Santé : comment expliquer l’asthme d’orage ? Les réponses d’un médecin

Ce phénomène, mis en exergue par les nombreux orages survenus récemment en France, concerne les personnes allergiques aux pollens. Le médecin allergologue Edouard Sève nous explique en quoi il consiste.

Écouter le contenu

Asthme d’orage : sensibiliser sur les allergies respiratoires

Asthme d’orage : sensibiliser sur les allergies respiratoires

02:09

Santé : comment se prémunir et réagir en cas d’asthme d’orage

Santé : comment se prémunir et réagir en cas d’asthme d’orage

03:33

Santé : explications de l’asthme d’orage

Santé : explications de l’asthme d’orage

04:04

Début juin, l’Agence régionale de santé Île-de-France a été alertée par le nombre de personnes prises en charge dans les services d’urgence de la région. En un week-end, elles sont plus d’un millier à avoir été admises pour des crises d’asthme et des symptômes d’allergie ou d’insuffisance respiratoire. Une situation qui a été causée par plusieurs facteurs météorologiques. Cela a ainsi mis un phénomène en lumière : l’asthme d’orage. Edouard Sève, médecin et président du Syfal, le syndicat des allergologues français, nous l’explique.

AirZen Radio. Qu’est-ce que l’asthme d’orage ?

Edouard Sève. Cet asthme concerne les personnes allergiques, surtout aux pollens de graminées, mais aussi à la moisissure. La cause : les conditions météo changent lorsqu’il y a un orage. C’est-à-dire qu’il y a plus d’humidité dans l’air, les plantes vont libérer plus de pollens. Cela va déclencher des changements aux niveaux des allergies et provoquer des crises d’asthme.

Il faut dire qu’on a eu une belle saison pollinique, avec un mois d’avril où il y a beaucoup plu, donc les plantes ont bien poussé. Et ça continue. Les allergiques aux graminées vivent un mois compliqué parce qu’ils étaient déjà assez gênés avec des rhinites, des conjonctivites, la gorge qui gratte. Et là, il y a eu une montée en puissance des pollens. On parle de bombe pollinique avec deux à quatre fois plus de pollens dans l’air.

D’ailleurs, qu’est-ce que le pollen de graminées ?

C’est ce que l’on appelle les mauvaises herbes. Grossièrement, ce sont les grandes tiges que l’on trouve le long des routes, dans les jardins, les champs de blé et de seigle. En fait, c’est le rhume des foins. Les pollens commencent en avril, puis montent en mai alors que la situation est déjà dans le rouge. Ensuite, ça redescend en août. L’année dernière, ils étaient présents jusqu’à fin septembre, donc ça peut durer assez longtemps.

Quelles sont les conséquences sur l’organisme de l’asthme d’orage ?

Les voies respiratoires sont irritées parce que le système cherche à se défendre. Il se crée alors une infection. On peut avoir le nez qui coule, bouché, des éternuements, les yeux qui pleurent, gonflés, qui grattent. C’est gênant, mais le plus grave c’est quand ça touche les bronches avec de l’asthme, de la toux, un essoufflement qui peut être potentiellement grave. Il touche aussi bien les adultes que les enfants Conséquences : il peut y avoir dix fois plus de passages que d’habitude aux urgences.

Mais est-ce un phénomène rare ?

Il existe depuis longtemps, mais on ne l’avait pas observé. Des études ont été faites en Australie, où il y a des orages plus violents que chez nous, et beaucoup de pollens. Elles avaient noté qu’il y avait un afflux de patients aux urgences pour de l’asthme lors d’orages. Après, ce sont des phénomènes ponctuels qui arrivent partout dans le monde.

Comment se prémunir de ça et agir en cas de crise ?

Il faut éviter le facteur déclenchant donc ne pas rester dehors près des pollens et fermer les fenêtres. Mais une fois que l’on est en crise d’asthme, il faut prendre un traitement bronchodilatateur comme la Ventoline, que l’on utilise plusieurs fois. Si ça ne suffit pas, on peut rajouter des anti-inflammatoires comme des corticoïdes. Parfois, ces asthmes nécessitent aussi une hospitalisation pour faire des inhalations.

On n’y pense pas forcément, mais le masque peut aussi être un moyen de se protéger…

Oui, tout à fait ! Les grains de pollens sont beaucoup plus gros qu’un virus, donc le masque les arrêtera. Les patients asiatiques l’utilisent depuis longtemps. Avant, on se moquait un peu d’eux, maintenant moins. On peut donc le garder à ces occasions-là, ou même de façon générale au moment de jardiner pour anticiper, se protéger et éviter que ça dégénère en asthme.

Pratique. Davantage de conseils sur les allergies sur le site de la Semaine de l’allergie.

Ce contenu audio a été diffusé le 21 juin 2023 sur AirZen Radio. Maintenant disponible en podcast sur airzen.fr, notre application et toutes les plateformes de streaming.

Par Jennifer Biabatantou

Journaliste

Agence de communication Perpignan