Entreprises : « Décider est tout un art et cela demande du courage »

En entreprise, l’art de la décision est souvent laissé aux dirigeants. Or, choisir c’est déléguer, faire preuve de courage, de résilience et de vulnérabilité.

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Entreprises : choisir, c’est avoir du courage

1 - Entreprises : choisir, c’est avoir du courage

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L’art de la décision : entre résilience et vulnérabilité

2 - L’art de la décision : entre résilience et vulnérabilité

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Comment prendre la bonne décision lorsqu’on dirige ?

3 - Comment prendre la bonne décision lorsqu’on dirige ?

07:34

Le magazine « People at work« , partenaire d’AirZen Radio, consacre un dossier entier à l’art de décider. Sa rédactrice en chef, Anne-Cécile Huprelle, a répondu à nos questions.

AirZen Radio. C’est vraiment un art de décider ?

Anne-Cécile. Oui, car le maître-mot de notre époque c’est bien l’incertitude. Et savoir décider en contexte d’incertitude… C’est tout un art.

Qu’est-ce qu’une bonne décision ? Celle qu’on ne regrette pas ?

Anne-Cécile. Je l’ai moi-même appris tout au long de mes recherches pour ce numéro : décider, c’est trancher et trancher demande du courage. Laurent Combalbert, fondateur de la branche négociation du Raid nous a écrit un très bel article à ce sujet.

Trancher relève de l’art, et non pas de la science. L’art de sauter dans le vide, de découper le réel au moment même du saut. Je démissionne ou pas ? Je vote ou je m’abstiens ? Je le quitte ou pas ? C’est précisément parce que ma réflexion ne suffit pas qu’il va me falloir le courage de trancher. J’ai eu beau peser le pour et le contre, mesurer tous les arguments, demander tous les conseils, cela ne suffit pas. Alors, j’y vais ; j’y vais dans l’incertitude, malgré l’incertitude. 

Choisir et décider ce n’est pas la même chose…

Anne-Cécile. Une décision fondée en raison, parfaitement justifiée dans un tableau Excel, ce n’est pas une décision : c’est simplement un choix. « J’ai choisi » et « j’ai décidé » sont faussement synonymes. Choisir demande de l’intelligence, de l’intelligence émotionnelle. 

« Une décision fondée en raison, parfaitement justifiée dans un tableau Excel, ce n’est pas une décision »

Christophe Haag, enseignant, spécialiste du sujet, nous explique bien ce qu’est l’Intelligence émotionnelle : c’est une sorte de GPS intérieur. Comme la célèbre application, elle se nourrit d’informations reçues en temps réel et calcule en fonction de celles-ci le meilleur itinéraire pour arriver à bonne destination – à bonne décision, donc… Sauf que ces infos sont de nature émotionnelle. Et, selon Christophe Haag, à évoluer dans ce registre, les dirigeants y gagnent.

Selon certaines études, « l’individu IE++ »  sécrète moins d’hormones de stress (cortisol) ; il est capable de dompter son anxiété pour prendre, quand il le faut, des risques modérés dans sa vie ; il a trois fois moins de risques de faire en burn-out ; il a plus confiance en lui ; il prend de meilleures décisions que la moyenne ; il est capable de repérer très vite les informations clés, celles qui comptent, dans une situation complexe, stratégique et stressante.

fin charisme leadership management
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Décider, cela demande surtout de la volonté. La volonté de se dépasser…

Anne-Cécile. Agnès Duroni, DRH, nous en parle très bien. Qu’elle soit individuelle ou de groupe, la prise de décision est toujours un acte délicat. Nos décisions sont constamment soumises à la prédominance de biais cognitifs : la « première impression » de quelqu’un ou de quelque chose qui peut déterminer notre choix ; l’auto-complaisance qui consiste à se valoriser en cas de bonne décision et à accuser des facteurs extérieurs en cas d’échec ; ou l’excès d’optimisme qui peut nous empêcher de voir les points négatifs à prendre en compte pour prendre sa décision.

Dans les pages de « People at Work », vous nous proposez un petit jeu : quel type de décideur êtes-vous ?

Anne-Cécile. Déjà, le « décideur rationnel », c’est la personne qui saura prendre en compte plusieurs avis, des informations et données. Il saura analyser et anticiper le mieux possible les situations et événements du monde qui l’entourent.  

Ensuite, le décideur intuitif, qui aura une certaine expérience de l’environnement de l’entreprise et une certaine connaissance de lui-même pour exercer son instinct à bon escient.

Enfin, le décideur créatif, qui, après avoir ciblé les forces et les faiblesses de chaque alternative, possèdera une aptitude « agile » pour prendre du recul et laisser ses pensées « agir ».