Rester un élève comme un autre grâce au cartable connecté

Il se présente comme une petite valise, un condensé de technologie, qui permet aux enfants malades ou accidentés de poursuivre leur scolarité à distance, depuis l’hôpital, sans rupture sociale.

Podcast

Cartable connecté : à la maison comme dans sa classe

1 - Cartable connecté : à la maison comme dans sa classe

02:15

Cartable connecté : un élève comme les autres

2 - Cartable connecté : un élève comme les autres

03:58

Cartable connecté : une technologie française

3 - Cartable connecté : une technologie française

04:17

Résultat de l’alliance de start up et d’ingénieurs de Polytechnique, Mon cartable connecté “est une petite merveille de technologie”, décrit Abdel Aïssou, président fondateur de l’association le Collectif, à l’origine de la création de cet outil, qui dispose de deux caméras, d’un mini-ordinateur et d’un routeur.

A N N O N C E

L’objet se présente sous la forme d’une valise à roulettes, décorée du fameux chat de Philippe Geluck. Depuis sa chambre, avec une simple tablette, l’enfant va pouvoir faire tourner les caméras, voir ce qu’il se passe au tableau, écouter sa maitresse et ses camarades. “Il reste un élève comme un autre. Il continue à apprendre, il interagit et c’est quelque chose d’essentiel, de ne pas à la fois être confronté à la maladie et à un redoublement”, explique Abdel Aïssou. 

De la maternelle jusqu’à la terminale, voire au-delà, le but est de fournir cet équipement à des enfants provisoirement retenus à l’hôpital ou à la maison, en raison d’une maladie ou suite à un accident. “Nous équipons les enfants généralement entre six mois jusqu’à trois ans car, malheureusement, il peut y avoir des récidives”, raconte Abdel Aïssou. “Il y a surtout de très belles histoires, des jeunes qui ont passé leur Bac en connecté et ont continué le cours de leur vie, ensuite, une fois leur terrible maladie dépassée.” 

“Nous, les adultes, lorsqu’on est confronté à une maladie grave, nous la voyons comme une pause et on s’arrête. Les enfants, ce qu’ils voient, c’est la totalité de leur vie. Outre le fait qu’ils nous donnent des leçons assez fantastiques de résilience, ils ont besoin de cet outil parce qu’ils ont besoin de leur vie sociale. Donc, en restant des élèves comme les autres, ils luttent aussi contre leur maladie. Ils ne nous demandent pas qu’on les plaigne. Ils veulent être considérés comme les autres.”

Leçons de résilience

Une expérience qui enrichit Abdel Aïssou, autant que les vice-présidents de l’association, Marc Lavoine et Raymond Domenech. “Ça donne du sens à nos vies. Je suis sous-préfet, mais je suis aussi fils d’ouvrier et j’ai gardé de ma jeunesse ces valeurs de solidarité. On considère qu’une société ne peut pas laisser quelqu’un au bord du chemin. Je ne suis pas indifférent au malheur des autres : j’aime les gens et je ne peux pas me résoudre à ce que des enfants soient dans une fatalité du malheur et de la maladie. Donc, on se bat tous les jours pour inventer des solutions.” Outre le cartable connecté, l’association le Collectif développe également des programmes d’insertion pour les jeunes.  

La cinquième version du cartable connecté, encore plus performante que les autres, vient de voir le jour. La qualité du son, de l’image, de l’ergonomie, s’est encore améliorée. Aujourd’hui, 500 familles sont équipées. Le collectif a pour projet d’en faire bénéficier 2000 autres. Le cartable connecté est mis à disposition gratuitement aux enfants qui en ont besoin.