Christian Plumail : le chef niçois

A la rencontre de Christian Plumail : personnalité incourtounable de la gastronomie du sud

Podcast

Christian Plumail : le chef niçois

1 - Christian Plumail : le chef niçois

02:01

A la découverte du Mexique

2 - A la découverte du Mexique

04:00

De Nice à Zihuatanejo

3 - De Nice à Zihuatanejo

04:01

Christian a dû attendre longtemps pour accéder à la vie dont il rêvait.  Quarante ans en fait. Christian a passé sa vie derrière des pianos de cuisine, avec succès puisqu’il ouvre son premier restaurant à l’âge de vingt-deux ans, il se marie à vingt-quatre ans et découvre son Eldorado sans savoir s’il pourra un jour s’y installer. Le Mexique, destination de son voyage de noces, va devenir un point de chute récurrent, un havre, une quête. Chef étoilé à vingt-six ans, une étoile qu’il va garder pendant trente ans, tant qu’il sera son propre patron, son métier lui fait parcourir le monde. Mais aucune de ces destinations ne lui donnera envie de s’installer comme cet endroit de la province de Guerrero découvert par hasard au gré d’une rencontre totalement inattendue.  C’est en effet la terre qu’il a sous ses chaussures, celle de son pays, sa racine, qui sera le vecteur du destin. Comme dans une brillante recette gastronomique, tous les ingrédients étaient réunis pour qu’après une vie de travail Christian s’asseye à la table du bonheur. Ce qui pourrait n’être qu’une anecdote et qui en fin de compte aura déterminé cette nouvelle partie de son existence, il le raconte avec humour à AirZen Radio. 

Vivre au Mexique, Christian en rêvait. Il avait découvert le pays lors de son voyage de noces et par hasard puisque sa destination d’origine était un autre  état d’Amérique du Sud ou la situation instable ne lui a pas permis de se rendre. Non seulement il a découvert le Mexique dans ces circonstances inattendues, mais c’est sa rencontre avec une niçoise expatriée qui lui a permis de découvrir Zihuatanero, un petit village de pêcheurs dans l’État de Guerrero, au bord du Pacifique. Ces circonstances, nous vous les avons déjà racontées sur AirZen Radio. Tout le monde ne quitte pas son pays parce qu’il a trouvé un lieu de vacances agréable. Qui plus est, devenir propriétaire sur un autre continent, dans un pays qui n’a pas forcément une réputation sans tâche, il y a de quoi retenir n’importe qui pour peu qu’on veuille s’éviter des maux de tête. Ça n’a pas arrêté Christian, restaurateur étoilé dont la richesse des marchés mexicains fait le bonheur, et lorsqu’on l’écoute franchir un océan pour réaliser son rêve a l’air aussi facile que déménager dans sa propre ville. Christian s’est parfaitement intégré avec la population, il a aujourd’hui sa place dans son village. Bien sûr, la cuisine, vecteur planétaire, a été un outil précieux, mais il y a aussi quelques réflexes frappés au coin du bon sens qu’il ne faut pas oublier et qu’il nous rappelle. 

C’est une petite annonce qui a décidé du destin de Christian, il y a maintenant cinquante ans, une offre d’emploi anodine comme il y en avait tant dans les journaux. Son caractère a fait le reste, du haut de ses 14 ans il était fier et déterminé. Ce qu’il ignorait, c’est qu’il avait du talent. Il va le découvrir. Mais comme le disait Georges Brassens, le don sans la pratique n’est rien qu’une sale manie, et ça n’est pas le travail qui a manqué dans le parcours de Christian. Pour citer un autre personnage plus près de nous, Steve Jobs disait : Love what you do…  et tout est là. Christian aime la cuisine, c’est pour ça que ça lui paraissait facile. Après avoir fait ses armes dans de belles maisons, à vingt-deux ans, Christian ouvre son premier restaurant et décroche sa première étoile deux ans plus tard, Une toile qu’il saura conserver tant qu’il sera à son propre compte, trente ans durant. Paradoxalement, cette longue et belle carrière aura été un trait d’union entre un lieu découvert lors de son voyage de noces, et le changement de vie qu’il adopte lorsqu’il est enfin dégagé de toute contrainte. C’est au Mexique, sur une plage du Pacifique, qu’il passe maintenant six mois de l’année, à Zihuatanero, un “village” où il a fait construire sa maison. Un trajet inspirant et ensoleillé qu’il vous raconte bien volontiers sur AirZen Radio.