AirZen Radio – 1ère radio 100% positive
EN DIRECT
AirZen Radio
1ère radio 100% positive

Isabelle Dortel souhaitait s’engager pour la transition écologique grâce à des actions concrètes. Habitante de Colombes, à côté de Paris, elle a décidé de rejoindre l’association Colombes Respire. Avec les autres membres, elle veille à la qualité de l’air de la ville. Ils se présentent d’ailleurs comme des veilleurs d’air et s’intéressent plus particulièrement à la pollution aux particules fines.

L’association a ainsi mis en place un système de capteurs mobiles. Déployés chez les habitants, ces capteurs génèrent chaque mois un bulletin de la qualité de l’air. À terme, l’association aimerait installer 35 capteurs aux quatre coins de la ville. Le tableau de bord est accessible sur le site de Colombes Respire. Isabelle espère ainsi faire réagir la Ville pour mettre en place des zones restreintes pour les véhicules près des écoles. Avec l’aide d’associations partenaires, ils sensibilisent les habitants de Colombes et militent pour un mode de transport plus doux.

Bulletin de la qualité de l’air de l’association Colombes Respire sur le mois de janvier 2023

Planter des végétaux et des fleurs avec “Trottoirs Fleuris”

En plus de cette mission de veilleurs d’air, l’association Colombes Respire prône la végétalisation de la ville. Lors de balades thématiques, les participants identifient des endroits où la nature pourrait être plus présente. Avec le projet “Trottoirs Fleuris”, l’association propose à la Ville des espaces où il est possible de planter des végétaux ou des fleurs. Isabelle raconte d’ailleurs qu’ils ont réussi récemment à obtenir un permis de végétaliser un endroit de la ville. Des discussions sont également en cours pour créer des jardins partagés.

Les habitants de Colombes sont souvent enthousiastes face à ces nouveaux projets et soutiennent l’association. Selon Isabelle, les rencontres sont un moyen efficace pour faire rencontrer les acteurs et embarquer le plus de personnes dans leurs actions. Avec les Apéros Respire, les habitants peuvent se rencontrer et créer du lien autour de centres d’intérêts communs.

Cet article a été réalisé dans le cadre du Podcasthon. Cet événement caritatif réunit, du 25 au 31 mars, environ 370 podcasts francophones qui ont décidé de s’unir pour promouvoir des associations. Pour faire un don à l’association Colombes Respire, rendez-vous ici. Pour découvrir les autres podcasts et associations, rendez-vous ici.

À la bibliothèque d’objets de Montreuil (BOM), les objets du quotidien sont classés en différentes catégories. Il y a “bricoler”, “faire la fête”, “cuisiner”, “faire du sport”, “jardiner”… Moyennant environ 5 euros, les inscrits peuvent emprunter pour une semaine ou plus l’objet de leur choix.

“Notre objectif, c’est de réduire les déchets et de transformer nos modes de consommation. On est actuellement en train de former un réseau des “objetheques” en France. Elles sont toutes tenues par des associations. Il existe actuellement entre dix et vingt établissements comme le nôtre à l’échelle nationale”, expose Tatiana, coordinatrice à la BOM.  

Photo Léopoldine Deriot/AirZen Radio

Un service de proximité pratique

Décolleuse à papier peint, casque de chantier, perceuse ou simple clé à molette : les objets mis à disposition du public sont très utiles, mais souvent nécessaires dans un temps limité. “Les objets les plus demandés varient selon les périodes. L’hiver, ce sont les appareils à raclette ou le sapin en plastique… Et puis, à l’arrivée des beaux jours, les tentes ou les tondeuses sont plus souvent empruntées”, précise la jeune femme.

À la bibliothèque d’objets de Montreuil, 80% des inscrits sont des habitants de la ville. “C’est un service de proximité, avec un aspect très pratique. Nous, on aimerait prôner auprès des pouvoirs publics que chaque quartier devrait avoir sa propre bibliothèque d’objets.”    

L’Opérabus est, comme son nom l’indique, un bus transformé en opéra. Le but est d’amener l’opéra et la musique baroque vers un public qui, a priori, ne peut pas s’y rendre. Une belle initiative de mobilité culturelle dont nous avons déjà parlé ici. C’est aussi une véritable machine à souvenirs. D’autant plus que la proximité avec les artistes se prolonge après la représentation et permet à deux univers qui n’en ont pas l’habitude de se rencontrer.

« C’est important pour celles et ceux qui sont éloignés géographiquement ou socialement de la musique baroque. Nous intervenons aussi dans les écoles, les prisons ou les hôpitaux de quartier. La proximité aide, stimule la rencontre, mais après, il faut faire quelque chose », estime Yannick Lemaire, à la tête de l’Opérabus.

Les enfants et la musique baroque

L’ensemble de musique baroque Harmonia Sacra de Valenciennes, à l’origine de l’Opérabus, joue, comme son nom l’indique, de la musique baroque. Pas de quoi faire peur aux plus jeunes, selon Yannick Lemaire : “Quand les enfants sont petits, ils ne connaissent pas tout. Donc, ils n’ont pas d’a priori sur la musique classique en général, bien au contraire. Ils n’ont pas l’habitude d’entendre une voix de contre-ténor et ils aiment ça. Après, quand ils sont plus grands, ils se rendent bien compte que ce n’est pas ce qu’ils entendent à la radio. D’ailleurs, ils vont poser des questions pertinentes ! Et quand on leur explique, ils comprennent le rapport, par exemple, entre les vocalises baroques et la musique américaine moderne.”

À Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, les enfants ont leur propre journal : “Le Petit Demain“. En référence au “Demain Clermont”, destiné aux adultes, ce journal revient sur l’actualité locale et nationale. Pour Cécile Audet, adjointe au maire de la ville de Clermont-Ferrand, Enfance, Jeunesse et Éducation, il est important de mieux communiquer les actions de la ville auprès des enfants de 6 à 12 ans.

Avec ce journal, ils apprennent des choses en lien avec les programmes scolaires de l’Éducation nationale. Les enfants peuvent également y trouver des actualités propres à leurs activités scolaires. Tiré à 6 500 exemplaires, ce journal de 16 pages est disponible avant chaque période de vacances. “Le Petit Demain” se retrouve dans les cartables afin que tous les enfants puissent s’en emparer. Ce support permet d’ailleurs aux enseignants d’échanger sur les grandes thématiques avec leurs élèves.

Le numéro 32 du Petit Demain

Selon Cécile, “Le Petit Demain” a pour principale mission de s’adapter aux enfants. Les groupes de rédaction sont en lien avec les différents services de la Ville qui travaillent sur l’enfance. Elle rappelle que le vocabulaire doit être accessible et des enfants relisent régulièrement la publication. Avec des mots simples, il est tout à fait possible de proposer un journal sérieux sur l’actualité.

Pour accompagner cette version papier, il existe également un égal numérique, où les enfants trouvent les sujets traités en détails. Plusieurs supports, comme la vidéo, accompagnent le parcours de l’enfant. Des jeux sont aussi mis à leur disposition pour garder un côté ludique. Enfin, chaque numéro met en avant un enjeu de société qui les concerne. Traités avec profondeur, ces thèmes apportent aux plus jeunes des connaissances complémentaires. Cécile est fière de ce journal puisque Clermont-Ferrand est l’une des seules villes en France à avoir un support qui s’adresse directement aux enfants.

Plusieurs fois par an, à la Maison de la Culture et des Jeunes du 6e arrondissement de Lyon, des petits groupes se forment et apprennent à se découvrir. Ces rencontres inédites sont le fruit de l’association Panach’âges.

Lyon : Retisser les liens de proximité par la rencontre et le partage
Association Panach’âges

Claire Batt a connu la solitude alors qu’elle était mère au foyer. En 2019, elle a donc pensé un lieu de soutien à la parentalité avec Panach’âges. Lors de ces après-midi, chacun peut se retrouver pour partager des moments bienveillants et conviviaux. Les parents, accompagnés de leurs enfants ou non, prennent du temps pour eux et font la connaissance de personnes ouvertes et enthousiastes. Que ce soit des retraités ou des étudiants, les participants créent des relations de proximité et luttent contre l’isolement.

Claire aimerait créer un village bienveillant et sécurisant dans son quartier. Lors de ces rencontres, chacun est accueilli avec le tutoiement. Selon la jeune femme, le vouvoiement est déjà une discrimination par l’âge et le tutoiement produit rapidement une proximité relationnelle. En fonction des envies des participants, de nombreuses activités sont proposées mais il n’est pas obligatoire d’y participer. Claire prône la liberté de chacun et est toujours émerveillée par les relations intergénérationnelles qui se créent.

Certains préjugés tombent et les discussions s’enrichissent par les expériences personnelles. Les participants peuvent partir quand ils veulent et Claire veut ainsi prendre soin des jeunes parents. En créant des liens entre générations, elle espère réactiver les solidarités naturelles dans son quartier. 

Une expérience inédite. Depuis l’an dernier, trois classes de Nouvelle-Aquitaine travaillent à la création d’une exposition qui a pour thème : resculpter les énergies. Elle sera visible au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux à partir de juin prochain, jusqu’en janvier 2024.

Ce programme pédagogique, en partenariat avec le MusBA, a été pensé par Fusion Jeunesse, une organisation franco-québécoise qui existe depuis 15 ans. « À la base de cette association internationale, il y a l’apprentissage expérientiel. Donc apprendre en faisant, explique Gabriel Bran Lopez, son fondateur. Ce qui est magnifique dans ce programme « design d’exposition », c’est qu’une grande institution locale dit à des jeunes : « Vous avez 200 m² et vous pouvez tout imaginer. » C’est du jamais vu ! »

Lutter contre le décrochage scolaire

Aussi, si ces trois classes de Nouvelle-Aquitaine ont été choisies, c’est pour plusieurs raisons : « Nous travaillons en concertation avec les différentes académies. Et puis, nous ciblons les milieux dans lesquels il y a des fractures territoriales : les quartiers prioritaires, le milieu rural, les lycées professionnels mixtes, etc. Et aussi, il faut que les enseignants soient motivés par notre approche », précise Gabriel.

Cinquante-huit élèves néo-aquitains sont donc en charge de la création de bout en bout de l’exposition. Certains sont scolarisés à l’école primaire Jean Monnet, à Bordeaux, qui imagine la scénographie. Ceux du collège Kléber Thoueilles, dans le Lot-et-Garonne, conçoivent les outils de médiation. C’est-à-dire penser à ce que les visiteurs pourront faire sur place. Enfin, les lycéens de Brémontier, à Bordeaux, seront les commissaires d’exposition. Le résultat final sera un mélange des œuvres du MusBA, notamment du sculpteur Denis Monfleur, et de celles créées par les élèves.

“Trouver son talent”

La préparation de cette exposition se fait pendant les heures de cours. Le but est de montrer que les matières que l’on étudie à l’école – les mathématiques, la géométrie, la géographie, les arts plastiques, etc. – sont utiles dans la vie quotidienne. Et de montrer de quelle façon elles le sont. Utiliser l’interdisciplinarité dans ses programmes pédagogiques est l’un des leviers de Fusion Jeunesse qui agit pour la persévérance scolaire. Par ailleurs, pour accompagner les enseignants et les élèves, il y a des coordinateurs de projets et des mentors qui interviennent en classe comme le collectif d’architectes CMD+O.

Finalement, le message derrière ce « design d’exposition » : « On veut que le jeune trouve ses talents. Qu’il se dise qu’il a du talent. Qu’il puisse se projeter dans un parcours académique, professionnel, dans un secteur. On veut qu’il vive malgré les échecs et on mise sur la réussite », conclut le fondateur de Fusion Jeunesse.

Depuis mars 2020, des porteurs de projets divers et variés occupent un terrain à Villeurbanne en région lyonnaise. Cette zone d’occupation temporaire se situe au milieu du quartier des Gratte-Ciel, marqué par des tours d’immeubles historiques. Arnaud Bellier travaille sur ce projet Gratte-Terre depuis quelques années et s’appuie sur un jardin partagé et pédagogique. Il est aménageur du territoire à SCE, un bureau d’étude en aménagement urbain et du territoire. Avec cette casquette, il est venu sur place pour expérimenter la nature en ville.

À partir de déblais de chantier, il a créé des sols fertiles. Il a par ailleurs testé des pépinières urbaines avec de graines ramassées dans le quartier. Via l’association SPES, dont il est vice-président, Arnaud accompagne aussi des enfants en situation d’échec scolaire. À l’aide de ce jardin partagé, il leur apprend à jardiner et les sensibilise à la nature en ville.

Le projet Gratte-Terre, un terrain d’expérimentation accessible à tous
Arnaud Bellier
Arnaud Bellier

La fin de l’occupation de ce laboratoire extérieur des Gratte-ciel est prévue pour l’automne 2023. Après trois ans d’expérimentation, Arnaud est fier du résultat. En quelques années, il a réussi à faire pousser 500 arbres. Il a aussi accompagné une dizaine de classes de Villeurbanne lors d’ateliers pédagogiques sur le jardinage.

Ces arbres ont d’ailleurs été replantés lors d’une grande mobilisation en janvier 2023. Avec la chaîne des chênes, plus de 300 personnes se sont retrouvées sur place pour déplacer une cinquantaine d’arbres et d’arbustes. Cette chaîne humaine a permis un parcours zéro carbone jusqu’au Parc de l’Europe au Tonkin. Lors de cet événement intergénérationnel, les habitants ont pu créer du lien social et découvrir le projet Gratte-Terre. Arnaud aimerait d’ailleurs ouvrir le site aux habitants pour que chacun gagne en autonomie et en autogestion sur le jardinage et la nature en ville.

Voilà une très belle initiative solidaire. Depuis septembre 2022, le foodtruck de la Croix-Rouge de l’Essonne a pris ses quartiers à Athis-Mons. Toutes les deux semaines, le lundi soir, le camion La Petite Cuisine d’Henry s’installe donc dans les rues de la ville.

L’objectif premier est d’apporter un repas chaud aux personnes à la rue, explique Alain Bouchard, cofondateur du projet. À la base, l’idée de cette distribution à la demande est née du Covid-19 et des différents confinements. Un projet totalement financé par France Relance, explique Alain. Le camion acheté, il a fallu demander les autorisations nécessaires et surtout former les bénévoles à ce nouvel outil de travail.

La ville d’Athis-Mons a été la première à donner son accord pour l’installation du camion dans ses rues. Le foodtruck prend donc place, chaque lundi soir toutes les deux semaines, sur le parking de l’avenue Marcel-Sembat. C’est aujourd’hui devenu un point d’ancrage pour tous les sans-abris de la ville, explique Alain. Beaucoup de réguliers reviennent pour partager un moment de convivialité et d’échange autour d’un repas chaud gratuit.

Alain souhaite maintenant étendre le projet à d’autres villes du département. Plusieurs lieux sont d’ailleurs en préparation. Mais idéalement, il aimerait bien sortir son camion tous les soirs. Pour ça, il faut aussi de nombreux bénévoles. Si vous avez un peu de temps à donner, et surtout envie de vous rendre utile, vous pouvez contacter Alain et la Croix-Rouge du 91 par email à l’adresse suivante [email protected] ou par téléphone au 01 69 87 38 38.

Pour aller plus loin > Parentibus : un lieu d’écoute pour les familles sur les marchés

« Je suis designer constructrice. Cela signifie que l’on dessine et qu’on construit ce que l’on dessine. Ce métier nous forme à aménager des espaces et à dessiner du mobilier. On a voulu se rapprocher de l’artisanat et comprendre toutes les étapes de construction d’un projet », raconte la souriante Lucile.

Lucile fait partie de l’association Arti/chô. Ce collectif est implanté dans la friche culturelle du 6B à Saint-Denis, au nord de Paris, depuis trois ans. Ce métier hybride consiste à construire un projet architectural de A à Z : de la première étape du dessin à la construction du projet. « On travaille sur une variété de projets très différents. Mais nous, on a une facilité sur la construction bois parce qu’on travaille beaucoup les matériaux de réemploi. C’est un matériau qui se récupère assez facilement, contrairement au métal, par exemple. »

Des créations écologiques et sociales

Les projets du collectif ont une forte dimension écologique et sociale. « On fait beaucoup de chantiers ouverts et participatifs. Travailler le bois est un avantage, ici aussi, car c’est plus facile de transmettre nos connaissances avec cette matière », appuie Lucile.

Les membres de l’association ont, par exemple, conçu une ligne entière de mobilier d’intérieur uniquement avec des chutes d’atelier. « On peut également faire des aménagements de projets d’agriculture urbaine. On aide des structures à s’installer sur des parcelles de terrain et à définir les zones de culture ou de passage. Et on peut faire des choses à mi-chemin entre le fonctionnel et l’artistique, comme l’arche d’entrée piétonne du 6B. Cette grande arche en tasseaux et en peinture suédoise a été construite avec les habitants du quartier. »

Projet avec les enfants du centre de loisirs de Chanteloup-en-Brie (Seine-et-Marne). Photo Arti/Chô

Un diplôme à Vitry-sur-Seine

La plupart des membres du collectif Arti/Chô ont été formés au diplôme supérieur d’arts appliqués au lycée Adolphe Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). « Dans ce diplôme, on nous apprend à être designer d’espace, avec une approche alternative. Il s’agit de réfléchir à des projets en milieu urbain, tout en prenant en compte la biodiversité qui existe dans ces endroits. C’est de l’écologie pure, en somme. »

Retrouvez le collectif Arti/cho sur Facebook et Instagram.

Il y a quatre ans, Sébastien s’est lancé dans une nouvelle aventure. Il a ouvert sa boulangerie artisanale dans un conteneur au cœur de la friche industrielle du 6B, à Saint-Denis, au nord de Paris. Plusieurs nuits par semaine, ils sont ainsi deux boulangers à pétrir soigneusement à la main des kilos de pâte à pain. Une pratique 100 % artisanale et minimaliste, loin des boulangers qui utilisent des machines à pétrir.

« Aujourd’hui, très peu de boulangers pétrissent leur pain à la main. Dans ce métier, il est de plus en plus courant que les boulangers reçoivent des produits finis, fournis par de grandes entreprises », confie-t-il. Sébastien est ancien chorégraphe. Cet habitué de la débrouille et des chemins de traverse se considère aujourd’hui comme un « boulanger alternatif ». « J’ai décidé de changer de voie après avoir frôlé le burn-out. J’ai beaucoup voyagé, j’ai avancé sur le plan spirituel et j’ai donc appris à fabriquer du pain auprès de plusieurs boulangers alternatifs. »

A gauche de Sébastien, le four à bois dédié à la cuisson des pains. Crédit : Léopoldine Deriot

Boulanger dans un conteneur : « La location, ici, défie toute concurrence »

« Travailler dans ce conteneur est une solution économique qui défie toute concurrence. Je paye la location trois fois moins chère qu’ailleurs. Ces avantages me permettent de tenir le cap financièrement malgré la crise qui touche notre société », confie le boulanger. Pour fabriquer son pain, Sébastien privilégie le circuit court. Il travaille avec un four électrique et un four à bois. « J’essaye d’être le plus écologique possible », nuance-t-il.

L’atelier de Sébastien est par ailleurs situé dans un tiers-lieu, le 6B. Cette association met à disposition des ateliers privatifs à prix bas pour des artistes et créateurs en tout genre, dans un ancien bâtiment industriel. « Être boulanger est un métier difficile. Surtout à partir d’un certain âge. Mais je crois qu’il faut repenser nos modèles économiques et sociétaux. Peut-être que ce n’est simplement pas un métier que l’on fait toute sa vie ? » 

Les pains de Sébastien peuvent être livrés autour de Saint-Denis, dans les Hauts-de-Seine et le Val-d’Oise. Retrouvez tous les renseignements sur son site Internet La belle façon.

À Lyon, le 12 janvier dernier, l’association Mandala organisait un atelier de convergence dans le 8ᵉ arrondissement. Les habitants du quartier États-Unis ont pu mettre en avant des projets collectifs pour réduire leurs déchets. Au sein de cette concertation citoyenne, les acteurs du territoire et les institutionnels ont également pu participer aux débats.

Auriane Marignier, co-fondatrice de l’association Mandala, veut soutenir les territoires, les institutions et les citoyens pour faire émerger des projets communs. Selon elle, les institutionnels ont leur part de responsabilité, et l’association facilite le dialogue entre tous ces acteurs. Auriane aimerait que la question de déchets devienne une opportunité et que chacun puisse se saisir de ces projets.

Association Mandala Lyon

Plusieurs ateliers ont déjà été organisés et les habitants sont devenus des porteurs de solutions alternatives. Pour Manon Poncato, également à l’initiative de l’association, cet atelier de convergence a permis de concrétiser certaines idées écoresponsables, portées par les habitants pour agir efficacement. Par exemple, la mise en place de points de collecte à travers le quartier pourrait sensibiliser les habitants.

Les participants à ces ateliers sont issus de structures différentes et partagent tous l’envie de transformer leur quartier. Manon affirme que ces personnes sont déjà engagées et, pour la plupart, participent déjà à des projets responsables. Elle espère, qu’à l’avenir, ces porteurs de solutions formeront et sensibiliseront les autres habitants. 

L’atelier de sculpture sur bois de Fergus, la vingtaine, possède une vue imprenable sur Saint-Denis, au nord de Paris. En effet, il est situé dans l’un des étages les plus élevés du 6B. Le 6B, c’est le nom d’un lieu culturel et alternatif hors norme.

L’association, du même nom, a investi une friche industrielle et l’a transformée en véritable laboratoire artistique. Le 6B propose ainsi 200 ateliers à prix cassés, pour des créateurs en tout genre. L’objectif est ici de mutualiser les espaces et de créer un lieu d’échanges et de convivialité.

300 emplois réunis au sein d’une friche industrielle

« Je suis installé au 6B depuis quatre ans. J’apprécie particulièrement la compagnie d’autres personnes créatives. Quand je fais une pause, il suffit que je toque à une porte pour aller voir le travail de quelqu’un d’autre. Ce sont des zones d’ouverture et d’inspiration », sourit Fergus.

D’ailleurs, Fergus partage son atelier avec Côme, son ami architecte. Artistes, photographes, travailleurs, graphistes, musiciens, danseurs… Le 6B abrite près de 300 emplois différents. « On passe des moments incroyables ici. On est bien entouré et cette richesse nous insuffle encore plus de passion pour notre travail. »

Ambiance Brooklyn dans l’atelier de Fergus. Crédit : Léopoldine Deriot

Vous êtes intéressé par le 6B ? Rendez-vous sur leur site pour suivre toutes leurs actualités.

À plus de 70 ans, Catherine de la Hougue est une femme encore très active. À l’heure de la retraite, cette ex-juge des enfants a décidé, à la fin de sa carrière, de créer un lieu d’écoute itinérant anonyme et gratuit : le Parentibus. L’idée est née d’un constat : selon elle, bien des drames humains auraient pu être évités si les familles en souffrance avaient eu quelqu’un à qui parler. Depuis, elle ne cesse de sillonner les routes du département de la Manche, en Normandie, pour accueillir et écouter sur les marchés les personnes en souffrance.

À bord de son camping-car – un petit bus réaménagé – toute une équipe de bénévoles : éducateurs, psychologues, assistantes sociales… Des personnes présentes pour aider les parents, les enfants ou encore les grands-parents à mettre des mots sur les maux. L’important, explique Catherine, c’est d’écouter avec bienveillance. Sans jugement. Les bénévoles sont là pour créer ou recréer du lien social. Pour échanger. Et aussi, parfois, pour accompagner, aller plus loin.

Le Parentibus est né d’années au tribunal de Coutances, durant lesquelles Catherine de la Hougue a tenté de protéger les enfants de parents défaillants. Souvent spectatrice de drames familiaux, elle a cherché avant tout à guider ces jeunes un peu perdus. Pour elle, toutes ces détresses – psychiques, sociales, psychologiques – sont de vraies bombes à retardement qui, tôt ou tard, finiront par se retrouver devant un juge au tribunal. Pour tenter d’y remédier, elle a donc décidé de prendre les choses en main et de faire de la prévention. Installée au milieu des marchés du département, elle offre, autour d’un café, un lieu d’écoute unique, anonyme et gratuit.

Pour aller plus loin > Un service d’écoute anonyme et gratuit destiné aux étudiants

Placer l’humain au centre du processus de recrutement. C’est ce que prône Ethypik, un cabinet de recrutement inclusif fondé en 2020 par Nicolas Morby. Agréée ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale), la start-up a pour ambition de bousculer les codes en allant rencontrer de potentiels candidats dans la rue.

Son fondateur est parti du constat que « de nombreuses personnes sont invisibles des recruteurs. Elles ne sont ni inscrites à Pôle emploi, ni dans les missions locales, etc. Je me suis donc inspiré de mes 15 années d’expériences dans la collecte de fonds pour les ONG dans la rue. J’y ai alors rencontré des talents qui, pour certains, n’avaient de travail », explique Nicolas Morby.

À la recherche de talent

Dans une démarche “d’aller vers”, l’équipe d’Ethypik se rend donc dans les centres commerciaux, au pied des immeubles, dans les espaces publics à la recherche de ces talents sans travail avec cette question : « Bonjour, est-ce que vous cherchez du travail ? »

Si la personne répond « oui », elle remplit un questionnaire, non pas pour renseigner son parcours professionnel, mais pour valoriser des compétences comportementales. “On va évaluer certains savoir-être comme l’agilité, la gestion du stress, la prise de recul, la flexibilité… qui sont importants pour notre client”, explique-t-il.

Une alternative au recrutement

Ce questionnaire permet aussi de savoir quel candidat pourrait correspondre aux offres à pourvoir. Ce ne sont que des CDI car Nicolas Morby souhaitait proposer un emploi pérenne. Celui-ci réfléchit par ailleurs à s’ouvrir à d’autres types de contrat.

Le cabinet de recrutement effectue une présélection puis envoie une fiche candidat aux entreprises. Celles qui font appel à ces services sont issues de différents secteurs : Metro France, Keolis, GT Logistic et bien d’autres. Leur point commun est que ce sont des secteurs en tension au niveau du recrutement. « Elles ont besoin d’une alternative pour sourcer des candidats », quand les canaux habituels ne sont pas probants.

Depuis sa création, Ethypik a placé plus de 300 personnes. En pleine levée de fonds, le fondateur du cabinet de recrutement espère bien multiplier ce chiffre au moins par trois en 2023. Son passage dans l’émission « Qui veut être mon associé ? » lui a d’ailleurs donné un coup de projecteur.

Environnement, mais aussi social et économie. Les thématiques abordées sont variées à La Fabrique, située dans le quartier des Épinettes, à Issy-les-Moulineaux. Le projet a vu le jour grâce au collectif isséen Pikpik.

“C’est un quartier un peu laisser à l’abandon. Le but était donc de proposer des initiatives citoyennes. Nous nous sommes dits, à PikPik environnement, qu’il serait intéressant de développer des groupes de parole, des ateliers, … Il y a une trentaine de bénévoles, qui sont là au quotidien, qui animent et s’investissent. L’idée est d’entretenir l’intérêt pour l’écologie, mais aussi pour l’économie et le social. Et ce n’est pas toujours facile de donner de son temps en semaine. Mais les gens sont motivés et je suis très reconnaissant”, explique Damien Chamoulaud, coordinateur à PikPik environnement.

Des idées écolo bien accueillies

L’initiative de La Fabrique a été bien accueillie par la ville, d’abord, mais également par les locaux et encouragée par les bénévoles. Récemment, pour la Semaine de la science à Issy-Les-Moulineaux, La Fabrique a organisé un atelier de sensibilisation à l’eau. “Lorsqu’on a repris ce lieu-là, nous avons par ailleurs décidé d’apporter la touche économique et sociale en plus de l’écologie. Et l’idée a été très bien reçue”, indique Damien Chamoulaud.

Pour en savoir plus sur le développement de La Fabrique, rendez-vous ici !

Est-il possible, cinquante ans après, de faire mentir Pierre Bourdieu ? Le sociologue a en effet théorisé la reproduction des inégalités sociales à travers l’enseignement. Nous avons déjà parlé de Coup de Pouce, qui s’occupe d’enfants dès la maternelle. De nombreuses associations spécialisées dans l’éducation viennent ainsi en aide aux plus démunis. Ici, nous évoquerons un autre exemple, cette fois, au collège.

L’entrée au collège est une étape extrêmement importante dans le cursus scolaire. Le monde de l’enfance s’éloigne et celui des adultes se profile. Les enseignements et l’éducation changent, l’organisation également. Mais, surtout, ce sont les élèves qui évoluent. Ils sont adolescents, leurs envies et désirs deviennent plus importants. Parfois, ce sont les cours qui trinquent au profit des réseaux sociaux, des flirts ou des réunions entre amis.

Éducation au collège : pallier les inégalité

Pour ceux qui ont la chance d’avoir dans leur entourage des modèles de réussite – un proche qui aurait accédé à une situation professionnelle grâce à ses études -, les problèmes peuvent être résolus plus ou moins facilement. Pour les autres, ceux dont les parents, par exemple, sont au chômage ou éloignés du monde du travail, c’est une autre histoire. C’est vers ceux-là que les associations soutenues par Alpha Oméga se tournent.

Au collège, par exemple, peuvent être organisés des concours éducatifs consacrés à la création d’une mini-entreprise. L’occasion pour certains, notamment pour les élèves en classes de SEGPA, souvent montrés du doigt ou moquées, de se révéler. Les élèves découvrent puis comprennent qu’ils ont des aptitudes pour réaliser de belles choses, grâce à des qualités jusque-là inexploitées par l’école ou le collège.

Cela leur permet de développer leur estime de soi et de comprendre que tout n’est pas impossible.

Voilà une très belle initiative solidaire. Arrivée à Lyon en 2020, Laura Botokapoaka était traiteur pour mariages à Marseille. Dix jours avant la pandémie de Covid-19, elle décide de déménager le siège social de son entreprise Goûte moi ça, et de s’installer à Lyon. « C’était galère, explique-t-elle. Mais j’ai décidé de faire comme je l’ai toujours fait. De prendre du temps pour les autres. » Par solidarité, elle crée donc la page Entraide Lyon sur Facebook, où elle lance notamment des paniers de courses pour les personnes dans le besoin.

Puis, avec le temps, la vie reprend son cours, mais Laura constate ces derniers mois recevoir de plus en plus de messages d’étudiants sur la page Facebook. À cause de l’inflation, ces derniers disent ne plus arriver à se nourrir, explique Laura. Ni une ni deux, elle décide donc de réagir et d’aller aider ces étudiants en lançant son opération Repas Solidaire. L’idée ? Tout simplement cuisiner pour offrir un repas à un étudiant dans le besoin.

Depuis septembre dernier, Laura a donc mis à exécution son projet et est venue en aide à une de ses voisines étudiante, Camille. Elle lui préparait tous les jours une petite portion en plus de son repas. Depuis le début de l’année 2023, Camille a quitté le projet. Cette dernière ayant décroché un emploi. Mais les deux femmes restent encore très proches et se revoient fréquemment, précise Laura. Depuis, Laura accueille une jeune maman et sa fille.

Pour aller plus loin > Solidarité : l’association Cop1 lutte contre la précarité étudiante

C’est une association qui anime les quartiers de la ville de Nice depuis 10 maintenant : P.E.S, pour Prévention Éducation Sport. La structure et ses partenaires mettent en place des plateaux sportifs mais aussi artistiques dans la ville et notamment au sein du quartier populaire des Moulins. Ses actions cherchent à atteindre plusieurs objectifs éducatifs.

L’association entend notamment créer du lien social en proposant un lieu de rencontre différent. Objectif : réunir un large public autour de plusieurs activités sportives ou créatives. Ces rencontres se font notamment autour d’éducateurs spécialisés et d’éducateurs sportifs. L’association a, pour ce faire, créé un espace de sport mobile qu’elle peut déployer au cœur des quartiers de Nice.

L’idée est ici de permettre à qui le veut de pratiquer, de découvrir et de s’épanouir. Le public visé est large. Enfants comme adultes, adolescents, personnes en situation de handicap, l’association veut fédérer un maximum de pratiquants. Des activités qui sont proposées gratuitement et particulièrement durant les vacances scolaires. La structure propose aussi une formation adaptée pour les personnes souhaitant devenir bénévoles et contribuer à ces actions.

Car le sport est un moyen efficace de partager et d’apprendre sur un même terrain. L’association cherche par ailleurs des partenaires privés prêts à soutenir ses actions pour financer de nouveaux tapis et un camion.

Le quartier du Vieux-Lyon n’a pas toujours été le lieu touristique et attractif que nous connaissons. Dans la première partie du XXe siècle, ce quartier était très abîmé et les bâtiments en ruine étaient peu restaurés. En 1946, l’association Renaissance du Vieux-Lyon a vu le jour et s’est intéressé aux qualités architecturales des bâtis, cachées derrière les dégradations.

Quelques années plus tard, le Vieux-Lyon est devenu l’un des premiers secteurs sauvegardés de France. Il a fallu attendre 1998 pour qu’il soit inscrit sur la liste du Patrimoine mondiale de l’Unesco. Pour Frédéric Auria, président de l’association Renaissance du Vieux-Lyon, ces faits de gloire ont beaucoup joué dans la réhabilitation de ce quartier. Il rappelle que ces ruelles sont habitées depuis plus de 2 000 ans et qu’avant d’être un lieu touristique, le Vieux-Lyon est un quartier présentant un véritable cadre de vie.

Végétaliser et permettre le retour de la biodiversité

Cependant, ce quartier est coincé entre le mur végétalisé de la colline de Fourvière et l’eau de la Saône. L’été, Frédéric affirme que certaines places deviennent des vraies fournaises et que les zones d’ombre se font rares. Pour lutter contre le réchauffement climatique, un projet de végétalisation de ce quartier a été porté par un ensemble d’associations. Pensé à plusieurs niveaux, ce plan prend aussi bien en compte le respect des habitants que des bâtiments.

Avec les rues étroites, beaucoup d’étages manquent de lumière et il est impensable d’installer des arbres devant ces fenêtres. Comme alternative, la ville a imaginé des micro-implantations florales le long des murs. En plus d’assainir les caves, ces jardins de rue permettent le retour de la biodiversité. Frédéric espère aussi pouvoir installer plusieurs espèces d’arbres adaptées à la ville sur des places spécifiques.

En septembre 2022, le centre d’hébergement et de réinsertion sociale Point Nuit Maison Pluri’elles a été inauguré dans le quartier de la Croix-Rousse, à Lyon. Ce centre est consacré au genre féminin et propose un lieu sécurisant pour des femmes au parcours de vie complexe. Il a été réhabilité avec l’aide de l’association lyonnaise Alynéa et accueille aujourd’hui 38 hébergées.

L’association Alynéa propose des hébergements collectifs ou des hébergements semi-collectifs. Elle met ainsi en place, avec l’aide du Samu Social 69, une veille sociale et accompagne des personnes lors de formations ou de recherche d’emploi. Dans ses hébergements, l’association développe des accompagnements adaptés pour chaque personne afin qu’elle puisse retrouver sa place dans la société.

Lyon : Un centre bienveillant et sécurisant destiné aux femmes
Alynéa

Lyon : le centre, un outil de réassurance

À Lyon, le centre Point Nuit Maison Pluri’elles est destiné aux femmes en grande précarité. Il accueille également les femmes en transition de genre. Selon Lucas Phaner, directeur opérationnel du pôle hébergement collectif, ces femmes cumulent plusieurs vulnérabilités et ce centre leur offre un endroit sécurisant et accueillant. Des équipes pluridisciplinaires sont en permanence sur place, car il est important de protéger les résidentes des dangers extérieurs.

Lucas rappelle que Point Nuit Maison Pluri’elles a été pensé avec l’aide des femmes qui y habitent. Avec son équipe, il les accompagne ainsi dans la construction de leur projet de vie et dans leur réinsertion. Il conclut enfin que ce centre est un outil d’accueil et de réassurance pour les personnes hébergées.