Handi surf : quand le handicap se dissout dans l’eau

C’est le crédo de l’association nationale Handi surf, qui forme des professeurs de surf et de paddle à l’accompagnement des personnes en situation de handicap moteur, sensoriel, mental et psychique.

Podcast

Handisurf : une grande fierté de les voir dans l’eau

1 - Handisurf : une grande fierté de les voir dans l’eau

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Handisurf : dans l’eau on est tous pareils

2 - Handisurf : dans l’eau on est tous pareils

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Handisurf : donner les clés aux profs de surf partout en France

3 - Handisurf : donner les clés aux profs de surf partout en France

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Ce samedi de juin, l’association M en rouge, qui accompagne des personnes en situation de handicap et leur famille à La Teste-de-Buch, en Gironde, accueille une autre association, Handi surf, pour une session surf, à la plage de la Salie Nord, sur le bassin d’Arcachon. 

Tous les ans à cette période de l’année, les jeunes se retrouvent pour une session en plein air dans l’océan. La pratique du surf dans l’association a fait du chemin depuis 2014 et la toute première séance.

Aujourd’hui, quinze de ses jeunes membres font de la compétition, encouragés par la victoire du premier de leurs paires, Bruno Gouaichault, en 2017, aux championnats de France. Là, ils sont jugés comme n’importe quel compétiteur non porteur de handicap. “Nos jeunes sont avec les autres catégories, avec plus de 400 autres participants”, explique Carole Combecave, présidente de M en rouge. “Tout est fait en mixité handi/valides. On est à fond dans l’inclusion.” 

Une nouvelle démarche

Jean-Marc Saint Geours et l’association Handi surf permettent à des profs de surf de se former à l’accompagnement des personnes porteuses de handicap. Leur structure est certifiée car eux le sont. “On a essaimé ce modèle, formé les cadres techniques.” Ils sont plus de 330 aujourd’hui dans 170 structures avec le label Handi surf et accueillent près de 3500 personnes à travers la France. “On ne va pas leur amener de l’eau, on leur apprend à construire un puits. On développe avec ces professionnels une nouvelle démarche dans leur structure.” 

“Quand je surfe, j’oublie tout le monde autour, j’oublie mon handicap, je prends juste du plaisir, je regarde les vagues qui vont m’éclater dessus”

Et le résultat est là. “Les enfants sont supers épanouis, les parents pleurent de joie”, s’émeut Carole Combecave. “Ce week-end Handi surf, c’est magique. Quand on les voit c’est vraiment une belle récompense. Je suis fière d’eux et je suis heureuse” 

Oublier son handicap dans l’eau

“Quand je surfe, j’oublie tout le monde autour, j’oublie mon handicap, je prends juste du plaisir, je regarde les vagues qui vont m’éclater dessus”, raconte Chloé qui pratique le para surf depuis deux ans. “Je me sens libérée, libre.” Ce que confirme sa maman, à ses côtés. “Elle ne sent pas du tout ses difficultés dans l’eau. Elle se sent légère, elle oublie tous ses soucis. On revit grâce à ça. Les parents voient leurs enfants sourire tout le temps, c’est magnifique.”  

Pour une autre maman, le surf a permis à son fils de 12 ans, autiste, d’apprécier d’être entouré, que l’on puisse avoir un contact physique avec lui. “Il se mélange un peu plus aux gens, il a de l’équilibre aussi. C’est impressionnant comme il a évolué en un an d’un point de vue psychomoteur. Il sait que le week-end on va au surf, il est content, il est tout le temps dans l’eau. De toute façon, c’était le seul sport grâce auquel on a réussi à le faire sortir un peu de sa bulle, et de la maison, et de sa chambre.”  

Le principal projet porté par Handi surf aujourd’hui, c’est de désormais développer un réseau de maisons des aidants à travers la France. Ces proches de personnes porteuses de handicap sont trop souvent submergés et laissés pour compte. À Bayonne, la première d’une longue liste, prend soin d’eux via des activités sportives, le surf en tête, mais aussi des moments de bien-être, des massages, de la sonothérapie