« J’ai une rage. J’ai envie de tout péter. Je suis très motivée ! » À l’approche des mondiaux de para-athlétisme, qui se tiendront du 8 au 17 juillet à Paris au Stade Charléty, Célia Terki a la niaque. À 22 ans, l’athlète handisport de haut niveau n’a qu’une hâte : être sur la piste pour porter les couleurs tricolores. Atteinte d’une déficience visuelle, celle qui fait partie du club US Talence, en Gironde, a été sélectionnée en équipe de France handisport en 2018. Ses spécialités sont le 200 m et le 400 m.
C’est à 9 ans qu’on lui diagnostique une dégénérescence maculaire, une maladie qui lui fait perdre la vue progressivement. Au même moment, elle se découvre une passion pour l’athlétisme et plus précisément la course. « C’est mon prof de sport qui m’a proposé de faire un cross avec lui. J’avais quand même peur de courir toute seule, mais j’ai kiffé, dit-elle en souriant. Il me fallait un sport qui me mette K.O, dans lequel je puisse montrer que je peux faire des choses. »
Depuis, la jeune sportive a parcouru du chemin et a pu montrer qu’elle en avait sous le pied. Aujourd’hui, elle est classée 10ᵉ mondial sur 400 m et 6ᵉ mondial sur 200 m. Elle est notamment vice-championne de France du 200 m. Elle a aussi remporté les grands prix de Dubaï et de Suisse en 400 m. Mais ces résultats ne sont pas arrivés sans efforts. « J’ai particulièrement souffert cette saison. J’ai donné le meilleur de moi-même. Avec mon entraîneur, on a travaillé plus que d’habitude. Une semaine type, c’est deux heures d’entrainement le matin et l’après-midi, du lundi au samedi, peu importe le temps. Le dimanche, c’est repos ou compétition », explique-t-elle.
Pour l’entraîner et l’accompagner dans sa réussite, elle peut compter sur Wilfried Krantz, ancien décathlonien. Il est référant national des sauts à la Fédération française handisport. Il est aussi le manager de « LA TEAM WIL », un groupe d’entrainement qui a la particularité de réunir aussi bien des athlètes de haut niveau en situation de handicap que des valides. Célia Terki s’y entraîne. Cette mixité lui plait. « Je trouve que c’est une force pour nous. On s’apporte mutuellement, confie-t-elle. Et puis, Wil s’adapte à mon handicap. Mes compagnons sont aussi vigilants donc ça m’aide beaucoup aussi. »
Par ailleurs, ses séances, la jeune athlète ne les fait pas sans sa paire de lunettes de soleil, car elle est sensible à la lumière. « Moi, j’ai une vision périphérique, et j’ai une tâche au centre de l’œil. C’est un trou au niveau de ma rétine qui s’émiette parce qu’elle est trop vieille. Quand je cours, il ne faut pas qu’il y ait des choses devant moi. Je peux aussi changer de couloir quand je vois des lignes qui se croisent. Après, c’est aussi à moi de m’adapter à la lumière du jour. Je peux aussi avoir des fatigues visuelles ».
Consciente que sa maladie progresse, Célia Terki envisage les options comme celle de courir avec un guide. Elle ne s’en cache pas, elle y pense au quotidien et en a peur. « Mais grâce à l’athlétisme, j’arrive à l’accepter parce que je me dis que je fais quelque chose de ma vie et il y a pire. Il faut avancer, il y aura toujours des adaptations. Ce n’est pas à cause de ça que je vais arrêter. » D’ailleurs, afin de se consacrer à ses mondiaux d’athlétisme et aux Jeux olympiques de Paris 2024, elle a mis sur pause son BTS Management commercial opérationnel.
Malgré ses contraintes du quotidien, sa récente blessure à l’ischio, elle ne dévie pas de ses objectifs de médailles. Certainement parce qu’elle garde en mémoire les moqueries dues à son handicap. « On m’a dit quand j’étais jeune qu’à cause de cette maladie je ne pourrai rien faire de ma vie, raconte-t-elle. Aujourd’hui, je suis très fière, car je représente mon pays, j’aime mon sport. Il me permet d’accepter mon handicap, de m’accepter en tant que femme, de pouvoir me ressourcer quand j’étais en deuil après le décès de mon père. »
Alors, elle enjoint tout le monde à croire en soi : « Même si on vous dit que vous ne servez à rien, continuez à vous battre parce que vous êtes la seule personne qui pourra faire les choses. Certes, la vie est compliquée, mais il y a toujours des solutions. »
À savoir, le fonds de dotation Génération Avant-Garde accompagne financièrement les athlètes de la “Team Will”.
C’est une première en Nouvelle-Aquitaine : la création d’un label en circuit court musical. Son nom ? Bâbord. Facilement repérable à son logo rose fluo, il a été lancé à Bordeaux par plusieurs producteurs et productrices de musique de la région, qui souhaitaient travailler autrement.
Il s’agit d’une garantie, « comme on penserait au label bio ou équitable. Les gens font de plus en plus attention à ce qu’ils mangent et achètent. Alors, pourquoi ne pas s’interroger sur la façon dont on fabrique la musique. On s’est dit qu’on allait s’en emparer et faire connaître au public les bonnes pratiques existantes et ce qu’on a à améliorer », explique Pauline Gobini, coprésidente du label. Elle est aussi productrice au sein de KiéKi musique, qui produit et diffuse « des musiques du monde ».
Bâbord est une aventure collective qui a démarré il y a près de trois ans. Tous les métiers en lien avec la musique sont invités à la rejoindre. Cela implique donc les gérants de salles de concerts, les radios associatives, les organisateurs de festivals, les producteurs de musique, entre autres. L’idée est aussi de leur donner de la visibilité. « On est nombreux à croire en les artistes qu’on défend, mais on n’a pas forcément les moyens d’une Major ou des grosses boîtes de production. Mais on sait que ça vaut le coup que leur musique arrive aux oreilles des gens. »
Par ailleurs, les conditions pour la labellisation s’appliquent également aux producteurs de musique. Pour cela, il faut qu’ils répondent à un certain nombre d’engagements, une quarantaine au total. « On a balayé quatre thématiques : les conditions de travail, l’environnement, la mixité et les bonnes pratiques. Au-delà de ça, on a un prérequis : celui d’avoir son siège en Nouvelle-Aquitaine. Les artistes ne sont pas forcément tous néo-aquitains. On ne voulait pas réduire la circulation de la musique et des musiciens. »
Aujourd’hui, Babôrd compte une vingtaine d’adhérents. Le prix de l’adhésion est progressif : 40 euros minimum puis celui-ci augmente en fonction de la taille de la structure. Le lancement officiel a eu lieu au Rocher de Palmer à Cenon (Gironde), en présence d’un public. L’équipe de Bâbord compte se rendre dans tous les départements de la Nouvelle-Aquitaine pour présenter son projet. Elle a d’ailleurs reçu le soutien de la Région, de la DRAC Nouvelle-Aquitaine (Direction régionale des affaires culturelles), du CNM (Centre National de Musique) avec un financement de 15 000 euros.
Par ailleurs, ce projet commence à intéresser d’autres régions, puisqu’il a aussi été présenté en Occitanie et en Normandie. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’ailleurs, un label similaire pourrait bientôt voir le jour.
En 1996, Caroline Bireau et Dominique Nicolas ont fondé l’association CREPAQ (Centre de ressources écologique et pédagogique). Leurs objectifs étaient de promouvoir et de contribuer à la transition écologique dans la région Nouvelle-Aquitaine. L’association s’est pour ce faire donné plusieurs missions : informer, éduquer et accompagner. À travers elles, un projet est né : les Frigos Zéro Gaspi.
La directrice du CREPAQ, Dorothée Despagne-Gatti, l’a développé en 2018. Depuis, il ne cesse de s’agrandir. En tout, 24 frigos sont implantés dans la région. N’importe qui peut y accéder, à n’importe quel moment. « À l’origine, si on a mené ce projet-là, c’est aussi pour ouvrir à un large public nos frigos zéro gaspi. On ne voulait pas que ça soit cibler spécifiquement sur une population en situation de précarité. »
Les frigos sont ainsi composés d’une armoire frigorifique et d’un garde-manger, dans lequel tout le monde peut venir se servir et déposer de la nourriture. L’objectif principal de ces frigos est de réduire le gaspillage alimentaire. Pour l’association, c’est aussi un moyen de créer des liens sociaux et de faciliter l’accès au don alimentaire. Chaque jour, une à deux tonnes de nourriture transitent à travers les frigos de l’association. « On est fier de ce projet, mais idéalement, ces équipements-là ne devrait pas avoir lieu. »
La Boutik de Fred est un concept store mobile. Autrement dit, Frédéric Pigeon, 55 ans, se déplace sur les marchés pour vendre ses accessoires vélos : de l’accessoire utile à l’accessoire passion, le vintage, le glamour, celui du souvenir, de la fantaisie, tout y passe.
Mais son produit phare est la sonnette de la marque qu’il a créée. « La sonnette est un accessoire obligatoire », rappelle-t-il au passage. Sa sonnette, il l’assemble à Bordeaux et l’agrémente de dessins réalisés par une créatrice bordelaise. Une licorne, les cabanes ostréicoles du Bassin d’Arcachon ou encore la dune du Pilat, il y en a pour tous les goûts.
Frédéric Pigeon vend aussi des accessoires innovants qu’il juge pertinents. Et de citer, par exemple, des rétroviseurs clignotants pour vélo et trottinette. « Cet accessoire a reçu le prix de l’innovation sécurité routière 2023 », précise Frédéric Pigeon qui surfe sur le boom du vélotaf et de l’achat de vélos, notamment électriques.
Selon l’Union Sport & Cycle, le marché global du cycle (vélos, pièces et accessoires compris) a poursuivi sa croissance en 2022 avec un chiffre d’affaires cumulé de 3,6 milliards d’euros, soit une augmentation de 5,2 % par rapport à l’année précédente. Cette croissance s’élève à 52 % sur les quatre dernières années.
Son parcours est atypique. En 2002, Frédéric Pigeon quitte le monde de l’automobile dans lequel il a toujours baigné. « En quittant l’automobile, les roues me manquaient. Mais au lieu de repartir sur le quatre roues, je me suis mis au deux-roues. J’ai toujours aimé faire du vélo. » Il se lance finalement dans le vélo en 2008, plus précisément dans les accessoires vélos en 2013 et crée sa propre marque de sonnette. « L’idée des sonnettes est venue sur les marchés. Mon vélo n’étant pas décoré, j’ai mis une photo sur ma sonnette. On m’a demandé d’où elle venait. Tout est parti de là », explique Frédéric Pigeon.
Son stand, c’est un peu la caverne d’Ali Baba pour qui cherche l’originalité et l’utilité. Il est possible de croiser Frédéric Pigeon sur les marchés de Gironde.
« L’alimentation est un élément déterminant de la transition écologique et sociale », insiste Noël Mamère. L’ancien député-maire de Bègles en Gironde constate que « les principales victimes de la malbouffe ce sont les pauvres ». Plaidant pour plus de bio, il rappelle que la malbouffe se définit par « l’agriculture intensive et l’élevage industriel ».
Il note d’ailleurs que « le diabète et l’obésité sont les deux principaux marqueurs de l’obésité ». Pour lui, impossible de résoudre cette transformation écologique et sociale si on ne s’intéresse pas de près à l’alimentation. Or, il pointe du doigt « des lobbys [qui] contribuent à empêcher cette nécessaire transition ».
L’ancien journaliste regrette d’ailleurs l’enquête critique de “Cash Investigation” (France 2) sur la bio : « Le mouvement bio ne mérite pas qu’on le cloue ainsi au pilori. Il vaut mieux s’attaquer à l’agriculture industrielle. »
Par ailleurs, pour relancer la consommation biologique, il plaide – comme depuis de nombreuses années – pour que « les pouvoirs publics se décident enfin à faire des choix et favorisent cette agriculture respectueuse des paysans, de l’environnement, des consommateurs ».
Il dit surtout « admirer » les initiatives et alternatives proposées par la jeune génération qui milite pour le climat. « Cette génération-là contribuera à faire basculer le géant auquel nous sommes confrontés. » Une admiration qui l’a poussé à se partir en reportage à travers la France. Il en ressort une bande dessinée, “Les Terrestres”, avec la dessinatrice Raphaëlle Macaron, publiée aux éditions du Faubourg. On y parle d’alimentation, bio évidemment.
Michelle Nortier a toujours travaillé dans le monde médical ou dans l’enseignement. Sa première profession était celle de pédicure podologue. Elle a ensuite été assistante dentaire. Puis est restée une trentaine d’années dans l’Éducation nationale, enseignante à l’école primaire, avant de terminer sa carrière en tant que professeure des écoles. Parallèlement à cela, elle commence sa pratique de yoga quand sa fille naît, il y a 37 ans. Dix ans plus tard, elle commence à l’enseigner, d’abord dans une salle de quartier, avant d’ouvrir sa propre salle à Mérignac, près de Bordeaux, Mérignac Yoga. “Ça a été une grande aventure, grâce à de super professeurs qui m’ont entourée”, raconte-t-elle.
“Et puis, chemin faisant, ça m’a ouvert des champs de possibles absolument extraordinaires et j’ai découvert la communication animale”, autrement appelée “communication intuitive”, c’est-à-dire le fait de communiquer avec les animaux par la pensée ou l’intuition.
J’ai toujours fait beaucoup de rêves prémonitoires qui m’ont dirigée dans ma vie et, une nuit en 2016, alors que j’avais perdu mon dernier petit chien en 2006, j’ai fait quelques rêves récurrents d’un petit chien qui m’apparaissait. J’ai fini par le trouver et c’est le chien que j’ai actuellement, Miel, et c’est grâce à lui que j’en suis arrivée à la communication animale”. Une technique dont elle n’a pas fait sa profession, mais un loisir qui lui apporte beaucoup de joie. “Si ça peut aider d’autres personnes, c’est bien, j’aime bien. Ça peut soulager, ça peut permettre de déstresser”, se réjouit-elle.
Mais c’est finalement cette expérience de communication animale qui la mène au kolaimni. Sur le site de l’instructrice qui donne les cours, Anna Evens, laquelle recommande des personnes qui pratiquent à la fois la communication intuitive et d’autres pratiques, elle découvre une énergéticienne, praticienne kolaimniste. Le terme la surprend, l’attire. “Je me suis dit, c’est quoi ce mot ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Je connaissais d’autres termes de pratiques énergétiques, mais pas celui-là”. Elle s’y intéresse, creuse, et se forme enfin chez Marie-Hélène Tourenne, en Gironde, l’une des rares instructrices françaises à ce jour. “Quand j’ai découvert ça, je me suis dit c’est bon, c’est ça ! C’est peut-être ce à quoi j’aspirais depuis longtemps, très longtemps. Et j’ai eu l’impression d’être dans un domaine que je connaissais déjà dans mes cellules, au plus profond de moi-même”.
Une évidence, mais aussi un besoin impérieux d’aider les autres qui l’anime depuis toute petite aussi. “Je ne supportais pas la souffrance des autres. La mienne, j’avais l’impression que je pouvais la gérer, parce qu’elle ne me semblait pas importante mais, par contre, je pouvais tomber dans les pommes à cause de la souffrance des autres. Elle m’a toujours été intolérable.” De ce fait, il lui a toujours été essentiel que chacun puisse découvrir des clés pour aller mieux, pour se sentir mieux dans son corps, dans sa tête. “En ayant moi-même découvert des clés pour aller mieux, je me disais c’est trop génial ! Il faut que tout le monde puisse comprendre qu’on peut aller mieux et que, même si la vie, parfois, n’est pas forcément un long fleuve tranquille, il est quand même possible de créer de la distance par rapport à ce qui se passe, d’être suffisamment armé et solide pour affronter ce qu’il y a à affronter.”
Le kolaimni est une pratique de soins de mieux être, une façon de reconnecter les personnes à la lumière universelle, “quelque chose qui est en nous, que l’on a naturellement, mais que parfois on a oublié. Finalement, on est juste l’interface entre cette lumière universelle et la personne, laquelle a ainsi la possibilité de se réapproprier ses possibilités d’auto-guérison, de mieux être, de relaxation, de diminution du stress”. Des protocoles très simples de massages éthériques, des petites passes courtes à environ 1,5 cm à 2 cm du corps, sans jamais le toucher. Le kolaimni peut se réaliser en présentiel ou distanciel, seul ou en groupe.
La prochaine formation de kolaimni se tiendra les 8 et 9 juillet à Mérignac yoga, en Gironde.
Le chômage est trois fois supérieur à la moyenne nationale dans les quartiers dits « prioritaires » de la politique de la ville. C’est donc dans ce sens que le gouvernement a déployé le dispositif Cité de l’Emploi en 2020. Il y en a 84 actuellement. Le but est de fédérer les acteurs associatifs, institutionnels et économiques. Ainsi, ensemble ils vont trouver des solutions innovantes pour lutter contre le chômage.
Bordeaux Métropole expérimente justement ce programme à Bassens, Lormont, Cenon et Floirac. Ces villes situées sur la rive Droite de la métropole comptent sept quartiers prioritaires dans lesquels résident environ 30 000 habitants. La Cité de l’Emploi est financée par l’ANCT (Agence nationale de la cohésion des territoires) et copilotée par le Grand Projet des Villes Rive Droite et la préfecture de Gironde.
En tant que cheffe de projet de la Cité de l’Emploi Bordeaux Métropole Rive Droite, Margaux Sanchez a pour rôle de fédérer. Son travail implique aussi de faciliter le rayonnement des entreprises et des offres d’emploi.
« Nous avons organisé plusieurs ateliers entre acteurs et partenaires de l’emploi et de l’insertion pour mieux déployer les actions au cœur des territoires, explique-t-elle. Chaque mois, on en réunit une vingtaine pour réfléchir des actions pour les habitants. » Des formations leur sont proposées par ailleurs. « Ce n’est pas facile d’aller à la rencontre des habitants avec un mode d’interpellation adapté », dit-elle.
Aussi, à travers la Cité de l’Emploi, Margaux Sanchez souhaite mettre en avant les 150 dispositifs existants sur le territoire qui ne sont pas assez visibles. « On a fait des événements autour de l’emploi et des découvertes métiers qui bousculent les codes. Une approche différente pour être en lien avec les habitants. » Par exemple, il y a eu des ateliers culinaires entre demandeurs d’emploi et entreprises ou encore des événements de découverte métiers au pied des immeubles.
Pour la suite de son expérimentation, l’accent sera mis sur les métiers liés à l’écologie et à la transition énergétiques. L’objectif est de les faire connaître dans les quartiers prioritaires.
En 2022, 350 acteurs se sont mobilisés et 300 personnes sans emploi accompagnées.
L’accès à la justice, un droit fondamental pour tous en France que souhaite faire respecter Me Adeline Subtil. Avocate au Barreau de Bordeaux, elle a été interpellée par la situation des personnes sourdes dans le système judiciaire. « Je me suis rendu compte que le monde des sourds était très peu connu justice. Moi-même je n’y connaissais rien. Il est difficile pour nous, avocats, de les défendre », confie-t-elle.
Dans une volonté « de mieux faire son travail », l’avocate a alors initié le projet de consultations juridiques gratuites destinées à ces justiciables. Effectives depuis plus d’un an, elles se tiennent tous les premiers lundis du mois, excepté en août et les jours fériés, de 10 à 12 heures et sur réservation.
Un avocat, assisté d’un interprète en langue des signes française (LSF), assure ainsi les permanences. Toutes sortes de problématiques peuvent être y abordées : droit de la famille, droit de la consommation, droit pénal… ce service est actuellement financé par le CDAD de Gironde (Conseil départemental des accès aux droits). Avant la création de ce service, Me Adeline Subtil a sollicité la participation de Karine Thénard, interprète français/langue des signes française. Experte judiciaire à la cour d’appel de Bordeaux, elle a accepté à la condition de sensibiliser les défenseurs des lois au monde des sourds.
En effet, dans l’exercice de ses fonctions au tribunal et au commissariat, elle a été spectatrice de la discrimination à laquelle des personnes sourdes ont été victimes. « Comme des refus de dépôt de plainte, de faire appel à un interprète parce que les policiers ne savaient pas que c’est pris en charge par l’État, explique-t-elle. Ou bien, un psychologue qui ne connaissait rien au monde des sourds qui a maltraité verbalement une jeune fille qui voulait s’émanciper d’un père violent. Ou encore un avocat qui dit : “Il est violent parce qu’il est sourd”… en 2020 ». Des situations qu’elle qualifie d’intolérables et auxquelles elle ne souhaite plus assister, d’où cette formation de deux heures minimum.
Il s’avère qu’une quinzaine d’avocats a été formée. C’est une condition sine qua none pour assurer les consultations juridiques. Et Karine Thénard a insisté sur certains points. « Tout d’abord, j’ai bien souligné l’hétérogénéité de la communauté sourde, dit-elle. Il y a des sourds de naissance, qui le deviennent, qui grandissent dans des familles de sourds ou d’entendants. Aussi, tous n’ont pas le même niveau des niveaux de connaissances de la LSF. On estime qu’il y a 80% d’illettrés. Un chiffre à prendre avec des pincettes, car il n’y a pas d’études. » Autre flou, qu’elle déplore, c’est le nombre de personnes sourdes en France. Une inconnue qui invisibilise davantage ce public.
Pour Me Adeline Subtil, « ce qui en ressort, c’est que les sourds sont victimes d’arnaques et rencontrent plus de difficultés à dénoncer. En ce qui concerne notre manière de parler, nous, avocats, avons un vocabulaire coloré du monde des entendants. Il faut donc mettre notre monde de côté et se mettre à leur place. En étant confrontés au monde des sourds, ça permet d’améliorer notre accompagnement et d’apporter une défense efficace. »
Ces consultations juridiques gratuites en présence d’un interprète en langue des signes française proposées par le Barreau de Bordeaux sont les seules en Nouvelle-Aquitaine. Pour prendre rendez-vous : [email protected]
Julia Royon a grandi dans une famille de médecins, où on prenait un médicament pour un oui, pour un non, où la médecine allopathique était au centre de tout. “J’ai grandi comme ça, à la limite de développer des phobies, d’être psycho sur les maladies, dépeint-elle. J’étais quelqu’un de très triste, très mélancolique, négatif. Et puis, en grandissant, j’ai commencé à m’intéresser, avec des amis, à tout ce qui était développement personnel, à me dire que j’en avais assez d’être comme ça, que j’ai envie d’être mieux dans ma vie.” Elle teste, découvre, ce qu’elle adore, essaie plein de thérapies différentes et va plus loin que l’apparence des choses qu’elle a connues plus jeune.
Elle a suivi des études de mode et travaillé dans le stylisme pendant 15 ans, pour différentes maisons, et ce, jusqu’en 2020. Covid ou pas, elle entame alors un virage. Elle sait qu’en tout cas, les questions tournaient déjà dans sa tête depuis en moment. Elle recherchait plus de sens dans son quotidien. Parce qu’au fond, elle a toujours aimé aider les autres, toujours eu ce besoin que les gens autour d’elle soient bien. “Même petite, dans la cour de récré, dès qu’il y avait des enfants qui tombaient ou qui étaient un peu mis de côté, j’allais les voir pour les faire rire. Quand quelqu’un était triste, c’était hyper difficile pour moi donc je pense que j’ai un peu gardé ça.”
La mode lui procure beaucoup de joie. Un certain temps. “Je m’ennuyais de plus en plus. Il n’y avait plus le truc. La dernière année, dans la boîte pour laquelle je travaillais, je suis arrivée au bout, j’ai été licenciée. Je me suis retrouvée à cette période, en juillet 2020, avec rien, je me suis séparée. J’avais vraiment une carte blanche devant moi. Je pouvais faire ce que je voulais pour la première fois de ma vie, sortir un peu des conditionnements.”
Une amie très proche, qui travaille dans le domaine du soin, lui parle de la naturopathie. Elle fait ses recherches et se rend aux portes ouvertes du Cenatho à Paris. Elle a cette sensation très puissante alors d’être alignée, d’être au bon endroit. Elle monte son dossier, sa candidature est retenue et la voilà partie pour 18 mois de formation, qu’elle couple avec une formation de praticienne en massages bien-être. Elle en ressort diplômée l’automne dernier.
Un sentiment d’avoir trouvé sa place qui ne l’a pas quittée. “Ce qui me fait vibrer, c’est le bien-être que je vois chez les gens après une séance, qui ressortent contents, parce qu’ils ont passé une heure pour eux. Et là, je sais pourquoi j’ai choisi ce métier.” Elle apporte aujourd’hui pleinement sa contribution pour que les gens soient mieux avec eux-mêmes, mieux dans leur vie, et notamment les femmes qui, comme elle, se sentent bloquées, explique-t-elle. “Parce que j’ai souvent été dans mes peurs, dans ces blocages, mais parfois, seul, on ne peut pas y arriver, on a besoin de se faire aider, qu’on nous tienne la main et qu’on nous dise “ça va aller, ça va bien se passer, on est ensemble et on va avancer”.”
C’est de permettre aux gens de trouver leur chemin, d’avancer un temps avec eux et de les laisser ensuite déployer leurs ailes. “Je pense qu’on tous est capables de plein de choses et qu’on a tout en nous. On ne nous apprend pas à faire ressortir le meilleur de nous. Apprendre qui on est réellement, comment on fonctionne, et les forces qu’on a en nous, c’est assez rare. Et moi j’ai envie de montrer aux gens toutes les forces qu’ils ont en eux. C’est une quête qui dure toute une vie mais il y a tellement de choses qu’on peut mettre en place dès à présent. Mon but est de permettre à ces gens-là de retrouver une sérénité dans tous les domaines.”
Retrouvez Julia Royon à Âmes sauvages, Holom et Gynécée à Bordeaux.
La plupart des métiers de 2030 n’existent pas encore. C’est sur ce constat que l’école 42 a été créée par l’homme d’affaires français Xavier Niel. Son constat est que les entreprises manquent souvent de talents dans le domaine de la Tech. Ainsi, son école ne forme pas à des métiers ou des technologies spécifiques qui seront vite dépassées.
D’abord, elle développe la capacité des apprenants à se réinventer pour qu’ils sachent s’adapter aux évolutions du digital. Les enseignements reposent sur des principes de collaboration, de partage et d’entraide entre apprenants. Il n’y a pas de cours ni de professeurs comme dans les enseignements traditionnels. Le réseau des campus partenaires de l’école 42 partage des pratiques et des valeurs communes. L’ambition collective est de former des développeurs et des développeuses partout dans le monde.
Xavier Niel démontre ainsi que des profils, ignorant parfois eux-mêmes qu’ils sont les futurs génies, se trouvent dans le système éducatif traditionnel. Ils en ont même parfois décroché. C’est pour cette raison que cette école est gratuite et accessible à toutes et à tous dès 18 ans. Et cela sans exigence de diplômes ni limite d’âge.
Passionné de jeux vidéo lorsqu’il était enfant, Paul Prikazsky a candidaté à cette école dès qu’il en a appris l’existence. Après l’itinéraire de sélection de 28 jours, où est testée notamment la persévérance des candidats, Paul a vécu cette formation très intensément. Chaque instant est consacré au codage et à la programmation (en groupe, au déjeuner, en pause, etc.). Paul vient de créer Nopow-Link, une marketplace publicitaire spécialisée dans la commercialisation d’annonces textuelles. Cette application se présente sous la forme d’un réseau social à destination des sites Internet. Elle a pour objectif de simplifier la mise en relation entre les éditeurs et les annonceurs. Cette solution s’inscrit dans le domaine du marketing digital appelé “Inbound Marketing”. Il vise à attirer des clients grâce à un contenu pertinent plutôt que de les solliciter par le biais de bannières publicitaires traditionnelles.
En 2023, près de 70% des consommateurs découvrent l’existence d’une entreprise grâce à des articles. Ces articles génèrent en moyenne trois fois plus de leads que les Adwords. Une annonce textuelle impacte sur le long terme. Elle est relayable sur les réseaux sociaux et référencée par les moteurs de recherche.
Paul Prikazsky – 06 30 00 81 84
Après avoir travaillé dans l’informatique, Stéphane Basso veut désormais mettre les gens à vélo. Et c’est ce qu’il fait dans le cadre de sa nouvelle activité. Il a ouvert un magasin de vente et de location de vélos à Andernos-les-Bains, sur le Bassin d’Arcachon en Gironde.
Mais bien plus qu’un magasin, CicloCaffè est le distributeur exclusif en France d’une innovation : la SuperWheel, dont l’inventeur Simon Chan est irlandais.
« Il s’agit d’une roue révolutionnaire qui offre une assistance écologique sans moteur, grâce à une technologie astucieuse qui convertit une partie de votre poids en énergie cinétique et aide ainsi la roue à tourner », explique Stéphane Basso.
Plus concrètement, « sur un vélo standard, à effort égal, je gagne 5 km/h, c’est-à-dire que je roule à 25 km/h au lieu de 20. Nous avons fait des tests avec des capteurs de puissance. Ils indiquaient que, pour garder la même moyenne sur plusieurs kilomètres, nous avions besoin de 30 à 35 % de puissance en moins. Ce n’est pas négligeable. Vous avez l’impression d’avoir tout le temps le vent dans le dos », décrit Stéphane Basso, qui croit au potentiel de la SuperWheel déjà distribuée à Hong Kong et Tokyo en plus d’Andernos. « Nous pensons que cela va intéresser les fabricants de vélo », confie-t-il.
La SuperWheel est vendue au prix de 490 euros, pneu, chambre à air et pignons de vitesses compris.

Lui milite, à titre personnel, pour les mobilités douces. « Je suis parti du principe que prendre un engin d’une tonne et demie pour déplacer un bonhomme de 70 kilos, c’est une aberration physique. Même dans une voiture électrique le problème, ce n’est pas électrique, c’est voiture. En ce qui me concerne, je cherchais un véhicule léger qui consomme peu pour mes déplacements de proximité. Et j’ai trouvé le vélo mobile, un tricycle couché complètement caréné sans assistance qui permet de rouler à 40 km/h. »
“Je dis que je suis créatrice de bien-être parce que j’ai un côté artisanal où je crée des bijoux en pierres naturelles de développement personnel, au moyen de la lithothérapie. Et de bien-être parce qu’avec tout le reste, le reiki et les cercles de femmes, j’emmène les gens à mieux se connaître, à prendre confiance en eux, pour aller vers le bonheur, la libération de la souffrance. Je me définis comme quelqu’un qui accompagne les autres à rayonner à nouveau dans leur vie, en leur remettant un peu de lumière et de soleil à travers mes outils.”

Ses outils, Audrey Raymond les a acquis au fur et à mesure, au fil de rencontres de la vie, de déclics d’une évidence à couper le souffle, avec une fluidité qui la sidère encore. Pendant 17 ans, elle exerce le métier de secrétaire juridique en cabinet d’avocat. Le Covid vient tout bousculer. Il est révélateur, à la fois physiquement puisqu’elle l’attrape, et aussi psychologiquement puisqu’il se présente comme la goutte d’eau qui vient redessiner totalement son paysage. “Je me suis dit tout à coup que je n’étais plus vraiment à ma place.”
Pourtant, jusqu’ici, le droit lui convenait tout à fait. Très carré, très protocolaire, le respect des dates et des délais est son quotidien. Néanmoins, depuis toute petite, elle s’entend dire qu’il faut qu’elle aille “se défouler” pour son trop-plein d’énergie, d’émotions, de tout ! “Je suis hypersensible et hyper un peu tout et je n’avais jamais appris à me calmer.” Un jour, on lui conseille d’apprendre à se poser. Une phrase qui fait tilt. Elle se met au yoga et toute la philosophie qui va avec. Mais pour son bénéfice personnel. Une amie lui propose alors de lui apprendre à percer les pierres. Elle tente et se dit que ça fera un beau cadeau de Noël pour les femmes de sa famille. Elle leur offre et là, leur réaction la bouleverse. “Elles avaient les larmes aux yeux. Je me dis que quelque chose se jouait.”
Elle partage alors ses créations sur les réseaux sociaux et les commandes s’enchaînent. Tout en restant salariée, elle lance son entreprise de création de bijoux en pierres naturelles et lithothérapie. “Et je me rends compte que je fais du bien aux gens, en allant chercher avec eux ce qu’ils souhaitent changer dans leur vie, quelle pierre va y répondre, et aussi en leur offrant un bijou sur mesure, parce que je pars du principe qu’on est tous uniques, qu’on a tous une valeur, simplement on n’en a pas conscience. Et le but de mes bijoux, c’est d’aller les aider à chercher cette valeur.”
Après cela, elle entame une thérapie, pour apprendre à se connaître, à se calmer, là encore. Une amie insiste alors pour qu’elle essaie de pratiquer le reiki. Ses sollicitations finissent par payer. Elle organise une séance. “Au moment où je pose les mains sur elle, j’ai une sorte de flash, c’est ça ! Ça peut être mon travail, ça peut être ma vie et là je sens un appel viscéral et je commence à me dire qu’en plus des bijoux, je vais ajouter le reiki à mes propositions. Les gens viennent en séance, me font des retours de dingue, est-ce que tu peux me l’apprendre ? Alors, je me dis, je vais finir le parcours et je vais l’enseigner. Et me voilà en train d’enseigner le reiki, de recevoir les gens en séance individuelle, de proposer des bijoux en pierre naturelle et d’ouvrir un cercle de femmes chaque mois, pour que les gens puissent vivre ce que moi j’ai vécu, c’est-à-dire apprendre à se comprendre. C’est la clé de la libération.”

“Plus on se connaît, plus on prend confiance en soi parce que justement on sait qui on est, en dehors de nos rôles et de ce qu’on fait et plus on prend confiance en soi, plus les événements de la vie, les jugements des autres vont nous glisser dessus, parce qu’on est très ancré, très aligné. Quand ça c’est bien acquis, parce qu’on a vraiment été le voir, le ressentir, le chercher, le comprendre, on peut tout affronter dans la vie, on peut tout dépasser.” Le travail de connaissance de soi que propose Audrey Raymond est d’armer les gens pour que, quand un évènement lourd à porter émotionnellement se présentera, il ne sera pas destructeur. “Parce qu’il n’y a aucune méthode de bien-être qui va faire qu’on est en lévitation tout le temps et qu’on ne sera plus touchés. La question est : comment on va réagir quand ça va se présenter ?”
. Plus je retourne en arrière dans ma vie, et plus je me rends compte qu’en réalité, j’ai toujours été comme ça.” Celle qui a toujours voulu défendre la veuve et l’orphelin, qui ne peut pas supporter une injustice. “Je crois que c’est ancré à l’intérieur de moi, de me dire je travaille sur moi parce que ce que j’apprends, je peux le partager pour aider l’autre à se développer et j’ai la croyance, peut-être un peu naïve, que plus on va être libéré sur cette terre, plus on va aller, de génération en génération, vers une humanité épanouie, respectueuse les uns les autres, où la bienveillance, la coopération vont reprendre le pas.”
Une lumière à l’intérieur d’elle-même qu’elle n’avait pas vu auparavant, mais dont elle a la pleine conscience aujourd’hui. “Plus j’apprends à me connaître, plus je vais me dire regarde tout ce que tu as fait, valorise-toi ! Et maintenant, les gens disent de moi maintenant que je suis un soleil. Mais oui ! Je suis un soleil ! Je l’ai à l’intérieur de moi ! Laisse-le juste sortir ! Et parler avec les gens, ça peut leur rendre aussi leur lumière, et c’est vraiment gratifiant.”
Retrouvez Audrey Raymond sur son site Envolées Océanes.

Depuis l’enfance Marie Espias, 25 ans, est passionnée par les animaux. Après un diplôme d’éducatrice spécialisée, elle a suivi la formation Chargé de projet en médiation par l’animal de l’institut Agatéa. En parallèle, elle avait dans l’idée de fonder une association. Un souhait réalisé en 2020, lorsqu’elle a créé sa structure de médiation par l’animal à Eysines, en Gironde. Elle l’a nommée Medeina, en référence à la déesse lituanienne qui a pour rôle d’assurer la protection de la forêt et des animaux.
Deux ans plus tard, Nina Lafon, intervenante en médiation par l’animal, l’a rejointe. À deux, elles ont ouvert une ferme refuge thérapeutique. Cet espace de 3 000 m², fermé au grand public, accueille une quarantaine d’animaux : des chèvres, des lapins, des cochons d’Inde, des chats et des chiens, entre autres. « Au début de la création de la structure, on était purement itinérant, explique Marie. On emmenait les animaux dans les établissements médico-sociaux principalement, auprès de personnes dites fragilisées par le handicap (psychique, moteur, sensoriel) ou autre problématique. »
Medeina propose quatre types de prestations :
En amont, Marie et Nina discutent des objectifs avec les équipes sur lesquels il faut travailler. Une fois qu’ils sont déterminés, les deux associées décident des animaux à intégrer. « Par exemple, auprès de la petite enfance, on ne va pas amener des animaux vifs, tels que les perruches, précise la fondatrice de Medeina. Car si on ne respecte pas leurs limites corporelles, elles peuvent pincer. Avec les enfants, on privilégie les animaux tranquilles comme les lapins. » Afin que les séances se passent dans les meilleures conditions, les jeunes femmes priorisent le bien-être des animaux et travaillent avec l’accord des bénéficiaires.
Mais finalement, quels sont les bienfaits de la médiation par l’animal pour l’humain ? « Au contact des animaux, les battements du cœur ralentissent. L’hormone du bonheur augmente quand celle du stress baisse ainsi que la tension artérielle, détaille Marie Espias. Au-delà de ça, on dit que l’animal est facilitateur dans la relation, notamment duelle. Parfois, l’accompagnement peut être compliqué, des personnes peuvent être réfractaires. » Par ailleurs, ces interactions permettent de stimuler le potentiel cognitif, social et moteur. Tous les publics sont ainsi concernés : enfants, adolescents, adultes et seniors.
À l’issue des programmes, des évaluations sont réalisées pour mesurer les bénéfices. Et ils sont visibles. «. Dans l’un d’eau, il y a une dame avec une chemise à fleurs qui communique très peu. Et, une femelle Conure s’est posée sur son épaule et a commencé à picorer les fleurs. La dame lui a dit : « Mais non, ça ne se mange pas ce sont des fausses », raconte Nina. Toute l’équipe a été stupéfaite par cette phrase prononcée. »
“Quand je me présente, j’utilise le terme “artisane du mieux-être”, annonce Stéphanie Parra Iglesias. Parce que je fais du développement personnel, du coaching, de la psychothérapie, de la cuisine thérapie. Je trouve que coach en développement personnel ça met dans une case, psychopraticienne ça ne va pas non plus parce qu’il y a la cuisine aussi, donc voilà, j’utilise ce terme-là !”

La cuisine thérapie, elle l’a découverte au détour d’un article, par hasard s’il en est, alors qu’elle traverse une période difficile, après presque 25 années d’évolution professionnelle dans le monde de l’industrie, essentiellement l’aéronautique, “dans un métier très cadré, très légal, où il n’y avait pas de place pour l’improvisation, et où l’humain n’était pas le sujet principal”, se remémore-t-elle.
Pour autant, Stéphanie Parra Iglesias a toujours été tournée vers les autres. Depuis toujours, la relation d’aide, l’accompagnement, font partie de sa vie. Élevée par une maman éducatrice spécialisée, elle accompagne dès son plus jeune âge des enfants handicapés en colonie pendant les vacances. Elle soutient ensuite ses grands-parents atteints de la maladie de Parkinson. Aujourd’hui encore, elle fait partie d’une association, Maraudes du cœur Bordeaux, qui vient en aide aux sans-abris. Alors, cette fibre-là, la thérapeute la cultive depuis toujours.
Et puis, il y a deux ans, elle traverse un sévère burn-out, qui la force à suspendre son activité professionnelle, presqu’une année entière. Un trop-plein et une pause salutaire. Ça a vraiment été le déclic qu’il me fallait pour me dire que quelque chose n’allait vraiment pas dans ma vie et qu’il fallait que je me dirige vers ce qui m’animait profondément.” Et c’est là que la cuisine thérapie intervient. Ça m’a interpellée immédiatement parce que je suis passionnée de cuisine, et cette méthode permettait d’allier le développement personnel au support cuisine, mais, à la fois, sans que l’on suive une recette, sans que ce soit beau ou bon, justement pour s’enlever cette pression.
Elle se lance alors dans une formation de dix mois avec, en parallèle, l’étude des thérapies cognitives et comportementales pour acquérir des outils afin d’accompagner les gens dans ce qu’ils peuvent exprimer lors d’un atelier de cuisine thérapie. “Parce que, même si ça paraît ludique, il n’empêche que ça vient faire appel aux cinq sens, au fait de se reconnecter à son corps, à ses émotions, et sans trop s’en apercevoir, de façon anodine, on vient quand même livrer plein de choses. Et mon boulot à moi, même si aujourd’hui c’est plus une passion qu’un travail, va être de tirer les ficelles et de voir ce que la personne a déposé dans cette assiette à travers les aliments.”
Un support qui la passionne aussi car il parle à tous. “On est vraiment sur de l’art thérapie sauf que le support est un peu atypique.”

Par le biais de ces différentes méthodes, Stéphanie Parra Iglesias accompagne aujourd’hui essentiellement autour du stress, de l’anxiété, que ce soit dans le domaine du quotidien, comme la charge mentale, une relation parent/enfant un peu compliquée, qu’au niveau professionnel, et en particulier autour du burn-out, sujet qu’elle connaît bien. “Je l’ai vécu donc ça me tenait à cœur d’accompagner dans ce sens, mais aussi d’aider à passer des caps, à surmonter des situations difficiles, à entamer un changement, à travailler la confiance en soi, l’audace. Le but étant essentiellement d’aller vers un mieux-être et de retrouver du sens à sa vie.”
“Ce qui m’anime, c’est le contact avec les gens, les rencontres. J’adore découvrir des personnalités différentes et, lors des ateliers, j’aime beaucoup observer les personnes. Je ne sais pas si on peut parler de transformation lors d’un seul atelier, mais il peut y avoir en tout cas des choses qui se débloquent. Je trouve que c’est très riche et ça m’apporte aussi beaucoup personnellement.”
Stéphanie Parra Iglesias s’était un peu enfermée dans une cage dorée dans sa précédente vie, comme elle le décrit elle-même. “J’avais une situation professionnelle vraiment stable, une très bonne situation financière. Un confort matériel mais un inconfort profond personnel. Maintenant, c’est l’inverse”, s’amuse-t-elle. “Ce qui est important, c’est soi. C’est être aligné avec ce qu’on a envie de faire. Je constate qu’il y a beaucoup de personnes qui tendent vers ça. Ça me tient à cœur de pouvoir les aider, parce que quand je vois où j’en suis aujourd’hui, l’épanouissement que je ressens, je vois que se sentir aussi bien dans ses baskets, ça existe ! Il est possible de trouver sa voie et d’oser aller vers ce changement.”
Retrouvez Stéphanie Parra Iglesias, psychopraticienne, cuisine thérapeute et guide d’Aventures audacieuses à Saint-Médard-en-Jalles près de Bordeaux, en Gironde et sur sa page Facebook Cuisine des sens.

Passionnée de parfum depuis son enfance, Delphine Landais a entretenu cet intérêt jusqu’à devenir parfumeur créateur, ou autrement dit : nez. Pour y arriver, elle a suivi une licence de chimie à Bordeaux. Puis, elle a rejoint l’ISIPICA à Versailles, une école fondée par Jean-Jacques Guerlain. La spécialiste a continué de se perfectionner aux côtés de Maurice Roucel, un parfumeur français reconnu.
En 2016, Delphine s’est lancée à son compte et a créé Instantanez dans la capitale Girondine. Elle a alors installé son laboratoire de création de parfums chez elle. Est entreposée au mur, ainsi que dans son bureau, une multitude de flacons renfermant différentes senteurs. Car sa principale activité consiste à créer des identités olfactives sur mesure pour les marques. Mais le nez propose aussi des ateliers de créations de parfums pour les particuliers.
Par ailleurs, la particularité d’Instantanez est qu’il mélange deux univers : celui du vin et celui du parfum. Ses clients assistent à une dégustation de vin pour découvrir les différents arômes et cépages bordelais. « J’ai fait une fac d’œnologie qui m’a permis de voir le lien entre ces deux éléments ainsi que toutes les molécules en commun. La découverte olfactive en amont d’une dégustation peut être intéressante et assez ludique pour différencier les cépages, les saveurs et les parfums », dit-elle.
D’ailleurs, des acteurs de l’œnologie font appel aux services de la créatrice pour améliorer leurs connaissances olfactives. « C’est un sens qui a tendance qui à être un peu négligé, regrette-t-elle. Or, il a toute son importance, notamment dans le monde du vin. Et puis, l’odorat est omniprésent dans notre vie. Il est essentiel. Par exemple, quand on mange, si on ne peut plus sentir, on perd aussi les saveurs des aliments. La vie est triste sans odorat. »
L’un est américain, l’autre britannique. Robert Lawrence et Christopher Cooley ont créé, en 2017, le premier café-vélo de Bordeaux. Son nom ? Musette. « Musette fait référence au petit sac utilisé par les cyclistes pour se nourrir pendant les courses ou encore au bal musette. Nous voulions un nom qui s’utilise aussi bien en français qu’en anglais, avec une touche féminine. C’est aussi un mot doux, alors que le monde du vélo peut être intimidant », explique Robert Lawrence, le sportif de l’équipe.
Il a fait du bike polo en compétition à un niveau mondial. « Mais ça, c’était avant. Avant de créer notre entreprise », s’amuse Robert Lawrence.
Une entreprise qui conjugue leurs deux passions. Chez Musette, Robert et Christopher proposent un café de qualité. Les grains sont achetés localement et collectés à vélo chez un torréfacteur indépendant. Ce café-vélo est aussi un repaire pour les cyclistes, pour faire réparer leur vélo ou en acheter un. « Mais un vélo de qualité et durable, insiste Robert Lawrence. Nous ne fabriquons pas de vélos à Bordeaux, mais pour combattre l’obsolescence programmée, nous proposons des vélos haut de gamme, fiables, performants et prévus pour durer au moins dix à quinze ans en ayant une utilisation régulière. »
La spécialité de Musette c’est d’ailleurs le montage à la carte de vélos. « Si quelqu’un a une idée, un projet, nous réalisons un montage en fonction du besoin, du budget, dans la limite du raisonnable avec des pièces qui tiennent la route. Le client ressort alors avec un vélo customisé unique. »
Le côté social a aussi toute son importante chez Musette. « L’activité café permet de faire des rencontres », témoigne Robert Lawrence qui organise des événements, en particulier des randonnées à vélo le temps d’un week-end.
C’est ce qu’il appelle « rando mollo », un concept lancé au cours de l’été 2018 pour familiariser les débutants avec le monde du bike-packing. C’est aussi l’occasion pour les cyclotouristes expérimentés de faire une excursion sociale décontractée.
Un chien ou un chat est abandonné toutes les deux minutes en France. C’est le terrible constat dressé par Solidarité-Peuple-Animal. L’association, fondée par Katia Renard, rédactrice en chef du magazine “30 Millions d’Amis”, appelle à la mobilisation en juin pour lutter contre ce fléau.
Depuis 2019, elle organise la Journée mondiale contre l’abandon des animaux de compagnie pour sensibiliser le grand public à cette problématique à l’approche des vacances d’été. Cette journée tombe chaque année le dernier samedi du mois de juin. La 4e édition aura donc lieu ce samedi 24 juin 2023. Mais parce qu’une journée ne suffit plus face à l’ampleur du phénomène, la Journée mondiale contre l’abandon se décline cette année en “mois contre les abandons”, tout le mois de juin.
Des boutiques éphémères seront proposées le temps d’un week-end à Bordeaux les 10 et 11 juin, à Nice les 17 et 18 juin, puis à Paris les 24 et 25 juin. Des “pop-up stores” qui serviront de lieux de rencontre pour acheter des accessoires, mais aussi faire des dons à des associations locales.
Certains objets de la boutique seront également achetables en échange d’une implication bénévole auprès d’une association grâce à une monnaie solidaire : le Solipa. Promener un chien dans un refuge permettra, par exemple, de récolter 10 Solipa. S’engager pour une heure de bénévolat équivaut à 20 Solipa”, précise Solidarité-Peuple-Animal.
Enfin, ces boutiques éphémères seront le lieu de départ d’une grande Marche des Croquettes, en partenariat avec Mars Petscare. Chaque kilomètre parcouru sera converti en un repas servi à un animal dans un refuge. Cette marche solidaire durera tout le mois de juin et pourra être réalisée n’importe où en France. Il suffit pour ce faire de s’inscrire ici.
L’idée a de quoi surprendre. Mais c’est une sacrée réussite. Depuis plus d’un an, le Racing Club Chambéry (RCB) accueille chaque semaine, après l’entrainement de foot, des paniers bios de l’Amap La Ruche. L’association pour le maintien d’une agriculture paysanne s’est installée dans les locaux du club de foot du quartier populaire de Villenave-d’Ornon, dans la banlieue sud de Bordeaux (Gironde).
« C’est un projet un peu fou », sourit le jeune président du RC Chambéry, Guillaume Latrille. L’Amap s’était retrouvée dehors, sans lieu physique, pour distribuer ses paniers. « C’est tout naturellement » que le club a proposé de les héberger. D’autant qu’il porte de nombreux projets environnementaux et sociaux.
En effet, le club s’investissait déjà sur le tri, le covoiturage, l’utilisation des transports en commun, des actions de prévention, des fresques du climat auprès de ses footballeurs amateurs – plus de 600 licenciés cette année. L’arrivée de l’Amap se combine avec des actes sociaux portés par le RCB. « Notre club accueille un public très populaire par ses origines sociales. Le public habitué des Amap est plutôt CSP+. On fait donc se rencontrer les gens. »
Il s’enthousiasme en décrivant ses footballeurs de 10 ans acquérir, après l’entraînement, de nouvelles connaissances sur les produits bio, la saisonnalité des fruits et légumes, l’importance des circuits courts, etc. Ses jeunes pousses grandissent aussi grâce à la présence de l’Amap.
Ce travail est d’ailleurs reconnu à travers déjà trois récompenses : celle délivrée par les professionnels des Girondins de Bordeaux, celle du Trophée Philippe Séguin dans la catégorie environnement et santé et celle de la Fondation SNCF. Guillaume Latrille n’hésite pas d’ailleurs à tacler “le football business” et “les messages envoyés par le football professionnel [qui] ne sont plus en adéquation avec la base, la masse et la société. Cela nous blesse, les vrais amoureux du ballon rond”.
Déjà, il évoque les prochains matches à venir : créer un compost collectif où se croiseraient les amapiens, les licenciés du club et les habitants du quartier. Il souhaite aussi développer des paniers de légumes dits « suspendus », gratuits pour ceux qui en ont besoin, financés par ceux qui le peuvent. Enfin, il aimerait pouvoir développer quelques parcelles de jardin partagé en permaculture.
Pour ne rien gâcher, les résultats des différentes équipes sont excellents, à l’image de l’équipe première masculine qui est championne de Division 1 de Gironde depuis plusieurs semaines et jouera en ligue régionale la saison prochaine, une première depuis plus de 20 ans.
« On porte un projet sportif, associatif et aussi social et environnemental. Tout cela n’est pas antinomique. La seule chose qui est importante, c’est la conviction. Il faut comprendre que le football n’est pas l’unique fin en soi d’un club de football », conclut le président.
Alexandra Cornet-Lassept a grandi dans la nature. Une nature qu’elle reconnaît ne pas avoir identifié comme précieuse à ce moment-là. “Il y a eu des périodes de ma vie où je m’en suis éloignée et d’autres où je m’en suis rapprochée. Il n’y a qu’à l’âge adulte, et même un peu avancé, que j’ai ressenti l’importance que la nature pouvait avoir pour moi. C’est un ingrédient essentiel. Si je n’ai pas de vert, de silence, je m’éteins et ce n’est bon ni pour mon équilibre physique, ni pour mon équilibre psychique. Je suis mal.” Cette nature nécessaire, la thérapeute a voulu petit à petit l’intégrer dans tous les pans de sa vie, notamment professionnel. “J’avais envie de bosser avec elle et d’être tout le temps dehors.”
Alexandra Cornet-Lassept a d’abord travaillé de nombreuses années dans le commerce. Là, elle réalise déjà qu’elle accompagne les personnes qui viennent la voir. “Je me rendais compte que plein de gens pouvaient me parler, me raconter leur vie. J’avais cette fibre d’écoute, qu’on me reprochait, parce que ce n’était ni le moment ni le lieu, à l’époque. Il fallait écouter juste ce qu’il fallait pour vendre”, ironise-t-elle. Un métier dans le commerce qui l’aide pourtant à travailler cette écoute. Et puis, grâce à un employeur encore plus maltraitant que les autres, qu’elle remercie aujourd’hui, dit-elle, elle trouve le courage de partir, “de franchir le pas et de, peut-être, donner envie à d’autres d’aller vers quelque chose qui fait sens, qui vibre”.
Elle devient alors thérapeute. Très vite, la nature l’appelle. Là encore enfermée, cette fois-ci dans son cabinet, il lui semble essentiel de travailler dehors, d’emmener ceux qu’elle soutient vers cet extérieur qui apaise. “À l’extérieur, les personnes que j’accompagne sont plus relâchées, plus détendues. Mais moi aussi, je ressens moins la fatigue, je ressens plus de légèreté, de fluidité. Donc c’est devenu comme une évidence de mettre la nature dans mon quotidien professionnel.”

Car il s’agit bien de s’immerger dans la nature, de s’appuyer sur elle pour se sentir mieux et, en l’occurrence, vaincre ses angoisses. Pendant les séances de deux heures proposées par Alexandra Cornet-Lassept, on va accueillir une thérapeute supplémentaire, la nature. “De par également l’énergie qui peut y avoir dans les lieux, les couleurs, la symbolique, l’effet miroir, tout ce qu’il peut avoir de présent et de puissant dans la nature, je vais m’appuyer dessus pour pouvoir accompagner les personnes. Ça se fait quasiment uniquement en extérieur et tout tient là-dessus, dans cette proposition-là. Souvent, dans les problématiques d’angoisse, d’anxiété, il y a cette anticipation du négatif. Là, avec la nature, on est dans le présent, prendre conscience de son corps, des mécanismes qui se jouent, travailler autour des pensées, des croyances, reprendre le pouvoir. C’est tout un remodelage mental qu‘il faut aller chercher.”
Ramener les personnes à l’essentiel parce que quand on est dans la nature, on se dépouille, on est juste dans la simplicité, la beauté. “L’homme a toujours été en lien avec la nature. C’est notre rupture avec la nature qui peut nous provoquer des déséquilibres internes, une disharmonie. Donc rapidement, le lien est là, dans le silence, dans les bruits, à travers les cinq sens, la connexion se fait assez vite. C’est souvent assez beau. Ça me génère toujours beaucoup d’émotions, de gratitude aussi. Ça me touche toujours beaucoup émotionnellement. C’est fort de pouvoir assister à quelqu’un qui se rencontre peut-être pour la première fois.”
Retrouvez Alexandra Cornet-Lassept à Tresses près de Bordeaux ou en distanciel.
À Saint-Médard-de-Guizières, en Gironde, les travaux vont bon train pour terminer un projet inédit et expérimental en France. Il s’agit d’une maison destinée aux enfants placés par l’aide sociale à l’enfance et qui sont porteurs d’un handicap psychique et mental. Son ouverture est prévue en juillet. Ce projet est porté par l’ARS, le Département et l’APEI Les Papillons Blancs du Libournais. Cette association rassemble des parents d’enfants ou d’adultes porteurs de handicap.
« Nous avons une réelle volonté d’inclure le handicap dans la société. On gère des instituts médicaux-sociaux, des foyers de vie, des logements partagés, etc. Au total, on accompagne 470 personnes à partir de 4 ans jusqu’à la fin de vie », explique Hugues Benedetti, son président.
Ce projet a été initié à la suite de nombreux constats. « Dans notre institut médical éducatif, on reçoit des enfants placés. Le week-end, soit ils rentrent dans leur famille, avec tous les problèmes rencontrés. Soit, ils partent en foyer pour adultes, précise le gérant de l’association. On a tiré la sonnette d’alarme auprès de l’ARS du département parce que ces enfants, on les récupère dans un état pitoyable le lundi. Donc, on retravaille avec eux toute la semaine pour les raccompagner. Mais ça repart. C’est un cercle qui n’en finit jamais. »
L’association APEI du Libournais a donc proposé à l’ARS et au Département de créer une maison familiale permettant d’accueillir 10 enfants en situation critique. L’ambition est de leur offrir un lieu de vie et un accompagnement au quotidien. « Il faut savoir que les jeunes dont on s’occupe ont des handicaps lourds tels que des troubles autistiques profonds, des problèmes psychiques avec parfois de la violence. C’est pourquoi, dans notre institut, il y aura quasiment un adulte pour chaque enfant pour leur apprendre les bases de la vie comme s’habiller, se laver, s’exprimer pour certain. On veut les aider à les sortir de leur difficulté. »
Dans cette maison, chaque enfant aura sa chambre. Ils auront accès à des salles d’activités et une restauration commune. La particularité de ce lieu est la salle Snoezelen, « un espace sensoriel bénéfique pour les autistes profonds, déclare Hugues Benedetti. À l’intérieur, ils peuvent se retrouver au calme et se rassurer notamment grâce à la stimulation de musique, de lumière ».
Il est aussi prévu que les jeunes participent à la vie en communauté : mettre la table, faire le ménage, s’occuper du potager, etc. Dans la journée, ils vont à l’école. Le soir et les week-ends, des éducateurs spécialisés, un psychologue, une infirmière et un veilleur de nuit seront présents.
C’est donc pour offrir un cadre de vie agréable à ces enfants porteurs d’un handicap mental et psychique qu’est né ce projet. Mais l’objectif est aussi de soulager les parents. « On a des familles en souffrance. Parce que gérer le quotidien, notamment quand on a un travail, c’est pratiquement impossible. Bien souvent, elles éclatent. Dans ces situations, les enfants en subissent dans les conséquences. C’est pourquoi la protection de l’enfance les sort et les place dans des établissements comme celui que l’on crée. »
Le coût de fonctionnement à l’année de cette maison médico-sociale est de plus d’un million d’euros par an.