Aller à la rencontre de soi-même et de l’autre grâce à la sexothérapie

Mathilde Magnien est sexothérapeute à Paris. Une discipline en constante évolution, qui s’enrichit de l’apport permanent des avancées en sciences humaines et sociales.

Podcast

Sexothérapeute : briser les tabous

1 - Sexothérapeute : briser les tabous

02:08

Sexothérapeute : la norme n’existe pas

2 - Sexothérapeute : la norme n’existe pas

04:06

Sexothérapeute : un autre visage de la sexualité

3 - Sexothérapeute : un autre visage de la sexualité

03:56

“Il n’est jamais facile de parler de son intimité”, admet Mathilde Magnien, psycho-sexologue. “C’est pourquoi je dois installer un climat de confiance. Alors, la personne va commencer par raconter son histoire, avant d’arriver au thème de la sexualité à proprement parler. Car c’est au travers de l’histoire que la personne me raconte que j’arrive à trouver les problématiques. Souvent, tout s’explique avec leur histoire sexuelle, depuis leur premier baiser et leur première relation intime, en passant par toutes les premières fois qu’elles ont vécues dans le champ amoureux et sexuel.” 

Mathilde Magnien

Pousser la porte d’un sexologue ne fait plus peur. Accepter d’être accompagné par un psycho-sexologue, c’est s’adresser à un praticien qui intervient pour accompagner sur des questions liées à la sexualité, à la libido, au désir, aux fantasmes parfois difficiles à vivre. Si les problématiques sont de nature biologique, le praticien va alors rediriger les patients vers leurs médecins généralistes ou gynécologues, pour des examens complémentaires.

Une sexualité propre à chaque individu

Cette discipline est encore parfois méconnue car elle est assez récente. Elle s’appuie par ailleurs sur des courants divers et variés. “On a commencé à théoriser sur la sexologie dans les années 60”, explique Mathilde Magnien. “C’est en constante évolution, au regard des courants féministes, de la nouvelle culture, des dernières recherches en anthropologie et sociologie. Toutes les différentes disciplines viennent contribuer à la sexothérapie. Car ce qui était interdit pour les mœurs d’autrefois est aujourd’hui toléré, comme l’homosexualité. Donc ça évolue en permanence.”

Le cabinet d’un sexothérapeute est un endroit safe, confortable pour le patient, dans lequel il pourra se confier uniquement sur son intimité, sans peur d’être jugé. “C’est pourquoi il est important de cloisonner, parler à quelqu’un en dehors du reste de notre vie, parce qu’on parle de sujets qui relèvent de la culpabilité et de la honte. La norme, c’est une chose acquise de manière commune. Mais toute sexualité est particulière et dépend de chaque individu et de son histoire. La thérapie permet ainsi de mettre beaucoup de distance par rapport à tout ça.” 

Explorer des terres inconnues

Cette discipline est passionnante puisqu’elle touche à l’intime, à l’indicible en société. La séance avec le thérapeute permet d’aller à la rencontre de soi-même. “Dans notre domaine, ce n’est pas blanc ou noir, mais il y a plein de nuances de couleurs. La sexualité, c’est un domaine tabou parce que ça fait peur. On croit qu’on sait alors qu’on ne sait jamais vraiment tout. Explorer ces nouvelles terres inconnues, c’est vraiment un défi pour notre époque. La thérapie sexuelle permet de nous aider à nous découvrir nous-mêmes.”

Mathilde Magnien consulte aussi à distance et en langue des signes française.