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« C’est au départ un projet de producteurs de Nouvelle-Aquitaine qui se regroupent pour pouvoir accéder à la commande publique », rappelle Benjamin Labelle, directeur général de Manger Bio Sud Ouest (MBSO). Créée en 2011, cette structure a prouvé l’efficacité de son modèle. Après plus de 10 ans d’existence, elle revendique plus de 350 clients et plus de 5 millions de chiffre d’affaires. « Les perspectives de croissance sont encore très soutenues », reconnaît Benjamin Labelle, directeur général de MBSO, alors que la loi Egalim impose un minimum de 20% de produits bio dans la restauration collective.

Concrètement, il s’agit d’une plateforme de commandes de produits bio et locaux dédiée à la restauration collective. « 4 000 produits sont aujourd’hui référencés. Nous nous engageons sur plus de 60% de produits de Nouvelle-Aquitaine 100% bio », assure Benjamin Labelle. Manger Bio Sud Ouest s’engage à livrer rapidement une gamme très large de produits. Quatorze collaborateurs travaillent d’ailleurs pour cela sur un site de 1 000 m² à Damazan (Lot-et-Garonne) avec une équipe commerciale qui suit les clients.

Photo Mathys Nicolas

Un nouveau modèle de distribution 

« L’intérêt pour les fournisseurs est de rentrer dans un projet collectif, d’être maître de son destin. Ils y trouvent de nouveaux débouchés, mais ne viennent pas simplement voir un distributeur. L’outil leur appartient. C’est une société coopérative (SCIC) et nous y tenons », insiste Benjamin Labelle.

Ce qui change aussi, par rapport à un acteur de la distribution « traditionnel », c’est son rayonnement sur une échelle plus restreinte. La plateforme ne livre que sur quelques départements. « Nous considérons qu’un bassin tel que la région est une bonne échelle pour identifier un produit comme étant régional et local. C’est aussi un bassin suffisant pour disposer d’une offre assez large de produits et de permettre de réduire les distances. Nous répondons ainsi dans le même temps à un enjeu de rapport au carbone et d’émission de carbone en général », développe Benjamin Labelle, un directeur convaincu et à sa place.

Manger Bio Sud Ouest s’inscrit dans un réseau plus large, Manger Bio qui compte 21 plateformes. 

Dessiner, peindre, écrire une phrase motivante au dos de petites cartes et les cacher dans les villes. Tel est le concept de Caroline, plus connue sous le pseudonyme Raffink Art sur les réseaux sociaux. À 28 ans, elle a trouvé un passe-temps qui mêle écriture et art. Son but est de faire passer des messages “bienveillants, préventifs et militants”, comme l’indique la biographie de son compte Instagram, qui cumule près de 2000 abonnés.  

La première fois que Caroline a déposé une carte avec un petit mot derrière, c’était en juillet 2021. Cette Bordelaise avait pour habitude de dessiner sur des petits bouts de papier, mais ne savait pas quoi en faire. “Ce jour-là, je n’allais pas très bien. J’ai eu envie de faire quelque chose qui ferait du bien à quelqu’un d’autre, donc, par définition, qui me ferait du bien ”, raconte-t-elle.  

Premier dessin, premier retour  

Elle décide alors d’écrire une simple phrase bienveillante au dos d’un de ces papiers et de le laisser sur un siège dans un bus en ayant pris le soin d’y inscrire son Instagram : Raffink.art. Dès le lendemain, elle reçoit un message d’un inconnu la remerciant. “Ça m’a beaucoup soulagée dans la peine que je ressentais à ce moment-là”, explique l’artiste. Après ce premier retour positif, elle s’est prise de passion pour ce concept : dessiner, écrire et distribuer. “Maintenant, je ne sors plus de chez moi sans une dizaine de cartes”, plaisante Caroline.  

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Une publication partagée par Raffink.art🎨 (@raffink.art)

Ses petites pièces d’art ne font que quelques centimètres, mais sont riches en couleurs. La Bordelaise a créé différents thèmes comme des projections de peinture, des fleurs ou à partir de chutes de cartes précédentes. Elle a par ailleurs récemment réalisé une collection avec des chats dessinés au feutre noir sur un fond bariolé. Sur le verso, une phrase inspirante ou militante choisie par l’artiste. 

De l’art qui voyage   

Raffink Art à Saint-Lary-Soulan

L’art de Raffink Art voyage sans cesse. Ses échantillons se retrouvent partout en France et hors des frontières. Lors de ses périples, Caroline n’oublie jamais de cacher ses cartes et de le partager sur les réseaux sociaux à la manière d’une chasse aux œufs. Cependant, elle précise que la plupart des cartes voyagent grâce à ses abonnés : “Je les donne à des gens qui les font voyager. Il est arrivé une fois que quelqu’un de passage à Bordeaux emporte avec elle une de mes cartes en Argentine”, s’exclame-t-elle.   

Après trois ans de productivité, Raffink Art pense avoir façonné plus de 100 000 pièces d’art et espère laisser une trace sur Terre : “C’est peut-être ce que cherchent certains artistes”, affirme-t-elle. Avec tout ça, Caroline garde avant tout des souvenirs et des anecdotes : “J’avais écrit une citation de Guillaume Apollinaire sur une de mes cartes, quelqu’un l’a trouvée, est allé au cimetière du Père-Lachaise à Paris pour la déposer sur la tombe d’Apollinaire, et m’a envoyé une photo. C’était la première fois qu’une carte voyageait autant”, raconte-t-elle.   

Grâce à cette activité, Caroline s’est rapprochée d’associations féministes et militantes, et distribue son art et sa bienveillance lors de manifestations. Aujourd’hui, en parallèle de ce concept, la Bordelaise aimerait créer sa boutique d’œuvres d’art. 

David Beaulieu, ancien marin, a créé, en 2001 à La Rochelle, l’association Echo-Mer, qui a pour slogan « Écoute ta mer ». Cette dernière s’engage dans la protection des océans et des littoraux à travers différentes actions de sensibilisation auprès des scolaires, des entreprises et des citoyens. Sensible à ce projet et à ces valeurs, Céline Duris a souhaité créer une antenne en Gironde, sur le bassin d’Arcachon, son lieu d’habitation. « La problématique environnementale est la même sur toute la côte atlantique, constate-t-elle. Et chez nous aussi, dans cet endroit où il y a beaucoup de monde en période estivale. J’avais envie d’impliquer les politiques sur les gestes et les méthodes pour protéger le littoral. »

C’est en 2021 qu’elle s’est lancée. « Je ne voulais pas dupliquer Écho-Mer, car je suis sur un autre territoire. Je voulais apporter des solutions et sensibiliser aux déchets qui finissent dans la mer, par le biais d’ateliers, de balades écocitoyennes notamment. » L’une des principales actions est le ramassage de différents déchets sur le littoral et les ports. Certains, destinés à être enfouis ou incinérés, sont revalorisés. C’est le cas des voiles de bateau utilisées pour réaliser de la bagagerie (trousses de toilette, sacs de voyage, portefeuilles). Les paniers ostréicoles sont quant à eux transformés en corbeille et vide-poches. Cette revalorisation est effectuée par les employés de l’ESAT Arca-baie, à Gujan-Mestras, et en collaboration avec le centre pénitencier de Mont-de-Marsan.

Tous concernés

Céline peut compter sur son équipe de bénévoles, dont fait partie Claire, pour l’aider dans ses missions. « J’ai l’impression d’agir pour tous les défis environnementaux qui nous attendent à l’avenir, de faire des choses concrètes. Aussi, j’agis sur mon territoire, ce qui me permet de donner l’exemple à mes enfants », exprime la bénévole.

De son côté, Joëlle, retraitée, a décidé de s’investir dans cette association suite aux importants feux de forêts qui ont touché la Gironde de 2022. « J’aimerais bien que plus de gens soient sensibilisés à la pollution environnementale. On sait tous que ces déchets vont dans l’océan. Et lui, il souffre en ce moment. Pourtant, on vit avec la nature qui est généreuse envers nous et nous, il faudrait qu’on la respecte et qu’on ne l’abîme pas. »

Tout au long de l’année, l’Établissement français du sang (EFS), organise différentes campagnes de sensibilisation autour du don du sang. L’une d’entre elles est d’ailleurs consacrée à informer le public sur les groupes sanguins rares qui ont une utilité particulière. Le Dr Fabien Lassurguerre, directeur collecte et production de l’EFS Nouvelle-Aquitaine, répond à nos questions.

AirZen Radio. Qu’est-ce qu’un groupe sanguin rare ? Et, surtout, pourquoi parle-t-on de rareté ?

Dr Fabien Lassurguerre. La rareté, c’est la fréquence dans la population. On définit un sang rare lorsqu’il y a moins de quatre personnes sur 1000 qui possèdent ce type de groupe sanguin. Il y a donc les groupes classiques AB, A, B et O puis les rhésus négatifs ou positifs. Et il faut savoir qu’au-delà de ces groupes sanguins habituels, existent plusieurs particularités qui se rattachent à ces groupes. En tout, ilexiste plus de 300 groupes sanguins au sein de la population humaine.

Comment sont-ils appelés ?

Alors, ils ont des noms, par exemple, le groupe Duffy. Il faut savoir que les groupes sanguins rares ont des particularités que l’on va trouver sur les globules rouges. C’est ce qu’on appelle des antigènes. Certaines personnes ont donc certains antigènes et d’autres n’en ont pas. C’est la répartition de ces antigènes sur les globules rouges qui va faire la différence de groupe sanguin et qui peut amener des particularités très sensibles avec des gens. On peut avoir, par exemple, dans notre population, moins de dix personnes sur la population française qui vont posséder un groupe sanguin particulier. C’est très important de les repérer parce que, quand on va devoir transfuser une personne, il faut absolument connaître le groupe de la personne et trouver le donneur qui va être compatible pour éviter l’accident transfusionnel.

Comment peut-on savoir si notre groupe sanguin est rare ?

Souvent, on le découvre par hasard. C’est-à-dire au cours d’une intervention. Quand on est opéré, une carte de groupe est toujours réalisée. Et, parfois, on se rend compte que le patient va avoir un groupe un peu particulier, qu’on va étudier et qu’on prendra en compte pour les opérations ultérieures.

Il y a aussi des gens qui connaissent leur groupe sanguin parce que, dans leur famille, il y a des sangs rares. Aussi, en France, l’organisme qui s’appelle le Centre national de référence des sangs rares va justement essayer de recenser ce sang. Il va ainsi pouvoir nous alerter en disant : là, il faut vraiment contacter ces personnes pour qu’on puisse les prélever. Parfois, on va même congeler leur sang pour avoir des réserves quand ces sangs rares sont vraiment exceptionnellement rares et pas être dans une impasse quand un malade aura besoin de ce groupe sanguin particulier.

Il y a aussi une conservation spécifique pour les sangs rares…

Ça dépend. On peut être amené à les congeler, ce qu’on ne fait pas habituellement. Quand un donneur va donner son sang, en effet, sa poche va être utilisable pendant 42 jours. Elle va rester sous forme liquide et on va la garder dans le service de distribution. Mais elle ne reste jamais 42 jours dans nos étagères parce qu’évidemment, on a besoin de sang régulièrement. Globalement, la moyenne d’utilisation de nos poches est de 13-14 jours en France. En revanche, pour les sangs rares, qu’on ne voit pas fréquemment, on congèle. Mais si un malade arrive, et qu’il faut absolument avoir besoin de ce sang, on le décongèle.

En fait, ce qu’on veut éviter, c’est de se retrouver dans ce qu’on appelle une impasse transfusionnelle.  C’est-à-dire avoir un malade qu’on ne saurait transfuser parce qu’on n’aurait pas la poche qui correspondrait à ce malade. Donc, pour ne pas se retrouver dans cette situation, il faut vraiment qu’on ait plein de donneurs qui viennent pour qu’on puisse les tester. Ainsi, on va pouvoir trouver ces petites particularités qui vont être nécessaires pour transfuser.

Qu’en est-il de la “population de sang rare” ?

Tout le monde peut être “sang rare”. Ça dépend de plein de facteurs. La répartition de ces sangs rares n’est pas du tout la même selon les pays. Par exemple, les rhésus négatifs sont assez fréquents en France. Ils sont présents chez 20 % de la population. Mais en Chine, ce résultat négatif est quasi inexistant, les rhésus négatifs sont donc rares. Et avec la mondialisation, les populations se déplacent. On voit des personnes qui viennent d’autres parties du monde, qui ont des particularités sanguines. Il faut absolument en tenir compte au moment où on va devoir les transfuser.

Cela veut dire que selon endroit dont nous sommes originaires, nous pouvons avoir des particularités dans le sang ?

Il peut y avoir des particularités avec des gens, des antigènes spécifiques qu’on trouve moins dans d’autres populations. La mondialisation a fait que beaucoup de gens bougent. On retrouve en France des populations qu’on ne voyait pas avant, il y a 50 ans. Parfois, des personnes se présentent avec des maladies importantes, nécessitant des transfusions. Je pense notamment à la drépanocytose. C’est une maladie génétique des globules rouges très fréquente et qui va nécessiter des transfusions régulières. Les patients qui en souffrent ont parfois des groupes sanguins un peu particuliers. Il faut absolument trouver des donneurs qui vont être compatibles avec ces malades. C’est donc essentiel d’avoir des dons de gens qui ont des ancêtres venus d’autres parties du monde pour justement disposer d’un panel de sang le plus large possible. Ainsi, on va pouvoir transfuser tous les malades qu’on voit tous les jours dans nos hôpitaux.

D’où cette nécessité de sensibiliser aux groupes sanguins rares et, plus généralement, au don du sang…

Oui, c’est important d’en parler pour inciter les gens à venir donner leur sang et qu’on puisse tester leur sang. Et essayer de repérer des sangs rares parmi ces donneurs. Mais on a besoin que les gens se mobilisent toute l’année, viennent à nos collectes et viennent donner leur sang, qu’ils aient un sang rare ou non. Il faut vraiment que ça se fasse dans la diversité de la population. Tout le monde doit se sentir concerné par le don du sang et doit venir, parce qu’il y a des malades qui vont correspondre parfois à un seul ou deux donneurs. Et, peut-être qu’un jour, eux aussi, pourraient avoir besoin d’être transfusés – ce que je ne leur souhaite pas – et il faudra alors que quelqu’un ait la même particularité sanguine pour pouvoir justement répondre à ces besoins transfusionnels.

En France, 10 000 dons du sang sont nécessaires par jour pour répondre aux besoins.

Arrivée en finale de la seconde édition des Drag Games à Bordeaux, Zoé Klecka, 26 ans, creuse peu à peu son sillon dans cet univers qui allie performance scénique, maquillage et vêtement. Débutante, il lui reste encore des choses explorer.

En effet, cela ne fait que quelques mois que la comédienne et metteuse en scène s’y consacre totalement au sein de la compagnie bordelaise le Grand Incendie. Mais déjà, elle a su montrer son talent en performant avec son personnage nommé Dés Astres, un être hybride, mi-fée mi-sorcière. Rencontre avec cette femme artiste qui a différentes cordes à son arc.

Collection privée Zoé Klecka

AirZen Radio. Comment avez-vous découvert l’univers drag ?

Je pense que c’était il y a à peu près six ans. À Bordeaux, il y a eu plusieurs vagues drag. À cette époque-là, le drag commençait à prendre son essor. Et moi, je suis arrivée à un moment où il y avait des soirées organisées dans des bars à Victoire [dans le centre-ville de Bordeaux, NDLR] de manière très régulière. J’y suis allée en tant que spectatrice, je n’y connaissais absolument rien. Et Camomille, qui fait du drag depuis longtemps, et qui est aussi costumière dans ma compagnie, m’a dit de venir. J’y suis allée et j’ai trouvé ça incroyable. C’est super parce que chaque personne est ce qu’elle a envie d’être, fait ce qu’il veut. Visuellement, ce que je voyais me plaisait. Il y avait un côté magique.Je me suis revue petite fille.

Quelle a été votre première expérience dans le drag ?

Un jour, l’ancien président du collectif bordelais la Casa Drag, qui organisait depuis longtemps des soirées, m’a proposé de performer parce qu’il avait besoin d’une baby drag. C’est quelqu’un qui n’a pas vraiment encore performé. Je me suis dit : pourquoi pas ? J’y suis allée, et ça m’a fait un bien fou. Vraiment, je me suis dit : c’est super.

Les premières fois, j’ai performé avec une barbe. Je ne faisais pas non plus du Drag King, mais j’avais des barbes dessinées avec des paillettes. Puis, j’ai dû faire une pause pour mes études pendant un certain temps. Mon cursus de théâtre me prenait beaucoup de temps. Et l’année dernière, j’ai décidé de m’y consacrer à fond. Ça a plutôt bien fonctionné. Et parce que j’ai fait plusieurs scènes ouvertes, j’ai participé aux Drag Games et fait partie des dernières finalistes.

Comment avez-vous construit Dés Astres, votre personnage ?

C’est un peu particulier, parce que ce n’est pas un personnage fictif, comme au théâtre. On n’est pas seulement un personnage fictif. Je trouve que c’est une démarche assez politique, parce qu’à chaque fois qu’on est sur scène, qu’on prend la parole, on peut en profiter pour faire passer des messages qui nous tiennent à cœur. Ce personnage-là s’est construit au fur et à mesure, mais pas que dans le drag, par ma pratique théâtrale aussi. J’avais envie de performer quelque chose de très personnel et, en même temps, de me permettre d’être autre chose que moi.

J’ai choisi ce nom, Dés Astres, parce que je me suis dit que c’était bien pour moi. Je me moque un peu de cette partie de moi, celle où j’ai tendance à dire que je suis trop nulle, que je n’y arriverai jamais, que je ne suis pas ceci, je suis timide. Puis, j’ai un côté petite catastrophe qui ressort avec ça. Ce personnage-là s’est donc construit autour de ça, de cette figure-là et, en même temps, de mes envies artistiques. C’est un peu féérique et je m’inspire aussi du fantastique, des esthétiques un peu sombres. J’adore aller dans de l’humour, du kitsch. C’est un endroit qui me permet d’être un crash test de moi-même.

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Avoir mis un pied dans le monde du drag vous a donc permis de faire des choses que vous n’auriez pas pu faire avant ?

Oui, complètement. Ça m’a permis de rêver un peu plus grand artistiquement et pour moi-même. Des mises en scène comme celle que j’ai proposée à la finale des Drag Games, par exemple, avec beaucoup de lumière, une énorme jupe à paillettes, des danseuses qui sortent de sous ma jupe… je n’aurais pas pu proposer ces choses ailleurs, parce que je me serais potentiellement censurée. Là, je me suis dit qu’il fallait que j’aille le plus loin possible dans ce que je veux faire.

Est-ce que ça vous a apporté autre chose ?

Depuis que je fais du drag, j’ai un autre rapport à mon image. Il est beaucoup plus positif dans le sens où, avant, j’étais très intransigeante : toujours sortir bien maquillée, bien habillée, etc. Je me demandais toujours si j’étais assez ceci ou pas assez comme ça. Même les problématiques féministes que j’ai pu soulever dans le théâtre, je les mettais sur le plateau sans pour autant me les appliquer personnellement.

Et là, du fait de me retrouver projetée là-dedans, c’est moi qui performe sur scène. C’est mon corps. C’est ce que je suis, ce que je renvoie, qui performe. Ça m’a vraiment permis de lâcher prise dans ma vie parce que je me suis vue. Ça m’a donné de la force. Je me suis vue tellement forte, tellement impressionnante.

C’est à Cenon, en Gironde, que vit Noémie De Mul. A 33 ans, la jeune naturopathe exerce en parallèle une profession peu connue : doula de fin de vie. Elle est ainsi en lien avec des personnes en fin de vie, des aidants ainsi que des personnes qui vivent un deuil, quel qu’il soit. Elle leur apporte ainsi une aide dans son cabinet qu’elle a installé chez elle, en visio, et va les rencontrer à l’aide de son camion aménagé. L’accompagnante partage son quotidien sur son compte Instagram NoéNaturo.

AirZen Radio. Qu’est-ce qu’une doula de fin de vie ?

Noémie De Mul. J’ai tendance à dire qu’une doula, c’est une facilitante. L’idée est donc d’être présente dans des moments de vie qui sont quand même assez intenses. C’est vrai qu’on a tendance à connaître davantage les doulas de naissance. Celles de fin de fin de vie vont être là pour le deuil, pour accompagner les aidants. L’idée est vraiment de faire le lien entre tous les acteurs d’une fin de vie et d’apporter le plus de douceur, de sécurité, de faire en sorte que ce moment qui, justement, est assez intense, soit vécu de la façon la plus douce possible. J’insiste autant pour la personne en fin de vie que pour les personnes qui vont être autour. C’est important qu’elle sente que ses proches sont sereins.

Depuis quand exercez-vous ce métier ?

Officiellement, ça fait un peu moins de deux ans. Officieusement, j’ai envie de répondre depuis toujours, quelque part. La mort a toujours été présente dans ma vie. J’ai effectivement de nombreuses personnes autour de moi qui sont décédées et j’ai toujours été celle qu’on vient voir quand, justement, il se passe quelque chose comme ça ou quand on traverse des moments sont difficiles.

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Comment en êtes-vous venue à devenir doula?

J’avais une idée vraiment différente de la mort et de la façon dont on pouvait l’accompagner. Très longtemps, je me suis dit qu’elle ne pouvait pas exister. Et puis, j’ai traversé beaucoup de choses, notamment le décès de mon épouse. Je l’ai accompagnée.

Et dans le cadre de mon cursus de naturopathe, j’ai fait un mémoire sur les soins palliatifs et la naturopathie. Puis j’ai commencé à chercher sur Google “soins palliatifs et naturopathie”, sans grande conviction. Finalement, je suis tombée sur le site d’une femme que je trouve assez exceptionnelle. C’est auprès d’elle que je me suis formée. Elle a créé ce qu’on appelle l’Institut deuil et doula de fin de vie. J’ai lu son site. Et là, je me suis dit “c’est ce que je veux faire”. Ca reprenait tout ce que je faisais déjà, mais de manière officielle. Tout en étant porteur d’une voix. C’est-à-dire que ce n’est pas juste un métier, c’est une vision de la vie, une vision de l’être humain.

Cette formation est-elle reconnue ?

Ca reste toujours un sujet frileux. C’est un peu comme la naturopathie. On est un peu en retard en France par rapport à ça. Donc effectivement, non, elle n’est pas, elle n’est pas cadrée de ce côté-là. C’est bien tout le problème d’ailleurs. Parce que ce qu’on aimerait éviter les dérives et faire en sorte que les choses restent bien bordées. Ce processus est quand même en cours. Je sais que la formation que j’ai faite est en instance d’être reliée au Qualiopi (une certification qualité attribuée accordée aux organismes de formation qui remplissent les conditions fixées par le ministère du Travail, NDLR). Il y a donc des choses qui sont en train de se développer. Mais c’est un sujet frileux, qui prend donc du temps.

Comment se déroule cette formation ?

Elle se déroule sur un an, en présentiel ou à distance. Je n’ai aucun problème pour dire que cette formation, finalement, c’est une façon d’apprendre des outils. C’est une façon de pouvoir aborder tous les deuils, quels qu’ils soient. C’est aussi une thérapie parce qu’on ne peut pas être une bonne doula de fin de vie si on n’a pas soi-même travaillé sur ses deuils, sur son rapport à la mort, à celle des autres et à la sienne.

Il y a, entre autres, beaucoup de mises en pratique, d’exercices, même si je n’aime pas ce terme, qu’on fait à plusieurs où on pose des questions assez intenses, assez intimes aussi, qui servent ensuite lors des consultations. On va reproduire ces exercices avec les gens qu’on suit. Mais ce travail amène aussi beaucoup d’outils et de réflexion.

Quel genre de réflexion ?

Le sujet du deuil est un peu réducteur. En tout cas, en France, on associe le deuil au décès d’un être vivant, d’humain, de chien, de chat, de lapin… Mais il n’y a pas que ça. Il y a le deuil d’une maison, d’une relation, d’un projet, le deuil de soi aussi qui est un sujet très peu abordé. Il y a le deuil de son corps, si on a un handicap. En ce moment, j’accompagne une femme qui est en train de perdre l’ouïe. Donc oui, elle ne va pas mourir, mais c’est quand même une autre vie qu’elle va embrasser. Tout ça constituent des deuils et ce sont des choses qui ne sont pas toujours abordées dans la société. Cela nous pousse aussi dans nos réflexions et nous donne des outils pour accompagner ces personnes-là.

Quels sont les outils que vous avez acquis lors de cette formation ?

Il y a d’abord les outils qu’on nous apprend pendant la formation. Puis, il y a les outils que j’avais déjà moi ou que j’ai continué d’acquérir au fur et à mesure du temps. Parce qu’en étant naturopathe, le but est d’avoir une caisse à outils. Donc, il y a des outils très pratico-pratiques – des huiles essentielles, des plantes, des fleurs de Bach. Il y a beaucoup de choses de cet ordre-là, car c’est possible d’atténuer l’intensité des émotions d’un deuil. On n’enlèvera jamais l’émotionnel et ce n’est pas le but.

En revanche, on peut faire en sorte que ce soit un peu plus doux. Souvent, les gens d’ailleurs ont cette croyance qu’on est condamné à souffrir. Mais il est possible de vivre avec plus de douceur. Puis, il y a des exercices comme celui de la chaise vide qui permet de verbaliser des choses à la personne qui n’est plus là, et ainsi drainer ce qui n’a pas été dit.

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Comment se déroulent les suivis ? A-t-il lieu sur plusieurs séances ?

Aucun suivi ne se ressemble. Parfois, une séance suffit, car les gens ont besoin dans l’instant de déposer ce qu’ils traversent, ont traversé, et d’être entendus. Et puis, il y a d’autres personnes qui ont besoin d’avoir un espace sécurisant et de rendez-vous réguliers. En ce qui me concerne, j’aime être disponible. Donc les gens savent que, de toute façon, j’ai des créneaux d’urgence. Pour la fin de vie, c’est un peu pareil. Il peut y avoir des personnes qui me demandent des rendez-vous, qui ne sont pas en fin de vie strict, c’est-à-dire qu’elles sont en palliatif ou ont des pathologies qui font que, à un moment donné, elles savent que les choses peuvent déraper. Elles ont besoin de parler d’elles, de leur mort éventuelle, de leurs directives anticipées, de toutes ces choses-là. Les rendez-vous vont donc être plus ou moins réguliers, dans ces cas de fin de vie stricte, d’où le camion.

Selon vous, pourquoi les gens qui vous consultent ont recours à vos services plutôt qu’à ceux d’un spécialiste, comme un thérapeute ?

Souvent, ils ont tendance à dire que je dégage effectivement quelque chose de rassurant. Donc les gens qui me voient, qui me suivent sur les réseaux viennent aussi pour ça, parce que j’ai quelque chose, d’après eux, de très doux. J’aime aussi à dire aussi que j’ai 33 ans et déjà eu une vie assez intense. Dernièrement, une personne que j’accompagne m’a dit : « C’est fou de voir à quel point ta légitimité part de tout ce que tu as pu traverser ». Car effectivement, j’ai déjà expérimenté de nombreux deuils. C’est ce qui fait qu’ils se sentent entendus, ils savent que je sais ce qu’ils vivent.

J’aime beaucoup les psychologues, les psychiatres. Je trouve qu’ils sont très importants. La santé mentale en général. Pour moi, c’est fondamental qu’on puisse avoir de tout sur les professionnels. C’est vrai aussi que quand il est question du deuil, certains me disent qu’ils ne se sentent pas complètement compris par quelqu’un qui n’a pas déjà vécu ça.

Qu’est-ce que vous apporte ce métier ?

Photo Noémie De Mul

Ça me donne une vision de la vie qui est assez intense. Déjà, de vivre en étant en contact avec la mort de manière régulière, ça permet de se rendre compte à quel point la vie c’est vachement bien et de pouvoir en profiter vraiment pleinement. Les gens pensent que quand on accompagne la fin de vie, c’est un peu glauque. Mais ce sont des moments hyper lumineux. Il y a beaucoup de joie, il y a beaucoup d’amour. C’est un vrai cadeau.

Pourquoi avez-vous fait le choix de l’itinérance ?

J’avais à cœur de pouvoir me déplacer, parce que c’est un mode de vie que j’aime. C’était important de me rendre disponible et de pouvoir aller au plus près des personnes qui sont dans le besoin. C’est ce que je propose et que j’appelle une mise à disposition. C’est-à-dire que je viens avec mon camion. Je me gare devant chez les gens. Puis je reste trois jours et trois nuits et je leur dis que “je suis à disposition”. Ça veut dire qu’ils m’appellent n’importe quand, sur les trois jours et sur les trois nuits, j’ai juste à ouvrir la porte de mon camion et je suis là. Je trouve ça chouette parce que ça donne lieu à une conversation et ça leur permet de poser des questions et donc un échange. Ça permet aussi des rencontres. Le but est de pouvoir en faire un sujet normal car c’est un sujet normal et je suis pleinement convaincue que plus on sera à l’aise avec les émotions, le deuil et la mort, plus les choses seront douces.

Anne a créé un Espace d’hébergement pour animaux délaissés (EHPAD) à Libourne, en Gironde. Elle y recueille des équidés abandonnés, délaissés ou placés par la justice et leur offre un dernier foyer. Passionnée d’équitation et de chevaux depuis l’enfance, Anne a décidé de fonder son association suite à un constat qu’elle partage sur le site de l’Ehpad Equus : « Que deviennent les équidés âgés ou malades lorsqu’ils ne sont plus exploitables ou rentables ? Devenus indésirables, beaucoup d’entre eux risquent l’abattoir. D’autres se retrouvent isolés au fond d’un pré et certains encore sont lâchement abandonnés… Est-il concevable qu’un cheval ayant servi et obéi durant de nombreuses années pour satisfaire l’homme devienne un paria lorsque sa force et ses performances déclinent ? »

Aujourd’hui, le refuge recueille une vingtaine de pensionnaires même si la demande d’accueil ne cesse d’accroître. Anne Grillon tient néanmoins à limiter le nombre de places disponibles pour pouvoir offrir à ses équidés tout le confort dont ils ont besoin et qu’ils méritent.

Chevaux, ânes et poneys

Chevaux, ânes ou encore poneys viennent toucher en plein cœur l’équipe de bénévoles. « Il y a un petit poney qui s’appelle Samy, qu’on a récupéré il y a un peu plus de trois ans. C’est un poney qui connu beaucoup de souffrances physique et psychologique. Il est borgne. Il était dans les roues à poneys dans les foires. Ce sont des poneys qui sont dans des roues toute la journée pour amuser les enfants. Heureusement, cela est maintenant interdit. Suite à cela, il avait été sauvé par quelqu’un mais qui l’a laissé dix ans dans un pré tout seul. Il y a eu un retour à l’état sauvage. Cela a été très complexe de rentrer en contact avec lui. »

Samy, comme tous ses colocataires de l’Ehpad Equus, peut être parrainé. Ce dispositif permet à l’association de palier les différents besoins et le bien-être des pensionnaires.

“On a tous plus ou moins baigné dans le vélo depuis toujours. On est tous “vélotafeurs”, on va tous travailler à vélo depuis une bonne grosse dizaine d’années. J’ai fait du vélo en compétition, on a pas mal bricolé, réparé des vélos dans des ateliers participatifs et on a fini par vouloir créer notre propre marque”, raconte Mathieu Courtois, directeur général de Jean Fourche. Avec Maël Le Borgne et Benoit Maurin, ils ont mis à contribution leurs différentes compétences au moment de créer l’entreprise. 

Tout a commencé en 2019, avant le Covid et ce qui allait devenir le boom du vélo en ville. Il aura fallu presque deux ans entre les premières esquisses papier, les premières conceptions 3D, le prototypage à Bordeaux, la présérie avec le fabricant basé au Portugal, jusqu’aux premières livraisons fin 2020, et avant une évolution vers l’électrique fin 2022.

Car si l’envie de fabriquer un vélo totalement français, voire totalement local, est bien là, tous les composants ne peuvent pas encore être fabriqués dans l’Hexagone, si l’on veut pouvoir garder un prix abordable (ici, environ 2300 euros). Alors, les trois amis misent sur le local dès que cela est possible.

“À l’échelle du vélo, on parle d’Europe, mais on arrive quand même à trouver une bonne partie de nos composants en France.” L’assemblage est désormais réalisé dans les ateliers bordelais (rapatriés de Saint-Etienne), la peinture à 5 km de là, les garde-boues sont quant à eux fabriqués en France, les roues y sont assemblées également, les moyeux proviennent de République tchèque, la selle d’Italie, le cadre, le pédalier et la fourche du Portugal. “En moins de 9 heures, on est sur site chez notre fabricant et on a des délais de transports assez courts. Sans oublier que les cadres sont fabriqués selon nos propres plans.”

Le vélo cargo, le nouvel utilitaire

Seule une partie des composants ne se trouve pas en Europe, ou uniquement pour des vélos très haut de gamme (comptez 8000 euros la monture). Ils sont alors commandés en Asie (pièces de roulement, jeux de direction, boitiers de pédalier, potences et tiges de selle).

À noter que le moteur du modèle électrique est assemblé en France, dans une ancienne usine Renault à Flins-sur-Seine (Yvelines). L’entreprise a aussi pour envie de développer ses propres accessoires en local (c’est déjà le cas pour les paniers issus de récupération de filets ostréicoles réalisés par l’ESAT – établissement et service d’aide par le travail – des Eyquems, à Mérignac, en Gironde).

Un maximum de composants français, c’est un plus. Les usagers des environs peuvent aussi directement venir essayer leur vélo à l’atelier de Bordeaux. “Pour le coup, ça a vraiment du sens pour un Bordelais d’acheter un vélo assemblé à Bordeaux, parce qu’il n’y a pas d’autre fabricant ici. Nous ne sommes pas les seuls à assembler dans l’Hexagone, mais on va plus loin parce qu’il y a une cohérence dans notre politique d’achat pour s’équiper le plus localement possible, et les gens font de plus en plus attention à cela. L’idée est de réduire au maximum l’impact environnemental de notre production.” 

Réduire l’impact de la production

Le projet de Jean Fourche est aussi de mettre le plus de gens possible sur un vélo, que ce soit pour aller au travail ou transporter des courses ou les enfants vers l’école, ce qui se développe de plus en plus avec l’usage du vélo cargo, longtail, long-john, bi ou triporteur, type de vélos déjà bien utilisés plus à l’est de la France (Belgique, Pays-Bas, Allemagne). “L’usage du vélo, pour le côté utilitaire, va encore évoluer c’est certain, et il y a des choses à faire. On travaille dessus. Ces nouveaux vélos ont de beaux jours devant eux !” 

Qui succèdera à Elips, vainqueur de la saison 1 des Drag Games à Bordeaux ? Celui ou celle qui remportera la couronne de cette nouvelle édition sera connu le 20 janvier lors de la finale à la salle des fêtes du Grand Parc Bordeaux. Au départ, ils étaient 53 participants et participantes à ce concours, organisé par le collectif bordelais La Casa Drag, qui met en lumière les artistes Drag. Désormais, ils ne sont plus que neuf finalistes : La Sabotée, Mia Cœur, Loki Boo Prince, Serge, Nina Putanesca, Moon La Boucanée, Vanus, Nova et Dès Astres. Ils ont été sélectionnés au cours de différentes épreuves qui se sont déroulées sur neuf mois. 

Faire ses preuves

Les candidats vont tenter de se démarquer lors de trois épreuves. “On commence par un runway, donc un défilé en costume. Le jury en sélectionne six. Ceux-là vont ensuite s’affronter en battle de lypsinc, il y en aura trois. Il s’agit de performances scéniques lors desquelles deux artistes sur scène performent sur la même chanson. C’est à celui qui arrivera à prendre le devant de la scène, à prendre de la lumière. C’est le public qui va décider. Puis, on a la finale avec la performance libre. Là, il n’y a plus de contrainte de thème. On veut seulement laisser la place et la possibilité de découvrir la vraie sensibilité et la patte artistique de chaque candidat”, détaille Yan Moussu, de son nom de scène Ren S. Il est l’un des membres fondateurs de la Casa Drag.

C’est donc sur la comédie, la danse, le chant, l’humour, le maquillage, le look vestimentaire que les candidats seront jugés par l’œil critique et bienveillant de trois personnalités du milieu drag. Tout d’abord, Elips, gagnante de la saison 1 des Drag Games et marraine de la saison 2. Elle a été candidate de la saison 1 de Drag Race France, diffusée sur France Télévisions. Puis, Moon qui a participé à la saison 2. Enfin, Jean Ranobrac, photographe renommé du monde Drag, notamment photographe officiel de l’émission Drag Race France. 

Sans oublier le public qui aura aussi son mot à dire. D’ailleurs, Yan tient à préciser que “ce n’est pas du tout réservé à un public queer, LGBTQIA +. C’est un milieu qui est très généreux. Toutes les personnes qui assistent à un show drag pour la première fois laissent tomber énormément de préjugés. Et c’est en cela que je trouve que l’art drag a une vraie force sociale. Finalement, avec ce concours, on veut dire qu’on a le droit de faire ce qu’on veut. On se rend compte des contraintes imposées par la société, et/ou la famille, et du fait que l’on peut s’en passer.”

À la recherche d’un artiste complet

En récompense, la drag queen gagnante de cette deuxième édition obtiendra une couronne ainsi qu’une tenue sur mesure, un shooting photo professionnel, du maquillage, et bien d’autres choses. 

Quelles sont les qualités recherchées pour gagner ? “Selon moi, explique Yan Moussu, ça engage une implication envers le public. Donc si on ne donne pas une émotion, de l’humour, de l’énergie, forcément, le public va y être moins sensible. Puis, il faut que ça passe par le costume aussi. On a besoin d’un effet “Whouaw !” En fait, dans l’ensemble, on recherche du sens, du fond, du concept aussi”.

Tarif carte jeune / tarif standard. Prévente 8 euros /10 euros ; sur place 10 euros /12 euros. Possibilité d’acheter sa place en prévente sur HELLOASSO.

Après avoir été infirmière, Sylvie Pallatier a travaillé pendant 14 ans dans l’art contemporain. Elle est aujourd’hui boulangère. Après s’être formée en boulangerie biologique, elle s’est lancée dans son propre projet dont le concept est atypique. Bakery Art Gallery à Bordeaux est un lieu composé d’une boulangerie bio et sans gluten, qu’elle dirige, et d’une galerie d’art contemporain gérée par son mari, Christian Pallatier, historien et critique d’art. Pour accéder à la galerie depuis la boulangerie, les visiteurs passent devant le labo vitré. L’idée ? « Nourrir le corps et l’esprit. C’était un beau challenge », sourit Sylvie Pallatier. 

Sans gluten et bio

Côté boulangerie, pour Sylvie Pallatier, le sans gluten s’est imposé, car elle est devenue intolérante. Elle utilise donc de la farine de riz, de sarrasin, de sorgho, de maïs et de châtaigne également. Travailler des produits bio était aussi une évidence. « J’ai grandi dans un univers où l’on mangeait bien. On avait des arbres fruitiers sans pesticides. Les produits avaient un goût extraordinaire. Il y avait des paysans tout autour. J’ai une mémoire de goût assez riche. Et adulte, pour mes enfants, je pouvais faire des kilomètres pour aller chercher du bon pain, des légumes et retrouver ces saveurs-là. »

Elle est toutefois nuancée sur la certification. Elle n’est d’ailleurs certifiée que pour le pain. « Pour les pâtisseries, je m’amuse, je crée et si les matières premières sont identiques pour tous mes produits, je veux pouvoir m’autoriser à poser une fleur qui n’est pas certifiée bio », explique Sylvie Pallatier. Elle défend coûte que coûte les producteurs qui n’ont pas forcément les moyens d’être certifiés, mais soignent leurs produits et n’utilisent pas de produits chimiques. « Nous avons besoin d’eux et ils ont besoin de nous. Il faut les soutenir. »

Bakery Art Gallery, une boulangerie bio et sans gluten couplée à une galerie d'art.
Hélène Lerivrain / AirZen Radio

Bakery Art Gallery est située 24 rue du Mirail, à Bordeaux. 

« En France, on nous demande surtout d’apprendre à bouger en soirée. Il y a une vraie gêne sociétale du regard des autres. On n’ose pas s’amuser ou être à l’aise », explique David Issaly. Danseur et fondateur de Danse Tous Style, il remarque ce complexe typiquement français à ne pas oser face aux autres. Par exemple, il suffit de lancer le Madison ou le Kuduro pour que les gens osent. Rien d’étonnant, selon David : quand on sait que faire, on ose plus facilement se lever de sa chaise.

Seul ou en couple, la danse à domicile pourrait séduire de nombreux Français qui souhaitent apprendre rapidement dans un laps de temps restreint. Une solution idéale quand il y a une échéance comme un mariage et sa fameuse ouverture de bal, par exemple.

À domicile, la tâche s’avère plus facile, les entrainements ne nécessitant qu’un peu de place au sol et une tenue confortable. L’Île-de-France, l’Alsace, la Nouvelle-Aquitaine sont les régions qui font le plus appel à la danse à domicile. Bémol : l’ambiance et l’engouement des cours collectifs. Mieux vaut donc veiller à bien définir ses objectifs.

Danse Tous Styles est le réseau numéro 1 des cours de danse à domicile dans tous les départements français. L’entreprise regroupe plus de 3 000 de professeurs de danse en freelance, présents sur tout le territoire, qui se déplacent au domicile des élèves pour donner des cours de danse pour tous les niveaux et tous les styles de danse. Les cours sont immédiatement remboursés à 50% par le service Avance immédiate.

Yesman, c’est d’abord un état d’esprit, celui de dire facilement oui. C’est ce qui caractérise Bastien Vignes, le fondateur de l’entreprise éponyme. Une formule utilisée dans sa bande de copains lorsqu’il s’agit de sortir de l’ordinaire ou tout simplement d’organiser une petite virée. On se motive, on se galvanise : “t’es un Yesman, toi, tu vas dire oui !”

Alors, quand à l’aube de la quarantaine, il souhaite se reconvertir et créer sa propre entreprise après toute une carrière dans la grande distribution, il se dit que, quitte à se lancer dans l’aventure, autant le faire à fond et créer le service de ses rêves, ce qui le ferait “le plus triper” pour mettre y toute son énergie. Un énorme changement de vie auquel, là encore, il a su dire “Yes !”. Alors, au moment de trouver un nom à son entreprise, Yesman s’est imposé. Il s’agit d’un “nom qui parle bien et dont on se souvient”. L’idée est maintenant de convertir le plus de gens possibles au oui.

Une expérience qui réunit

Et pour cela, Bastien Vignes a mis au point un procédé minimaliste, mais mûrement réfléchi. Il suffit de prendre son Yespass sur le site de Yesman, la billetterie de l’imprévu, comme il se plait à l’appeler. Cette billetterie a pour vocation de permettre aux gens de sortir quand ils veulent, avec qui ils veulent, mais sans qu’ils sachent pour autant où ils vont aller ni ce qu’ils vont faire. En amont, c’est à ceux-ci de donner quelques indications, comme la configuration du groupe, s’ils sont seuls, en famille avec des enfants, en couple, avec des copains ou s’ils souhaitent rencontrer de nouvelles personnes. Ensuite, les clients ont le choix entre dix thématiques, parmi lesquelles ils doivent en sélectionner cinq au minimum. Ainsi, la surprise reste entière parmi, par exemple, le domaine des arts et de la culture, les ateliers “do it yourself”, le volet gastronomie et dégustation, ou encore la bien nommée “borderline” pour les adeptes de sensations fortes. Il s’agit aussi de faire part des contre-indications éventuelles, phobies, allergies, situations de handicap. Cela permet d’encadrer, entre les thématiques appréciées et les choses que l’on ne souhaite absolument pas faire, tout en laissant ouvert le champ des possibles.

Le pari n’est donc pas risqué du tout. D’autant plus que l’idée n’est pas de s’embarquer dans un week-end éprouvant où un kit de survie et une bonne paire de chaussures seraient essentielles, mais bien de rentrer chez soi le soir, après une activité d’une heure, deux heures, quatre heures. Pas très engageant donc en matière de temps, parce que c’est le client qui décide combien il souhaite et peut consacrer à cette expérience. Pas très engageant non plus en matière d’argent puisque le budget minimum est de 30 euros par personne. Enfin, il n’y a pas d’abonnement à contracter. Vous pouvez juste tenter l’expérience, pour voir.

“Le fait de ne pas savoir, ça évite de jouer à l’avance les émotions qu’on va ressentir”, explique Bastien Vignes. Ce qu’il propose, c’est aussi de lâcher prise sur l’organisation, de poser la charge mentale de côté et de partir plus léger vivre sa vie, en passant un bon moment avec ses proches. Une fois que l’on a donné les informations essentielles, c’est lui qui prend le lead, et nous n’avons qu’à penser à nous amuser.

“Ma promesse n’est pas l’originalité. L’activité n’est pas une fin en soi, elle permet de réunir les gens, partager des bons moments, créer un souvenir, parce qu’ils ont fait quelque chose de différent avec ce même groupe de personnes, qu’ils ont accepté de se laisser porter. Ils sont fiers d’avoir dit oui sans rien savoir de ce qu’ils allaient faire. Et puis ils se disent à la fin qu’ils ont passé un moment qu’ils n’auraient certainement pas vécu autrement”. “Sortez plus parce que plus facilement”, c’est le crédo de Yesman.

On sait tous organiser nos vacances, nos week-ends aussi, mais les semaines se présentent comme des tunnels où entre le travail et la vie de famille, on n’a pas forcément le temps ni l’énergie de penser à autre chose. Ce qui bloque souvent, c’est de trouver l’idée, d’organiser, avec la peur de décevoir, de devoir relancer. Là, vous décidez quand vous sortez, avec qui, et après, vous vous laissez guider. Les contraintes tombent. 

“Quand vous dites oui, l’histoire continue”

Ça marche aussi en entreprise, dans laquelle les équipes organisent régulièrement des évènements, comme du team building. L’idée est d’intervenir en amont pour parler des bénéfices du oui, qui sont importants dans tous les domaines de la vie, et aussi au travail, bénéfices qui sont liés à la communication, à l’acceptation du changement. Et ensuite, de faire vivre l’expérience dans les semaines qui suivent aux salariés.  

“Bien sûr qu’il y a des choses auxquelles il faut savoir dire non, mais globalement, quand vous avez une proposition et que vous êtes hésitant, vous allez avoir tendance à dire “je ne sais pas”, “on verra”, “peut-être”, toutes ces réponses qui ne sont d’ailleurs pas des non, mais pas des oui pour autant. Le sujet est clos, la porte se referme et c’est terminé. On ignore à côté de quoi on est passé. Quand vous dites oui, l’histoire continue. On ne peut pas garantir que dans 100% des cas ce soit magique, mais au moins, il se passe quelque chose. Donc, je prône le oui, oui ! “

Un grand oui que l’on peut vivre pour l’instant uniquement en région bordelaise, et qui a l’avantage de faire vivre des expériences à deux pas de chez soi, sans nécessité de se déplacer loin en transport polluant. Le concept privilégie d’ailleurs les entreprises, artisans, lieux culturels locaux. Et puis, l’aventure commence dès le départ, alors c’est l’occasion de covoiturer ou d’enfourcher son vélo pour faire le trajet tous ensemble.

Déjà une 21ᵉ édition pour le festival Trente Trente qui met les différentes formes de l’art contemporain à l’honneur dans la Métropole de Bordeaux, du 16 janvier au 2 février. Des artistes et des compagnies de France et de l’étranger seront présents. Il s’agit d’un événement porté par la Compagnie Les Marches de l’été, basée au Bouscat en Gironde. Son metteur scène, Jean-Luc Terrade est aussi le directeur artistique de Trentre Trente.

Bonjour. D’où est-ce que vient le nom de ce festival ?

Normalement, au départ, les spectacles prévus dans le cadre de ce festival ne devaient pas durer plus de 30 minutes et on partait 30 secondes. On n’a jamais fait ni l’un ni l’autre d’ailleurs. C’est vrai que maintenant, on est plutôt aux alentours de 40 minutes.

Melissa Guex, Rapunzel®Julie Folly

À quoi faut-il s’attendre quand on se rend à Trente Trente ?

On propose des spectacles pluridisciplinaires donc ça concerne tous les arts vivants : danse, musique, marionnettes, installations, cirque, théâtre. J’en oublie peut-être. En semaine, on a à peu près à deux ou trois spectacles. Le week-end, on fait des parcours de quatre ou cinq spectacles sur le territoire, donc les gens peuvent se balader dans Bordeaux ou en métropole et assister à des spectacles de formes et de disciplines différentes. On est un festival de performances et de formes, un peu marginal, hybride, qui propose ce qui n’a pas beaucoup de visibilité ici en Aquitaine.

Justement, vous parlez de spectacles hybrides qu’on ne voit pas forcément partout. Pourquoi c’était essentiel ?

Grande question. Parce que je trouve qu’il faut vraiment essayer tout le temps de déranger au spectacle. Et ce qui n’est pas facile : essayer que les gens déplacent aussi leur regard et leur esprit et puissent agrandir le champ de leur appréciation. Si on reste sur nous, sur notre confort et sur notre façon de penser, l’ouverture est difficile. On cherche une certaine forme, mais on va rejeter tout le reste. Tandis que là, ce que j’essaye de faire, c’est de proposer des spectacles dans lesquels les gens seront obligés de se déplacer et d’être un peu dérangés.

Cabinet de Curiosité Appach© Erik Damiano

Vous souhaitez les déranger à quel niveau et pourquoi ?

Pour que les gens ne soient pas confortables. Qu’ils ne soient pas consommateurs ou consommatrices d’un spectacle, mais participants, actifs du spectacle. Beaucoup de gens viennent au spectacle pour consommer, et ce n’est pas la même chose. Par exemple, dans une galerie, ils ne regardent même pas les tableaux. Ils prennent des photos, ils s’en vont. Ça, c’est de la consommation. J’essaye par le spectacle que, soit les gens s’en aillent parce que ça les dérange, soit qu’ils se mettent à une autre place que d’habitude.

Est-ce que vous auriez des exemples de performances qui ont été faites ou à venir, et qui dérangent ?

Là, me vient tout de suite à l’esprit Steven Cohen qui est un très grand performeur sud-africain basé à Bordeaux. Dernièrement, l’un de ses amis a disparu. Il lui a fait une ode avec son urne funéraire. Et tous les soirs, il prenait une poignée de son urne, la mangeait. Voilà. Bon ça, c’est le summum. Mais la façon dont il le fait, il y a une telle beauté artistique. C’est un vrai plasticien.

Sinon, j’ai mis en scène un débat sur la censure, et là, j’ai toujours pensé que les gens allaient partir. Il y avait un couple nu qui travaillait sur le rapport entre un vendeur de sexe et un monsieur de troisième âge. Ils travaillaient avec leur sexe. En même temps, c’était fait avec une telle douceur. Moi, je pensais que les gens allaient partir. Pas du tout. En même temps, au bout d’un moment, le public est habitué quand il vient à Trente Trente. Et puis, je pense qu’on peut aller très loin sur un plateau à partir du moment où même si c’est fait pour provoquer, et bien la provocation est directe.

“So slow” Cie des Limbes © Carbone Parole

Avant de se quitter, est-ce que vous auriez un dernier message à faire passer ?

C’est dire qu’il faut vraiment qu’on résiste. Parce que c’est vrai qu’à l’heure actuelle, avec tout ce qui se passe autour de nous, c’est de plus en plus compliqué d’exister et de savoir comment exister sur un plateau. On est réellement embués par le chaos qui nous entoure et par le vide. Et je pense qu’il faut résister, surtout les jeunes, parce qu’il y a beaucoup de jeunes qui abandonnent, plus qu’avant, je trouve. Je comprends, car c’est compliqué, mais je pense qu’il faut être là, il faut occuper le terrain.

Se relaxer en écoutant de la musique, le tout allongé sur des chaises longues, oui, ça existe. À Cenon (Gironde), au Rocher de Palmer, se niche une petite salle qui voit entrer et sortir des visiteurs venus se détendre au plus près des mélodies du monde. Patrick Labesse, initialement journaliste de profession, anime des siestes musicales gratuitement pour le plus grand plaisir des personnes franchissant sa porte. “Il y a des retraités, des adolescents, des personnes en situation de handicap, tout le monde se croise ici”, explique-t-il. 

Détente, découverte et discussion  

La pièce où se cache ce concept est plongée dans la pénombre, les lumières sont tamisées et les chaises longues colorées donnent vie au lieu. Sur ces chaises se trouvent des habitués “qui ont leur propre coussin et leurs pantoufles ici”, rit Patrick Labesse. “Les gens papotent entre eux, ils m’interpellent aussi pendant la sieste musicale afin de partager des anecdotes. Certains viennent plus occasionnellement, “comme les personnes avec une déficience mentale, et quand ils assistent aux siestes musicales, ils sont apaisés”, confie-t-il. Les gens qui entrent ici cherchent à “titiller leur curiosité”, ajoute le mélomane.

“Éveil et sensibilisation aux cultures du monde”   

Les siestes musicales sont des écoutes de musiques collectives et pédagogiques. Pendant 1h30 et 3 fois par semaine à partir de 15 heures, plusieurs musiques s’enchaînent. Ici, tous les styles de musique se valent : “il m’est arrivé de faire une sieste musicale sur le hip-hop, mais je suis allé chercher ce hip-hop en Amérique latine ou en Afrique, il faut que le style musical porte des bribes de culture d’un pays en particulier”, raconte Patrick. Il aime ajouter des éléments de contexte sur les artistes et les albums. Patrick peut autant diffuser de la musique classique, que du hip-hop en passant par le jazz du monde entier. Ce n’est pas seulement s’asseoir et écouter de la musique aléatoirement que les gens recherchent, mais plutôt de partager un “moment d’éveil et une sensibilisation aux cultures du monde”, selon Patrick Labesse.  

Par ailleurs, chaque sieste musicale a son propre thème. Ils peuvent dépendre de la saison ou être à l’image d’une célébration comme la journée de la femme ou celle de la francophonie. Pour Patrick Labesse, trouver des thèmes divers et les bonnes chansons à diffuser est un “vrai exercice, mais c’est aussi un jeu”.

À savoir, la plupart de ces siestes musicales sont à retrouver en podcast sur le site du Rocher de Palmer et bientôt sur Spotify.

À l’occasion de la Journée internationale du handicap, le 1ᵉʳ décembre, le Muséum de Bordeaux, sciences et nature a dévoilé un nouveau dispositif d’accessibilité : un sac sensoriel. Il porte le nom de sac FACIL pour Facilite, Accompagne, Calme, Implique et Libère. Cet objet a été pensé pour des personnes ayant des troubles autistiques et de l’attention. À l’intérieur se trouvent différents objets apaisants et réconfortants. Cette démarche a été initiée par Lucie Nardin. Responsable du pôle médiation du musée, elle a collaboré avec une stagiaire, Laetitia, pour travailler sur l’accessibilité.

 « Au départ, on a mis en place des temps calmes, le samedi, de 13 à 14 heures, pour les personnes qui ont une hypersensibilité sensorielle, dit-elle. Les lumières sont alors tamisées. Et on baisse peu les sons ambiants. Les médiateurs font aussi une médiation plus zen, en chuchotant. Mais tout le monde ne peut pas venir sur ce créneau-là. On s’est donc dit qu’on devait aller plus loin. » D’où l’idée de ce nouveau dispositif.

Photo Jennifer Biabatantou/AirZen Radio

Un sac pour chaque besoin

Le visiteur compose ce sac avec un les médiateurs scientifiques du site en fonction de ses besoins. Puis, il le retourne à la fin de la visite. « On a des aides auditives avec les casques antibruit et des boules Quiès pour renforcer le tout. Il y a aussi aide visuelle, avec des loupes et une paire de jumelles. Cela peut permettre de lire certains cartels sur lesquels les écritures sont petites pour certains. Il y a par ailleurs des lunettes solaires pour atténuer la luminosité. Ensuite, des aides tactiles, comme des balles et des dés anti-stress. Il y a des personnes qui ont besoin de toucher, de ressentir les choses pour se canaliser, pour se concentrer et puis pour s’apaiser… », énumère Lucie Nardin, de façon non exhaustive. Des objets de proprioception, pour les personnes rencontrant des difficultés avec les notions de temps et d’espace, sont aussi proposés.

Un accueil inclusif

Lucie Nardin, responsable du pôle médiation du Muséum. Photo Jennifer Biabatantou/AirZen Radio

Au total, une douzaine d’objets sont mis à disposition du public. Sans oublier des aides pour communiquer ses besoins et son état émotionnel à son accompagnant ou aux salariés du musée. Celles-ci consistent en deux fiches. Sur la première figure un indicateur d’émotions allant de « à l’aise » à « en colère ». Sur la deuxième, les besoins tels qu’aller aux toilettes, avoir un objet pour se calmer, aller dans un endroit calme….

« Le but était de trouver un dispositif qui puisse être utilisé par les personnes hypersensibles et les personnes qui ont des troubles autistiques. Parce qu’on cherche à les faire venir et à ce qu’elles se sentent accueillies au sein du Muséum. Mais finalement ce dispositif s’adresse à un plus large public. »

Par la suite, le Muséum de Bordeaux, sciences et nature, va étudier le profil des publics qui utilise ce sac FACIL, et les objets choisis, dans le but d’améliorer son dispositif,

Après avoir passé de nombreuses dans l’hôtellerie de luxe, EllysRaza, 53 ans, a décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat. En 2022, elle a créé sa marque de cosmétiques naturels et bien-être : Aïna Tiora.

« En malgache, on dit « ain », ça veut dire « vie » et « natior » signifie « nature ». J’ai contracté ces deux mots que l’on peut traduire comme la nature comme source de vie. Si engagée et engagement veut dire don de soi, oui, je suis engagée. Si engagement veut dire militantisme, ce n’est pas du tout ce que je suis. J’aimerais que cette marque s’intègre dans la vie quotidienne des gens, de la façon la plus simple et naturelle. Tous les ingrédients que j’utilise sont biodégradables et d’origine naturelle. Évidemment, il n’y a pas les 3 000 ingrédients qui sont nocifs pour la santé », tient-elle à préciser.

Ressource malagasy

C’est dans son laboratoire de Bègles (Gironde) que la cheffe d’entreprise élabore sa gamme de produits aux emballages recyclés et/ou recyclables. Elle est composée d’un nettoyant visage, d’une huile de douche, d’une crème pour visage et d’un baume. Elle a ici mis à profit ses années d’expériences dans le domaine du soin et du bien-être ainsi que ses connaissances des plantes et de leurs vertus de son pays d’origine.

Notamment du Katafray, un arbuste dont l’écorce sert à fabriquer des huiles essentielles. «. Puis, par la suite, c’est une fois par semaine, parce que ça apaise. Elles aident aussi à récupérer et à se préparer aux efforts physiques. Ça me rappelle tous ces moments de douceur qu’on a eus quand nos mamans nous massaient », se souvient-elle.

Action colibri

Mais le travail d’Ellys ne se limite pas à la production de cosmétiques. Elle a aussi en effet souhaité mettre en place un écosystème vertueux autour de son entreprise. « 1% de mon chiffre d’affaires hors taxes sert à contribuer à la reforestation à Madagascar. Ça me tient aussi à cœur de sensibiliser les paysans qui cultivent les huiles essentielles et à qui je les achète à travers une coopérative. Je leur dis par exemple que quand on fait des huiles essentielles, on les recueille dans des bouteilles qu’on va recycler, etc. J’essaye de les éduquer à ça. J’ai conscience que c’est un travail de longue haleine, surtout à respecter tous les jours. De ces façons, je me dis que j’apporte ma petite pierre à l’édifice. »

À travers sa marque, la créatrice d’Aïna Tiora a également à cœur de véhiculer une image plus positive de Madagascar, autre que celle de « la misère ou des migrations ». Par ailleurs, en plus d’avoir mis au point des cosmétiques, Ellys Raza a aussi créé un massage, la parenthèse Malagasy

Et si la voiture partagée était la solution pour moins utiliser la voiture en ville ? C’est le pari de Citiz, une coopérative d’autopartage présente dans une vingtaine de villes en France, comme Rennes, Lille, Marseille, Toulouse, La Rochelle, et en Ile-de-France. L’autopartage Citiz permet de louer une voiture en libre-service de manière occasionnelle, à l’heure, à la journée ou plus. Il suffit pour ce faire de créer un compte. Une formation en visio d’une trentaine de minutes est ensuite proposée. Une fois ce module validé, il est possible de louer sa voiture à la demande via une carte et un agenda partagé.

Pour les automobilistes résidant en ville, de nombreuses stations sont implantées sur un large périmètre. Il suffit, dans ce cas de figure, de se rendre sur place, de déverrouiller le véhicule grâce à badge ou application et de le retourner au même endroit après utilisation.

Les voitures et camionnettes sont de plusieurs types (citadines, utilitaires) et peuvent aussi être électriques ou thermiques. « L’autopartage est écologique, mais pas nécessairement électrique », précise Alexandre Jouaville, directeur de Citiz Occitanie.  

Les véhicules qui composent la flotte électrique sont garés sur des places disposant de bornes. Un câble est alors fourni et permet de le recharger sur d’autres bornes du même type. Les voitures thermiques sont quant à elles directement stationnées sur la voirie.

En voiture pour moins de voitures en ville

Quelle différence entre Citiz et un loueur classique ? « La possibilité de louer à tout moment. Mais surtout, la démarche qu’il y a derrière », explique Alexandre. Citiz est en effet une coopérative. Elle fait donc partie de l’économie sociale et solidaire et n’a aucun but lucratif. Les sommes versées à la location servent ainsi à rémunérer les équipes, payer les charges fixes et entretenir les véhicules.

« Notre objectif est que nos clients utilisent notre service le moins possible », explique curieusement le directeur de Citiz Occitanie. Selon les dernières estimations de l’ADEME (agence de la transition écologique), les services d’autopartage permettent « d’économiser » entre cinq et huit voitures possédées. « En Occitanie, par exemple, nous disposons d’une flotte de 170 voitures. Si on considère que sur les huit voitures économisées, trois auraient été stationnées sur la voirie, les autres en parking, chez un particulier, eh bien on libère un peu plus de 500 places de stationnement. Il n’appartient pas qu’à nous de le décider. Nous venons en support des collectivités et les encourageons à utiliser cet espace pour des transports plus doux », détaille Alexandre Jouaville.

application chargemap recharge voiture électrique
Chargemap

Dans un article récemment paru sur le site de BonPote, une voiture coûte annuellement un peu plus de 5 000 euros entre le carburant, l’assurance, les péages, l’usure, l’entretien ou encore le prix d’achat lissé sur l’année. Chez Citiz, la moyenne du coût d’utilisation tourne autour de 2 000 euros pour un particulier. Ce chiffre monte un peu pour une utilisation professionnelle.

« Mais attention, tout dépend de l’usage, l’objectif est de nous utiliser le moins possible, de repenser sa mobilité. On encouragera toujours à prendre les transports, le vélo, à éviter certains trajets aussi. La voiture doit rester la dernière solution si on ne peut pas faire autrement », ajoute Alexandre Jouaville.

“J’ai toujours été dans le monde du vélo“, raconte Christophe Dalle, alias Cris Bike, qui a ouvert sa boutique il y a presque deux ans dans le quartier résidentiel de Caudéran, à Bordeaux. Mais c’est sa carrière qui l’a mené au préalable chez un grand nom du sport. Alors, le vélo, il connaît très bien. “Mais je voulais finir ma carrière en tant que patron, avec ma petite boutique.” Quand l’opportunité se présente donc, il la saisit au vol. Une restructuration chez son employeur, sa femme qui possède déjà un emplacement et le Covid-19 qui sonne l’explosion de la pratique du vélo une fois le confinement passé. “Les gens crevaient, cherchaient un réparateur et il n’y avait personne dans le quartier.” Et voilà, Cris Bike était né.

Un engouement tel pour le vélo que le propriétaire a été emmené à déménager pour plus grand, seulement un an et demi après son installation. Il n’a pas fallu longtemps pour convaincre comptable et banquier. Le vélo, un blanc-seing pour l’entrepreneuriat ? En tout cas, tous les voyants sont au vert et la boutique de Cris ne désemplit pas. “Les centres-villes ne peuvent plus recevoir les voitures, il faut trouver à se garer, on manque de stationnement. Le prix du gasoil a augmenté également, explique-t-il. Alors, le vélo s’est présenté comme une grosse alternative et l’est encore. Pour les familles, ça a été les triporteurs.”

Un attrait toujours important pour le vélo musculaire

Car les usages ont changé. Le vélo loisir, dont on parlait il y a encore dix ans, a laissé la place au “vélo taf” comme l’appelle Cris Bike. Désormais, on l’utilise pour se rendre au travail. Pour des petites distances, c’est le vélo musculaire qui est toujours privilégié. Son attrait ne se dément pas. D’abord, parce qu’il permet encore de faire du sport, ce qui tient à cœur les utilisateurs de vélo. Mais aussi parce qu’il est plus pratique et moins lourd : 12 kilos pour les plus costauds, contre 24 kilos en moyenne pour un vélo électrique, qui représente aujourd’hui 30% de la clientèle de Cris Bike. “Ce n’est pas tant le prix. Les gens connaissent les tarifs, ils savent que c’est un budget, mais ils veulent vraiment garder cette partie sportive.” Ceux qui cèderont aux sirènes de l’électrique sont plutôt ceux qui effectuent de plus grandes distances pour se rendre au travail, au-delà de 10 km, ou les heureux propriétaires de triporteurs, peu maniables autrement.

Des objets qui évoluent et dont les réparations s’avèrent de plus en plus onéreuses. “On est passé dans de l’hydraulique, voire même de l’électronique puisqu’on a des moteurs électriques avec des mises à jour à effectuer”, raconte Cris Bike. Le métier est donc amené à évoluer en permanence. “On part sans cesse en formation pour apprendre les nouvelles technologiques qui se développent sur les vélos. En février, je vais me former à un nouveau système de dérailleur, auquel on a rarement affaire, mais il faut pouvoir répondre à toutes les demandes. Ça devient de plus en plus compliqué. Il faut avoir le bon matériel pour réparer ne serait-ce qu’un dérailleur. Avant, il y avait un seul câble. Désormais, il peut y en avoir deux, voire de l’électrique également.” 

Une complexité qui conduit les cyclistes à ne plus forcément pouvoir réparer leur vélo eux-mêmes. La nouvelle clientèle veut pouvoir monter sur son vélo sans se poser de questions, comme on met la clé dans le démarreur d’une voiture. “Ça ne l’intéresse pas. Elle veut un service et paie pour ça. J’ai bien essayé de mettre en place des formations, mais peu de personnes étaient intéressées. Ma clientèle est faite d’ingénieurs, d’informaticiens. Ils ne veulent pas mettre les mains là-dedans.”

Un équipement toujours plus pointu

Alors, on traite un peu son vélo comme sa voiture. On veut toutes les options, on veut être équipé par tous les temps. Les accessoires de pluie et de froid se vendent comme des petits pains : gants, capes longues, pantalons de pluie, surbottes, moufles, guêtres et même manchons de guidon, qui explosent cette année. On se remet à installer du cale pied et du porte-bagage, pouvant transporter jusqu’à 35 kg de charge, pour partir tranquillement emmener les enfants à l’école. Sans parler des rétroviseurs, clignotants dignes d’un SUV sorti d’usine, des sacoches pour emporter son ordinateur ou son déjeuner, des porte-téléphones pour le GPS et, bien sûr, d’anti-vol.

Ce n’est plus un vélo que l’on achète, mais deux désormais, pour être certain de ne pas être pris pour cible par les voleurs. Car si la pratique du vélo s’intensifie, les vols aussi. “C’est devenu le sport national, raconte Cris Bike. Je vois parfois des clients qui reviennent acheter un vélo neuf parce qu’ils se sont fait dérober le premier, puis, quelque temps plus tard, ils reviennent en acheter un d’occasion cette fois, parce qu’ils ont à nouveau été victimes de vol.” Un achat d’anti-vol sur lequel les clients ne lésinent pas. “Aujourd’hui, chaque vélo qui sort d’un magasin doit être marqué pour être identifié, dans le cas où il serait volé. Cela régule les flux dans les commissariats. Il y a énormément de vélos récupérés dont on ne peut pas retrouver le propriétaire faute de marquage.”

Le monde du vélo évolue sans cesse et nous commençons à peine à l’explorer. Le deux roues promet encore de beaux jours à Cris Bike et tous ses confrères, partout en France, dans nos villes, et nos campagnes.

Le Réseau Compost Citoyen Nouvelle-Aquitaine est une association qui promeut le compostage de proximité sous toutes ses formes à travers ses régions. Armelle Gilliard fait partie de ses membres. Après avoir suivi plusieurs formations, elle a obtenu le titre de Maitre-composteur, ce qui fait d’elle une professionnelle de la prévention et de la gestion de proximité des biodéchets. Elle explique ce qu’implique la généralisation du tri à la source des déchets organiques à partir du 1ᵉʳ janvier 2024.

Collections Privée Armelle Gilliard.

AirZen Radio. Qu’est-ce que concrètement le compostage ?

Armelle Gilliard. Le compostage est une façon d’assembler plusieurs ingrédients, donc essentiellement des épluchures et des déchets verts broyés, et de les assembler les uns avec les autres. À la fin, ça donne une matière semoule, assez granuleuse, très bonne pour le sol et pour la biodiversité du sol, qui va nourrir ce sol et, par effet rebond, les plantes. Donc c’est bon pour la planète.

On parle aussi de matière verte et de matières brunes…

Les matières vertes regroupent tout ce qui est déchets de cuisine, de table, toutes les épluchures qui sont issues de la cuisine. Les matières brunes, au contraire, sont tout ce qui sort du jardin, mais qui est broyé. Si on dispose de grands espaces, il n’est pas nécessaire de les broyer. Mais ça rend les choses plus difficiles. Il vaut mieux avoir de la matière brune broyée,

À partir du 1ᵉʳ janvier 2024, le compostage sera donc obligatoire. Qu’est-ce que cette mesure va concrètement impliquer pour les citoyens ?

Il est déjà obligatoire pour certains acteurs, notamment les entreprises qui produisent énormément de matières organiques. Elles ne doivent donc plus rien mettre dans la poubelle noire et trier, depuis plusieurs années déjà. Et donc, en 2024, cette mesure va concerner tous les citoyens. Mais le particulier n’est pas vraiment contraint par la loi. En réalité, ce sont les collectivités territoriales qui sont obligées, elles, de mettre à disposition des citoyens des solutions de compostage.

À Bordeaux Métropole, il y a déjà beaucoup de choses qui sont en place. Mais si dans votre ville, rien n’existe encore, il faut appeler vos élus et leur dire que ça ne va pas et qu’il faut qu’il s’y mettre (rires).

Quand vous dites que les collectivités mettent des choses en place, qu’est-ce que ça signifie ?

Je vais vous prendre l’exemple de Bordeaux Métropole. Si vous avez un petit jardin, vous pouvez demander un composteur individuel et l’installer dans votre jardin. Vous composterez donc directement dans votre jardin.

Si vous résidez dans un habitat collectif, vous allez peut-être avoir des difficultés parce que vous n’aurez pas cet espace. La solution est donc de faire du compostage partagé. Dans ce cas de figure, des composteurs vont être installés au pied d’un immeuble ou dans la rue et le citoyen va devoir de le gérer, en constituant une petite communauté peut-être. Et là, c’est l’occasion de se faire des amis, d’organiser pas mal d’apéros et en apprenant pas mal de choses sur la vie des sols au passage. Mais vous n’êtes pas seul pour faire ça. Pour bénéficier de ce service, il faut déposer un dossier auprès de Bordeaux Métropole. Et vous allez être accompagné pendant un an pour vous aider à bien mettre en place le projet. Des formations gratuites sont aussi proposées.

Il existe aussi dans le commerce des petites boîtes pour faire son propre compost. Mais comment ça se passe ? Que met-on dedans ?

Si vous participez à un projet de compostage partagé, tout ce matériel va être offert par Bordeaux Métropole. C’est une sorte de petite poubelle miniature à mettre dans votre cuisine. Et là, vous pouvez y mettre des déchets de cuisine, des déchets de table, des peaux d’agrume, etc. Tout ce que vous ne voulez plus consommer, qui serait périmé. Souvent, il faut recouper certains éléments. Et puis, une fois par semaine, vous pouvez aller au composteur partagé, aux horaires d’ouverture.

On peut alors presque tout mettre dans un compost, même de la viande ?

Vous pouvez mettre tout ce qui se décompose. Donc des mouchoirs en papier, par exemple. Et il est possible de mettre de la viande, même des gros morceaux de gras. Et il n’y a pas de problème de rongeur, contrairement à ce que disent les gens. Si on brasse bien le compost à chaque apport, ça va les déranger et ils ne vont pas rester. Il faut donc vraiment beaucoup brasser.

Quelles sont les différentes techniques de compost qui existent ?

Alors, il y a une technique de compostage qui peut se faire avec des vers. Vous pouvez très bien faire un lombricomposteur par vos propres moyens. Il faut trois boîtes qui s’emboîtent les unes avec les autres. Puis, vous faites des trous sur la plupart des boites sauf sur la dernière pour éviter d’avoir des fuites et vous allez mettre des vers. Cette fois-ci, vous allez aussi mettre vos déchets de cuisine et de table. Et à chaque fois, vous allez encore couvrir, avec du carton découpé en petits morceaux, du papier kraft ou du papier journal. Mais je vous conseille d’assister à une formation pour le lombricompostage car c’est un peu délicat, on ne peut pas tout mettre. Il y a des choses que les vers n’aiment pas, comme les oignons. Il ne faut pas mettre de viande, ni de féculents, notamment.

L’autre technique est le bokashi. Là, c’est une boîte spéciale. Le principe est de chasser l’air le plus possible. Il faut donc compacter, tasser le plus possible les choses et mettre par-dessus une sorte de son. Le tout va générer une certaine forme de bactéries qui va faire que ça va se composter, mais à froid. Ce la va donner beaucoup de jus très bénéfique pour les plantes.

Justement, quels sont les avantages du compost ?

Il est important pour l’élément que je viens d’aborder, le sol vivant. Mais surtout, vous n’allez plus avoir d’ennuis pour nettoyer la poubelle noire. Normalement, vous ne mettez presque plus rien dedans puisque les pots de yaourt, les emballages et la plupart des déchets, sont des emballages à placer au recyclage. Si vous enlevez en plus les biodéchets, il n’y a quasiment plus rien dans la poubelle noire, dans la poubelle noire. Il n’y a plus qu’à en faire une bonne résolution pour 2024 et se renseigner près de chez vous. Vous allez pouvoir récupérer un bio sceau, dans lequel vous mettrez toutes les épluchures que vous viderez dans un composteur partagé et vous serez un citoyen formidable pour le sol, donc merci.

Parler de la maladie, de l’avant, du pendant et l’après. C’est ce qu’on peut retrouver sur la récente chaine YouTube : Sofa’Speak, les tribulations d’Aurélie et Sandra. Elle a été créée par Aurélie Gaignard, ancienne chroniqueuse à AirZen Radio, spécialiste en prévention santé et bien-être, et Sandra Aller, autrice et fondatrice de l’association le Repaire de Kikou. Leurs expériences de vie similaire les a conduites à lancer ce projet commun.

En effet, les deux femmes ont été touchées à deux reprises par un cancer du sein. « Elle est venue me voir à l’hôpital très régulièrement. Et je faisais beaucoup de méditation. Puis, une fois, je me suis vu faire un spectacle avec un nez de clown de ce qui m’arrivait (rires). Je le raconte à Sandra et elle me dit que mon idée est géniale. » C’est ainsi que tout a commencé.

Pédagogie et humour

Dans ces vidéos tournées avec une pointe d’humour, de pédagogie et de sincérité, chacune joue un rôle. « J’ai fait une formation à la Sorbonne pour être patiente-partenaire. Le but est de comprendre la personne dans sa maladie et aussi de se demander comment on peut l’accompagner avec l’idée qu’elle sait ce dont elle a besoin. On s’est dit que moi, Sandra, je serai la personne un peu plus sérieuse. Celle qui va être un peu plus dans les explications. Et Aurélie, dans son personnage du clown avec son nez rouge, va pouvoir dénoncer tout ce qu’on entend, toutes les idées reçues. Tout ce qui nous énerve quand on est malade. L’idée du clown permet ça. C’est donc un réel échange, un peu engagé ».

« C’était important pour moi d’aller vers quelque chose de léger, ajoute Aurélie. Parce que quand on est dans la maladie, ce n’est jamais très très léger. Et pour autant, je ne voulais pas qu’on en parle de manière très austère, très lourde, très soporifique. »

Les conséquences de la maladie

Différentes thématiques seront abordées dans leur vidéo comme leur légitimité à parler du cancer, du diagnostic, de l’annonce, de la maladie, des conseils pour savoir que dire à une personne malade. «. Car effectivement, on ne parle pas de l’après cancer. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que pour 40% des personnes malades, le cancer aura un impact financier cinq après son annonce. C’est-à-dire que 40% auront soit arrêté leur travail, soit seront à mi-temps. Donc tous ces sujets, on va les aborder sur cette chaine », explique Sandra.

« Je voulais vraiment apporter une dynamique, une légèreté. Montrer que malgré tout ça, la maladie, malgré les difficultés, parce que l’après maladie est autant, voire peut-être plus, difficile à gérer socialement, professionnellement ou humainement, émotionnellement. Et la maladie, quand on y est, on y est, et tout s’enchaîne et on ne réfléchit pas trop. Et moi, je voulais apporter quelque chose de frais, de léger, alors même si les sujets sont plutôt dans ses conséquences. Pour autant, il y a de la légèreté. Je ne voulais pas faire fi de ça », conclut Aurélie Gaignard.