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“L’humain m’a toujours intéressé”, raconte Grégory Lafage. C’est pourquoi il s’oriente tout d’abord vers des études de philosophie. Mais, rapidement, il réalise qu’il souhaite s’occuper des gens, dit-il. Il choisit une voie plus psycho-pratique, en se formant à la sophrologie, puis à l’EMDR et, enfin, à l’ennéagramme. Un chemin qu’il emprunte donc très tôt, et dès le début de l’année 2003, il ouvre son cabinet.

Il y a 20 ans, la sophrologie est encore méconnue en France. “Contrairement à l’époque actuelle du tout thérapeute, lorsque l’on voulait rentrer dans les hôpitaux avec cette méthode, c’était beaucoup plus complexe, raconte-t-il. Il fallait démontrer qu’on pouvait avoir une action directe sur les gens.” Grâce aux rencontres de la vie, Grégory Lafage intègre alors l’institut Portmann, à Bordeaux, spécialisé dans les cours et formations en otorhinolaryngologie, travaille avec le professeur Negrevergne à l’origine du TASM (Traitement acouphènes et surdité multidisciplinaire), une association de professionnels qui unissent leurs compétences pour aider les patients présentant de l’hyperacousie et des acouphènes invalidants.

En effet, la sophrologie a une action directe sur le système nerveux autonome, laquelle est reconnue par l’Afrépa (l’Association francophone des équipes pluridisciplinaires en acouphénologie), précise Grégory Lafage. Naturellement, la relaxation va permettre une vaso-dilatation du calibre des vaisseaux, ce qui va diminuer l’acouphène. “Dès qu’on arrive à relâcher, forcément, il y a une diminution du bruit, et la chimie interne d’un être humain est toujours plus puissante que la chimie externe, celle que l’on va lui donner.”

Une rencontre saisissante avec l’ennéagramme

En parallèle de ce travail, Grégory Lafage découvre un outil qu’il décrit comme fabuleux, l’ennéagramme. Une méthode qui le fascine, de par ses origines très anciennes, qui remonteraient à Pythagore et qui aidait au développement spirituel. Dans les années 60, l’ennéagramme passe dans le domaine de la psychologie, tout particulièrement sous l’impulsion d’Helen Palmer et David Daniels, professeurs à l’université de Stanford, “qui ont un peu expurgé l’outil de son côté spirituel”. 

Une méthode qu’il découvre lors d’un stage chez un ami ostéopathe. L’impact émotionnel est immédiat. “Ça a été tellement fort de reconnaître en moi les leviers qui ont fait que, dans ma vie, j’ai fait telle chose plutôt que telle autre, que j’ai cherché plusieurs organismes de formation et ai étudié cette méthode en long en large et en travers. Ça a vraiment été une révélation ! Sur soi, mais également sur comment reconnaitre les autres dans leur diversité et leur façon d’être.”

L’ennéagramme permet de recréer de la communication avec l’autre, parce qu’on n’a pas tous la même vision du monde. “Ça marche par croyances, lesquelles sont les briques de ma réalité intérieure et, selon les croyances que j’ai intégrées petit, je vais voir le monde à travers tel ou tel filtre. On arrive à percevoir les leviers internes de la personne, ce qui apporte une sensation de compréhension immédiate. Quand on est mal, pouvoir sentir qu’on est compris, ça apporte du bien-être instantanément.” 

Dans ces trois méthodes que sont la sophrologie, l’EMDR et l’ennéagramme, ce qui importe à Grégory Lafage, “le cœur de tout cela”, c’est l’humain et comment l’aider, lui apporter des outils pour qu’il puisse se développer, sortir de problématiques plus ou moins légères ou difficiles. “Ce qui me fait aimer mon métier aussi, c’est que j’interviens dans beaucoup de domaines différents. En sophrologie, on peut s’occuper d’un sportif de haut niveau, être au centre anti-douleur d’un hôpital, en cancérologie, c’est vraiment vaste. Un sophrologue, c’est un généraliste. Après, il faut qu’il sache appliquer ses techniques et sa méthode à ce qui lui est demandé.” Un travail autour de l’humain qu’il continue d’explorer avec passion et curiosité à Saint-Loubès (Gironde) et à Bordeaux. 

Une envie de visiter une ville autrement ? Et si vous vous laissiez tenter par une excursion à vélo ? C’est exactement ce que propose Michael Espinosa, qui a fondé Monsieur Bacchus à Bordeaux. Après avoir travaillé dans le tourisme partout dans le monde, il y a posé ses valises en 2014.

C’est à Bordeaux qu’il a commencé à développer des projets qui allient vélo et tourisme. «. Et on fait du sport en même temps que le tour. »

Se perdre à vélo pendant son temps libre

Lui est un amateur de bikepacking pendant son temps libre. «. C’est un joli défi dans la nature », explique Michael Espinosa.

Cela fait maintenant trois ans qu’il sillonne la Gironde et la Dordogne à vélo. « Grâce au vélo, je découvre des coins magnifiques, des villages perdus, des petits producteurs. » Parfois, ses trajets sont planifiés. Parfois, il se laisse porter tout en ayant défini une destination. « C’est en me perdant que j’ai vécu les plus belles aventures », reconnaît-il. 

Bordeaux, un musée à ciel ouvert

Ses excursions touristiques à vélo sont en revanche bien rodées. Il a fait une sélection de ruelles, places et monuments de la capitale girondine. Le circuit dure trois heures pour découvrir toutes les facettes du Port de la Lune. « J’aime montrer le côté classique de Bordeaux et son côté alternatif, comme Darwin. La ville de Bordeaux, c’est un musée à ciel ouvert », assure Michael Espinosa.

Il propose également des excursions sur des routes de campagne autour de Saint-Émilion.

Il y a 16 ans, enceinte de son deuxième enfant, Sonia Raymond apprend qu’elle doit cesser de travailler au bout du troisième mois de grossesse, pour des raisons de santé. À l’époque, elle est responsable de la mise en place de la qualité dans une entreprise.

“Je travaillais non-stop, mais je n’avais pas compris l’essentiel qui allait me guider. Parce que pendant cette grossesse, j’avais tous les jours à la maison une sage-femme qui venait écouter le petit cœur de ce bébé que je portais, pour voir s’il battait encore. Alors là, j’ai eu un petit électrochoc. C’est là que j’ai revu mes priorités. J’avais déjà un garçon de 4 ans à l’époque, et je me suis rendu compte que j’avais un peu mis de côté l’essentiel”, raconte Sonia Raymond, qui remercie la vie de lui avoir ouvert les yeux. Elle arrête tout, ne remet plus jamais les pieds au bureau, refuse un poste de directrice commerciale et s’oriente alors vers les métiers de l’enfance. 

Elle passe des diplômes, des formations, exerce différents métiers. Une découverte qu’elle juge extraordinaire. “Auprès des enfants, j’ai découvert la pureté de ces êtres. Il n’y a pas de chichis, de fake.” Elle accompagne les enfants, les parents, les familles, voit des mères désespérées de ne pas atteindre les attentes de la société, des enfants hypersensibles qui peinent à trouver leur place. “Je m’attachais tous les jours à leur faire découvrir les choses simples, la vie par la nature, par les sens, et justement trouver leur essence à eux. Mon but était que, dans une journée, ils aient trouvé un trésor de plus chez eux, de voir dans leurs yeux une joie, un épanouissement de faire ce qu’ils font et d’être ce qu’ils sont eux. Ça me portait tout le temps.”

Une maman qui initie à la perception

Elle travaille ainsi pendant 10 ans, dans des lieux d’accueil ou à l’hôpital, puisqu’elle passe ensuite un diplôme pour travailler en pédiatrie, accompagner les soignants auprès des enfants en oncologie. Et là, naturellement, sans le savoir, elle utilise des techniques hypnotiques auprès des enfants pour les rassurer pendant les soins, pour les emmener ailleurs dans leur tête. “À force, je me suis dit que je pouvais faire encore plus.” L’hypnose arrive un peu par hasard, par les réseaux sociaux. Elle assiste à des conférences, se renseigne auprès de professionnels et comprend que c’est ce qu’elle veut faire.

L’hypnose, puis la PNL (Programmation neurolinguistique), successivement. Très rapidement, elle rajoute la thérapie systémique, ayant besoin de travailler ces liens dans la famille, aider ses membres à se retrouver, à retrouver du sens dans leurs liens, comme elle l’avait fait lors des accompagnements dans ses précédents métiers.

Une technique d’écoute travaillée en formation, bien sûr, mais qui lui vient de loin. “J’ai grandi auprès d’une maman qui s’attachait à la perception des choses. Par exemple, quand nous étions enfants et adolescents, on a toujours eu ces moments avec elle. On habitait à la campagne et, les soirs d’été, elle nous disait “venez, on va observer la Lune” et là, on s’allongeait sur le goudron chaud, et elle nous disait “touchez le goudron, il est chaud, c’est agréable dans le dos”. Ce sont déjà des techniques hypnotiques et elle nous laissait observer cette Lune, dans laquelle elle décrivait le dessin d’une bohémienne qui portait un fagot de bois. Il nous a fallu du temps pour la voir. Et sous prétexte d’observer cette image, c’est le temps qu’elle nous accordait pour parler de nous et on parlait de nos soucis d’enfants. C’est une aptitude qu’on développe après, d’écouter l’autre, de lui permettre d’avoir un temps pour lui.”

Trouver son trésor intérieur

Un retour vers ces moments suspendus, un retour à l’essentiel que Sonia Raymond chérit chaque jour. “Quand je vois une personne arriver avec les épaules un peu rentrées, le teint gris, les yeux baissés, et repartir tellement lumineuse, c’est éblouissant. C’est une renaissance à chaque fois. C’est pour ça que j’ai voulu faire ça, pour aller encore plus loin, que définitivement on se connaisse mieux soi et donc qu’on soit mieux avec les autres. Je m’attache beaucoup à cela pendant les séances, c’est ma priorité. Je dis souvent “quel est votre trésor qui brille à l’intérieur ?” On va délicatement ouvrir ce coffre et découvrir ce diamant qui brille. Et une fois qu’on a découvert son trésor, c’est très facile dans la vie de tous les jours de se dire “ok, je sais qui je suis, je n’y arrive pas tout le temps mais ce n’est pas grave et je continue avec joie, avec optimisme”. Parce qu’il y a beaucoup de joie, beaucoup de rires aussi dans les séances de Sonia Raymond. On se trouve, on sait qui on est et on peut avancer. 

Sonia Raymond consulte à Villenave-d’Ornon, près de Bordeaux. Pour la contacter, rendez-vous ici.

C’est la nouveauté de cette année : le Festival des petits baroudeurs propose une édition au Porge, en Gironde, du 18 au 20 mai. Pendant trois jours et deux nuits, parents et enfant sont invités à se reconnecter à la nature.

« Les précédentes éditions étaient organisées en moyenne montagne et on voulait aussi montrer qu’on pouvait être en profonde immersion dans la nature mais en contact avec l’océan aussi », explique Céline Lacombe, coorganisatrice du festival. L’objectif est de lutter contre la « génération indoor », ces enfants qui passent de moins en moins de temps à l’extérieur. L’occasion également de sensibiliser à la diversité des paysages français et leur préservation.

Quel programme ? Surf, pêche à pied, canoë et stand up paddle, voile à Lacanau, cueillette, vélo, yoga ou encore accrobranche… Les activités seront variées lors de ce long week-end mais le plus perturbant sera peut-être la nuit en bivouac. Le camping paraît parfois plus facile pour les enfants que pour les parents, admet l’organisatrice. « C’est un évènement pour les enfants mais aussi pour les parents, on y tient », précise-t-elle.  

Tarifs. 195€ par adulte, 95€ par enfant de plus de 3 ans. Gratuit pour les moins de 3 ans.

Pour la seconde année consécutive, La Course du Petit Prince donne rendez-vous le 18 mai à l’écosite du Bourghailh, à Pessac, en Gironde. Au programme : des marches et courses caritatives, pour les enfants et les adultes, entre 1 et 15 km.

Le but est de faire avancer les recherches pour un traitement contre les sarcomes. Il s’agit de « cancers rares et agressifs qui concernent majoritairement les enfants et les jeunes adultes. Ils représentent environ 20% des cancers infantiles. Ces maladies touchent les tissus mous, c’est-à-dire le cartilage et ce qui entoure les os de façon générale », explique Jean-François Subilleau. Avec sa femme, Marie Subilleau, ils sont à l’initiative de cet événement pour rendre hommage à leur fils Corentin, décédé à 22 ans en 2019 des suites de ce cancer.

Sensibiliser sur les cancers rares

Pour mettre en peuvre leur initiative, les Subilleau se sont entourés de l’Institut Bergonié, un centre de lutte contre le cancer à Bordeaux, de l’association Groupe 3V et de la Ville de Pessac. “Il faut savoir que le traitement n’a pas évolué depuis les 1970”, rappelle Marie. “Et puis, cette maladie est méconnue, ajoute Jean-François. Avant notre histoire personnelle, on ne la connaissait pas. D’où l’importance de communiquer là-dessus, de savoir ce qui existe en termes de thérapie.

Leur démarche est adossée à un programme national de recherche RHU CONDOR. Il a démarré l’an dernier, est évalué à 30 millions d’euros et devait durer plusieurs années. En plus de l’Institut Bergonié, les hôpitaux Gustave Roussy à Paris et Léon Bérard à Lyon y sont rattachés. Le tout est piloté par le docteur Italiano, depuis Bordeaux. « C’est un projet ambitieux, tourné autour de l’immunothérapie qui fait moins de dégâts sur le corps avec des résultats encourageants », déclare Jean-François Subilleau.

Un projet familial

Par ailleurs, le projet de La Course du Petit Prince a un effet thérapeutique. « Avec nos deux autres enfants, ça nous permet d’avancer, d’avoir un but pour tenir et de le faire pour les autres. C’était le souhait de Corentin que la science avance », explique la mère. Aussi, le choix de nom de la course n’est pas un hasard : « Corentin avait joué le rôle du Petit Prince à l’école. Les valeurs véhiculées dans le livre lui tenaient à cœur. C’était donc une évidence d’appeler cette course comme ça. On a d’ailleurs reçu l’appui de la fondation Saint-Exupéry », explique-t-elle.  

« Je voudrais dire que même si c’est un thème grave, l’événement se déroule dans la convivialité. Ce n’est pas triste, donc j’encourage tout le monde à participer », précise Jean-François. L’an dernier, près de 1 000 personnes ont participé à La Course du Petit Prince. Cette année, le double de participants est attendu. 31 204 euros avait été récoltés en 2022.

Elle est passée elle-même par un parcours PMA (procréation médicalement assistée) pour avoir sa fille. Un chemin qu’elle ne connaît que trop bien et qui a été très différent de ce qu’elle imaginait, confie-t-elle. “Tant qu’on ne l’a pas vécu de l’intérieur, on ne peut pas s’imaginer à quel point c’est quelque chose qui peut être très bouleversant, voire traumatisant parfois. Qui change vraiment une vie. C’est quelque chose de très fort.” 

Pauline Cousty commence d’ailleurs ses études de naturopathie à ce moment-là. Je pense que ça a aidé, mais je ne dirais pas que c’était miraculeux, parce que je débutais.” Pour autant, la naturopathie a alors été pour elle un grand soutien. “On subit beaucoup quand on est en parcours PMA. On a des rendez-vous tout le temps chez les médecins, on s’injecte des produits mais on ne sait pas trop ce qu’on fait et pourquoi on le fait. Et là, grâce à la naturopathie, j’étais actrice de mon parcours. Je prenais les choses en main. Et ça m’a beaucoup aidée à sortir la tête de l’eau.”

Une expérience qui a évidemment conditionné toutes ses études de naturopathie. Et, une fois que sa fille arrivée, c’était une évidence qu’elle se spécialiserait dans ce domaine. “Je me suis dit : c’est tellement dur ce que je viens de vivre, que si je peux aider quelques personnes à le vivre un peu mieux, ce serait génial !”

Un soutien primordial

Aujourd’hui, Pauline Cousty est extrêmement à l’écoute et disponible pour les femmes qu’elle suit. Un soutien dont elle a terriblement manqué à l’époque. “Pouvoir répondre aux questions, j’ai remarqué que c’était essentiel pour beaucoup de femmes. Moi, j’en fais partie. J’avais énormément besoin de comprendre. J’ai fait beaucoup de recherches pendant mon parcours. Donc, je suis là s’il y a besoin. Elles peuvent me poser des questions.” Pourquoi m’a-t-on prescrit tel protocole ? À quoi ça sert ? Autant de questionnements auxquels Pauline Cousty répond sans relâche. 

Une aide, un bien-être que, finalement, elle apportait déjà en quelque sorte, dans sa vie précédente, celle d’artiste, comédienne, metteur en scène, danseuse. “Je faisais beaucoup de comédie. Finalement, c’était du bien-être, je faisais plaisir aux gens.” Mais à un moment, ça ne lui suffit plus. Elle a l’envie de quelque chose de plus impactant, comme elle le décrit.

Un voyage en Thaïlande tombe alors à point nommé. Elle prend soin d’elle, ce qu’elle confie ne pas vraiment faire au quotidien à l’époque. Une expérience qui lui donne des envies de changement. À son retour, elle se forme, dans un premier temps, en tant que praticienne en massage bien-être. Mais finalement, elle réalise que, là encore, elle ne s’attache qu’au corps. “J’avais moi-même consulté une naturopathe et j’y ai pensé en me disant : on prend le corps dans sa globalité, justement, et c’est passionnant.”

L’impression de faire une différence

“Je suis vraiment partie de loin et c’est justement pour ça que je comprends les personnes qui ont du mal à changer leurs habitudes. Moi-même, j’étais quelqu’un qui mangeait pâtes/pizza à tous les repas. Donc je ne suis pas une extrémiste de la naturopathie. Mais en tout cas, j’ai découvert tous ses bienfaits”.

Un métier dans lequel elle se décrit comme épanouie. “J’ai encore tellement de choses à apprendre. Dans la naturopathie, on ne termine jamais. C’est passionnant et à la fois ça peut faire peur parce que la connaissance du corps est infinie. Je n’aime pas la monotonie, je n’aime pas la routine, c’est surement pour ça que j’ai été artiste aussi. Mais là, j’ai vraiment l’impression de faire une différence, et c’est quelque chose qui fait aussi une différence pour moi. C’est-à-dire que le fait de faire la différence pour les autres, ça me fait du bien aussi à moi. Et c’est quand même chouette quand on peut allier les deux”, s’amuse-t-elle.

Il existe une trentaine de lactariums en France, ces banques de dons de lait maternel. Le plus grand est celui rattaché au CHU de Bordeaux. Il est implanté sur deux sites : à Bordeaux, en Gironde, et à Marmande, dans le Lot-et-Garonne. Chaque année, environ 15 000 litres de dons de lait maternel sont collectés.  

Depuis 2020, Jessica Bacquey fait partie de l’équipe des 17 collectrices réparties sur la région grand Sud-Ouest, dont deux sont à Rouen. Son secteur à elle : le bassin d’Arcachon, le Médoc, une petite partie du nord des Landes et l’ouest de la métropole bordelaise. Un vaste territoire qui lui fait parcourir en moyenne 1000 km par mois.

Créer un lien avec les mères

Photo Jessica Bacquey

Elle a une formation d’auxiliaire de puériculture, ce qui est obligatoire pour pouvoir collecter les dons de lait maternel. Jessica s’est aussi formée aux questions de l’allaitement. Son métier implique différentes tâches. « Je m’occupe des dossiers médicaux et administratifs. Il y a toute une procédure et des conditions à remplir pour être donneuse : ne pas avoir reçu de transfusion sanguine, ne pas être fumeuse, ne pas consommer de drogue, d’alcool ou certains médicaments, entre autres. Un test sérologique est réalisé ainsi qu’un examen médical », énumère-t-elle.

En outre, auprès de ses mamans donneuses, Jessica effectue un travail d’accompagnement dans leur allaitement. La collectrice les conseille, répond à leurs questions, s’assure qu’elles vont bien. Un lien se crée. C’est pour cette proximité que l’auxiliaire de puériculture a fait le choix de travailler au lactarium de Bordeaux. « Auparavant, je travaillais dans une maternité. Mais on voyait les mamans trois jours, c’était trop court, justifie-t-elle. Là, je suis dans l’accompagnement. Je parle avec des mamans qui se retrouvent seules, je tisse des liens. Et puis, ça me tient à cœur de faire ça. »

Deux types de conservations

Quant à son travail de collectrice, elle se rend en voiture, dotée d’un congélateur, au domicile des mères qui lui remettent les dons de lait maternel congelés. Jessica Bacquey se déplace quand il y a minimum 400 ml, « pour un souci de bactériologies et d’analyse ». Une fois les dons collectés, un chauffeur du lactarium du site de Marmande vient récupérer le tout. « Il faut savoir que ce site a une fonction bien spécifique, déclare la professionnelle. On doit avoir une réserve pour palier les pénuries des autres lactariums. C’est pour ça qu’on fait des appels aux dons ».

Une fois que les dons sont arrivés à destination, les employés les traitent. « C’est-à-dire que le lait est pasteurisé. Une analyse bactériologique est effectuée. Ensuite, il y a deux types de conservation. Soit, il est congelé et sa durée de péremption est de huit mois. Soit, il y est lyophilisé, et donc réduit en poudre. Il a alors 18 mois de péremption. Celui-ci est destiné est priorité aux DOM-TOM », précise Jessica.

Ce lait maternel est destiné aux bébés prématurés de 32 semaines et/ou de moins de 1,5 kg. Ils en ont besoin parce qu’ils ne digèrent par la protéine de lait de vache, et ce le maternel devient la base de leur alimentation. Le lait est un médicament donné sur prescription médicale.

Si vous souhaitez faire un don de lait maternel, vous trouverez ici la liste des lactariums de France.

Cliquez ici pour plus d’informations sur l’allaitement : conseils, coussins, tire-laits, lactariums…

Chaque année, plus de 400 000 vélos sont volés en France. Le phénomène continue de s’étendre et représente un frein majeur à la pratique quotidienne du vélo. Pour preuve, 23% des usagers déclarent avoir arrêté de pédaler après avoir subi un vol.

Pour répondre à cette problématique, Mawuse Degboe, Louis Gely et Louis Schneider ont co-fondé Cyc’lock.

Un boîtier ou un box Cyc’lock

La start-up, créée fin 2021 à Bordeaux, développe un réseau de stationnement sécurisé et connecté pour vélo, accessible via une application sécurisée. Deux options sont possibles : un boîtier connecté permet d’ajouter n’importe quel box fermé au réseau (parmi lesquels les Vélobox de Bordeaux Métropole), mais Cyc’lock développe également ses propres box individuels et connectés. Le cycliste pourra alors accéder au réseau de garages à vélos en utilisant son smartphone, moyennant un abonnement mensuel.

Ces garages, Cyc’lock les a voulus éco-conçus avec des matériaux recyclables. 

Un financement original

L’idée est que l’entreprise ou la collectivité investisse dans les garages à vélo. Mais Cyc’lock pourra aussi négocier des emplacements avec des collectivités. À ce moment-là, l’entreprise investira dans le matériel et l’exploitera.

La start-up a opté pour un modèle de financement atypique : une IDO. « C’est un financement par la blockchain. Nous avons eu des investisseurs en cryptomonnaie. L’avantage est la non-dilution du capital. Les investisseurs ne sont pas entrés directement dans le capital social de la société. Nous restons donc propriétaires. C’est une façon assez originale de se financer qui permet de s’émanciper des gros financeurs classiques », explique Mawuse Degboe, président co-fondateur de Cyc’lock. 

À court terme, Cyc’lock entend lancer une première expérimentation avec une commune de la métropole bordelaise. Sur le plus long terme, l’entreprise a l’ambition de développer d’autres services dans le cadre de la smartcity. 

Dès le début des années 2030, le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) estime que le réchauffement de la planète atteindra 1,5 °C. Une hausse des températures due aux activités humaines. Mais alors, quelles sont les répercussions de ces degrés en plus sur la biodiversité ?

En Gironde, au sein de la forêt urbaine expérimentale de l’Observatoire de Floirac, une petite équipe de chercheurs effectuent depuis plus d’un an des observations et des expérimentations. Le but est de comprendre la réponse des forêts urbaines face au changement climatique et l’effet retour sur la ville en tant qu’îlot de fraîcheur et de biodiversité. 

Thomas Caignard, post-doctorant à l’UMR Biogéco à l’université de Bordeaux et de l’INRAe, s’intéresse particulièrement à la phénologie. « Ce sont les événements associés à un organisme vivant et saisonnier. Par exemple, pour un arbre, c’est la date d’apparition des feuilles au printemps. À l’automne, ce sera la date de chute de ses feuilles ou de ses graines », explique-t-il. Et ces événements sont marqués par les changements des températures. Plus elles sont élevées, plus le débourrement est précoce. Ainsi, il a été constaté qu’avec environ un degré en plus, ça décale de sept jours le chêne. « C’est une marque du changement climatique », souligne Thomas. 

Le chercheur ajoute que ce phénomène a une incidence sur la reproduction, la croissance et la fructification des arbres. D’où l’intérêt de les étudier pour prédire la distribution des futures forêts et des espèces qu’elles abritent, et celles qui seront bien adaptées aux conditions futures. Pour avoir toutes les réponses aux questions, des études seront sur du long terme.  

Kévin Bouchareb est le directeur du Future Of Work et de la stratégie RH d’Ubisoft France. Il développe et met en œuvre des politiques RH et organisationnelles visant à anticiper et à répondre aux aspirations des jeunes candidats et des employés en entreprise.

Fort d’un parcours dans le conseil, il s’est spécialisé dans la transformation RH et la conduite du changement. Il nous présente sur l’organisation du travail un regard qui dépoussière sensiblement certaines pratiques du management.

L’accueil des jeunes générations

Kévin est aussi un jeune enseignant. Il intervient dans plusieurs grandes écoles. Ainsi, sa connaissance des aspirations des jeunes arrivant sur le marché de l’emploi est fiable. Il témoigne de leur volonté de liberté dans leur quotidien de travail. Également de leur capacité à remettre en question les liens traditionnels de subordination.

Il nous rappelle que cette jeune génération a le verbe plus haut que les précédentes et qu’elle ose dire ce qui ne va pas plutôt que faire le dos rond. Elle ose passer plus vite et plus fort à l’affirmation d’un désaccord et, si besoin, à la décision du changement d’employeur.

Le premier grief c’est la faiblesse de l’onboarding

Les notions de concertation et d’autodétermination sont confortées aussi du fait de l’impact de la période Covid. Et Kevin Bouchareb nous partage qu’elles ne sont pas facilement compatibles avec un management trop directif. Ou qui obligerait les télétravailleurs à revenir à temps plein dans les locaux des organisations. Il cite les exemples d’entreprises comme Spotify, qui fonctionnent en « full-remote » (totalement en travail en distance) et qui présentent une très belle culture d’entreprise et un engagement exemplaire des salariés.

Il cite également un des griefs qui est le plus souvent relevé par les jeunes. Celui de la faible qualité de l’onboarding (l’accueil des nouveaux arrivants dans l’organisation). Ses propositions pour le futur du travail et favoriser le bon ressenti des salariés sont orientées sur l’échange et l’écoute. Son objectif est de parvenir à une personnalisation de l’organisation du travail pour tendre à un épanouissement professionnel. Cela reposant sur des équilibres vie privée/vie professionnelle et de l’audace en matière de flexibilité au travail.

Ancien salarié du site Leboncoin en charge du secteur automobile, Thibault Penicaut s’est lancé sur le marché du vélo. Il a créé Cyclink à Bordeaux en janvier 2022 : une entreprise qui achète, reconditionne et revend des vélos électriques.

« J’ai commencé dans mon garage, il paraît que c’est comme ça qu’on a du succès », s’amuse Thibault Penicaut. 

Pourquoi le vélo ?

« Au moment où j’ai créé mon entreprise, je cherchais quelque chose qui avait une mission. Et chez Cyclink, on coche un peu toutes les cases. On fait des vélos. On les reconditionne, ce qui va dans le bon sens. On prolonge la durée de vie d’un vélo. Un cadre peut vivre très longtemps. À nous de faire en sorte que les éléments électriques et les pièces d’usure puissent durer le plus longtemps possible. En ce qui me concerne, je suis convaincu que le vélo est une excellente solution dans des villes comme Bordeaux qui ont du mal à gérer l’afflux de trafic », explique Thibault Penicaut.

Aujourd’hui, l’entreprise dispose d’un atelier de reconditionnement à Bordeaux. Pour chaque vélo acheté, 50 points sont contrôlés. L’acheteur repart quant à lui avec un vélo garanti un an sur tous les éléments électriques. Les réductions tournent autour de 20, 30, 40 % par rapport à un vélo neuf.

Des outils digitaux

Cyclink dispose de compétences dans le domaine du cycle mais aussi dans celui du digital, côté auto. « L’idée était d’appliquer les mêmes codes dans le monde du vélo », explique Thibault Penicaut. Plus qu’un atelier, Cyclink met ainsi en place une cote argus des vélos pour permettre au particulier de connaître la valeur de son vélo. « Nous le faisons déjà pour les professionnels. Il s’agit de l’étendre. Il y a une part d’émotionnel dans le vélo. On essaie de créer un standard et de structurer le marché du vélo », explique Thibault Penicaut.

Autre nouveauté : il est possible de créer une alerte à partir de sa taille, du budget maximum, de la forme du cadre et de la catégorie de vélo recherchée. 

Enfin, l’entreprise ne fait pas que de la vente. Elle propose déjà du leasing. « Tout ce qui va dans le sens de l’usage du vélo, pour nous, c’est du positif », assure Thibault Penicaut.

Les vélos sont en vente en ligne sur le site de Cyclink et via des marketplaces. Ils sont livrés partout en France et même au-delà.

C’était une anomalie que va résorber La Nomali. Cette association va permettre la création d’une conserverie en Sud-Gironde à l’été prochain. Quittant Bordeaux pour se diriger vers les plaines fertiles de la Garonne en direction du Lot-et-Garonne, une conserverie bio va s’implanter à Castets et Castillon, dans l’ancien séchoir à tabac de la ferme de Carbouey.

“C’est un espace de test, d’expérience mais pas que, explique Noémie Lebastard. Des choses réelles se mettent en place sur la formation. Il y a une dimension entière sur le mieux-manger, l’agroforesterie.”

C’est surtout une réponse à un besoin exprimé par les agriculteurs et agricultrices bio. En effet, leur production peut, certes, être livrée sur des marchés ou des Amap. Mais pour éviter la perte de légumes, rien de mieux que d’avoir quelques conserves à vendre. “C’est leur permettre aussi d’avoir un revenu complémentaire”, renchérit Noémie.

Une conserverie bio fondée par 11 associées

Or, pour faire ces bocaux, ils pouvaient faire plus de 300 kilomètres pour aller dans les conserveries bio des départements voisins. La conserverie de La Nomali mettra fin à ce non-sens.

Noémie Lebastard en conçoit les recettes avec l’idée de jouer au maximum la carte locale et d’éviter les importations. Par exemple, sa recette de ketchup remplacera le sucre et le vinaigre de riz par du miel et du vinaigre de framboise “pour limiter l’impact carbone”.

L’installation de cette conserverie se fera dans un ancien séchoir à tabac que possède la ferme. Un financement participatif est lancé (jusqu’au 30 avril) en parallèle des soutiens public et privé. Noémie le sent : “On crée de l’engouement”. Le bouche-à-oreille fonctionne. Les onze associées – dont huit femmes – ouvriront la conserverie aux voisins agriculteurs et riverains qui ont un potager.

Noémie affirme leur ambition : “Ce sera notre lieu de demain pour manger mieux et pour valoriser les agriculteurs de notre territoire.”

L’ours docteur Toudou aux ailes de fée, le super-héros Croco Biscotto, Mina le panda, Pilou le kangourou sont les personnages principaux des outils pédagogiques créés par Aurélie Bigot. Elle a fondé son association Mon bobo et moi, à Biganos, en Gironde, dans le but d’accompagner les enfants pour mieux appréhender l’hospitalisation.

À travers des supports ludiques et pédagogiques, elle a souhaité démystifier ces moments. On les trouve à l’hôpital Pellegrin de Bordeaux, duquel elle est partenaire.

Une histoire de vie

Le 7 avril, l’histoire de « Mina en route pour l’aventure », autoéditée, est sortie du cadre médical. Elle a été distribuée aux enfants de l’école maternelle Marcel-Pagnol de Biganos. Il s’agit d’une démarche de sensibilisation à la prise en charge médicale. Une première d’une longue série, espère Aurélie. Car cette association est le fruit d’une expérience de vie. Lorsqu’elle a 3 ans, sa fille Livia est prise en charge par une équipe pluridisciplinaire. Le diagnostic tombe : elle est porteuse d’une maladie rare, l’astrocytome pilocytique intramédullaire T2-T7. Celle-ci lui cause des handicaps visibles et invisibles.

S’ouvre alors un monde inconnu pour la mère et la fille, celui d’un quotidien à l’hôpital et la découverte du handicap. « J’ai créé un jeu pour que Livia puisse être actrice des protocoles médicaux, explique Aurélie. Quand l’équipe a constaté que le passeport des super-héroïnes et héros permettait d’aborder les étapes de soin, ils m’ont dit : « Madame, on en a besoin ». J’ai donc monté cette association pour que les parents et les enfants ne se retrouvent pas en carences au niveau de la prise en charge médicale. »

Développer les histoires

Depuis, Aurélie Bigot a à cœur de déployer son association à une plus grande échelle. Elle s’est rendue au CHU de Montpellier, aux hôpitaux de La Timone à Marseille, Necker-Enfants malades à Paris ou Léon Bérard à Lyon. « On a noué des partenariats pour expliquer les maladies rares, les cancers pédiatriques, aussi avec des filières en orthopédie pour expliquer le port d’appareillage. On démultiplie le passeport pour différents types de pathologie, c’est ce qui permet de financer en partie l’association. »

Au fil de ces rencontres avec les professionnels de santé et de la petite enfance, ces derniers lui confirment le besoin de ses outils ludiques d’accompagnement et le manque pour les tout-petits.

En sortir du positif

En outre, avec du recul, depuis qu’elle a créé Mon bobo et moi, Aurélie Bigot ne tire que du positif. « Malgré toute la difficulté que ça représente, je ne changerai rien à l’histoire, parce que ma fille va bien. En tant que femme et maman, ça m’a permis de porter un autre regard sur la vie. Et ce furent des rencontres exceptionnelles. J’ai pu découvrir le secteur créatif et m’épanouir. C’est mon nouveau projet professionnel : me lancer dans l’illustration. »

L’association organise des événements sur le bassin d’Arcachon à destination des familles faisant face à une pathologie en pédiatrie. Tels que des rencontres avec des professionnels du bien-être et des conférences thématiques.

Céline Chandou se destinait à une carrière dans le commerce international. Après ses études, elle devient rapidement directrice export dans une entreprise de marchandises de travaux publics. Un jour, une mauvaise expérience humaine lors de la négociation d’un contrat la pousse à remettre sa vie d’alors en question. “Je me suis dit que, décidément, ce monde-là manquait profondément d’humanité et que je n’avais pas envie de perdre mon énergie à ça.”

Elle décide alors de réaliser sa légende personnelle. Elle vient d’ailleurs, cet été-là, de lire “L’Alchimiste” de Paolo Coelho. Elle décide de retourner à l’école pour devenir esthéticienne, une motivation d’enfant. Ça me plaisait bien ce monde au féminin, de revenir vers quelque chose qui me semblait plus tendre, que jevconnaissais très peu, celui de la superficialité d’un certain coté, mais aussi celui de la profondeur de l’être.” Elle travaille rapidement pour de grands noms comme les Sources de Caudalie, Jean-Paul Gaultier, puis ouvre son cabinet, où elle crée des produits sur le concept des recettes de grands-mères du monde entier. “Les gens venaient me voir parce que j’avais une bonne capacité d’écoute. J’ai vite compris que l’aspect extérieur n’était pas suffisant, qu’il me manquait quelque chose.” 

C’est alors qu’elle fait la connaissance d’une kinésiologue, qui cherche une salle pour pratiquer. Une discipline que Céline Chandou connait puisqu’elle a déjà fait une séance quelques années auparavant. Une expérience qui, à l’époque, l’avait profondément marquée. Une collaboration s’ensuit puis, partant à l’étranger, sa consœur l’exhorte à prendre sa suite. Alors, pendant les deux années qui suivent, elle se forme à la kinésiologie puis ouvre son cabinet, il y a maintenant plus de 10 ans. 

“Mon fonctionnement nécessite de l’évolution”

“Ce que j’adore dans mon travail, c’est la fulgurance, c’est ce moment où on a éclairci le sujet. C’est extraordinaire de satisfaction personnelle. Et la satisfaction globale, c’est quand j’ai réussi à transcrire, traduire à la personne pourquoi elle en est là et qu’à son tour, elle commence à voir les possibilités pour la suite. Ce moment de prise de conscience, c’est vraiment un point de bascule qui est très plaisant à vivre.” Les thérapeutes, dit-elle, restent des phares qui illuminent, éventuellement et pendant un temps donné, un chemin qu’il est très beau ensuite de voir la personne emprunter. “On le voit, l’énergie du travail change, l’émotion, le visage parfois changent. C’est ce qui me plaît au quotidien.” 

Mais Céline Chandou a compris que son fonctionnement nécessitait aussi de l’évolution. “Je suis une fille du vent, ce qui m’anime, c’est d’être un peu toujours en avant-garde, au-devant de la demande. J’aime faire des propositions novatrices, différentes et qui correspondent à l’ère du temps. Ce qui me complète c’est le fait d’être ouverte, de bien maîtriser le fait que tout est possible et que les limites ce sont celles qu’on se met tout seuls. J’aime à croire que la vie est accompagnée de rencontres inspirantes, de rencontres humaines. Après, on prend le fil ou on ne le prend pas. J’ai la chance d’en recevoir toute la journée au travail, qui m’inspirent pour mon futur et qui m’ouvrent l’esprit sur de nouvelles solutions.” Un tempérament d’entrepreneur, qui fait partie de sa personne, au même titre que celui de thérapeute. “Mais au fond, c’est ce mix de tout qui fait que je suis moi, et c’est chouette”, s’amuse-t-elle.

Après seize années passées dans les assurances, Céline Corfou opère une reconversion professionnelle. Passionnée par de sport, elle ouvre une boutique dédiée aux marques de sports écoresponsables pour femmes dans le centre-ville de Bordeaux : Sportives.

Un marché de niche

Elle y propose une dizaine de marques françaises ou européennes venant au plus loin du Portugal, qui utilisent des matières recyclées, recyclables ou naturelles. Par exemple, l’une se sert des filets de pêche récupérés dans la mer Méditerranée, une autre des bouteilles de plastiques. Ou encore du lyocell, une fibre semi-synthétique écologique produite à partir d’éléments naturels tels que l’eucalyptus.

“Je me suis lancée sur ce marché parce que je fais attention à tout ce qui est environnemental. Au niveau de l’alimentation, de mes déplacements, explique Céline. Comme je fais beaucoup de sport, j’étais obligée d’acheter de grandes marques qui ne l’étaient pas vraiment, voire pas du tout.” 

Photo Jennifer Biabatantou/AirZen Radio

D’ailleurs, en faisant son étude de marché, la jeune entrepreneure s’est rendu compte qu’il n’y avait qu’une seule boutique en France, à Avignon, qui proposait ces produits. Autre constat : les marques de sport inscrites dans une démarche écoresponsable ne sont pas si nombreuses. “Il y a une prise de conscience de la part du grand public sur les vêtements du quotidien mais, pour le sport, c’est plutôt récent. C’est pourquoi je propose de jeunes marques”, justifie-t-elle.

Le coeur de cible

Si la cible de départ de la boutique Sportives sont les femmes actives de 35 à 60 ans qui ont une pratique sportive régulière, Céline s’est rendu compte que, “finalement, ce sont de très jeunes femmes qui viennent. Elles ont une conscience par rapport à l’environnement, au climat. Elles ne sont pas dans la surconsommation et préfèrent acheter quelque chose de durable en mettant un peu plus de prix”. 

Et niveau prix, ce n’est pas parce que les marques sont écoresponsables que leurs produits sont plus chers. “Par exemple, dans les Landes, une entreprise fabrique des t-shirts de running très techniques, et les vend à 25 euros, déclare la propriétaire de la boutique. Leur production n’aura pas le même impact, si on la compare avec des marques qui les font confectionner à l’autre bout du monde et les vendent plus cher. Avec tout ce que ça engendre au niveau humain et planétaire.”

Sur du long terme, Claire Corfou souhaite développer Sportives et proposer des vêtements de sports pour femmes de seconde main.

Au moment de l’achat, “si la queue semble sèche sur un centimètre, je déconseille de les acheter”, prévient Camille Juteau. L’agricultrice bio rappelle que si les asperges poussent dans l’aridité du sable, elles n’en sont pas moins friandes d’eau. Et “pour les conserver, il faut les mettre au frigo enroulées dans un torchon humide”. Certes, les asperges bio ne perdent pas de goût après le ramassage, mais plus elles vieillissent, plus elles deviennent filandreuses. Celui ou celle qui les épluchera s’en rendra vite compte…

Par ailleurs, “le goût de l’asperge vient du terroir”. Or à la Ferme Des Sables Blancs, à Cachen (Landes), “on a la chance d’avoir une terre qui donne ce goût particulier”, se réjouit l’agricultrice qui les vend dans les Landes et en Gironde.

Asperges bio recherchent recettes

Pour les déguster, une mayonnaise montée en mousseline semble l’évidence. Camille Juteau conseille sinon de mettre uniquement un filet d’huile d’olive et du sel, ou de préparer des pâtes à la “carbonasperge”. Dans cette recette, les asperges coupées en tronçon remplacent les lardons de la carbonara.

Sur 6 hectares, ses asperges sont en agriculture dite raisonnée. Sur 4 autres hectares, on en retrouve qui poussent en bio avec un projet plutôt inédit en agroforesterie pour tenter d’affronter autrement le criocère, ravageur de la culture. “On a voulu faire de l’asperge autrement”, précise-t-elle.

Cette culture demande de la technicité mais aussi, “durant l’été, pas mal de traitements” phytosanitaires, rappelle-t-elle. Pour les asperges bio, le désherbage est devenu mécanique voire à la main. Autour des plants, la biodiversité a été appelée en renfort avec des trèfles près des asperges et des arbres entre les rangs. L’objectif est de combattre le criocère par ses ennemis naturels et non des produits chimiques.

Et quand la récolte est terminée, Camille Juteau se met aussi aux fourneaux pour préparer des bocaux de velouté d’asperges. Histoire de pouvoir les déguster à toutes les saisons.

“J’ai toujours été portée par le fait d’accompagner l’autre, de manière générale”, raconte Elise Beaudoin. C’est ainsi qu’elle s’oriente dans un premier temps vers le secteur médico-social. Elle travaille pendant plus de 10 ans au sein d’une association d’aide à la personne, qui intervient auprès d’un public en situation de handicap.

Et puis, il y a 5 ou 6 ans, elle commence à s’intéresser au développement personnel. “C’est un secteur qui m’a vraiment attirée. Je me suis sentie vraiment à l’aise et portée par toutes les connaissances, les découvertes que j’ai faites au fur et à mesure.” Elle suit diverses thérapies, avec, dit-elle, toujours ce sentiment d’inachevé. C’est alors qu’elle découvre la sophro-analyse, qui lui apporte un profond bien-être. Une rencontre qui sonne comme une évidence. “C’est vraiment par l’expérience et cette envie permanente d’apprendre et d’aller découvrir que j’ai décidé de me lancer.”

Devenir acteur de sa vie

Une discipline qu’elle a donc rencontrée et appréciée de l’intérieur. “C’est-ce qui m’a séduite dans l’approche. On est acteur de sa propre thérapie, donc de sa vie.” Laquelle thérapie permet de revisiter des événements plus ou moins traumatiques, de se reconnecter à ses émotions, à son corps, de travailler sur des blessures profondes, des croyances limitantes, lever des peurs, des blocages, aller à la rencontre de soi, se libérer, se retrouver, pour devenir maître de sa vie et se reconnecter à son plein potentiel, acquérir sérénité et sécurité intérieures.

Dans la pratique, après une relaxation, on entre en état de conscience élargie et ce sont des bribes de conversations qui reviennent, des scènes de l’enfance que l’on revisite. C’est tout le subconscient qui refait surface, c’est avoir accès à ce que l’on avait oublié mais qui reste engrammé dans notre corps. 

Se sentir pleinement à sa place

“C’est vraiment la quête de me connaître, de me comprendre, de savoir qui je suis, la démarche personnelle qui a fait que j’ai aujourd’hui moi-même envie d’accompagner l’autre à se libérer et à se connecter au plein potentiel que l’on porte tous en soi, l’emmener vers son propre chemin. Et c’est extrêmement plaisant de voir la personne se réaliser et prendre les pleins pouvoirs, oser prendre sa vie en main.”

Un chemin qui permet aujourd’hui à Elise Beaudoin de se sentir pleinement à sa place. “J’ai confiance, j’aborde la vie avec un nouveau regard, une nouvelle dynamique et c’est une vraie renaissance.” 

En Gironde, la famille Mottet est propriétaire du Château de Seguin et du Château La France. Elle est engagée depuis 2018 dans une démarche de réduction de son empreinte carbone. Elle a ainsi mis en place plusieurs initiatives qui vont de ce sens sur leurs terres viticoles.

Dernièrement, elle a tenté une expérience : la mise en bouteille du vin Château La France dans un contenant en carton recyclé.

Un packaging novateur

« C’est une démarche qui a évolué avec le temps. On a commencé par réduire le poids de la bouteille en verre en passant de 600 g à 410 g. Et on s’est demandé ce que l’on pouvait faire de plus. Donc, on a eu l’idée de partir sur un contenant différent », explique Stéphane Mottet, le propriétaire et négociant en vin. Il s’agit d’une collaboration avec une société anglaise, propriétaire du concept. Il a été adapté aux besoins.

Cette bouteille se compose à l’intérieur d’une poche plastique pour la conservation et la qualité du produit. Elle représente 16% du poids total et l’ensemble pèse 83 g. Elle ne se casse pas et se recycle après utilisation. “Le verre, lui, n’est recyclable qu’à 75 %, et il consomme beaucoup d’énergie pour le fabriquer, compare Stéphane Mottet. En revanche, ce contenant n’est pas fait pour les Grands Crus ou les vins de garde, mais plutôt pour les vins légers. Ils sont à savourer dans les 12-18 mois.”

Un engagement de plusieurs années

Par ailleurs, l’engagement environnemental de la famille Mottet a pris un coup d’accélérateur avec l’implication du fils de Stéphane, actuellement en dernière étude d’ingénieur agronome. « On voit bien que les nouvelles générations sont plus axées sur le respect de la planète. Il nous a poussés à voir ce que l’on pouvait améliorer, déclare le viticulteur. Par exemple, on récolte les eaux de pluie sur les toitures pour nettoyer le matériel et traiter les vignes. Nos étiquettes sont en papier recyclé et déchets de raisins. Nos fournisseurs sont dans un rayon de 50 km autour du château. Pour ce qui est de l’export, on essaye de limiter l’usage du camion. »

Ainsi, grâce à ses efforts, la famille Mottet a pu certifier le Château La France neutre en carbone. Et réduire leur bilan de 50% en trois ans. Pour compenser l’impact de son activité viticole, elle a aussi pris l’initiative de planter 130 000 arbres sur ses propriétés « pour assurer à la prochaine génération sur les 30 années à venir. Ces conifères vont capter 12 500 tonnes de carbone pendant cette période », déclare Stéphane Mottet.

Depuis juin dernier, huit jeunes de 12 à 17 ans du DITEP Saint-Vincent – un Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique – se rendent tous les mardis matin à l’EGS, la première école d’E-Sport études d’Europe à Mérignac (Gironde). Un partenariat a été signé entre la structure publique et l’établissement privé.

Le but est de montrer les bénéfices de la pratique des jeux vidéos sur le soin thérapeutique. Et également de soutenir l’inclusion sociale pour ces ados qui souffrent de troubles du comportement.

Le jeu vidéo, un support

« Tout a commencé comme un film digne de Woody Allen, s’amuse Julie Guérin, la directrice adjointe de l’EGS. Dans le cadre de leur club du journal, les jeunes sont venus à notre rencontre parce qu’ils voulaient faire de l’E-Sport le sujet principal de leur prochain magazine. » Une simple rencontre qui a donc mené à la création de cette expérimentation.

À chacune de leur venue, ils sont accompagnés de leur psychologue, Laïdye Riello, et de leur éducatrice, Pauline Genson, du DITEP. Ils travaillent pendant 1h15, dans une pièce avec tout le matériel nécessaire. La responsable de l’école d’E-Sport études souligne que « l’idée de cet atelier est de dire que jouer ne va pas les soigner. C’est l’espace de discussion créé. Le jeu vidéo est un médium de communication entre le corps médical et ces jeunes ».

Briser les clichés

Si ce partenariat semble bien fonctionner, il n’était pas sous les meilleurs auspices. « On a eu pas mal de résistance et de réticence de la part de l’administration et du corps médical, relate Julie Guérin. Tout d’abord à cause du caractère unique du partenariat. On est une école indépendante, qui vient s’associer à un DITEP, public. On peut penser qu’il y a de la récupération médiatique ou commerciale. Aussi, le fait que le jeu vidéo est utilisé dans le soin thérapeutique n’est pas encore 100% accepté. »

Finalement, la directrice adjointe a su faire changer quelques mentalités, notamment lors des dernières journées nationales de l’AIRe. Celles-ci rassemblent les instituts médicaux-sociaux de France.

Re-donner confiance

Par ailleurs, ce partenariat souhaite aussi montrer que ça favorise l’inclusion sociale et « les métiers du numérique sont inclusifs par nature, souligne la responsable. Comme la radio, un média qui met à distance du monde, mais en même temps, on est connectés. C’est intéressant pour ces adolescents de voir ces professions à leur portée. C’est un message positif pour eux, un peu cassés par la vie. Ils se battent pour revenir dans une ligne éducatrice classique ».

Fière de ce projet, Julie Guérin y voit des répercussions positives. “Ce partenariat est fort parce que chaque personne investie a su sortir de son pré carré, de ses préconçus pour tenter quelque chose de nouveau”, dit-elle. Aussi, un jeune du DITEP Saint-Vincent va effectuer son premier stage professionnel au sein de l’EGS.  Et les étudiants chapeautent, tous les deux mois, la réalisation du journal du club de l’institut.

Ce n’est pas un cycliste traditionnel, mais plutôt un motard tombé amoureux de vélos au look de motos américaines. Benoit Maréchal a fondé Cruiser Dealers, à Mérignac, près de Bordeaux, un magasin spécialisé dans le vélo custom rétro vintage.

Tout a commencé le jour où il a découvert un vélo custom sur les quais de Bordeaux. « Je suis tombé amoureux de ce genre de vélo. J’en ai acheté un et je me suis dit qu’il fallait les faire connaître. J’ai quitté mon travail et fondé Cruiser Dealers. »

Des objets d’art 

À l’intérieur de son magasin, des vélos atypiques aux lignes proches de l’univers moto rétro associés aux technologies les plus modernes. Le magasin expose des vélos des marques Solex, Reine Bike, Ruff Cycles ou encore Rayvolt.

C’est avec ce type de vélo qu’il s’est lui-même remis à pédaler. « J’avais un VTT dans un garage que je n’utilisais plus depuis 25 ou 30 ans. Aujourd’hui, j’utilise mon vélo tous les jours et ne rate pas une occasion d’aller à Bordeaux avec mon vélo ! Ce sont des bestiaux qu’il faut assumer parce qu’ils sont très regardés. Mais, moi, ça me va ! » assume Benoit Maréchal qui a d’ailleurs monté le col du Tourmalet avec son vélo de 35 kilos. « Les cyclistes puristes ne nous ont pas vus d’un mauvais œil ! »

Un vélo personnalisable 

Au sein de sa boutique atelier, il revend des vélos de différentes marques. Mais il propose aussi de la personnalisation de vélos. « C’est ce volet-là qui m’a conduit à entreprendre. » Le client peut choisir entre plusieurs cadres de la marque Ruff Cycles, une entreprise allemande. Ensuite, il choisit son type de guidon, ses phares, sa peinture. L’électrification est également possible dans le cadre d’un partenariat avec Cycloboost à Bordeaux. « Au final, cela donne un vélo unique au monde que personne d’autre n’aura », savoure Benoit Maréchal.

Cruiser Dealers propose également de réparer tous types de vélos.