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Indira Rana Magar est née dans un village du district de Jhapa, au Népal, en 1970. Elle a grandi dans une famille pauvre d’agriculteurs sans terre et n’a pas pu aller à l’école en raison de son sexe. Elle a donc appris seule à écrire en grattant la terre et est devenue institutrice dans son village.

Quelques années plus tard, elle a décidé de rejoindre la capitale Katmandou pour devenir travailleuse sociale. En 2000, elle a fondé son ONG à but non lucratif au Népal, Prisoner’s Assistance Nepal, PA Nepal. Déterminée à soutenir les enfants des prisonniers népalais, elle essaye alors de leur trouver un foyer sûr et leur donne accès à l’éducation. Pour Indira, il était nécessaire de les rendre indépendants avant de les réunir avec leur famille.

Ama Surya Nepal et PA Nepal viennent en aide aux enfants du Népal
Indira et les enfants de l’association PA Nepal

Au même moment, alors qu’elle s’occupe déjà de 18 enfants, Indira fait la connaissance de Sébastien, un Français qui travaille en Asie. Rapidement, ils deviennent amis et commencent à mener ensemble divers projets. Une école verra ainsi le jour à l’extérieur de Katmandou et Indira continuera d’œuvrer pour les minorités. Elle s’engagera par la suite pour le droit des enfants de prisonniers, des femmes, des orphelins ou encore des enfants malades.

Rapidement, l’école s’agrandit et Indira y accueille également des enfants malades ou encore des orphelins. En 2017, elle est la première femme à figurer dans la liste des 100 femmes de la BBC, en tant que femme influente et inspirante pour le monde.

Ama Surya Nepal et PA Nepal viennent en aide aux enfants du Népal
Les enfants aidés par PA Nepal

Une tonne de riz pour nourrir les enfants un mois

Cependant, avec la crise sanitaire et les nombreuses catastrophes qui s’abattent sur le Népal, les dons se font de plus en plus rares. Pour pallier ce déficit, Sébastien a fondé l’association Ama Surya Nepal en mars 2023. Son but : récolter plus facilement des fonds et s’investir dans des projets concrets. Sébastien aimerait ainsi subvenir de façon régulière à des besoins alimentaires ou sanitaires définis. Il rappelle que pour aider les enfants, une tonne de riz est nécessaire chaque mois. Au Népal, le kilo de riz coûte en moyenne 1 euro. Son objectif est donc de financer cette aide alimentaire par les dons pour soutenir Indira.

Ama Surya Nepal et PA Nepal viennent en aide aux enfants du Népal
L’éducation, au cœur des missions de PA Nepal

Indira a été élue pour cinq ans présidente de l’Assemblée nationale du Népal en janvier 2023. Elle profite de cette position pour faire connaître les besoins des enfants du Népal et ainsi sensibiliser à leur cause. Pendant ce temps, Subani, la fille d’Indira, a pris les rênes de l’association PA Nepal. Subani affirme que c’est une grande responsabilité, mais elle a à cœur d’aider sa mère dans toute cette aventure humaine et solidaire.

La campagne de financement gérée par Ama Surya Nepal est à retrouver ici.

Selon APF France Handicap, 12 millions de personnes seraient porteuses de handicap en France. Parmi elles, 9 millions seraient en situation de handicap invisible. Celles-ci sont touchées par une maladie qui ne se voit pas par le grand public, mais qui reste pourtant très handicapante au quotidien. Aujourd’hui, 80% des handicaps reconnus sont dits invisibles, précise APF France Handicap.

Le handicap invisible peut avoir des origines diverses et concerne des troubles là encore très divers. Il peut être lié, par exemple, à une déficience sensorielle qui atteindra l’audition. Il peut aussi être en lien avec une altération des fonctions intellectuelles, psychiques et/ou cognitives. C’est le cas de l’autisme, de la dyslexie ou encore de la bipolarité, par exemple. Cela peut également concerner des troubles musculosquelettiques ou une maladie invalidante et/ou chronique comme le diabète, la fibromyalgie, la maladie d’Alzheimer…

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Frédéric Michel est atteint d’un handicap invisible. Il est devenu malvoyant du jour au lendemain. Sa vie a basculé en quelques minutes. Aujourd’hui, il tente de sensibiliser le grand public à ces handicaps invisibles. Pour ce faire, il a décidé de monter sur un vélo et de réaliser un tour de France pour rencontrer le grand public. Parti en juin dernier d’Auray, dans le Morbihan, en Bretagne, il est revenu à son point de départ, début septembre, après avoir avalé plus de 6 000 km, en autonomie.

Pour aller plus loin > Elle a créé un pictogramme pour sensibiliser aux handicaps invisibles

“Katell est l’une des bénéficiaires de notre association Culture Zatous. Sa personnalité nous a frappés, car Katell est en situation de lourd handicap suite à un accident de mobylette. Malgré tout, elle est très aventurière et fait de son handicap une force. On cherchait une personnalité intense, et elle nous a semblé parfaite pour ce documentaire”, relate Amanda Reiter, membre de Culture Zatous. Cette association des Côtes-d’Armor facilite l’accès à la culture aux personnes isolées, qui sont suivies par des structures sociales ou médicales.

Katell dans les coulisses du concert de Pierre de Maere. Crédit Culture Zatous

À 16 ans, Katell Pépin a vécu un grave accident de mobylette. Après être restée dans le coma pendant cinq mois, elle a dû réapprendre à vivre. “Katell a dû apprendre à s’alimenter, à parler, à apprivoiser son corps et sa chaise roulante. Depuis, elle veut profiter de la vie et vivre des sensations fortes”, dépeint Amanda Reiter.

Dans le documentaire “La Deuxième Vie de Katell”, le spectateur découvre l’importance de son entourage, de ses proches. La caméra de Vincent Lessirard suit en effet Katell dans son quotidien, avec un moment fort : sa rencontre avec le chanteur Pierre de Maere lors d’un festival breton.

Un film à regarder avec un casque de réalité virtuelle

“Le film ne se regarde qu’avec un casque de réalité virtuelle. À un moment donné, le spectateur prend la place de Katell, dans son fauteuil. Cela permet de comprendre comment elle voit le monde. Parfois, on a l’impression d’être à ses côtés et de l’accompagner, comme un ami. Cela permet de créer du lien avec elle, car c’est quelqu’un de très attachant.”

Le casque permet de découvrir le film avec une vision à 360°. Le spectateur peut aussi faire tourner un siège pivotant afin d’observer ce qu’il se passe aux alentours. Le projet a été soutenu financièrement par le Conseil départemental des Côtes-d’Armor et à Saint-Brieuc Armor agglomération. Il va être diffusé gratuitement dans les structures sociales et médico-sociales du secteur. Des casques de réalité virtuelle seront alors déposés dans les structures pour 15 jours. 

Maman d’un enfant en situation de handicap, Clotilde Jenoudet-Henrion œuvre pour changer le regard sur le handicap. Avec l’aide de l’association Prête-moi tes ailes, elle a imaginé un marché de Noël autour de l’inclusion, du savoir-faire et de la diversité. Les Halles Inclusives mettent ainsi en lumière les travailleurs en situation de handicap.

Pour ce faire, Clotilde est allée à la rencontre de nombreux ESAT (Établissement et service d’aide par le travail), d’entreprises adaptées ou encore d’entrepreneurs en situation de handicap. Elle rappelle d’ailleurs qu’en France, plus de 200 métiers sont représentés par les ESAT et les entreprises adaptées. Clotilde s’est donc concentrée sur les savoir-faire de ces entreprises et leur a proposé de participer à ce marché de Noël différent.

Lyon : les Halles Inclusives, un marché de Noël qui prône la diversité
Un stand du marché de Noël Les Halles Inclusives
Lyon : les Halles Inclusives, un marché de Noël qui prône la diversité
Les Halles Inclusives

Aux Halles Inclusives, plusieurs structures sont issues de la région et n’hésitent pas à partager leurs compétences avec le public. Grâce à la rencontre avec les travailleurs en situation de handicap et à la découverte de leur savoir-faire, Clotilde espère changer le regard de la société pour la rendre plus ouverte à la diversité. Les visiteurs pourront aussi bien trouver des cadeaux uniques, artisanaux et locaux ainsi que des services comme des massages.

Les équipes des Halles Inclusives travaillent également pour rendre cet événement le plus accessible possible. Il existe même une salle neutre, où les personnes sensibles pourront profiter d’un temps calme. Côté animation, de nombreuses activités et rencontres rythmeront la journée.

Ce marché de Noël les Halles Inclusives prend place ce 23 décembre au Centre de Congrès de Lyon, de 10h à 18h.

Noël : traditions, astuces et inspirations pour une fête magique et écoresponsable !

La Fédération Trisomie 21 France accompagne les familles dont un membre est porteur de trisomie 21. Une anomalie chromosomique dont le taux d’incidence dans le monde est d’environ 1 cas pour 700 à 1000 grossesses.

Comme chaque année, l’association est une figure de proue pour la Journée nationale de la trisomie 21. En 2023, il était avant tout question d’employabilité. « Le but de cette journée était vraiment d’insister sur les bénéfices de la professionnalisation en milieu ordinaire », explique Bernadette Céleste, membre du comité scientifique de la fédération.

Réaliser ses rêves, se former, se professionnaliser 

Pour elle, chaque enfant à un rêve. Il ou elle imagine quel sera son métier plus tard. Et les enfants en situation de handicap intellectuel ne dérogent pas à la règle. « Il ne s’agit pas de cantonner les personnes trisomiques à la restauration ou des tâches répétitives au sein d’un ESAT. Il faut aussi les écouter, savoir de quoi elles rêvent », ajoute Bernadette.

Le rêve de Jeanne Métivier était de faire de la radio « depuis [qu’elle est] toute petite ! […] C’est important pour moi de me dire que je peux enfin travailler, que je peux me faire entendre », ajoute-t-elle.

Jeanne Métivier engagée à AirZen Radio

Jeanne est journaliste à AirZen Radio depuis avril 2023. La jeune femme coécrit et enregistre ses chroniques diffusées à l’antenne et dans le podcast “Dans le cœur de Jeanne”, disponible en streaming ! Elle travaille à mi-temps, trois après-midis par semaine à la rédaction d’Issy-les-Moulineaux, près de Paris. Elle participe aussi régulièrement aux reportages de ses collègues.

« Et je l’en félicite. C’est un pari pour les entreprises. Et cela nécessite beaucoup de formation, d’adaptation. Mais le résultat est positif », s’enthousiasme Bernadette Céleste. Pour Jeanne, le challenge est l’écriture et le montage. « J’ai encore des difficultés là-dessus. Cela me prend beaucoup de temps », admet-elle.

Aujourd’hui, 39% des porteurs de trisomie 21 travaillent dans des ESAT. Les autres sont généralement embauchés en hôtellerie-restauration, pour l’entretien des espaces verts, dans l’administration ou dans des magasins d’alimentation. Ceci dit, les inégalités à l’embauche sont encore trop élevées. De nombreux employeurs sont toujours sceptiques et pensent que les contraintes d’intégration d’une personne handicapée sont trop importantes.

Toujours en quête de nouveau défi, le sportif de haut niveau Axel Allétru a trouvé son prochain objectif. Ça sera l’Enduropale du Touquet. Cette célèbre course de moto se déroule chaque année, depuis 1975, dans le Pas-de-Calais. Du 2 au 4 février prochain, le sportif donnera le meilleur de lui-même pour décrocher la première place. Il deviendra par ailleurs la première personne paraplégique à participer à la compétition. Par ce défi, il souhaite notamment promouvoir la diversité et l’inclusion dans le sport.

Avec ce défi, il souhaite aussi associer son engagement pour le handicap à la cause écologique. En prenant le départ de la course avec une moto électrique, il deviendra ainsi le premier pilote à utiliser ce type de véhicule dans la compétition. Une manière, encore une fois, de montrer que tout est possible avec de la volonté.

Étoile montante du motocross, Axel a fait une grave chute à 20 ans. Il perdra alors l’usage de ses jambes. Mais cela n’a pas empêché le compétiteur de poursuivre sa passion. Après deux ans de rééducation, il est parvenu à marcher avec des béquilles. Ce qui l’incitera à reprendre le sport de haut niveau. En natation, tout d’abord, où il sera sacré 12 fois champion de France. En 2020, il a par ailleurs remporté le rallye du Dakar en catégorie SSV, devenant ainsi le premier vainqueur paraplégique de ce rallye aux côtés des valides. Pour ce challenge au Touquet, il a créé son slogan : #JePeux2024. 

Moëz El Assine est escrimeur handisport. Il est notamment double champion du monde et médaillé paralympique de sabre. Paraplégique depuis l’âge de six ans, c’est à 12 ans qu’il découvre un peu par hasard l’escrime fauteuil. Il adopte ce sport directement. Le jeune garçon démarre alors les compétitions à l’échelle départementale. Ce parcours brillant l’amènera à devenir champion du monde de sabre en 2003. L’année d’après, il est sélectionné pour participer aux Jeux paralympiques d’Athènes.

Il y décrochera une médaille de bronze par équipe au sabre. La suite sera faite de nombreuses médailles et d’une participation aux Jeux de Londres en 2012. Il est également champion d’Europe à trois reprises. À 43 ans, il met son expérience et son palmarès au service des autres. Très engagé pour le développement du parasport et de l’escrime fauteuil, il est membre de la commission des athlètes du CPSF. 

Récemment, il a aussi été élu au conseil des athlètes d’escrime fauteuil de World Abilitysport. À travers son parcours, il cherche à transmettre l’importance de la force mentale. Fort d’une expérience professionnelle chez Orange, il souhaite favoriser la diversité et l’inclusion au sein des entreprises. En particulier, auprès des managers. Avec les Jeux de Paris 2024, il espère que le parasport sera mis en avant et suscitera des envies et des vocations. Et pourquoi pas en escrime fauteuil ?

“On est la ludothèque la plus accessible de France”, affirme Benoit de l’association Accessijeux. Cette ludothèque du 12ᵉ arrondissement de Paris propose 1500 jeux de société. Parmi ces références, 450 sont adaptées aux déficients visuels. Ici, tout le monde peut jouer au “Uno” ou au “1000 bornes” : les cartes sont pourvues de petits autocollants en relief qui permettent aux personnes malvoyantes de les identifier.

“On pose ces stickers tactiles sur la majorité de nos jeux. Les inscriptions ne sont pas en braille, car peu de personnes savent lire et écrire le braille en France. Sur les 1,7 million de déficients visuels français, seulement 20 000 personnes savent en effet le lire.” L’association Accessijeux a donc inventé un système de codage qui se décline sur tous ses jeux, afin que toute personne malvoyante puisse les lire.

Crédit Léopoldine Deriot/AirZen Radio

Des conseils aux éditeurs de jeux sur le handicap

“Xavier a créé cette asso parce qu’il jouait régulièrement avec des amis, mais il éprouvait de plus en plus de difficultés à lire les cartes. Il s’est donc reconverti professionnellement pour créer cette association, et réfléchir sur comment rendre les jeux de société accessibles au plus grand nombre.” L’association Accessijeux a ainsi été créée en 2015 pour permettre aux personnes atteintes de déficiences visuelles, mais aussi d’autres handicaps, de jouer.

“Sur les jeux que l’on édite, nous avons aussi créé des règles en langue des signes, accessibles via un QR code. Mais le handicap visuel nous semble celui qui a le plus besoin de matériel d’adaptation.” Accessijeux fait partie de l’Union des éditeurs de jeux de société. La structure travaille en collaboration avec des grands éditeurs, qui les consultent régulièrement sur l’accessibilité de leurs jeux. “On nous demande conseil sur les contrastes des couleurs, sur les formes présentes sur les cartes… Nous avons aussi été missionnés pour appliquer le label Colorblind. Ce dernier certifie que les jeux sont accessibles aux daltoniens, et s’ils ne le sont pas, on leur indique les modifications à faire.”  

« En Route vers les Jeux ! ». C’est le nom du jeu digital qui se donne pour mission de sensibiliser les collaborateurs à une meilleure acceptation du handicap en entreprise. Une thématique est au cœur de la réflexion : la performance comme clé de réussite. À l’initiative de ce jeu : Mathieu Thomas, n°6 mondial de parabadminton. Il se fixe pour objectif la médaille d’or aux Jeux de Paris. « En Route vers les Jeux ! » est conçu autour des préparations de Mathieu aux différentes compétitions.

Un questionnaire d’une dizaine de questions permet de sensibiliser les joueurs. À travers des témoignages vidéo, l’athlète raconte également son parcours et son rapport au handicap. Le champion de parabadminton souhaite ainsi briser les stéréotypes liés au handicap en général et notamment ceux qui ne se voient pas.  

80% des handicaps sont invisibles… entre maladies chroniques, diabète ou encore cancers. Le jeu souhaite ainsi libérer la parole des personnes concernées et les accompagner dans les démarches de reconnaissance du handicap (RQTH). De l’autre côté, « En Route vers les Jeux ! » espère pouvoir aider les collaborateurs dans leur compréhension et l’accueil du handicap dans la sphère professionnelle.

Ce jeu a été conçu avec Goods to Know et JKO Sports, deux structures qui souhaitent aussi libérer la parole des collaborateurs au sujet du handicap. Le jeu est disponible sur ordinateur, tablette et smartphone. 

Il y a une dizaine d’années, Philippe Moreau découvre les enjeux d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap visuel au sein des lieux culturels. Il se rend compte que les personnes aveugles ou malvoyantes n’ont pas forcément accès aux musées et autres institutions culturelles. Rapidement, il imagine Tactile Studio, une agence de design inclusif. Cette agence œuvre aujourd’hui en France et à l’international pour rendre la culture accessible à tout le monde. Philippe Moreau explique que le design inclusif est la capacité à concevoir des objets qui fonctionnent pour tous les publics. Il inclut aussi bien les personnes en situation de handicap que les publics familiaux avec des enfants.

Rendre la culture accessible à tout le monde avec Tactile Studio
Maquette installée par Tactile studio au Musée du Louvre à Paris / Crédit photo : Tactile Studio
Rendre la culture accessible à tout le monde avec Tactile Studio
Maquette installée par Tactile studio au Musée du Louvre à Paris / Crédit photo : Tactile Studio

Avec Tactile Studio, Philippe travaille ainsi sur la manière de délivrer les messages culturels. Ceux-ci peuvent être synthétisés à l’aide du tactile ou du sonore. Le fondateur raconte d’ailleurs que les débuts n’ont pas été simples, puisque Tactile Studio a dû s’adapter aux attentes des musées. L’inclusion s’est ainsi conformée à l’esthétisme des environnements concernés. Aujourd’hui, Tactile Studio se retrouve dans de très nombreux musées en France et à l’international. La tour Eiffel ou encore le château de Versailles profitent également des dispositifs de cette agence innovante. Pour Philippe, les prochains défis de Tactile résident dans l’adaptation et la confrontation aux autres cultures de pays comme les États-Unis ou ceux de la péninsule arabique.

Ses guitares sont toutes des pièces uniques. Certains modèles sont pourvus de délicats motifs psychédéliques, tandis que d’autres laissent apparaître les nervures du bois. Daniel Mathieu fabrique toutes ses guitares électriques avec du bois guadeloupéen. “Pour créer certains instruments, j’ai récupéré du bois d’anciennes cases qui devaient être détruites. C’est une société de démolissage qui m’a appelé et qui m’a proposé ce bois. J’ai aussi récupéré un bois stocké par d’anciens scieurs de long (ndlr : personne dont le métier consiste à débiter avec une scie des troncs d’arbre dans leur longueur, c’est-à-dire dans le sens du fil)… Ce bois-là peut avoir jusqu’à 80 ans d’âge”, souligne l’artisan. Et pour Daniel Mathieu, la qualité du bois a une vraie incidence sur le son. “J’ai commencé par fabriquer des caisses claires, étant batteur. C’est là que j’ai vu une différence nette au niveau du son. Maintenant, à chaque fois que je crée une guitare, je fabrique un instrument de percussion en amont pour cerner la sonorité du bois et savoir dans quelle direction je vais.”

Des guitares adaptées au handicap moteur  

Daniel Mathieu crée aussi des guitares adaptées au handicap. “Une guitare doit absolument être réfléchie avant sa création, afin qu’elle soit parfaitement adaptée à un handicap. Si on essaye de modifier un instrument qui existe déjà, on sera toujours confronté à des difficultés”, explique le spécialiste. Il a par exemple conçu une guitare avec un corps en demi-lune, pour un garçon atteint d’un handicap moteur. C’est en tout cas la toute première participation de Daniel Mathieu au salon du Made in France. Il a été invité par le salon et a dû transporter ses guitares… en avion !

“Le simple fait d’être là est gratifiant pour moi. J’essaye de faire connaître le patrimoine et le bois antillais. Les musiciens peuvent avoir certains a priori sur des bois qu’ils ne connaissent pas, et c’est vraiment dommage… Ma présence ici permet aussi de faire savoir aux gens qu’aux Antilles, il y a un luthier.” Daniel Mathieu fabrique des guitares, des caisses claires, des tambours… “Je commence à travailler sur des violons et des guitares classiques, toujours en bois local. On verra ce que ça va donner ! ”  

La Fédération Trisomie 21 France a récemment été contactée par Alexa, l’enceinte connectée d’Amazon, afin de développer une application inclusive. C’est comme cela qu’est née Ma Vie Facile, imaginée par et pour les personnes porteuses de Trisomie 21 et autres troubles du développement intellectuel.

Cela se traduit par un certain nombre d’outils vocaux permettant d’instaurer une routine, des rappels, une aide pour faire les courses, la cuisine ou des achats.

Une aide au quotidien

« On a d’abord confié une enceinte Alexa à une personne porteuse de trisomie et on a observé ce qu’elle en faisait », explique Bernadette Céleste, membre du comité scientifique de la Fédération. Elle ajoute : « cette enceinte sert par exemple à se distraire, écouter de la musique, discuter avec les autres… ».

Si Alexa est déjà utile pour ce genre de tâches, Ma Vie Facile rend son accessibilité plus simple et intuitive. « Nous avons pensé l’application avec une jeune femme trisomique, Justine. Elle, par exemple, avait besoin de rappels pour nettoyer ses lunettes ou se lever le matin », explique Bernadette Céleste.

L’outil a donc été utile pour elle, mais aussi pour ses aidants. « Justine accepte plus facilement quand Alexa lui demande quelque chose plutôt que sa maman. Et pour sa maman, c’est une charge mentale en moins ».

Une application en rodage

Il existe néanmoins un bémol pour les aidants de jeunes porteurs de Trisomie 21. Leur intervention est indispensable pour paramétrer l’application avant son utilisation. 

Aujourd’hui, Ma Vie Facile est disponible et téléchargeable gratuitement sur l’enceinte Alexa. « Mais l’appli est toujours en rodage », précise Bernadette. Elle est actuellement testée par plusieurs personnes porteuses de troubles du développement intellectuel. « Le but est de constamment l’améliorer », conclut-elle.

« Démystifier le monde du handicap et apprendre à le découvrir peut être une expérience très touchante »

Docteure en biochimie, Angélique s’est retrouvée en situation de handicap suite à un accident de vie. Après cinq années passées en hôpital de jour, elle décide de créer son entreprise de cosmétiques. Véritable exemple de résilience, Angélique tient à collaborer avec des personnes en situation de handicap.

Elle a donc engagé les membres de son équipe en CDI et s’adapte à leurs besoins et à leurs personnalités. Ils sont le moteur de l’entreprise. Son entreprise est sociale, solidaire, mais également axée vers le mieux-agir pour la planète.

Des cosmétiques à faible impact environnemental

En termes de formulation, les cosmétiques ont été conçus afin d’être au maximum biodégradables. Les emballages et les étuis sont compostables ou réutilisables. Les produits se rincent facilement, dans le but de limiter l’utilisation de l’eau.

« Nos matières premières sont choisies à partir de plantes issues de plantations responsables, ou en agriculture biologique, ou soutenant des projets de reforestation », explique Angélique. L’entreprise étant basée à Enghien-Les-Bains, les cosmétiques sont fabriqués à partir d’eau thermale.

« La source de l’eau thermale d’Enghien-les-Bains est la plus sulfurée de France. Ses minéraux, conservés au cours du processus de saponification à froid, permettent d’apaiser les peaux les plus sensibles et de contribuer à assainir la flore tout en douceur », explique la fondatrice.

Cinq heures et cinquante-cinq minutes. C’est ce qu’il aura fallu à Frédéric Lazaro et Pierre Gerbelot pour achever le célèbre marathon de New-York. Une belle histoire, puisque Frédéric, responsable commercial dans l’informatique, devient ainsi la première personne amputée fémorale à achever ce parcours. Depuis 29 ans, et après un accident de moto, il se déplace grâce à une prothèse. Et il a embarqué dans cette aventure sportive, Pierre, qui est tout simplement son orthoprothésiste.

C’est ce dernier qui l’a accompagné dans son parcours de rééducation et de recherche d’une prothèse adaptée à des activités physiques. Cet appareillage a grandement aidé Frédéric à se reconstruire, de même que le sport, qui lui a permis de se muscler, de s’entretenir et de se dépasser. La pratique sportive a ainsi complétement transformé la vision de son handicap. Frédéric est un sportif accompli. Entre course à pied, cyclisme et natation, il cherche sans cesse de nouveaux défis. Avant ce marathon, il avait déjà participé à un Half Iron Man ainsi qu’au Marathon de Paris.

À ses côtés, son orthoprothésiste a dû se préparer physiquement pour relever ce challenge. Ce parcours inspirant permet également de faire passer des messages. Pierre, qui est administrateur de l’Union française des orthoprothésistes (UFOP), cherche ainsi à attirer l’attention sur la situation vécue par les orthoprothésistes. Ce secteur est en effet sous tension, entre formation peu attractive, tarifs règlementés bloqués et nomenclature obsolète.

L’absence de prise en charge des appareillages adaptés à la pratique sportive est un autre aspect que les deux sportifs ont voulu illustrer avec ce marathon. Frédéric a en effet dû effectuer un prêt bancaire pour s’équiper. Ce message est d’autant plus important que nous sommes à quelques mois des Jeux Paralympiques.  

La 37ᵉ édition du Téléthon arrive. Elle se déroule cette année les 8 et 9 décembre. Partout en France, des animations et des collectes de dons vont se dérouler. Plus de 30 heures d’émission télévisée en direct sur les chaines de France Télévisions vont également permettre de récolter des promesses de dons au profit des maladies génétiques. L’an dernier, en 2022, le compteur des promesses de dons s’est arrêté sur une somme autour des 79 millions d’euros. Finalement, près de 91 millions d’euros ont réellement été collectés par l’association. Cette année, l’AFM-Téléthon espère bien battre un nouveau record et faire exploser le compteur.

Le 8 décembre prochain, Vianney, parrain de l’édition 2023, ainsi que les familles, chercheurs, animateurs et équipes de France Télévisions donneront le coup d’envoi de cette énorme chaine de solidarité en France. Pour l’anecdote, l’idée du Téléthon serait venue des États-Unis, où un marathon télévisuel caritatif existait depuis 1966. En France, deux pères de famille dont les fils sont atteints de myopathie de Duchenne ont eu l’idée d’adapter ce concept américain et ont réussi à convaincre Antenne 2 (ancien nom de France 2) en 1987.

Pour faire une promesse de don ou un don, rien de plus simple :

Pour aller plus loin > Téléthon : 4 000 longueurs en apnée pour récolter des dons

L’École des chiens guides pour aveugles et malvoyants de Paris a été fondée en 1980. Elle a pour mission d’élever, de sélectionner et d’éduquer de futurs chiens guides.

Répondre à une demande élevée

Sa mission ne s’arrête pas là. Il faut ensuite remettre gratuitement les chiens guides aux personnes déficientes visuelles qui en font la demande, assurer le suivi de l’équipe (le maître et son chien guide) mais aussi veiller au bien-être des chiens guides tout au long de leur vie.

L’enjeu quotidien de l’école est de répondre à un réel besoin. Si 1,7 million de personnes sont atteintes d’un trouble de la vision en France, seulement 1% bénéficie d’un chien guide. Le délai d’obtention d’un chien est actuellement beaucoup trop long. L’association a donc en permanence besoin de dons pour pouvoir continuer à œuvrer.

Les apports du chien guide à son maître

« Avec le chien guide, vous pouvez marcher assez vite. Il évite tous les obstacles, même les obstacles en hauteur. Le chien fait aussi des recherches. Il peut chercher des sièges, des escaliers, des entrées de métro, des passages piétons, des portes, etc. En moyenne, un chien connait au minimum une trentaine de mots. On peut ensuite lui apprendre à chercher des ascenseurs, des bornes d’accueil. Et ce n’est pas la canne qui va faire tout ça. En revanche, le chien ne connait pas la différence entre le feu rouge ou le feu vert. Il ne traverse que sur ordre de la personne non voyante. Le chien indique aussi des choses, par exemple s’il y a un escalier qui descend, il va s’assoir, s’il y a un trottoir montant, il va se mettre sur ses deux pattes », explique Isabelle, qui bénéficie depuis quelques semaines d’un nouveau chien guide formé par l’école des chiens guides.

Chaque année, la troisième semaine de novembre est consacrée à l’emploi et au handicap. De nombreux évènements et temps d’échanges sont organisés pour faciliter l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Lors de cette Semaine Européenne pour l‘Emploi des Personnes Handicapées (SEEPH), des liens se forment entre les entreprises, les politiques, les associations, les membres de la société civile et les demandeurs d’emploi en situation de handicap.

Selon l’Agefiph, le taux de chômage des personnes en situation de handicap a baissé de trois points en un an. Il a atteint ainsi 12% en 2022, son plus bas niveau depuis 2008. Cette baisse s’expliquerait en partie par une société qui valorise la RSE des entreprises et par l’incitation financière. Autre explication : l’augmentation des travailleurs indépendants handicapés. Sarah Quineau est la directrice commerciale et marketing de Linklusion, la première plateforme de la sous-traitance handicap,
experte des Travailleurs Indépendants Handicapés (TIH). « On estime en France qu’il y a 80 000 travailleurs indépendants handicapés. Certains se lancent dans ce type de contrat, car ils ont vraiment la volonté d’entreprendre. Pour d’autres, travailler en tant qu’indépendant leur permet une meilleure flexibilité : besoins spécifiques, temps de travail, charge de travail, clients… Enfin, pour une dernière partie, l’entrepreneuriat est une alternative au salariat, puisqu’ils n’ont pas trouvé d’emploi », explique-t-elle.

Pour la 27ᵉ SEEPH, plusieurs organisations spécialisées dans l’insertion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap, dont LADAPT, l’Agefiph et le FIPHFP proposent de se réunir et de débattre dans toute la France autour d’une thématique : « la transition numérique : un accélérateur pour l’emploi des personnes en situation de handicap ? ». C’est également l’occasion d’organiser les duodays.

Alors qu’il n’avait que deux ans, Mike est diagnostiqué X fragile. Pour ses parents, c’est le début d’une série d’angoisses et d’incertitudes. Cette maladie génétique rare et méconnue est la première cause de déficience intellectuelle héréditaire. L’X fragile s’observe chez les enfants par de sérieux troubles de la gestion émotionnelle, des difficultés relationnelles, une grande timidité ou encore une sensibilité exacerbée. Pourtant, la mère de Mike, Émilie Weight, s’est rendu compte que les personnes concernées sont également emplies de bienveillance. Elles vivent en pleine conscience au rythme de l’humain. Elle les compare d’ailleurs à des métronomes humains qui apprécient la vie à sa juste valeur. Émilie a ainsi voulu mettre en avant la richesse immense qui se cache derrière la différence.

Une bande dessinée pour faire accepter la différence au sein de notre société

Avec l’illustratrice Korrig’Anne, elle a publié aux Éditions Leduc en août 2023 la bande dessinée “Pourquoi tu te moques ? Grandir avec l’X fragile“. À travers des scènes du quotidien de Mike, Émilie sensibilise à cette maladie et met en avant la différence. Tout au long du texte, Mike apporte d’ailleurs des leçons de vie essentielles et sa mère n’hésite pas à dire que son fils lui a rendu la vie. Grâce aux délicats dessins de Korrig’Anne, Émilie a pu croiser les regards et faire passer des messages simples et marquants.

L’association Fragile X France s’est d’ailleurs emparée de cet outil pour initier des échanges et ainsi sensibiliser le grand public. Cette bande dessinée se retrouve donc dans des écoles ou encore au sein d’institutions. La réalité crédible et difficile qui est décrite dans l’histoire permet d’ailleurs à chaque famille concernée de se retrouver dans ce témoignage. Émilie aimerait ainsi rendre la société plus inclusive et accueillante pour les personnes différentes. D’après elle, en apprenant à vivre tous ensemble, il est possible de s’enrichir de ces différences. Elle conclut que la différence est source de dynamisme, d’envie et d’enthousiasme.

L’école inclusive a fait ses premiers pas en France en 2005, lors de son inscription dans la loi. C’est l’occasion d’en faire le bilan, près de dix-huit ans après. Est-elle satisfaisante ? Qu’y a-t-il à garder ou à jeter ? Pour y répondre, le groupe de réflexion Vers le Haut publie un décryptage intitulé « le deuxième souffle de l’école inclusive ».

L’école d’aujourd’hui ne ressemble plus à celle d’hier. L’observation est vite faite : l’individualité des enfants est davantage prise en compte, quand hier, seul le collectif comptait. En 2005, la loi souligne que « dès que possible, l’enfant doit avoir une scolarité dite normale ». Il s’agit d’un changement de priorité important pour Guillaume Prévost, délégué général de Vers le Haut. « Cette école inclusive a certes des difficultés, mais l’évolution qui est lancée nous emmène dans une transformation très profonde de la chose éducative. C’est enthousiasmant pour tout le monde », développe-t-il. Pour évoluer plus encore, la France peut s’inspirer de ses pays voisins.

École inclusive : que font nos voisins ?

« On est au milieu du gué, il faut aller plus loin » poursuit Guillaume Prévost. Il semblerait que la France se soit inspirée des pratiques belges et italiennes en termes d’inclusion. Pourtant, ces deux pays voisins ont adopté des fonctionnements bien différents. Il serait donc temps de choisir, l’option « entre deux chaises » ayant atteint ses limites.

En Italie, l’inclusion est de mise. Les enseignants sont ainsi systématiquement accompagnés d’un éducateur. L’un se consacre à l’enseignement, l’autre à l’accompagnement. En Belgique, la prise en charge est adaptée. Des centres spécialisés accueillent les enfants en situation de handicap.

L’inclusion est un enjeu important. Sofia Ben Yamed, présidente de l’association française Ikigaï, le rappelle : les enfants en situation de handicap aujourd’hui seront les adultes de demain. Réfléchir à leur insertion dès le plus jeune âge pourrait améliorer leur insertion au collège, puis au lycée, en études supérieures et enfin, même en emploi.

Le bilan français est en demi-teinte, mais il faut le voir de façon positive. Un bout de chemin a été parcouru et a fondamentalement transformé l’école et la société. Il faut continuer, en adoptant de nouvelles solutions.  

Si l’évènement existe depuis sept ans et s’est déjà implanté dans de nombreuses villes comme Lyon, Lille, Marseille, Toulouse ou Bordeaux, il aura lieu pour la première fois à Dijon. La Nuit du Bien Commun est une soirée dédiée à la levée de fonds. Au programme, neuf associations locales, qui auront chacune trois minutes pour défendre un projet fort devant un panel de potentiels donateurs du territoire.

La soirée est financée par des mécènes qui ont la charge de sélectionner les associations qui se présenteront au public. Parmi les critères de sélection figurent l’utilité du projet, sa pérennité ainsi que son identité propre. La Nuit du Bien Commun intervient sur cinq thématiques : la vulnérabilité, la précarité, l’écologie, la culture et le patrimoine. «.

À Dijon, Géraldine Duprat présentera son projet : le CEC Dijon, qui a pour objectif d’instaurer une scolarité partagée permettant aux enfants en situation de handicap d’aller à l’école, tout en ayant accès à un centre adapté quelques jours par semaine.

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Géraldine est la maman de Chloé, âgée de 9 ans et porteuse d’une maladie rare. Elle souhaite développer la pédagogie conductive localement. Depuis 2018, à travers l’association Un avenir pour Chloé, elle se bat pour améliorer la qualité de vie des enfants et des aidants. Elle le précise fièrement : « en 5 ans, nous avons accompagné 33 enfants et pu constater de nombreux progrès ».

Rendez-vous le 13 novembre au Palais des Congrès de Dijon pour soutenir les associations du département de la Côte-d’Or.