Comment répondre au manque d’eau potable en France ?

Quelles technologies avons-nous à disposition pour répondre à nos besoins en eau potable ? C’est la question à laquelle l’Académie des Technologies répond dans un rapport.

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La réponse technologique existe mais il faut l’accélérer

La réponse technologique existe mais il faut l’accélérer

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Quelles technologies pour répondre à nos besoins en eau potable ?

Quelles technologies pour répondre à nos besoins en eau potable ?

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Les technologies suffiront-elles pour pallier le manque d’eau ?

Les technologies suffiront-elles pour pallier le manque d’eau ?

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La problématique de l’eau potable se pose en France, depuis le début des années 2000 et avec l’évolution de la démographie en France. Si nous avons réduit notre consommation depuis les années 2010, cela n’est pas suffisant et nous l’avons constaté lors de l’été 2022.

L’Académie des Technologies publie un rapport sur l’utilité de la technologie face à nos besoins en eau potable grandissants. « Dans certains cas, nous avons besoin de faire appel à la technologie pour amener de nouvelles sources d’eau douce. Voilà pourquoi la technologie a un rôle important, mais elle ne suffira pas, il faut faire preuve de sobriété », explique Yves Lévi, pharmacien et professeur émérite à la faculté de pharmacie de Paris Saclay. Il est l’un des 360 experts de cette jeune académie née en 2000.

Quelles solutions avons-nous aujourd’hui en France ?

L’Académie des Technologies n’impose rien. Elle émet des recommandations en fonction de ses expertises. Voilà pourquoi ce rapport évoque trois solutions en intégrant leurs avantages et inconvénients.

  • L’utilisation des eaux usées traitées. « On raconte que la France est en retard par rapport à d’autres pays. C’est logique, puisque nous n’avions pas ce problème avant. » S’il existe quelques installations, elles ne pourront pas apporter une solution unique pour avoir de l’eau douce. Si certains veulent intégrer au domicile de l’eau non potable, il faut réfléchir à l’aspect sanitaire et la façon dont on peut la faire voyager. « Attention, pendant un siècle, on a structuré une sphère d’hygiène dans l’habitat. Si l’on fait rentrer de l’eau non potable dans l’habitat, il faut faire attention aux risques », explique le pharmacien.
  • Le dessalement de l’eau de mer et des eaux saumâtres. Les technologies ont beaucoup évolué, du chauffage ou la distillation, on utilise aujourd’hui des membranes. Une technologie qui ne paraît pas la plus adaptée à notre territoire. Cependant, si le paysage change et que les populations côtières augmentent, cela pourrait être intéressant à moyen terme. Un bémol : cela reste encore cher et énergivore. Le solaire peut apporter une réponse, mais il faut également rester prudent sur les saumures (rejets de concentrés de sels).
  • Les stockages. C’est une technologie qui sera indispensable dans les années à venir, selon Yves Lévi. Pourtant, cela paraît compliqué d’en construire de nouveau. Agrandir les existants reste donc une solution qui est complétée aujourd’hui par les stockages naturels (en montagne) ou de substitution. Une décision qui doit se prendre en concertation avec la population. Reste les stockages souterrains, comme ceux que l’on peut avoir en région parisienne, encore faut-il un sol adapté.

Voilà les solutions retenues par l’Académie des Technologies pour faire face à nos besoins en eau douce et donc en eau potable dès aujourd’hui et pour les années à venir. Les experts le précisent : il n’y a pas une solution, mais de multiples qui doivent être accompagnées de politiques nationales mais aussi parfois très locales, mais surtout de sobriété.

Ce contenu audio a été diffusé le 20 juillet 2023 sur AirZen Radio. Maintenant disponible en podcast sur airzen.fr, notre application et toutes les plateformes de streaming.

Par Camille Tribet

Journaliste

Agence de communication Perpignan