Cette société propose des solutions pour agir contre la pollution

La start-up Pollustock conçoit et développe des solutions innovantes qui permettent de réduire l’impact des activités humaines sur les milieux aquatiques. Parmi elles, le filet anti-déchets.

Podcast

Pollustock : agir partout

1 - Pollustock : agir partout

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Pollustock : la pollution, notre problème à tous

2 - Pollustock : la pollution, notre problème à tous

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Pollustock : vers une prise de conscience internationale

3 - Pollustock : vers une prise de conscience internationale

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“Lorsque le déchet est dans le cours d’eau, dans le milieu naturel, il est déjà trop tard”, raconte Stéphane Asikian, président fondateur de Pollustock. “Nous nous sommes rendu compte qu’il est alors extrêmement complexe et coûteux d’aller le récupérer, donc on s’est dit qu’il fallait travailler en amont.”

Portés par le vent ou charriés par la pluie, ces déchets se retrouvent dans les réseaux d’eau pluviale, le long des routes, des trottoirs. “C’est l’endroit stratégique où il faut travailler”. Les équipes de Pollustock ont inventé un très gros filet, installé la plupart du temps en sortie de réseau, pouvant récupérer jusqu’à 4 tonnes de matériaux, relevable entre 6 et 15 fois par an, selon les conditions et l’emplacement. “Pas besoin d’énergie, on utilise la pluie. C’est un partenariat avec la nature”, précise Stéphane Asikian.

A N N O N C E

Pollustock a déjà installé 350 de ces filets, 400 d’ici la fin de l’année. Un dispositif qui existe depuis 2010, mais dont le développement s’accélère ces derniers mois, jusqu’à l’étranger. L’an dernier, pas moins de 120 filets anti-déchets ont été installés : “On note une accélération, une prise de conscience nationale et internationale. Ce qui avant se faisait en 4/5 ans, aujourd’hui se fait entre un an ou deux et ça, ça nous apporte beaucoup d’espoir.” 

Un outil de sensibilisation

“Lorsqu’on a développé notre premier filet en partenariat collaboratif avec Vinci autoroutes, qui avait identifié une problématique de déchets sur le réseau autoroutiers qui finissaient dans le milieu naturel, on avait conscience du problème. Mais quand on a l’a vu rempli de déchets, ça a été en choc. Des égoutiers, dont c’est le métier depuis 30 ou 40 ans, ont été bouleversés de voir la quantité de déchets !” 

“On note une accélération, une prise de conscience nationale et internationale”

Ce dispositif est donc devenu naturellement un outil de sensibilisation, un outil pédagogique. “On se déplace avec nos filets ou avec nos paniers pour avaloirs et on va dans le milieu scolaire faire le tri devant les élèves, les étudiants. Parce qu’il n’y a pas que des actes d’incivilité, il y a aussi beaucoup d’ignorance. Quand vous voyez une grille d’avaloir parterre quand vous marchez dans la rue, il y a des gens qui se dirigent vers ces grilles pour jeter volontairement, ils pensent bien faire et imaginent qu’au bout du réseau il y a un centre de traitement. Non, au bout du réseau, c’est le milieu naturel. Donc parler, sensibiliser, c’est extrêmement important.” 

Un enjeu collectif

Des métiers évoluent tous les jours. “Par rapport à il y a une dizaine d’années, il y a une vraie volonté de mettre en place des mesures collectives. On est parti d’une page blanche. On s’est arrêté à tout ce qui était visible. Aujourd’hui, il y a une véritable prise de conscience par rapport à des polluants invisibles, des métaux lourds, les pesticides.” L’objectif, d’ici 5 ans, pour Stéphane Asikian, c’est d’aller chercher ces polluants invisibles. “Les communes, les collectivités territoriales montrent l’exemple. Les industriels commencent à intégrer ces paramètres-là et à agir aussi.”

“C’est là qu’on se dit qu’on doit jouer un rôle en tant qu’être humain. Pollustock ne changera pas le monde, mais peut contribuer à construire un monde plus vertueux, plus responsable. Et il faut tous qu’on ait cette prise de conscience. C’est un enjeu collectif. C’est tous ensemble qu’on va pouvoir modifier la trajectoire dans laquelle on s’est engagé, qui est mauvaise, aujourd’hui on le sait. Je pense qu’on doit tous construire sa vie en fonction de ses convictions et de ses valeurs. Et quand j’ai pris conscience de ce problème-là, je me suis dit que je ne pouvais plus être complice. Il fallait que je fasse quelque chose. Et donc j’ai organisé ma vie, en tant que chef d’entreprise, en tant qu’humain, autour de ça. Et tout le monde peut le faire.”