Antoine Carrier, le prof qui utilise le rap dans ses cours de maths

Les cours de mathématiques ne sont pas comme les autres au collège Dupaty de Blanquefort, en Gironde. Le prof utilise les clips de rap qu’il tourne comme support pédagogique.

Podcast

Rapémathiques : allier sa passion et son travail

1 - Rapémathiques : allier sa passion et son travail

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Rapémathiques : du rap pour réviser ses leçons de maths

2 - Rapémathiques : du rap pour réviser ses leçons de maths

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Rapémathiques : le prof de maths qu’on suit sur YouTube

3 - Rapémathiques : le prof de maths qu’on suit sur YouTube

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Ça commence comme un cours de maths comme un autre. Aujourd’hui, dans cette classe de 6e du collège Dupaty de Blanquefort, en Gironde, les élèves s’installent, non sans bruit. Il est 10h30. Au programme : les proportionnalités. Les collégiens ne sont pas très sûrs de savoir de quoi il s’agit. Ce n’est pas grave. Pour les aider, il y a les Rapémathiques. Ce sont des clips tournés par le prof, Antoine Carrier, alias A’Rieka, lui-même rappeur et impliqué dans le club rap du collège. 

« Mon penchant pour l’écriture est venu en premier, j’ai toujours aimé les chansons à texte depuis que je suis tout petit, Renaud, Brassens… Puis, au lycée, j’ai choisi la filière des maths”, raconte-t-il. 

L’idée des Rapémathiques lui est finalement soufflée par Jérôme Avril, de l’association de quartier ABC. “Ce serait super si tu faisais des maths en rap”, lui dit-il. “J’ai réfléchi pour trouver la bonne formule. Je me suis dit, si je me mets à mon tableau, je vais pouvoir illustrer mes chansons avec des exemples. Avoir un petit leitmotiv qui revient sur les refrains pour que ça reste en tête. Je me suis mis à écrire. J’ai pris les deux ou trois chansons les mieux écrites au début, j’ai tourné le clip, je l’ai montré à mes collègues, à mon chef, ma famille, mon inspectrice. Et tout le monde m’a encouragé. Donc, je me suis lancé complètement”. En l’espace de quatre à cinq mois, A’Rieka en écrit une quinzaine, de quoi avoir de la marge pour les publier à raison d’un par semaine. 

“On peut se permettre d’innover à condition que ce soit pertinent” 

Et ça marche ! Il n’y a pas un collégien qui méconnait les Rapémathiques à Dupaty. D’ailleurs, chacun leur tour, dans chaque niveau, ils ont, un jour ou l’autre, eu droit à leur cours ponctué d’un Rapémathique. 

Des fiches de révision en musique

Tous les thèmes sont abordés, autant dans les domaines de la géométrie que du numérique : théorème de Pythagore, de Thalès, trigonométrie, fractions, addition de nombres relatifs, multiplication de relatifs, proportionnalité, Antoine Carrier n’a rien oublié. 

Des fiches de révision en musique en quelque sorte. Car si on peut les utiliser avec une visée d’apprentissage, A’Rieka insiste pour leur usage de révision, en images. “C’est plutôt pour replonger dans un chapitre déjà vu en classe, de manière moins classique qu’une fiche de révision.”

En amont du brevet spécialement, où les collégiens ont bon nombre de chapitres à revoir. « Avec les Rapémathiques, ils peuvent aller chercher le chapitre qui convient et ainsi plus facilement s’y remettre, avec plus d’envie. Cela peut pousser certains à réviser plus d’eux-mêmes, plutôt que d’y être forcé”, explique-t-il. 

Florence Jaillet/AirZen Radio

“On peut se permettre d’innover à condition que ça reste pertinent”, précise Antoine Carrier. “On va s’ouvrir à de nouvelles techniques d’apprentissage dans les années à venir. Le rap s’y prête bien, parce que les jeunes ont plus l’habitude d’en écouter. Ça leur est plus familier. On leur parle avec leur vocabulaire et leur langage musical.” 

Des jeunes qui ne semblent pas surpris le moins du monde par la démarche. « Ça reste un cours”, rappellent certains. Même si tous reconnaissent l’efficacité et l’aide apportée par les Rapémathiques, sans compter la fierté d’avoir un prof de maths “qui est une star dans le collège, et même à l’extérieur”. Un prof qu’on suit en cours, et surtout sur YouTube