconde main.

Mais comment les enfants réagissent pendant les animations ? « Souvent, les appréhensions qu’ils sont, c’est que ça pique. Ça fait partie des premiers retours négatifs que l’on a. On pense aux guêpes, aux abeilles, et parfois aux fourmis », rapporte Diane. De son côté, Cristela remarque que « les tout-petits en maternelle n’ont pas peur. Ils n’ont pas cette vision négative des insectes. À partir de six ans, ça commence à se compliquer. Si les parents en ont peur, ils transmettent leur appréhension aux enfants ». Cette peur peut s’expliquer de différentes façons : une mauvaise représentation dans les films, les livres, les séries, dans lesquels ils représentent les méchants. Ils sont aussi fréquemment associés à la saleté et parfois vecteurs de maladies. Or, « c’est en apprenant à les connaître, en lisant, en regardant des documentaires, qu’on les démystifie », complète la scientifique.
Pourtant, les insectes sont essentiels pour notre biodiversité. Par exemple, le moustique permet la pollinisation de la fleur du cacaoyer. Sans lui, il n’y aurait pas de chocolat. Les insectes servent de nourriture pour de nombreux animaux insectivores comme les chauves-souris, les hérissons, les poissons, les oiseaux. Ils jouent donc un rôle important dans la chaîne alimentaire.
« S’il y a un déclin de la population d’insectes, il y aura forcément un déclin chez les oiseaux et chez les amphibiens. Ça a été montré sur les oiseaux, qui, depuis les 30 dernières années, ont subi des pertes importantes en termes d’effectifs pour cette raison », explique Diane.

Cette baisse de la population a de nombreuses raisons : les pesticides, les pollutions lumineuses et dans l’air, l’urbanisation, le manque d’espace végétalisé. « L’agriculture intensive avec les monocultures crée beaucoup de dégâts. Les insectes n’ont donc qu’une seule source de nourriture alors qu’ils ont besoin de diversifier leur alimentation », précise la docteure en biologie.
Lors des animations Fourmidables®, les deux spécialistes n’hésitent pas à partager les petites actions que l’on peut faire à son échelle pour donner un coup de pouce à la population d’insectes, comme :
Assistera-t-on bientôt à une généralisation des plantes vertes sur les murs extérieurs des bâtiments en béton ? Ça peut être l’une des solutions envisagées pour réduire l’impact carbone. Connue auparavant sous les noms de Vertige mon toit vert, puis Vertige, l’entreprise a été rachetée par le groupe Demonchy et a changé de nom pour s’appeler Vegetek. Basée à Cenon en Gironde, elle s’est spécialisée dans les toitures végétalisées.
« Désormais, on va plus loin. On s’intéresse à développer de nouveaux procédés pour faire également des murs et des sols en végétalisation », explique Aurélien Cassagnet, chef de projets dans la société. Les techniques ont été dévoilées lors de l’inauguration, en octobre, du premier mur végétalisé en béton bas-carbone de Vegetek, sur son bâtiment expérimental dédié à l’innovation et à la R&D.
« Il s’agit d’un mur de parement. On continue à faire le choix du béton parce que ça reste une denrée qui est à un prix maîtrisé. Ce mur permet justement de se développer rapidement et a une technicité courante », explique-t-il. « C’est comme une seconde peau qui vient s’appliquer sur des bâtiments existants. Ces jardinières en béton bas-carbone sont allégées et ensuite végétalisées par nos soins. » Celles-ci sont garnies de plantes cultivées dans des serres agrivoltaïques de 35 hectares, à la Green Factory, à Ambarès-et-Lagrave et Saint-Vincent-de-Paul, en Gironde.

Les végétaux choisis dépendent des saisons et de la région. Il y a d’autres conditions : les plantes ne doivent pas perdre de feuilles ni être invasives, et doivent résister en extérieur. Elles sont donc essentiellement grasses, car elles demandent très peu d’eau et d’entretien. Par ailleurs, si les jardinières sont conséquentes, « c’est pour qu’elles aient assez de terre, de substrat, pour subsister. Un réseau de goutte-à-goutte a aussi été intégré. Les jardinières sont équipées d’huîtres qu’on récupère à Gujan-Mestras auprès du syndicat ostréicole. C’est du circuit court et c’est léger. L’effet drainant permet à l’eau d’alimenter les plantes et après de s’évacuer naturellement », détaille Aurélien. Vegetek propose aux entreprises deux à trois entretiens annuels.
Quels sont les avantages à avoir recours à ce mur végétalisé ? « Il faut arriver à lutter contre les îlots de chaleur urbains. Et puis, il y a un plan gouvernemental qui vise à justement contrer le carbone à horizon 2050, donc ça va permettre de l’absorber et d’améliorer l’empreinte carbone par la même occasion », contextualise le chargé de projet. « Les autres avantages du mur végétalisé sont multiples, comme l’amélioration de l’isolation thermique et phonique. On ramène également la biodiversité en centre-ville, pour le confort et le bien-être des humains qui vont vivre là », complète-t-il. Autres bénéfices de cette solution en béton armé bas-carbone isolant : elle peut facilement être installée par n’importe quelle entreprise du BTP et réduit les coûts des dépenses énergétiques.
Quant au prix ? « On a voulu avoir un produit abordable. Dans un premier temps, on était partis sur des murs en aluminium qui étaient la seule solution existante pour développer ce genre de mur végétalisé. Mais cela coûtait assez cher, entre 1000 et 1 300 € le mètre carré. Avec le béton, on est dans un ordre de prix de 500 € au mètre carré, pour faire des murs en béton bas-carbone. Ça, c’est sans la végétalisation. », précise Aurélien.
Dans les années à avenir, l’entreprise d’une quinzaine de salariés compte doubler ses effectifs et dédier le rez-de-chaussée de 700 m² à des jeunes pousses aussi concernées par l’écoconstruction.
De l’or dans les mains, un nom tout trouvé pour l’association que Gabrielle Légeret a fondée en 2021. Ses missions : « sensibiliser les jeunes aux métiers de la main et réintégrer la pratique manuelle dans les collèges. En France, il y a de nombreux artisans qui ont de l’or dans les mains, les jeunes aussi. Mais ils ne le savent pas. Il n’y a aucun temps aujourd’hui dans le parcours scolaire qui permet de se confronter à la matière et au plaisir de faire avec ses mains. Et donc nous, avec notre association, leur montrons qu’ils ont un potentiel manuel », souligne-t’-elle.

Pour ce faire, différents outils pédagogiques ont été créés en collaboration avec des artisans et des enseignants. Le but est de créer une passerelle entre le programme de l’Éducation nationale et la pratique artisanale. On compte ainsi un cahier pédagogique, des vidéos, des podcasts, une exposition photo itinérante. Il y a également un programme pédagogique clé en main de 15 h pour les professeurs, intitulé « Je découvre les métiers manuels ». Il s’étale sur une année durant laquelle des artisans-intervenants, rémunérés, animent les séances et font découvrir leur métier avec des cours de pratique. C’est gratuit pour les établissements scolaires. Cette année, 4 000 élèves de 25 collèges partenaires y participent.
La directrice générale de De l’or entre les mains a créé cette association pour plusieurs raisons. « J’ai grandi à la campagne en Touraine. J’ai vu beaucoup d’ateliers de manufacture fermés, faute de transmission et de vocations. En même temps, personne ne nous parlait de ces métiers au collège », se désole-t-elle. « Aujourd’hui, ce qui est alarmant, c’est que 300 000 entreprises artisanales sont à reprendre d’ici à dix ans, selon la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA). On a 27 % des savoir-faire industriels qui sont déjà en train de disparaître, en raison d’une absence de repreneurs. Et la majorité des entreprises artisanales sont détenues par des personnes de plus de 55 ans qui vont partir à la retraite », complète la jeune femme.
Outre cette envie de susciter un réel intérêt pour ces métiers chez les jeunes, Gabrielle Légeret veut valoriser les formes d’intelligence autres que celle académique liée au système scolaire classique. « On veut montrer que l’intelligence de la main est formidable. Et prouver que pour des questions de santé mentale et d’addiction aux écrans, la pratique manuelle est un levier pour émanciper les jeunes. Aussi, je veux dire aux élèves qui ont de très bonnes notes que la voie des études supérieures n’est pas que la seule voie. On peut devenir, par exemple, céramiste. Finalement, ces métiers manuels, c’est un prolongement de l’intellect. On ne fait rien sans la mobilisation des mathématiques, de la physique-chimie, de l’histoire, etc ».
L’association De l’or entre les mains est pour le moment implantée en région Centre Val de Loire, Ile-de-France, Bourgogne, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine.
Destination a inauguré en octobre dernier sa nouvelle usine de torréfaction de café bio et d’assemblage de thé en feuille, à Cestas, en Gironde. Celle-ci a nécessité l’investissement de 10 millions d’euros de la part du groupe Ecotone, dont fait partie l’entreprise. L’objectif est de pouvoir répondre à la demande croissante de produits bio sur le marché des boissons chaudes. L’usine de 9 500 m² a été dimensionnée pour pouvoir torréfier, à terme, 9 000 tonnes de café par an, contre 2 650 tonnes aujourd’hui.
Le site de Cestas emploie 60 personnes. L’usine est le centre d’expertise en café et thé en feuille du groupe Ecotone, qui regroupe des marques comme Bjorg, Alter Eco, Clipper, Bonneterre, Destination, Allos, Danival, El Granero ou Isola Bio.
« Ce qui caractérise l’usine de Cestas, c’est un processus de torréfaction artisanale. Le café y est torréfié origine par origine. Nous prenons le temps de le cuire entre 12 et 17 minutes afin de respecter la matière et de développer les arômes. À titre de comparaison, une torréfaction flash nécessite entre 3 à 5 minutes seulement », explique Yannick Villemonté, directeur du site.
L’entreprise revendique d’ailleurs l’obtention de six labels : Bio, Fair for Life, Faitrade/Max Havelaar, Qualité Artisan, Bio Entreprise durable, B Corp.
« La matière est certifiée bio et nous avons des comptes à rendre. Notre site est audité tous les ans. Le process y est cadré. Un contrôle est effectué sur l’ensemble des matières, à la sortie des process sur la matière première et le produit fini », précise Yannick Villemonté.
« C’est bio, mais bien plus que ça » ajoute Renaud Chamonal, président de Destination et secrétaire général de Synabio, le syndicat des entreprises bio agroalimentaires en France. « Ce que je trouve passionnant quand je rencontre des entrepreneurs du bio, c’est qu’ils sont bio bien évidemment, mais s’engagent aussi sur l’emballage, les déchets, le commerce équitable. C’est le cas de l’usine de Cestas. » L’entreprise a mis en œuvre une politique de zéro déchet enfoui et de 100 % de circularité. Ainsi, 17 filières ont été identifiées pour valoriser les déchets. À titre d’exemple, les sacs en toile de jute dans lesquels arrivent les grains de café verts sont réutilisés par des maraîchers locaux pour pailler les sols.
« Plus de 60 % du chiffre d’affaires est réalisé en commerce équitable labellisé. L’objectif est de parvenir à plus de 70 % de café et de thé équitable d’ici à deux ans », souligne Renaud Chamonal.
Événement dédié au yoga et au bien-être, le Bliss yoga festival revient pour une 9ᵉ édition. Pendant ces trois jours, les festivaliers ont accès à 90h de pratique de yoga et d’autres pratiques douces. Les séances sont tous niveaux et de différents types tels que Ashtanga yoga, Vinyasa yoga, Hatah flow, Pilates, qi gong… Cette année, il y a une nouveauté : le yoga égyptien. « Il y a six espaces dédiés. L’idée est d’ouvrir le yoga à un maximum de personnes, d’où un programme extrêmement riche. Le but est de montrer qu’il y a un yoga pour tous, pour tous les corps, pour tous les moments de la vie, donc tous les âges », explique Laura Merchez, la directrice du festival.
Dans cette démarche d’inclusivité, la professeure de yoga a remis en place « le Cercle d’hommes : renouer avec le masculin sacré », guidé par Théodore Zachée et Valentin Philippe. L’un est enseignant de yoga et athlète, l’autre est coach et hypnothérapeute. « Le yoga, c’est pour tout le monde, mais quand même, 90% de pratiquants sont des femmes et je trouve ça dommage. Où sont les hommes ? », dit-elle en riant. Elle souhaite qu’ils puissent accueillir leur sensibilité et soient bienveillants envers leur pratique sportive.
Par ailleurs, les cours et les ateliers assurés par une pléiade d’intervenants abordent différentes thématiques, comme « oser incarner la puissance de son féminin », « yoga & hyperlaxité : chance ou malchance ? », « namaskate yoga pour surfeurs & skateurs » ou encore « respiration et périnée ». L’objectif est de montrer de quelles façons le yoga peut être bénéfique à différentes étapes de sa vie, ou lorsque l’on rencontre des difficultés. « Pour moi, c’est vraiment une boîte à outils absolument formidable », déclare Laura Merchez. « Le yoga ne se limite pas à sa pratique sur le tapis, bien au contraire. En fait, les bénéfices viennent se diffuser dans tous les autres pans de notre journée et de notre existence ».
À découvrir aussi lors du Bliss yoga festival, des cours parents-enfants ainsi que des yogablabla, des conférences décomplexées gratuites qui abordent différents sujets : « Naturopathie & fertilité », « concilier entrepreneuriat & spiritualité » entre autres. Le yogi market avec une soixantaine de créateurs est présent également sur les trois jours.
Lors de chaque édition, il y a environ 3 000 festivaliers dont un millier de yogis.
Le tarif varie entre 5 et 115 euros en fonction des formules
Programme à retrouver ici
C’est à l’école de communication Sup de Pub de Bordeaux que Marie Sallaberry, Quentin Sébire et Liam Donne se sont rencontrés. Ensemble, ils ont collaboré sur un projet d’école qu’ils ont finalement concrétisé une fois diplômés, notamment grâce à l’intégration à l’incubateur French Tech Bordeaux.
Il leur aura fallu trois ans pour lancer en juillet 2021 Cuidam, une plateforme de soutien psychologique pour les étudiants de l’enseignement supérieur. Ceux-là ont alors accès à différents professionnels de la santé mentale tels que des psychologues, des cliniciens, des travailleurs sociaux, des spécialistes en addictologie… Les rendez-vous se déroulent en visio et sont gratuits pour les utilisateurs. La charge financière de ce dispositif psy revient aux établissements qui payent 3 000 euros hors taxes pour l’abonnement et un nombre de séances défini pour les étudiants.
Les trois associés ont décidé de s’intéresser à la santé mentale car ce sujet était récurrent dans leur entourage. Et ce, d’autant plus après l’épidémie de Covid-19. Les fondateurs de Cuidam se sont rendu compte qu’il n’y avait pas de dispositif mis en place pour les étudiants.
« Pour nous, il était indispensable d’intégrer l’établissement dans le process de prise en charge des étudiants. Notamment parce qu’un étudiant qui ne se sent pas bien, c’est un étudiant qui va avoir de mauvais résultats. Et le taux de réussite de cette école sera forcément affecté, donc l’image et, derrière, la fidélisation », explique Liam Donne. Celui-ci rappelle qu’en 2022, une étude de la LMDE (La mutuelle des étudiants) et du CSA a montré que 70% des étudiants étaient en détresse en psychologique.
Par ailleurs, depuis quelques mois, Cuidam se déploie ailleurs que dans des établissements bordelais, à Agen, Nantes et Lyon. Désormais, plus de 2 500 étudiants y ont ainsi accès. Lors de la première année de sa mise en place, une cinquantaine de consultations ont eu lieu. Résultats : « On a pu observer que la majorité des étudiants qui venaient, c’était d’une part pour tout ce qui tourne autour du stress, du manque de confiance en soi, pour une remise en question. Toutes ces thématiques en lien avec l’orientation finalement. Puis, il y a une autre partie qui va être vraiment en lien avec le relationnel et notamment les relations amoureuses », précise Liam.
Pour avoir un effet optimal, les fondateurs conseillent de prendre au minimum trois séances avec un spécialiste. Une trentaine sont à disposition, tous exercent en libéral. « Ainsi, on peut commencer déjà par avoir certains outils puis se prendre en charge derrière. Nous, on fournit une plateforme de soutien psychologique mais pas de thérapie. On est là dans une première étape pour briser la glace, pour sensibiliser et s’informer », souligne cofondateur de Cuidam. Concernant les bienfaits de l’application, les jeunes entrepreneurs se laissent encore du temps pour pouvoir les mesurer.
Dejean Marine souffle cette année ses 100 bougies. L’entreprise fabrique de façon semi-industrielle des drapeaux depuis un siècle à Bordeaux. Elle est la seule sur ce créneau en Nouvelle-Aquitaine. Aujourd’hui, la société emploie vingt salariés et est leader français sur ce marché, avec un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros. Ses bureaux et son usine sont dans le quartier Bordeaux maritime, où est fabriquée 95% de sa production.
Tout a commencé avec André Dejean, ancien employé de la Marine nationale. L’entreprise confectionnait alors les pavillons et drapeaux de la Marine nationale. Toujours spécialisée dans le nautisme, elle a ajouté aujourd’hui à son offre la création de divers supports de communication (kakémonos, banderoles, bannières publicitaires, roll-up, etc.).

Dejean Marine peut imprimer jusqu’au 1 000 drapeaux par jour, de différentes tailles, dans son atelier. Ce processus est composé de plusieurs étapes : l’infographie pour les visuels, l’impression sur des rouleaux de tissu blanc en polyester, puis la chauffe pour fixer les couleurs et, enfin, le passage à la découpe entre les ciseaux des couturiers et des couturières.
Par ailleurs, les matières premières proviennent de France et d’Europe. La société travaille aussi avec des partenaires locaux, spécialisés dans la gestion et le recyclage des déchets. Divers clients se fournissent ainsi en drapeaux officiels ou personnalisés – communes, particuliers, entreprises, etc.
Depuis la création de Dejean Marine en 1923, deux familles ont pris en charge la gestion de l’entreprise. Désormais, Erwan et Mathilde de Leissègues sont à la direction. Le couple a racheté l’entreprise l’an dernier au père d’Erwan, Arnaud de Leissègues, qui en avait fait l’acquisition en 2008, avec le souhait de perpétuer l’héritage familial et de préserver un savoir-faire. Cette décision allait de soi pour les jeunes gérants. « Ce qui m’a toujours touché, c’est que le drapeau est un produit synonyme de symboles, vecteur d’une belle image, souligne Erwan. Quand on vient dans notre usine, on voit bien que ça vit. Il y a de la couleur. »

Un propos approuvé par son épouse et collaboratrice : « Le drapeau est un moyen d’expression. Il permet à chacun de « porter haut ses couleurs » et d’exprimer son identité propre. Cet objet est aussi un symbole d’unité. Ce n’est pas juste un drapeau. C’est en effet bien plus qu’un bout de tissu monté sur un bâton. Moi, j’ai été embarquée dans ce tourbillon (rires). Ce qui m’a plu aussi, c’est de m’investir localement, d’être dans une entreprise qui essaie d’avoir un impact responsable. Nous allons essayer de continuer à avancer là-dessus et à nous challenger. »
Après la préparation de l’arrivée du roi Charles III et la Coupe du monde de rugby en France, Erwan et Mathilde de Leissègues et leur équipe se tiennent prêts pour les Jeux olympiques 2024 à Paris.
Au départ, il s’agissait du projet étudiant de cinq jeunes Bordelais suivant un cursus universitaire de management à l’IAE. Dans leurs rangs, Evan et Baptiste, passionnés de vélo, plus précisément de descente et de course. Cela dit, eux-mêmes et les autres membres de l’équipe, ne connaissent alors pas grand-chose au sujet du vélo au quotidien et à ses enjeux. Ils souhaitent alors créer une course de vélo, pour partager cette passion. Seulement, bien vite, ils réalisent qu’ainsi, ils pourraient ne réunir que des initiés. Leur objectif serait plutôt d’engager des personnes éloignées du vélo et faire grandir l’envie chez une palette plus large de gens.

Un peu par hasard, ils sont alors invités à l’un des plus gros congrès de vélo en France, le congrès de la FUB, la Fédération des usagers de la bicyclette. Là, ils rencontrent les plus grands experts du domaine. Cela leur donne des ailes. Ils voient alors plus grand et se demandent pourquoi ils ne réaliseraient finalement pas un documentaire de plus vaste envergure, un véritable projet professionnel qui permettrait de traiter du sujet du vélo de la manière la plus étoffée possible. Bref, qui parle à tout le monde.
“On a construit ce film en découvrant ce qu’étaient le vélo mobilité”, raconte Baptiste Lemaitre, coproducteur. “On n’a donc pas suivi une ligne directrice dès le départ, mais la trame s’est constituée alors que nous découvrions, au fur et à mesure, avec chaque intervenant, ce qu’était le vélo au quotidien. C’est ce qui a fait, je pense, la richesse du documentaire.”
Il faut alors trouver des professionnels pour le tourner et le monter. Ils postent ainsi, comme on jetterait une bouteille à la mer, un message sur les réseaux sociaux. Charlotte Brunier et Romain Mercieux répondent, enthousiastes, à l’appel de manière bénévole. Les acolytes sont ensuite allés chercher des subventions, des sponsors, pas seulement financiers, comme ces boites de production qui ont échelonné, mixé le documentaire.

Et voilà comment, pour un budget très restreint mais avec une furieuse motivation, les cinq Bordelais peuvent aujourd’hui présenter un film documentaire d’une heure, “Les Roues de l’avenir“, fort d’une quarantaine de projections depuis le mois de juin à travers la France.
Un film “qui traite du vélo au quotidien, qui montre comment on peut imaginer une ville de demain, qui soit différente, meilleure, plus apaisée, grâce au vélo. On cherche à créer un nouvel imaginaire, un nouveau récit, pour que les gens puissent créer la propre ville dont ils rêvent”.
Le film est construit en cinq grandes parties : les bienfaits du vélo pour l’enfant et l’adolescent, l’aspect sécurité avec les aménagements urbains, le vélo santé ou comment améliorer sa santé aujourd’hui quand on est encore vaillant et pour les personnes plus âgées, le vélo et le féminisme, et enfin, la notion de passion. “Parce qu’on pense qu’aujourd’hui, on cherche à développer le vélo en contrainte de quelque chose, alors que, pour nous, il faut plutôt passer par l’argument de la passion pour pouvoir arriver à le développer”, insiste Baptiste.
Ces cinq grands volets sont liés par un fil rouge qui est un voyage à vélo en Dordogne de 150 km réalisé par l’équipe, qui suit les péripéties d’Émilie, Augustine et Maud, qui n’avaient jamais voyagé à vélo auparavant. Maud, en particulier, personnage emblématique du documentaire, a grandement amélioré sa santé physique et psychologique grâce à ce périple.
L’équipe ne s’est pas cantonnée à la Dordogne, mais a réalisé un véritable tour de France, de Hollande et du Danemark, pour interroger une quarantaine d’intervenants, dans une dizaine de villes. “Le but est que chaque personne qui regarde le documentaire puisse retenir une idée et, pour cela, il fallait qu’on ait un panel d’experts très large.” Parmi eux, Stein van Oosteren, figure phare du documentaire, diplomate à l’Unesco, qui représente un relai vélo très important en Ile-de-France et dans l’Hexagone.

Un documentaire construit avant tout pour ouvrir le débat. A chaque diffusion, il est suivi d’une heure d’échanges. “Ça nous tient vraiment à cœur de partager avec le public, que les personnes qui commencent à se questionner pendant le documentaire puissent sortir de la salle en se disant qu’elles ont obtenu une réponse à la question qu’elles se posaient et qu’elles vont ensuite pouvoir avancer pour créer leur imaginaire, leur récit de demain à vélo”.
La force du film, pour Baptiste Lemaitre, c’est qu’il peut être projeté partout, cinéma bien sûr mais aussi collectivité, entreprise, association. L’idée, c’est que chaque personne puisse s’en emparer, le diffuser et donc créer du débat autour du sujet du vélo. Les Roues de l’Avenir ont déjà été projetées une quarantaine de fois depuis sa sortie. L’objectif étant une centaine d’ici la fin de l’année, et 300 d’ici la fin 2024. La liste des lieux et dates de projection est à retrouver sur le site Les Roues de l’Avenir. On peut aussi organiser une projection en contactant l’équipe.

“Le vélo, je pensais que c’était impossible, que ce n’était vraiment pas fait pour moi”, se remémore Sarah Haddad. Et puis, à son arrivée à Bordeaux, voyant les nombreux cyclistes arpenter les rues pavées, elle a envie de s’y mettre. Elle donne naissance à un petit garçon et se dit qu’elle ne veut pas se priver de l’opportunité de l’emmener en balade. Elle contacte alors l’association Vélo-cité, qui propose des stages pour apprendre à faire du vélo et de remise en selle.

J’avais trois semaines devant moi et j’ai appris à faire du vélo et ça a changé ma vie”, raconte-t-elle émue et enjouée. À la fin du stage, il est de rigueur d’organiser un petit repas sur les quais avec le triporteur de l’association. Tout le monde apporte alors l’une de ses spécialités. Sarah concocte un houmous avec des falafels. “Je dressais les assiettes. Il faisait beau. J’ai eu le déclic à ce moment-là. Faire à manger pour les gens, ma cuisine, s’approprier la ville, se poser, profiter du paysage. C’est là que j’ai décidé de faire cela au quotidien et tout s’est enchainé.”
Sarah savait déjà, qu’après une carrière en tant que pharmacienne, elle voulait devenir traiteur, sans savoir exactement vers quelle cuisine s’orienter. Et ce jour-là, sur les quais de Bordeaux, il est apparu évident que ce serait la cuisine de son enfance. La cuisine judéo-arabe. “C’est une cuisine magnifique, pleine de chaleur, de douceur, avec beaucoup de légumes cuits, confits, rôtis. C’est une cuisine qui est saine aussi, qui fait du bien au corps”, décrit-elle.
Petite, avant l’arrivée du week-end, elle se rendait avec son papa rue des Rosiers, à Paris, chez un petit traiteur qui proposait une multitude de produits – des pistaches, des amandes grillées -, qui coupait le saumon fumé devant le client. Ça sentait la bonne huile d’olive et les petits gâteaux. Sarah se met en tête de trouver à Bordeaux un réseau de petits fournisseurs du même acabit.

Mais pour réaliser son projet, encore fallait-il trouver le vélo de ses rêves. Elle a dû traverser la France plusieurs fois pour essayer divers modèles, à Lyon, en Normandie, qui finalement ne lui conviennent pas parfaitement. Et puis, un jour, par hasard s’il en est, elle croise sur son chemin, à Bordeaux, le vélo tant attendu. Un livreur qui chevauchait la perle rare apparaît devant elle. “Il avait exactement le modèle que je cherchais depuis longtemps et que je n’arrivais pas à essayer parce qu’il n’est pas si répandu que ça, une marque hollandaise. Je lui demande si je peux essayer son vélo. Pas de problème, me dit-il. Je l’ai testé et c’était ce vélo, le vélo de mes rêves. Voilà, je l’ai trouvé mon vélo !”
La suite, pour Sarah : acheter cette fameuse bicyclette, puis monter la caisse avec la cuisine à bord, un beau comptoir, un bel étal traiteur, une belle canopée au-dessus. Le tout réalisé par des artisans locaux, des artisanes même, puisque Sarah a voulu s’entourer de femmes pour donner vie à ce bel objet sur mesure. Le tout devrait être prêt pour le lancement officiel de Shakshouk en avril prochain.
“Tout est possible à vélo”, s’émerveille-t-elle. “Et il y a cette liberté qu’il n’y a pas quand tu as ta petite boutique. Tu peux te déplacer partout. C’est une autre façon de vivre, d’appréhender l’espace, le temps. Tout ce que tu peux faire à pied, tu le fais trois fois plus vite à vélo. Tu ne vas pas aussi vite qu’en voiture, mais tu ne pollues pas. En regardant en arrière, je me dis qu’il y a eu beaucoup de chemin de parcouru. Que je ne m’imaginais pas du tout arriver jusque-là. Je suis super heureuse de vivre tout ça, je me sens vivante, en harmonie, je me sens avoir ma place dans la ville. Je fais plein de rencontres. Des gens tous plus extraordinaires les uns que les autres.”
Pour continuer d’encourager Sarah dans la poursuite de son rêve, c’est par ici.