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Rendre l’habitat plus sain et plus durable. C’est des enjeux environnementaux et de santé que le secteur du bâtiment prend peu à peu en considération. En effet, le ministère de la Transition écologique relève que cette industrie représente « 43 % des consommations énergétiques annuelles françaises. Il génère 23 % des émissions de gaz à effet de serre français ». Aussi, selon l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, l’air est 10 fois plus pollué qu’à l’extérieur. Les matériaux, les meubles, les décorations, sont des sources de polluants. Toutes ces problématiques, le cabinet de design Félix et associés, à Bordeaux, spécialiste en aménagement d’espaces de travail et commerciaux, en a conscience. Il a alors entrepris une démarche vers plus d’écoresponsabilité, depuis quelques années.

Éco-conception

Aujourd’hui, le cabinet Félix et associés est certifié B Corp, un label international octroyé aux entreprises ayant des processus environnementaux et sociaux responsables. « On s’intéresse au sujet de l’écoconception. On a suivi, entre autres choses, avec les architectes de l’agence, une formation au 308. C’est la Maison de l’architecture à Bordeaux. C’était sur l’écoresponsabilité, sur la construction de matériaux biosourcés et géosourcés, etc. Pour rappel, le monde de la construction est un des plus gros puits de carbone en France et dans le monde entier. Et, il se trouve qu’on est un des métiers dans lequel on a peut-être le plus de leviers à activer et de résultats à obtenir », constate Alexandre Lobstein. Architecte associé, il est responsable du Pôle Design d’espace. Le fruit de ces réflexions a mené à la création d’une matériauthèque verte.

Matériauthèque verte

Près de soixante références sont disponibles dans cette bibliothèque de matériau. Cuir de poisson, coquille d’huitres ou de coquilles Saint-Jacques, mycélium (du champignon), carton recyclé servent d’isolants, de minéraux mélangés à du plastique, de fonds de peintures… Ces produits sont biosourcés, géo-sourcés ou issus du recyclage et de l’économie circulaire. Plusieurs critères ont été pris en considération pour la sélection du matériau : sa provenance, le degré d’aboutissement et s’il est issu de l’économie circulaire.  « On a croisé des gens qui fabriquent des matériaux « éco-malins ». On va dire des ‘tout petits faiseurs”, de l’ordre de l’association, qui comptent trois ou quatre personnes acharnées du recyclage. Puis de “très gros faiseurs”, des marques nationales et internationales motivées par tous ces engagements RSE et qui produisent des produits industrialisés et facilement fournis », explique celui qui est aussi responsable de la matériauthèque.

Photo : Jennifer Biabatantou

Quant à savoir si les coûts de la production et de l’achat sont élevés, l’architecte est affirmatif, mais ce n’est pas la question centrale. « On est dans un monde où on veut faire toujours plus vite et moins cher. Mais le monde dans lequel on veut aller, c’est un monde qui se pose d’autres questions. Aujourd’hui, ça va me coûter un petit peu plus cher, peut-être de fabriquer un meuble qui dégaze moins, de ne pas poser de la moquette avec de la colle en dessous, de ne pas utiliser des peintures qui envoient des composants organiques volatiles, etc. Quel est le bénéfice pour l’utilisateur ? Pour l’artisan qui travaille ces produits ? Quel est le bénéfice pour la qualité de vie globalement ? Donc c’est des choses sur lesquelles on travaille et qu’on va tenter d’objectiver. L’écoresponsabilité implique une amélioration de la qualité de vie et ainsi celle des occupants. »

Créer un écosystème

Avec cette matériauthèque verte, les collaborateurs du cabinet de design vont se questionner sur la substitution des matériaux, l’adaptabilité des matières en fonction de l’utilité souhaitée ainsi que sur l’usinage. Alexandre a conscience que c’est un travail de longue haleine. « On ne sera pas à 100% d’économie non carbonée demain. Mais le but, c’est d’avancer pour être à 100 %, modifier les méthodes de travail et l’utilisation des matériaux ». C’est pourquoi l’entreprise organise aussi des rencontres avec ses fournisseurs et partenaires pour échanger sur les thématiques liées à l’éco-conception et finalement créer tout un écosystème. La matériauthèque est ouverte à tous les professionnels du bâtiment, du design, de l’architecture et aux artisans.

Huit jours. 1200 km. 25 cols. Ce voyage initiatique autant que sportif, Pierre-Nicolas Marqués, ancien coureur cycliste amateur, n’en est pas à l’origine. Il répond alors à l’appel d’un ami, Jacques d’Arrigo, rencontré lors d’une traversée d’Espagne à vélo. Ce dernier souhaite se mobiliser pour la recherche contre la maladie d’Alzheimer, dont était atteint son grand-père. Jacques d’Arrigo rassemble quatre autres amoureux du vélo, qui ne se sont alors jamais rencontrés. Les présentations sont faites un soir à Canet-en-Roussillon, près de Perpignan. Le lendemain, c’est le grand départ, direction Biarritz, dans le but de récolter des fonds via les réseaux sociaux “le long du parcours”. Nous sommes en 2021.

“À vélo, on ne peut pas tricher”

“On s’est vraiment rencontré sur le vélo et c’est ça qui était très amusant”, se remémore Pierre-Nicolas. “Comment un groupe d’inconnus évolue jour après jour, dans l’adversité, vers le même but ? C’est là où se tissent les liens, parce que je crois que, dans l’effort, on va droit à l’essentiel. On ne veut pas tricher, on se débarrasse de toute fioriture et c’est pour ça qu’aujourd’hui, on a des liens très forts, alors qu’on a seulement partagé huit jours de nos vies”.

Il y a eu des moments de galère autant que des expériences extraordinaires, notamment lorsqu’on atteint un sommet, après la pluie, la neige parfois, le vent de face, le dénivelé. “Il n’y a aucun sommet où la vue ne soit pas belle”, écrit Sylvain Tesson. “Et ça, c’est la plus belle des récompenses, de se dire qu’on l’a fait, d’avoir en plus le plaisir de la vue et ensuite de filer à toute allure dans la descente. Ce sont des sensations extraordinaires de liberté”. 

Pierre-Nicolas a l’habitude de tenir un carnet de bord lors de chacun de ses voyages. Le soir, malgré la douleur et l’épuisement physique, il note ce qu’il ressent, ce qu’il a vu, éprouvé, comment il a évolué avec son équipe de coureurs. J’ai réalisé que l’aventure que j’étais en train de vivre était quand même extraordinaire et je me suis dit que, peut-être, mon premier livre était là.  

De retour, il écrit donc son premier ouvrage, “Mémoire en roue libre”, publié aux éditions Cairn. Ce livre retrace cette traversée des Pyrénées pour la Fondation recherche Alzheimer de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris. Mais c’est aussi un récit à travers une terre de cyclisme, foulée depuis plus d’un siècle, chaque été, par le Tour de France. “Pour l’ancien coureur amateur que je suis, c’était un rêve d’enfant qui se réalisait. Ça raconte l’importance de se souvenir, de se mettre en retrait de ce monde parfois schizophrénique, de contempler la nature pour comprendre davantage ce qu’il se passe en nous”. 

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Le vélo, une machine à remonter le temps

Se souvenir. Se rappeler que c’est sa grand-mère maternelle qui l’a initié au Tour de France, un après-midi de juillet 2003. Subjugué, il se met immédiatement au vélo, sur les traces de Mark Cavendish, codétenteur en 2021 du record du nombre de victoires d’étapes sur le Tour de France. “Le vélo, c’est comme une machine à remonter le temps, que j’associe à l’enfance. On a tous le souvenir d’un oncle, d’une tante, d’un grand-père ou d’une grand-mère qui nous a appris à faire du vélo. Il y a ce côté madeleine de Proust”. 

Si Pierre-Nicolas recherchait jadis la performance sportive, il lève aujourd’hui la béquille pour d’autres raisons, après une contrariété, un chagrin d’amour, ou parce qu’on lui propose, tout simplement. Dans tous les cas, le départ lui permet de se délester de ce qui l’encombre pour atteindre les cimes montagneuses. “Ça purifie l’âme et on revient apaisé, parce que le vélo nous ancre dans le présent. Il n’y a que l’instant, que ce qui est en train de se passer, qui compte. Ça permet de se reconnecter à soi. J’ai tendance à penser que le vélo élimine tout ce qui ne sert à rien. On ne garde que l’essentiel, donc ça fait du bien à la tête. Et ce voyage, je n’en ai gardé que l’essentiel”. 

Il a souhaité partager cette expérience, car il croit profondément que transmettre est justement le but de la vie. Et aussi parce que lorsque l’on vit quelque chose de beau, on a envie d’en faire profiter le plus grand nombre. “Mémoire en roue libre” est donc aussi une manière de montrer que “rien n’est grave, que tout passe, qu’on se répare de tout ce qui nous abime et que prendre la fuite demande du courage et qu’il faut parfois s’écouter”. 

Une poésie de l’été

Rendre hommage également à ce décor grandiose que sont les Pyrénées via “ce livre, qui est aussi une déclaration d’amour au Tour de France qui, pour moi, n’est pas qu’une course de vélo, mais une fête sur le bord des routes faisant partie du patrimoine français. C’est l’évènement sportif de la France rurale qui a traversé les deux guerres. Tout le monde connait le Tour de France, tout le monde en a un souvenir. C’est une poésie de l’été que cherche également à retranscrire le livre”. 

Cette thématique ne manquera pas d’attirer les amoureux de cyclisme à l’approche de la Grande boucle et en cette année olympique. L’actuel champion du monde paralympique de poursuite individuelle, le cycliste handisport français Dorian Foulon, a par ailleurs participé à l’écriture d’un passage du livre, dans lequel il raconte comment son handicap l’a emmené jusqu’au cyclisme. 

Pierre-Nicolas Marqués fait actuellement la promotion de son livre, une tournée qui le mènera notamment à Paris. Retrouvez tout le programme sur son compte Instagram.

Le local de l’association Les Tournesols charentais, à Angoulême, ressemble au salon de “monsieur et madame tout le monde”.  Au milieu de la pièce, une grande table à manger. Un peu plus loin, un coin cuisine et un canapé. Sur les murs, des photos de groupe, des “messages inspirants”, des dessins réalisés par les adhérents. Cela ne fait aucun doute, nous sommes dans un lieu de vie… Pourtant, personne n’habite ici. C’est un lieu d’accueil et d’échange où se réunissent les membres de l’association plusieurs fois par semaine.  

Ce groupe d’entraide mutuelle (GEM) a été créé pour accompagner les personnes cérébrolésées. Son objectif est de rompre l’isolement et de recréer du lien social. Ces lésions cérébrales trouvent leur origine à un AVC ou un traumatisme crânien. Elles peuvent engendrer des séquelles et altérer les capacités motrices sensorielles, comportementales et psychiques. 

Des difficultés quotidiennes

Les adhérents de l’association nous accueillent avec le plus grand des sourires. Pour la visite, ils sont venus nombreux. Autour de la grande table, pas moins de 10 personnes. Des adhérents, des accompagnants et un éducateur spécialisé. Parmi eux, Sylvie, 62 ans, présidente de l’association. Elle est elle-même concernée par la cérébrolésion. Après deux AVC, elle a été licenciée d’une structure associative dont elle était directrice à l’époque pour inaptitude au travail. Lorsqu’elle a entendu parler de la création des Tournesols charentais, Sylvie a souhaité apporter ses compétences au projet. “J’avais perdu confiance en moi. Aujourd’hui, je suis très contente de la reconnaissance que m’apportent les adhérents.” 

Après de brèves présentations, chacun raconte son parcours de vie. Emmanuelle est épileptique. Clémentine a fait une méningite à la naissance. Bénédicte est la femme d’Éric, il a perdu l’usage de la parole à la suite d’un AVC. Tous évoquent les difficultés du quotidien, les obstacles professionnels auxquels ils font face sous l’œil bienveillant de Cyril, éducateur spécialisé. “La personne handicapée ne se définit pas par son handicap. Elle est une personne à part entière et c’est le combat de l’association”, rappelle-t-il.  

Lésions cérébrales, un handicap invisible 

“Parfois, les gens nous considèrent comme “fainéants”. Notre comportement peut sembler “dérangeant” parce que les lésions cérébrales sont encore inconnues”, affirme Clémentine.

Le nom de l’association n’a pas été choisi par hasard. Le tournesol est le symbole universel du handicap invisible. Dans le monde, un milliard de personnes sont atteintes d’un handicap. Pour 80% d’entre elles, il ne se voit pas. D’autre part, les initiales de “Tournesols Charentais”, “TC” sont aussi celles de “traumatismes crâniens”, blessures à l’origine des lésions cérébrales. Pour lever les tabous autour des lésions cérébrales, les Tournesols Charentais organisent des ateliers. Une bonne opportunité pour sensibiliser le public à l’inclusion.  

Originaires de Bordeaux, Paul, Antoine, Vincent et Alexis sont des amis de longue de date. Tous les quatre passionnés de nature et de sport, ont eu envie de donner une dimension solidaire et caritative à leur passion. Ils ont alors en créé l’association Sentiers d’Espoir, en janvier 2023. Avec celle-ci, ils ont organisé une collecte de fonds au profit de la Ligue contre le cancer. Le but était alors de soutenir la prévention, la recherche, l’aide aux patients et leurs proches.

Courir contre le cancer

Cette initiative a été motivée par le fait que « l’année dernière, avec Antoine, Alexis et notre amie Charlotte, nous avions déjà fait ce trail, explique Paul. On s’est dit pourquoi pas le refaire cette année et y ajouter une dimension humaine. Puis, on s’est dit qu’on allait créer cette asso pour cette cause. Elle nous touche tout particulier, notamment parce que je suis médecin spécialisé dans le cancer à l’institut Bergonié (un centre régional de lutte contre le cancer, NDLR) depuis trois ans. Une personne de la famille d’Alexis est par ailleurs touchée par le cancer. Vincent et Alexis ont accepté sans hésiter de participer à cette course. »

Pour donner de la visibilité à cette cause et à leur démarche, les quatre comparses participent à diverses courses : La Course du Petit Prince, Kantatrail, le marathon du Montcalm, entre autres. Mais leur but final est de terminer Le Zembrocal Rail. Il s’agit de l’une des courses du Grand Raid à la Réunion qui se déroule du 17 au 20 octobre 2024. Cette course de relais de 151 km présente un dénivelé de 9 130 mètres, le montant de dons qu’ils souhaiteraient atteindre.

Chaque année, plus de 433 000 cancers sont diagnostiqués en France. Un constat qui rappelle qu’il est toujours important de sensibiliser, même s’il y a des avancées, souligne Paul. « Entre le moment où j’ai commencé mon internat et maintenant, il y a dix ans. J’ai pu constater des évolutions dans la prise en charge du cancer. Elles sont assez phénoménales et incroyables. Il y a de nouvelles thérapies qui sont vraiment extrêmement efficaces. On arrive même à guérir certains cancers métastatiques, qu’avant, on n’arrivait pas du tout à guérir ou au moins mettre en rémission prolongée. »

Qualité de vie des patients

L’autre axe fondamental des fondateurs de Sentiers d’Espoir est de permettre d’améliorer le quotidien des patients. Ainsi, les fonds récoltés pour le comité de Gironde de la Ligue contre le cancer serviront à prolonger la prise en charge de soins socio-esthétiques et d’aides physiques adaptées. Les subventions actuelles s’arrêtent en effet en 2025.

“Il faut aussi pouvoir gérer les effets secondaires, réapprendre à vivre avec, pendant et après la maladie. La prise en charge des à-côtés du cancer est importante”, explique Antoine cofondateur de Sentiers d’Espoir et masseur-kinésithérapeute au CHU de Bordeaux. “Sur le plan médical, c’est très bien de proposer un traitement. Mais après, on n’est pas avec le patient à la maison. Il peut y avoir de la perte de confiance en soi, de la perte d’autonomie. L’image qu’on peut avoir de soi quand on a été traité d’un cancer peut parfois être compliqué, etc. Il y a des à-côtés qu’on ne maîtrise pas. Et le relais associatif pour ce genre d’aspects de la vie du patient est important pour la reprise de confiance en soi”, ajoute Paul.

Si vous êtes sur le point d’adopter un chiot, un chien, pour la première fois, il se peut que vous éprouviez du stress. C’est normal, un nouvel habitant va venir vivre chez vous, avec vous, pour au moins 10 ans. Pour minimiser les sources d’angoisses liées à son arrivée, rencontrer un éducateur canin peut être une solution. Et ce, même avant que votre animal élise domicile chez vous. Matthieu Foulon est éducateur canin à Bordeaux, sous le nom de “Papatte douce”. Selon lui, lorsqu’on adopte un chiot “la priorité, c’est de faire un chien qui soit à l’aise à l’extérieur. Parce que, bien souvent, la peur est la chose sur laquelle il faut le plus lutter dans mon métier.”

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L’éducateur insiste sur ce point-là, expliquant l’importance de montrer à son chien qu’il peut avoir entièrement confiance en vous. Son monde n’étant évidemment pas le vôtre, il peut rapidement éprouver de la peur devant le moindre obstacle. Lui prouver que, grâce à votre présence, la peur n’est pas nécessaire est pour ainsi dire la base de l’éducation canine : “L’obéissance, vous l’aurez, précise Matthieu, mais il faut donner l’appétit au chien de vouloir vous suivre et vous donner toujours plus de concentration.”

Adopter un chien en fonction de son rythme de vie

L’éducateur insiste également sur un autre point. Celui d’être certain d’avoir le temps, l’espace et la volonté de s’occuper d’un animal qui demande beaucoup d’attention. Car il est important de conscientiser que le canidé n’est naturellement pas ou peu adapté à notre mode de vie. Ne pas prendre le temps de s’en occuper peut causer des troubles : “Les problèmes de destruction, ou des problèmes liés à la solitude peuvent se développer très rapidement si on n’a pas pris en considération les besoins de la race au préalable, si on n’a pas un cadre de vie qui soit suffisamment adapté au fait d’avoir un animal, qui ne peut pas que rester à la maison”, précise l’éducateur. Tout cela varie en fonction du milieu dans lequel le chien va grandir. S’il se trouve en campagne ou en ville, les règles ne seront pas les mêmes.

Prendre le temps d’apprendre de quoi son animal a réellement besoin en amont évite bon nombre de problématiques futures. Matthieu Foulon préconise une adoption réfléchie avec des éleveurs de confiance : “Il faut toujours pouvoir voir la mère”, insiste-t-il. Celle-ci, comme pour les humains, a un rôle essentiel dans le bon développement du chiot de sa naissance à ses trois mois environ. Si vous souhaitez prendre rendez-vous avec un éducateur canin pour votre chiot, il faut compter entre 150 et 200 euros pour cinq sessions. Le nombre de séances varient en fonction de l’âge, du comportement et des besoins. 

Elle s’est installée près de Bordeaux dans un endroit préservé. Vanessa Vital est productrice de plantes aromatiques en bio au Taillan-Médoc, en Gironde. Le nom de son exploitation : Le Jardin Ti’zen. Elle y cultive plusieurs variétés de thym, de menthe, de l’origan, du romarin, du basilic, de la sarriette ou encore des framboisiers et des cassissiers. Des plantes qu’elle transforme en tisanes, en douceurs moins sucrées que les sirops. Elle propose également des mélanges d’aromates et se lance dans le miel. « Cela grossit petit à petit », reconnaît-elle. Car elle travaille désormais à temps plein sur son exploitation. Mais la passion a toujours été là.

« Quand on a emménagé avec mon mari, les premières années, on était en appartement et on louait une petite parcelle dans les jardins familiaux. Après, on a toujours eu un potager, des plantes aromatiques. Et j’ai toujours fait déguster des tisanes aux copines. » Elle fait finalement un premier marché avec une première tisane, uniquement verveine citronnelle. « Ça a été le déclic. »  

« Je veux qu’on se fasse du bien avec mes produits »

Sur l’exploitation, pas de mécanisation. La culture, la récolte, le mondage, la mise en sachet sont effectués à la main par ses soins. Vanessa Vital est par ailleurs labellisée bio. « Le terrain l’est, mes produits aussi », assure-t-elle. Elle n’utilise pas de produits chimiques et n’en a ni l’envie, ni le besoin. « Je veux qu’on se fasse du bien avec mes produits, les tisanes, les aromates. J’ai d’ailleurs très peu de maladies sur mes plantes, voire pas du tout. Les plantes sont mélangées et, du coup, se protègent entre elles. J’ai mis du thym un peu partout. Les soucis protègent des pucerons. Il y a un équilibre naturel qui se fait », explique Vanessa Vital. 

Bilan plus de cinq ans plus tard ? « C’est vrai que ça fait du bien de regarder en arrière. Je suis super contente. Pour moi, c’est très important d’être dehors. Quand j’ai les mains dans la terre, tout s’arrête. C’est une activité qui me nourrit. Aujourd’hui, je m’agrandis, je développe des partenariats et j’ai des idées sous le coude. Je me souhaite bon vent », s’enthousiasme-t-elle.

À Pessac, en Gironde, se déroulera le 9 mai, la nouvelle édition de la Course du Petit Prince, à la forêt du Bourgailh. L’objectif de cet événement caritatif est de faire avancer la recherche sur les sarcomes, qui sont des cancers rares. Ceux-ci représentent en effet 1% des cancers de l’adulte et 15% chez l’enfant. Ils se développent dans lesdits tissus mous type muscles, os, cartilages, etc.

À l’origine, il y a un couple : Marie et Jean-François Subilleau. C’est à la suite du décès d’un sarcome de leur fils Corentin qu’ils ont créé cette association en 2022. « Le but est de sensibiliser l’opinion publique sur la maladie et l’informer sur les avancées thérapeutiques », explique la cofondatrice. Une marche de 5 et 11 km, un trail pour adulte de 7 et 15 km et une course pour les enfants de 1 et 2 km sont prévus pour l’occasion. Autour de la course sera également mis en place un village autour de la maladie et du bien-être des patients avec différentes associations.

Photo Association la Course du Petit Prince

RHU Condor

Tous les bénéfices de la Course du Petit Prince seront reversés au programme national RHU Condor engagé dans la recherche sur les sarcomes et lauréat d’un appel à projet de l’État, sur la Recherche Hospitalo-Universitaire en santé. Il a une durée de cinq ans. Antoine Italiano, professeur des universités-praticien hospitalier, spécialiste des sarcomes, coordonne ce projet à travers l’institut Bergonié, à Bordeaux, centre régional de lutte contre le cancer en Nouvelle-Aquitaine.

Par ailleurs, l’intérêt de ce programme s’explique par le fait que « ces cancers, ces sarcomes, se manifestent la plupart du temps sous forme de masse. Ils peuvent être comparés à des kystes ou à des lésions bénignes. Et c’est ce qui fait la difficulté de leur prise en charge par les médecins traitants ou des médecins spécialisés, qui ont peu connaissance de cette pathologie. Ils n’ont donc pas le recul nécessaire pour prendre en charge correctement ce cancer », détaille Marjorie Pouyles, cheffe de projet du programme RHU Condor. Le fait que les traitements n’aient pas évolué depuis 1970 rend également difficile la prise en charge de cette maladie.

Un consortium

Alors, afin de faire progresser de manière efficace la recherche, le programme se base sur un consortium de huit partenaires. Ainsi, il y a trois centres de lutte contre le cancer : Léon Bérard à Lyon, Gustave-Roussy à Villejuif et l’Institut Bergonié. Ces établissements coordonnent le réseau français des sarcomes, le réseau NETSARC+. L’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) est également partie prenante de ce projet avec trois biotechs françaises – Domain Therapeutics, Explycite et Owkin. Chacune dispose de son domaine de connaissances. Grâce à ces différents domaines d’expertises, l’idée finale est de pouvoir trouver un traitement efficace pour éviter les rechutes de patients au stade métastatiques et prolonger leur espérance de vie. Il y aurait notamment des pistes de solution avec l’immunothérapie.

« Le traitement qui est le plus connu, c’est la chimiothérapie. Elle va taper la totalité des cellules dans le corps. On connaît certains effets secondaires, comme la perte des cheveux. L’immunothérapie, est un processus un peu plus spécifique. On va introduire dans le corps du patient un médicament. Cette molécule va booster son système immunitaire pour permettre au corps de répondre par lui-même contre le cancer. L’idée, donc, c’est justement de comprendre, par plusieurs outils, le fonctionnement de ce qu’on appelle le micro-environnement de la tumeur. C’est-à-dire comment elle va réagir dans le corps. Et par la suite d’affiner au mieux le traitement, donc la prise en charge », explique Marjorie Pouyles.

Depuis leur création de la Course du Petit Prince, 75 000 euros ont pu être récoltés.     

Le film s’intitule “Personne, les oubliés du Ségur” parce que les professionnels sociaux et médico-sociaux, se sentent “complètement en manque de reconnaissance à ce moment-là” et ont l’impression de n’être personne, raconte Lorraine Reinsberger, coréalisatrice du documentaire. En 50 minutes, ce film donne la parole aux résidents d’établissements pour personnes en situation de handicap, aux familles et au personnel. Il dresse un état des lieux de la situation du secteur, l’histoire d’une révolte.  

“On a travaillé vite, parce qu’il y avait un sentiment d’urgence pour faire entendre les messages”, explique Lorraine. Le film a donc été tourné en quelques jours, entre décembre 2021 et janvier 2022.  

Les réalisatrices sont parties d’un constat : “La pandémie et l’application tardive des mesures de revalorisation salariales dites du “Ségur de la santé” ont été, en quelque sorte, le “coup de grâce” pour une filière déjà fragilisée. Les professionnels du soin et de l’accompagnement se sentent invisibles, divisés et déclassés. Ce film documentaire leur donne la parole“, montre les injonctions paradoxales auxquelles ceux-ci doivent faire face tout en mettant en lumière leurs métiers, leur courage, leur détermination à continuer à faire “le mieux possible” dans un contexte très difficile.”

Les personnes accompagnées et leur famille s’y expriment aussi sur les impacts de cette crise. Leur qualité de vie, leur dignité, leur inclusion. Comment réussir à faire bouger les lignes et à mettre en lumière ce secteur ? 

Quelles solutions ?

Le dernier rapport de l’Arcome dresse un constat sans appel. “La représentation du handicap à l’écran reste marginale, avec un taux stagnant à 0,8%.” Dans le domaine de la communication et de l’information, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap est à 2,2%, bien en dessous de l’objectif légal de 6%.

De plus, la représentation est souvent biaisée, mettant en avant les handicaps moteurs, qui sont surreprésentés, à hauteur de 26%, plutôt que les déficiences visuelles, auditives ou psychiques. Du côté de la représentation publicitaire dans les médias, même constat : le handicap est présent dans moins de 1% des créations publicitaires, selon le baromètre Kantar de 2021. 

De ce fait, l’ARCOM encourage “les éditeurs à renforcer leurs engagements pour favoriser l’expression des personnes handicapées sur tous les sujets, au-delà du handicap, dans les programmes d’information et de connaissance (JT, magazines, documentaires), en qualité de témoin, de citoyen ou d’experts”.  

Pour tendre vers cet objectif, le groupe France Télévisions a récemment lancé la plateforme “Hagissants”, un annuaire digital de personnalités en situation de handicap expertes sur de multiples sujets. 

Les coups de cœur : 

Découvrez deux émissions “coup de cœur” de Lorraine Reinsberger. Ces programmes sont à retrouver sur France Télévisions.  

Parcel Tiny House sont des micro-maisons écologiques totalement autonomes en énergie qui s’installent chez les agriculteurs pour offrir un séjour découverte du terroir et de reconnexion à la nature pour les voyageurs plutôt citadins, qui ont envie de s’évader, explique Géraldine Boyer, fondactrice de Parcel Tiny House.

Un concept que l’ancienne responsable marketing au sein du groupe Accor en Asie et Océanie a découvert en Australie, où elle a vécu 7 ans, avant de rentrer il y a quelques années et réaliser qu’elle méconnaissait finalement cette France qu’elle avait laissée derrière elle des années auparavant. “Je n’y connaissais rien en vin ou très peu en fromages alors que le territoire regorge de richesses. Et je ne trouvais pas de lieu pour passer un séjour en pleine nature.”

Un complément de revenus pour les agriculteurs

Géraldine Boyer a aussi ces images en tête de documentaires sur la rémunération insuffisante des agriculteurs et sur leur envie, parfois, de développer des hébergements dans leur exploitation pour arrondir leurs fins de mois, sans avoir ni le temps ni l’expertise pour la concrétiser. “J’avais cette expertise, j’ai donc pris le temps de penser ce concept clé en main pour eux.” Parcel s’occupe de la gestion clients, avant et après séjour, de référencer, de commercialiser les hébergements. Les agriculteurs n’ont plus qu’à gérer l’intendance et surtout, ce qu’ils savent faire le mieux, à savoir partager leur passion, expliquer leur savoir-faire aux voyageurs. 

Pas d’investissement financier nécessaire de leur part, Parcel est propriétaire des tiny houses et les installe directement. Les hôtes perçoivent une commission sur chaque nuitée vendue, la majorité du temps via le site Internet Parcel Tiny House à des voyageurs intéressés par l’agrotourisme. Cette démarche permet un véritable complément de revenus pour ces agriculteurs.  

Outre ce petit plus financier attrayant, Parcel les sort également de la solitude. Lorsqu’on travaille 70 heures par semaine sur son exploitation, on ne part pas en vacances. Alors, ce sont les vacanciers qui viennent à eux. “Et ils font de très belles rencontres, des amitiés se créent, des clients viennent et reviennent. C’est une belle aventure humaine”, précise Géraldine Boyer. 

Les voyageurs apprécient la rencontre avec l’agriculteur, la découverte du terroir, d’un vignoble, l’apprentissage de la conception d’un fromage de chèvre, du soin apporté aux animaux. Mais aussi de pouvoir dormir en pleine nature avec le confort d’une chambre d’hôtel, bien qu’elle ne soit pas traditionnelle. Enfin, le calme et la sérénité des lieux séduisent. 

Une immersion totale dans la nature

Des découvertes diverses et variées dans une multitude de lieux aussi différents les uns des autres : des fermes laitières, un élevage de poules bio dans la Sarthe, des chèvreries, des vignobles en Champagne, à Saint-Emilion, à Cahors, dans l’Ain, ou encore une ferme de mohair à une heure de Toulouse, avec une vue imprenable sur la chaîne des Pyrénées. La première a vu le jour en Gironde, en août 2020, et le concept n’a fait que grandir depuis. Aujourd’hui, 31 lieux reçoivent les visiteurs toute l’année.

Tout le confort d’une chambre d’hôtel donc, mais en pleine nature. Une cabane minimaliste, avec tout le nécessaire, mais qui prône un mode de vie simple. Elles sont écoconçues en France et en Europe par plusieurs constructeurs. L’occasion de communier avec la nature grâce à une vitre panoramique dans la chambre à coucher, pour une immersion totale. Certaines cabanes sont situées à quelques mètres de l’exploitation, d’autres sont séparées de la ferme par une dizaine de minutes à pied à travers les bois.

La tiny a l’avantage d’être écoresponsable parce que c’est un habitat autonome, auto sourcé et mobile. Elle peut être facilement installée dans des lieux reculés parce qu’il n’y a pas de raccordement aux réseaux et peut être déplacée simplement et sans laisser aucune trace sur l’environnement. Elle est fonctionnelle toute l’année, en hiver lorsque l’on a envie de cocooner et faire des grasses matinées, ou aux beaux jours, pour profiter d’espaces extérieurs pour organiser des apéritifs ou prendre son petit déjeuner les pieds dans l’herbe. Elle peut être seule sur le terrain ou être installée par deux, selon les destinations, pour séjourner à plusieurs.

Si les Tiny étaient à l’origine pensées pour deux adultes, l’équipe a totalement repensé l’organisation des cabanes de 18 m² pour accueillir deux adultes et deux enfants jusqu’à 12 ans, voire un lit bébé et un animal de compagnie, tellement la demande des familles a été importante.

Un concept dont on ne manquera justement pas de profiter avec les enfants ! Aucune nuisance sonore ni visuelle, et un contact avec la nature privilégié, où l’on peut profiter d’un espace extérieur, sortir, mettre les pieds dans l’herbe, les voir jouer en toute sérénité et laisser les chiens se balader. Et ce, sans Wifi ni télé. On prône la déconnexion, donc on met toujours des livres, un radio cassette, des jeux de société à disposition. L’idée est d’arriver, d’éteindre son téléphone et de profiter du temps suspendu avec nos partenaires de voyage.” 

Des itinéraires à vélo incontournables

Un cocon ressourçant d’où l’on peut partir à la découverte de la ferme ou de l’exploitation, déguster les vins, des fruits et légumes du domaine, profiter de diverses activités, comme d’une initiation à la permaculture près de Deauville, ou du tri de la laine mohair dans les Pyrénées. On peut surtout se balader à vélo, que l’on loue directement sur place ou à proximité. Plusieurs itinéraires cyclables ou pédestres sont proposés dans toutes les destinations, avec un petit guide mis à disposition comportant les recommandations ultra-locales des hôtes agriculteurs. 

Des cabanes qui évoquent la régression, le retour à l’enfance, à l’innocence, dans lesquelles Géraldine a joué le jeu jusqu’au bout en y installant des radiocassettes à l’ancienne et quelques sélections musicales, du coloriage, des jeux de société, “tout ce qui pourrait faire écho à l’enfance, à ces moments de simplicité et de naïveté. C’est quelque chose que je voulais insuffler sur les séjours Parcel”. 

À Libourne, en Gironde, un nouveau réseau d’entrepreneuses a été créée début avril. Son nom : Cassiopée, comme la constellation, une reine d’Éthiopie. Il a été fondé par trois femmes : Estelle Guichard, Jennifer Pétré et Léa Trinel. Elles sont photographe, attachée de presse freelance et sophrologue-professeur de yoga. L’idée de ce réseau est née d’une réflexion sur les problématiques que chacune pouvait rencontrer. Parmi elles, la solitude, le déséquilibre entre vie familiale et professionnelle ou encore les réseaux mixtes qui ne répondent pas toujours à leurs besoins.

S’adapter aux besoins

« On s’est dit qu’on allait créer l’environnement qui permettra aux entrepreneuses de venir développer leurs compétences, partager leur expérience, élargir leur réseau professionnel ou de bénéficier d’un large soutien mutuel avec des rencontres régulières, explique Léa Trinel. On souhaite aussi rendre l’univers entrepreneurial plus inclusif, plus équilibré et bienveillant pour toutes. Dans le monde de l’entrepreneuriat, même si les chiffres sont en hausse, les femmes sont encore sous-représentées. »

En 2023, 33,5% des entreprises (sur les 625 745 entreprises immatriculées au registre du commerce et des sociétés) ont été créées par des femmes, d’après les données du baromètre de l’entrepreneuriat au féminin par Infogreffe.

Considérer les contraintes

Avec ce réseau d’entrepreneuses, les fondatrices veulent organiser régulièrement des rendez-vous. « L’idée est d’avoir plusieurs types de formats pour pouvoir faire en fonction de son activité, de sa vie familiale, de ses contraintes et pouvoir bénéficier de plusieurs typologies, souligne la cofondatrice de Cassiopée. Les rencontres vont prendre différentes formes : petit-déjeuner, pour venir pitcher son activité, échanger autour de thématiques. Mais aussi des ateliers pour monter en compétences et qu’on mutualise aussi nos besoins et ensuite des formats déjeuner. Le dernier format, c’est l’afterwork. Et puis, avec Cassiopée, on veut aussi surfer sur la sororité. »

Pour adhérer à ce réseau d’entrepreneuses du Libournais, il faut remplir certaines conditions. « Nous avons six valeurs : le respect, la bienveillance, le partage, la sororité, l’engagement et l’entraide. On fait donc un entretien de motivation. Cet échange permet simplement de valider qu’on a les mêmes objectifs et que e but n’est pas simplement de venir faire du business, ce qui est le cas dans beaucoup de réseaux. On veut aussi s’assurer que tout le monde est sur la même longueur d’ondes », précise Léa Trinel. L’adhésion coûte 250 euros à l’année et inclut un café et une gourmandise pour chaque petit-déjeuner, les cinq formations annuelles ainsi qu’un verre lors des afterworks.

Jusqu’au 15 octobre, la Maison Manpaï, lieu de bien-être et galerie d’arts à Bordeaux, accueille la première biennale Artivism. Elle a été créée par Alexandra Mas, artiste plasticienne bordelaise. Artivism est un néologisme anglais, contraction d’art/artiste et activisme/militantisme. C’est également le nom de son collectif, fondé en 2019. Celui-ci rassemble une centaine d’artistes contemporains internationaux, formés autour de son travail militant socio-écologique.

« Je pense que l’art a cette capacité de porter des messages beaucoup plus loin dans l’âme des personnes que des listes scientifiques et des chiffres désastreux. Il a cette capacité subtile d’aller au plus profond de nous. Et, finalement, de nous réapprendre à vivre, de nous poser les bonnes questions. Artivism s’est forgé, au tout début, autour du militantisme pour la protection des océans. Il a aussi un côté sociologique assez fort », explique l’artiste plasticienne.

Œuvre de Sarah Olson. Biennale Artivism-Manpaï
Œuvre d’Hanna Mare. Photo Jennifer Biabatantou
Œuvre de Tori Tasch. Photo Jennifer Biabatantou

Alexandra Mas expose ici son œuvre et celle de huit autres artistes : Célia Gouveiac, Lavenair, Hannah Mare, Sarah Olson, François Pohu-Lefèvre, Arnaud Rinuccini, Tori Tasch et Annette Werndl. Chacun, à sa façon, adresse ainsi des messages politiques, économiques, écologiques et spirituels. L’ensemble a été choisi pour correspondre à la thématique de la biennale : sérénité. « Ce thème était une évidence quand on en a parlé avec Jean Bercy, le fondateur de la Maison Manpaï. Je pense que la poésie est notre arme la plus forte pour retrouver de la sérénité à tout moment de notre vie », explique la plasticienne.

Œuvre de Christopher Lavenair. Photo Jennifer Biabatantou
Œuvre d’Annette Werndl. Photo Jennifer Biabatantou
Œuvre d’Arnaud Rinuccini. Photo Jennifer Biabatantou

Rendre l’art accessible

Par ailleurs, le choix du lieu pour accueillir la biennale, la Maison Manpaï, lieu alternatif et hybride, n’est pas un hasard. Il s’inscrit en effet dans une démarche de démocratisation de l’art contemporain. C’est pourquoi, cet événement culturel est aussi visible en ligne. La spécificité ici est que les artistes plasticiens, peu importe leur âge, peuvent partager leurs créations en ligne sur le thème « sérénité ». Le public sera alors invité à voter en ligne pour les œuvres qu’il préfère parmi les artistes du collectif Artivism et les « anonymes ». « Il y aura donc deux grands gagnants qu’on va annoncer en octobre. Ils vont avoir la possibilité d’organiser une exposition à long terme à la Maison Manpaï. Le but est ainsi d’ancrer les artistes dans le paysage bordelais », précise Alexandra Mas.

Œuvre d’Alexandra Mas. Photo Jennifer Biabatantou
Œuvre de François Pohu-Lefèvre. Photo Jennifer Biabatantou
Œuvre de Celia Gouveiac. Photo Jennifer Biabatantou

Big Fish Bordeaux, jeune association bordelaise, s’est donné pour mission d’organiser des rencontres amicales, de créer des moments de partage et de convivialité. À la manœuvre, un couple, Teddy Bigeard et Marion Dieterling.

Tous deux ont mûri ce projet à la suite de l’épidémie de Covid-19. Tout a alors commencé, en 2022, avec la création d’un groupe Facebook. « La première activité était un pique-nique au château Peixotto, à Talence (Gironde). Ce jour-là, on a commencé à deux. Et puis, au bout d’un certain temps, on s’est dit mince, personne n’arrive. Tout le monde est arrivé avec une heure de retard et on a terminé à 20 personnes. Au deuxième rendez-vous, nous étions 35, puis 45 au suivant. Chacun vient avec des tomates cerise, du fromage, de la boisson, et puis, ça blablate. On sort le Mölkky, la pétanque. Et ça y est, c’est parti ça matche », explique le cofondateur.

Rencontres amicales et expériences

Le groupe Facebook compte aujourd’hui plus de 9 000 personnes. Différentes activités sont proposées par l’association ou ses membres. Parmi elles, une séance de cinéma tous les dimanches soir, un apéro visio les derniers mardis de chaque mois, du paintball, de l’accrobranche, du karting, des pique-niques ou encore des visites guidées « Bordeaux Coquin » avec Hubert. Les activités sont principalement gratuites, pour ceux ayant adhéré pour 6 euros à l’année et qui soutiennent la structure. Sinon, elles sont proposées à un prix réduit. Les offres sont visibles sur le site Big Fish Bordeaux Expérience.

95 événements sont ainsi prévus pour cette année. « On s’adresse plutôt au 18-45 ans. C’est vrai que c’est large, mais il y a quand même une limite. On a vu qu’il existait des groupes associatifs pour les plus de 50 ans, qui font déjà bien le job. On essaye donc de bien faire le nôtre et tout le monde est content. »

Convivialité

Une partie de l’équipe Big Fish Bordeaux

La phrase qui résume bien la philosophie de Big Fish Bordeaux est la suivante : « Viens seul et repars avec des potes », visible sur le site Internet. « Attention, on n’est pas fermé. Chacun peut venir avec un ami, précise en souriant Teddy. Mais oui, l’idée est d’essayer d’incorporer le plus possible des nouveaux arrivants. On essaie de voir un peu plus large parent-enfant, ou alors l’expatrié, qu’il soit argentin, lillois, parisien, marseillais ou mexicain. Je pense qu’il faut penser à vraiment mélanger les cultures. Avec Big Fish Bordeaux, les notions de partage, d’échange, de convivialité, sont très présentes ».

Quant à savoir l’origine du nom de l’association : « J’ai adoré le film de Tim Burton avec Ewan McGregor. Il y a un gros message d’espoir. Il faut croire en ses rêves et le message est là. Donc Big Fish et on a ajouté Bordeaux. On est bien ici, en local, et on compte le rester. »

Les livres autour du handicap sont de plus en plus nombreux à trouver leur place dans les librairies. C’est le constat que dresse Magali Bordes, libraire spécialisée dans le rayon jeunesse à la librairie Georges, près de Bordeaux.

Pour bien choisir un livre, elle conseille aux parents de « se mettre à hauteur d’enfant […] Ce que vous lisez n’est pas forcément ce que l’enfant va voir », précise-t-elle. Proposer aux petites têtes blondes des livres qui abordent la trisomie, la malvoyance et leur permettre de s’interroger sur la place du fauteuil roulant est également une façon d’ouvrir le dialogue. 

Parents, professionnels de santé, bibliothécaires ou encore enseignants, la clientèle de ces ouvrages est variée. «;

Handicap : la sélection littérature jeunesse

Pour se mettre à la portée d’un jeune public, les auteurs et illustrateurs jeunesse font preuve d’imagination. L’humour, c’est par exemple le biais choisi par Olivier Dutto et Fabien Toulmé pour leur bande dessinée “Marilou, le voleur d’ami” (éditions Delcourt). Le pitch : « Marilou se sent seule. Quand on lui annonce qu’un petit garçon arrive, elle se réjouit. Sauf que ce garçon est spécial… Il est “zitromique” ou quelque chose comme ça qui fait qu’il “ne fonctionne pas très bien”. » Grâce à un vocabulaire abordable et des illustrations simplifiées, les parents de Marilou expliquent à leur fille ce qu’est la trisomie. 

Cette BD, à destination des 6-10 ans, n’est pas une exception. “Sept souris dans le noir” (éd. Milan), “La Petite Casserole d’Anatole” (éd. Bilboquet) et” Alice sourit” (éd. L’Heure des histoires) traitent chacun de la singularité avec un ton et un angle différents. 

Magali Bordes / Librairie Goerges
Magali Bordes / Librairie Georges

Le dernier ouvrage présenté par Magali Bordes se distingue des autres dans son approche. Vivre avec un handicap” est un album écrit par le médecin Catherine Dolto. Elle est aussi écrivain spécialisée dans les livres sur la santé des enfants. Au travers d’une vingtaine de pages, elle balaye différents handicaps. De la surdité à l’autisme en passant par le nanisme, Catherine Dolto décrit la spécificité de chaque handicap incarné par des personnages fictifs. Tous ces enfants sont un peu des super-héros à leur façon ! Le vocabulaire est complexe, presque médical, mais, selon Magali Bordes, « il ne faut pas avoir peur du vocabulaire riche. Les enfants s’imprègnent et enregistrent vite. N’hésitez pas à leur expliquer et à relire avec eux les albums ».

Le dénominateur commun à tous ces ouvrages sont les valeurs de tolérance, de bienveillance et d’acceptation de l’autre. Ces sujets importants expliqués simplement aux petits ont pour but de lever les tabous et contrer les idées reçues.

Monica Bellucci, Kate Moss, Sophie Marceau, Jacques Chirac ou encore Madonna. Une myriade de personnalités publiques est passée devant l’objectif de Bettina Rheims, photographe et portraitiste de renom. En 2014, pour un nouveau projet, elle a emmené son appareil photo en prison pour y faire le portrait de femmes détenues.

À l’occasion de son exposition « Détenues de Bettina Rheims » organisée par le Musée des Arts décoratifs et du Design madd-Bordeaux, à la salle capitulaire Mably, nous nous sommes entretenus avec elle pour revenir sur la genèse de ce projet qui a plus de dix ans.

AirZen Radio. Quelle est la genèse de ce projet avec des femmes détenues ?

Bettina Rheims. Il est né il y a plus de dix ans, puisque les photos ont dix ans. Robert Badinter, dont j’étais l’amie, m’avait plusieurs fois parlé de cette idée qu’il avait : les femmes étaient oubliées dans les prisons. Elles représentent seulement 4% de la population carcérale. Il y a donc un peu plus de 2 000 femmes en prison. Elles sont pour certaines enfermées dans des prisons d’hommes, adaptées à eux, mais pas aux femmes.

Robert Badinter m’a dit qu’il fallait que j’aille les photographier et que je leur donne un visage. Et ça plusieurs fois, pendant au moins deux ans. À l’époque, j’étais occupée à faire autre chose et je travaillais beaucoup aux États-Unis. Je faisais des choses très rigolotes et je n’avais pas du tout envie d’aller m’enfermer dans une prison.

Puis, il me l’a dit une fois de trop. Ce jour-là, je me souviendrai toujours : il m’a tendu post-it sur lequel il y avait l’adresse mail d’une dame au ministère de la Justice. Et cette dame, Dieu merci, ne m’a pas répondu. Mais six mois plus tard, j’ai reçu un message : « Est-ce que vous pouvez vous présenter mardi à l’administration pénitentiaire et expliquer votre projet ? » Je me suis donc dépêchée de lire beaucoup de blogs, de lire des livres d’anciennes détenues, de lire des choses sur la prison mais aussi sur l’après prison, sur la solitude.

Qu’est-ce que cette expérience vous a appris ?

Quand on est en prison et qu’on est une femme, on perd sa féminité. On perd l’estime de soi, on perd le regard des autres parce que, souvent, la famille ne vient plus. Il n’y a plus d’hommes. Et puis, il n’y a pas de miroir en prison. On ne peut pas se regarder puisqu’avec un miroir, on peut se couper les veines. Donc, elles ne se voient plus. Et quand on ne se voit plus, on s’abandonne, on se perd. L’idée était donc d’essayer de les aider à se retrouver pendant un moment, à récupérer une discussion de femmes, parce qu’entre détenues, elles ne se parlent pas.

C’est violent entre elles. C’est violent avec les surveillants. C’est violent avec l’extérieur, car on ne vient pas vous voir. Quand on est un homme en prison, on a sa femme ou une nouvelle femme, une famille. Quand on est une femme, on est abandonnée. J’ai donc proposé de venir avec une maquilleuse, de les aider à se refaire belles, d’amener aussi un vestiaire, des habits. Elles pouvaient s’en servir si elles le souhaitaient, elles n’étaient pas du tout obligées.

Comment se sont déroulées vos premières séances avec ces femmes ?

Toutes celles qui se sont inscrites sont venues. Je suis d’abord allée leur montrer mon travail parce qu’il n’y a pas Internet en prison. Je suis donc allée leur expliquer ce que je voulais faire. Elles demandaient : “Mais il est où le piège ? Vous qui photographiez Madonna et Vanessa Paradis, pourquoi vous nous photographiez ? Nous, on n’est pas jeunes, on n’est pas belles, on est personne.” J’ai donc passé du temps à leur expliquer ce que je voulais faire.

Ensuite, il a fallu passer par le juge. Chacune a dû passer par son juge d’application des peines pour savoir s’il était d’accord ou non. Un certain nombre d’autorisations a été refusé parce que ces détenues pouvaient être dangereuses. Il y a parfois des moments de tension et les surveillants ne sont pas suffisamment nombreux. Le projet allait donc être difficile à mettre en place pour elles. Finalement, j’ai pu avoir une soixantaine de femmes devant mon appareil photo. Et ça a été, chaque fois, une rencontre formidable.

Dans quel centre pénitentiaire vous êtes-vous rendue pour réaliser ces photos ?

Un des portraits de l’exposition “Déténues de Bettina Rheims”. Photo Jennifer Biabatantou/AirZen Radio

Je me suis rendue à Rennes, où il y a une prison pour femmes. Les autres sont des prisons pour hommes, avec des quartiers de femmes. Je suis aussi allée à Roanne, à Lyon-Corbas et à Amiens. J’ai rencontré des directeurs qui comprenaient le projet et qui m’ont aidée. Et de là, je suis allée parler avec les surveillants pour être sûre que ça n’allait pas déranger. Parce qu’à chaque fois, le projet nécessite de sortir la femme de sa cellule et la ramener.

Dans les séries américaines, on les voit au dortoir. Elles vont à la douche, elles ont le temps de se parler, de se refiler des tuyaux, etc. En France, ce n’est pas du tout comme ça. Elles sont deux ou trois dans une cellule, mangent dans la cellule, se lavent dans la cellule. Il n’y a pas d’intimité. Et, surtout, il n’y a pas de lieu de vie. Il y a une promenade d’une heure par jour dans une petite cour carrée où elles peuvent fumer. Et le reste du temps, elles sont en cellule. Donc le projet était une manière de les sortir pendant quelques heures. J’ai pensé, peut-être, à les aider à se reconstruire, à avoir une image d’elles qu’elles pourraient envoyer chez elles comme un clin d’œil en disant : « Voilà, ne m’oubliez pas, je vais revenir. »

Où est-ce que vous les avez photographiées ?

Dans chaque prison, on m’a donné une petite salle carrée, toute petite, avec un mur blanc. C’est ce que j’avais demandé. Je voulais que la prison se lise dans les yeux. Je ne voulais pas qu’on voie des barreaux, des cellules. Ce sont des portraits de femmes. Mais si on les regarde bien, il y a quelque chose d’étrange dans les regards. Il y a quelque chose, parfois, du désespoir ou parfois d’un ailleurs. Je voulais que ça se lise dans les yeux et dans les gestes. On va regarder les mains, les manières dont elles bougent.

Et puis voilà, ça a été des tête-à-tête. D’abord, elles passaient par le maquillage. Elles choisissaient un vêtement, puis elles venaient dans le studio. Et là, elles avaient un petit tabouret. D’abord, elles étaient intimidées par le studio de photos. Il y avait aussi deux assistants. Après, elles me racontaient leur vie, leurs malheurs. Puis, il y a un moment où je reprenais la parole et où elles étaient un peu apaisées parce qu’elles avaient parlé. Donc, elles avaient un peu lâché leurs bagages.

Ensuite la séance de photos commençait. Ce n’était pas très long. Il y avait des rires, des larmes, tout ce qu’il y a dans la vie. Mais il y avait une intimité. Je crois que ce qu’on sent en regardant ces images et en regardant ces femmes, c’est cette intimité. Je me disais “si je réussis ça en très peu de temps, je n’aurai pas perdu mon temps”. Et je crois que je n’ai pas perdu mon temps.

Pratique.
L’exposition est ouverte tous les jours, sauf les mardis et jours fériés, de 11 à 18 heures. Visites commentées et gratuites du lundi au vendredi, à 12h30 et 14h30, les samedis et dimanches à 11 et 15 heures. Sans réservation. Visites en groupe gratuites sur réservation : [email protected]

La soixantaine de portraits de ces détenues a également été rassemblée dans l’ouvrage « Détenues », publié aux éditions Gallimard.

Place Jean Jaurès, dans le centre-ville de Bordeaux, une devanture bleu roi attire l’œil. Il est écrit en lettres en blanc Flow céramique café. Ouvert en décembre dernier par un couple, Flore Mainfroid et Léo Bouchet, ce lieu est le premier café céramique de la ville. Le concept est simple : faire de la peinture sur céramique, tout en ayant la possibilité de boire et de manger. Il est d’ailleurs déjà présent dans quelques villes de France telles que Quimper, Angoulême ou encore Paris.

Justement, c’est à la capitale que la cofondatrice du lieu a découvert la pratique et s’y est prise de passion, jusqu’à laisser derière elle une carrière dans l’informatique et se lancer dans l’entrepreneuriat.   

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Laisser libre cours à sa créativité

Réparti sur 100 m², le Flow céramique café est un espace à la fois épuré et coloré avec du lilas, de l’orange, du bleu et du vert. « Je me suis inspirée des cafés céramiques des pays nordiques. J’ai envie que les gens se sentent bien, que ce soit chaleureux tout en ayant le calme », souligne Flore. À l’entrée, une diversité de supports de made in Europe est exposée sur des étagères : des coquetiers, des tasses, des vases, des assiettes… « On a plus d’une cinquantaine de modèles différents et, en fonction des saisons, on adapte nos modèles. C’est ce qu’on appelle des capsules, qui sont donc en quantité limitée. Pour la Saint-Valentin, on avait ainsi des assiettes cœur par exemple. On s’adapte aussi selon la demande », explique Flore. Les prix varient entre 10 et 60 euros.

Afin d’explorer son côté créatif dans cet endroit, il faut au préalable réserver un créneau de deux heures. « Quand les personnes arrivent, on leur explique les techniques. On ne veut pas les laisser toutes seules. On les accompagne donc au maximum. Il existe tout un tas de techniques différentes pour peindre sur les faïences. » Une fois les créations terminées et séchées, l’équipe du Flow céramique café se charge de l’émaillage : « C’est le vernis transparent qui va protéger la pièce, qui va la rendre alimentaire. Puis, on la cuit à plus de 1 000 degrés pendant 24 heures dans des fours spécifiques. Les clients reviennent ensuite une semaine après les récupérer. »

Tout public

Caroline et Gabrielle. Photo Jennifer Biabatantou/AirZen Radio

Depuis que l’endroit a ouvert, les fours tournent à plein régime, preuve que le concept plait et attire différents publics.

Justement, Caroline, maman de Gabriella, cherchait une activité pour occuper sa fille un jour de pluie pendant les vacances scolaires. « Au début, j’avais plutôt envie de faire de la vraie poterie, de sculpter avec la machine. Mais quand je suis venue, j’ai adoré », exprime avec enthousiasme la jeune fille. L’émotion est également partagée par sa mère : « J’étais sceptique. Et ce qui m’a surprise, c’est qu’il y avait beaucoup d’adulte (rires). En fait, c’est hyper apaisant. C’est calme, on est concentrés. On oublie tout le reste. »

Le Flow céramique café est ouvert du mercredi au dimanche. Pour réserver, c’est juste ici !

Tous les troisièmes vendredis du mois, à la Tour de Gassies, un centre de rééducation situé à Bruges (Gironde), entre 15 et 20 personnes se rassemblent pour participer au Café AVC. Il s’agit de groupes de paroles développés par l’association AVC tous concernés, à destination de personnes victimes d’un accident vasculaire cérébral. Chaque année, environ 140 000 personnes sont victimes d’accident vasculaire cérébral, selon l’Agence régionale de santé (ARS). En 2014, Philippe Meynard a fait partie de ces personnes. C’est pourquoi l’ancien maire de Barsac et actuel conseil municipal de la commune a fondé cette structure régionale qui fait de la prévention.

Laurent, lui, a fait un AVC en 2018. Il est le référent des Cafés AVC, disséminés en Nouvelle-Aquitaine -Bordeaux, Cénac, Bruges, Langon ou encore Salies-de-Béarn. Chaque antenne en organise une fois par mois. « Nous avons des conventions avec des centres de rééducation. Ce sont des moments d’échange de deux-trois heures avec des patients. Ici, ils viennent d’une manière libre échanger avec les membres de l’association. Et le dialogue est facile, parce que l’on parle d’égal à égal. Il n’y a ni filtre, ni jugement. On n’est pas des thérapeutes ou des médecins, on ne se substitue pas à eux. Ça peut permettre de sortir de cet environnement dans lequel on se sent seul, et c’est important. »

Partage

C’est justement pour cette raison que Nadine a souhaité assister à l’un de ces Cafés AVC, sur recommandation de son sophrologue. “Je suis en situation de solitude et j’ai besoin, non seulement qu’on m’aide, d’avoir des renseignements, mais aussi d’aider et de voir du monde.”

Marie, elle, a rejoint l’association en tant que bénévole pour apporter une aide, un soutien, une écoute. « J’ai souhaité donner du sens à ce que j’avais traversé. Offrir une parole positive, de l’espoir et, pourquoi pas, de la force à ceux que j’allais rencontrer. Car quand on fait un AVC, c’est un tsunami. Et pas seulement un tsunami pour la victime, mais aussi pour ses aidants. Ça reste un accident qui laisse les victimes dans beaucoup de détresse, de solitude et de désarroi. Moi, j’ai eu la chance de ne pas rencontrer cette détresse. J’avais deux atouts : beaucoup d’amour et beaucoup d’humour ».

Another Way, que l’on peut traduire par « un autre chemin » ou « une autre voie », est le nom, rempli d’espoir, donné par Marta Garcia Larriu à son association fondée à Madrid.

La structure a pour mission de « sensibiliser aux défis environnementaux et à l’accompagnement vers un mode de vie plus durable ». La productrice de film a par ailleurs créé, il y a dix ans, un festival éponyme de cinéma sur l’environnement.  

Déclics

Plusieurs éléments l’ont incitée à se lancer. « J’ai vécu un burn out à la trentaine. Je vivais aux États-Unis et j’étais dans la production audiovisuelle à haut niveau, une économie extra activiste. Je sentais comme un vide existentiel. J’aime beaucoup dire que j’ai pu flâner en Amérique latine. Je suis alors tombée sur un festival qui m’a appris deux termes très importants : l’entrepreneuriat social. Puis, il y a eu le film « Life and Day » de Ridley Scott, qui m’a reliée à la famille de l’humanité. Le dernier déclic a eu lieu lors d’un été passé sur la Côte basque espagnole, avec mes nièces. J’avais très envie de les emmener sur les plages, pêcher des petits crabes. Et il n’y en avait pas. »

Marta Garcia Larriu a alors souhaité avec Another Way créer des espaces de rencontres pour parler sans tabou de la crise climatique en s’appuyant sur le cinéma. « On considère qu’on a besoin de ces espaces-là pour avancer dans une transition positive et surtout accueillir tout ce qui peut nous traverser lors de la prise de conscience de cette crise. » Elle propose ainsi, par exemple, des projections de films de multiples origines avec des intervenants, lors des journées de la Terre, de l’eau, des océans, en Espagne et ailleurs dans le monde. Mais également des formations d’éco-productions.  

Un public réceptif

Dix ans après sa création, le festival Another Way attire aujourd’hui plus de 10 000 personnes. Il a réussi à se faire une place dans l’agenda culturel espagnol. Pourtant, « je suis à contre-sens. Il n’y a que 2 % des activités culturelles qui sont autour de l’environnement à Madrid. Ce qui est très peu. Les gouvernements régionaux en Espagne sont plutôt climatosceptiques, ce qui donne une place et de la force à une voix à l’encontre de ce que je considère qui est la science. » Cet événement, Marta Garcia Larriu, l’a exporté pour la première fois, en mars dernier, hors des frontières espagnoles, à Bordeaux, avec l’aide d’Ariane Goignard sociologue.

Pour justement réussir à sensibiliser le public sur l’écologie, l’environnement, le réchauffement climatique, des sujets qui peuvent perçus comme anxiogènes, Marta et son équipe effectuent un travail de sélection pointue des films projetés, car le cinéma peut être un allié pour faire passer des messages. « Si on regarde la programmation du festival Another Way à Bordeaux, il est inévitable de dénoncer. Mais on trouve aussi des films qui insufflent de l’énergie et de l’action, comme le gagnant “Duty of Cards”, un film, qui parle du premier procès contre un gouvernement. Là, on est en train de parler de changement structurel. On essaye vraiment d’avoir des films mêlant dénonciation et solutions. »

Prise de conscience des réalisateurs

Par ailleurs, au fil des années, la productrice a remarqué une prise de conscience notable de la part des réalisateurs et réalisatrices qui abordent de plus en plus les problématiques environnementales dans leurs productions. « Il faut rappeler que le durable a trois piliers : l’économique, le social et l’environnemental. Je dirais qu’on est passé d’une réflexion un peu naïve et superficielle pour, finalement, ces six dernières années, voir des réalisateurs et réalisatrices plus audacieux et plus pointus dans les thématiques. Ils ont percé sur des sujets très concrets pour dénoncer justement cet abus de l’homme envers la nature. Maintenant, on parle nettement du gouvernement, des grandes entreprises. Il y a vraiment un côté militant qui surgit de cette prise de conscience », conclut-elle

Ex-directeur général devenu entrepreneur, Xavier Bertrand codirige Stand up For Your Dreams. Cette expression est issue du discours d’investiture de Barack Obama, en 2009. Elle exprime clairement son état d’esprit : les hommes et les femmes peuvent réaliser leurs rêves. Pour lui, le potentiel humain est infini. L’intelligence collective, la coopération et le travail en équipe en conscience sont des ressources qui peuvent être beaucoup plus et mieux exploitées dans les organisations.

Leadership en conscience

Xavier Bertrand partage que c’est par l’innovation managériale et un leadership authentique que ces transformations sont possibles. Ce leadership authentique et en conscience commence par la culture d’une réelle écoute active, envers soi et les autres. C’est le premier outil du manager. Un outil simple qui permet de s’assurer de la bonne estime de soi de chaque personne de son équipe.  

Leadership et Élément humain

L’Élément humain est une pratique collective qui participe à la transformation de la culture de l’organisation et des comportements dans les relations. Elle vise à créer un climat de travail favorisant l’ouverture, la responsabilité, l’estime de soi, la santé, la coopération et la productivité dans la durée. Il s’agit de créer des espaces d’échanges qui soient génératifs. C’est-à-dire qui créent de nouvelles choses qui seront issues de cette pratique et de cette création de liens plus étroits qui seront propices à la performance et à la satisfaction.

Une méthode préconisée par Xavier pour se connecter à soi et à ses rêves quand l’intensité ou la charge de travail est trop forte : la respiration consciente ou la méditation. Une pause pour retrouver son souffle, son harmonie et être à nouveau en présence avec soi-même et avec les autres. Les effets sont sensibles et impactent les relations, la communication et les résultats.

Xavier Bertrand
Stand Up For Your Dreams
Coaching et Formation Leadership
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Oser réaliser ses rêves. Avec sa pièce « Libre de toutes peurs », Ingrid da Ronch, auteure et comédienne, enjoint le public à passer à l’action en se répartissant de ses freins créés par la peur. Elle joue ce séminaire-spectacle original, à Bordeaux, au théâtre L’Inox, jusqu’au 2 juin 2024.

Elle a commencé à l’écrire en 2018, en se servant de son expérience personnelle. « Je l’ai créé à la suite d’un traumatisme, où j’ai vécu presque la tétanie. Ça faisait déjà des années que je travaillais dans le développement personnel. Je connaissais bien le mécanisme des peurs. J’ai effectué une recherche plus pointue. J’ai été le propre laboratoire de cette expérience. Et j’avais envie de retourner au théâtre. Donc j’ai eu l’idée de fusionner le théâtre avec un stage de développement personnel. »

Une expérience participative

Affiche de la pièce “Libre de toutes peur”

Sur scène, Ingrid da Ronch forme un duo avec Jérôme Thévenet, comédien. Chacun joue un rôle spécifique. « Je parle en tant que coach, je donne des informations. Lui est là pour désamorcer, faire rire, aller chercher le public. Il m’aide quand on joue des scènes de la vie de tous les jours. Son personnage évolue au fil du spectacle et, à la fin, il devient autant coach que moi finalement. »

Pendant une heure et demie, à deux, ils explorent les différents mécanismes de la peur, qui peuvent empêcher de passer à l’action. « L’ambiance est faite pour immerger le public dans la peur psychologique, dit-elle en souriant. Pour qu’il comprenne comment la pensée se met en place. On fait effectuer aux spectateurs des exercices pour qu’ils voient vraiment les mécanismes. Alors, évidemment, c’est un sujet qui est très lourd. Je me suis donc amusée à le traiter de manière légère, avec humour et de manière ludique. » À l’issue de cette pièce de théâtre, quinze clés sont délivrées pour surmonter ses peurs, disponibles également dans un livre éponyme.

Un séminaire tout public

« Libre de toutes peurs ! » est un séminaire spectacle qui s’adresse à tous les publics à partir de 11 ans, que l’on peut voir seul, en famille ou entre amis. Quand elle l’a pensé, Ingrid da Ronch souhaitait qu’il soit accessible et vulgariser ces notions de psychologie et de développement personnel.

« Moi, je dis : « Réaliser vos rêves ». On a tous au fond de nous une chose qu’on a envie de faire à notre niveau. Il est possible de la réaliser. Je ne dis pas que c’est facile. Quand on est enfermé dans ces conditionnements, ces schémas, ces pensées polluantes, on ne se met pas en œuvre. On nourrit donc la perte de confiance, une fragilité. On arrive à un certain âge avec des regrets, dont celui pas avoir réalisé son rêve. »

Les 5, 6 et 7 avril, le quartier Sainte-Croix, à Bordeaux, accueillera la 22ᵉ édition des Escales du Livre. 75 exposants – éditeurs et librairies indépendants – sont attendus à cette occasion lors de son salon du livre, installé sous un chapiteau. Plusieurs rencontres sont également prévues notamment avec les auteurs Théo Grosjean, Charlotte Bonnefon, Beata Umubyeyi Mairesse ou encore Thomas B. Reverdy. Une programmation pluridisciplinaire, avec des spectacles, des performances et des soirées, est également proposée aux visiteurs.

«. Les Escales du Livre,= sont là pour faire découvrir la littérature, tous genres confondus. Don de démocratiser la lecture, la littérature, le roman, mais aussi la philosophie, les sciences humaines. On accueille également des auteurs des sciences humaines, des philosophes, etc. », explique Gaëlle Thoilliez, déléguée générale, en charge de la programmation littérature générale.

Temps forts

Pendant ces trois jours, des événements prendront place à différents endroits du centre-ville de Bordeaux, noramment au TnBA, à l’IUT Bordeaux-Montaigne, au marché des Douves, au Café Pompier.

Plusieurs temps fort rythmeront par ailleurs l’événement tels que des débats autour de l’intelligence artificielle, une scène ouverte sur la poésie ou encore une lecture dessinée et gustative. « Le public rentrera avec trois bouchées à déguster sur des temps bien définis, à certains moments de la lecture. C’est une première pour nous, souligne Gaëlle Thoilliez. On a pour ce faire travaillé avec le chef Paul Gouzien qui est en relation avec l’illustratrice et la lectrice [Aurélia Aurita et Juliette Oury, NDLR]. »

Mots croisés, un projet collaboratif

Atelier Mots Croisés pour les Escales du Livre à Bordeaux
Photo Anne Quimbre/ Les Escales du Livre

Par ailleurs, la création inédite “Mots Croisés” est à découvrir le dimanche, place Renaudel. Cette performance collaborative a été créée conjointement par le collectif Jesuisnoirdemonde et Sophie Robin, qui a animé des ateliers pour préparer ce projet.  « L’idée est de travailler avec des amateurs de lecture à voix haute, lors d’ateliers, et de proposer, dans l’espace public, une sorte de flashmob de littérature, dit-elle. Seize personnes vont donc lire des débuts de romans présentés aux Escales du Livre. Le but est de faire entendre, faire résonner les mots. Comme si les livres se mettaient à parler. »

Parmi les performeurs amateurs, Nadine Scandella, démographe : « J’aime la littérature et j’ai de bons souvenirs de lecture à voix haute pour mes enfants et pour moi. C’était l’occasion de découvrir de nouveaux auteurs. » Quant à avoir si elle a des appréhensions à lire devant le public : « Oui, mais ce qui est facilitant, c’est d’être en groupe. Je ne pense pas que je l’aurais fait seule… (rires). »

Un événement au pluriel

Par ailleurs, cette année, l’événement culturel se met au pluriel et devient Les Escales du Livre. « Parce qu’on était très connu lors de ces trois jours de festival, qui est un événement éphémère, explique Gaëlle Thoilliez. Mais on mène des actions tout au long de l’année. Et ces actions-là ne sont pas très connues du grand publie. On fait beaucoup de choses auprès de structures sociales, des CADA, donc des demandeurs d’asile, des mineurs isolés, des enfants sont placés en foyer. Toutes ces actions-là sont importantes pour nous à l’année. »