Animaux : maître Isabelle Gharbi-Terrin défend les sans-voix

Elle a réussi à conjuguer ses deux passions en mettant son métier d’avocate pénaliste et ses trente ans d’expérience au service de la cause animale, engagement qu’elle appelle la “défense pénale des sans voix”.

Podcast

Avocate animaux : une association d’avocats spécialisés 

1 - Avocate animaux : une association d’avocats spécialisés 

02:13

Avocate animaux : le chien Icko à l’origine du combat 

2 - Avocate animaux : le chien Icko à l’origine du combat 

04:05

Avocate animaux : le changement est en marche

3 - Avocate animaux : le changement est en marche

03:54

“D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours voué une passion aux animaux”, se remémore maître Isabelle Gharbi-Terrin. “C’est comme si tout tendait vers ce but dans ma vie. Aujourd’hui, c’est un aboutissement, ça donne un sens à tout ce que j’ai pu faire avant. Les animaux m’ont toujours aidée à vivre et j’ai toujours voulu faire quelque chose pour eux.” 

Le projet se concrétise, en 2015, avec sa rencontre avec le petit chien Icko. La SPA cherche une famille d’accueil, quelqu’un pour lui donner ses antibiotiques et lui passer une pommade. Victime de mauvais traitements, Icko est un rescapé. “Ça a été un coup de foudre, une urgence. J’ai couru le chercher. D’ailleurs, Icko est l’emblème de mon combat, il est à côté de moi en permanence. Il me rappelle que j’ai le devoir de les aider.” 

Les animaux ont un avocat 

Maître Isabelle Gharbi-Terrin cherche à comprendre ce qui est arrivé à son petit protégé et réalise alors que l’auteur des violences n’a pas été sanctionné. “Ça a été le détonateur. Je me suis décidée à mettre mon museau dans cette cause animale. Parce qu’ils sont sans voix et sans défense, la justice classe à tout va.” Finalement, justice est rendue à Icko. En 2021, elle plaide contre son tortionnaire, qui est condamné à quatre mois de prison ferme. 

« Les animaux m’ont toujours aidée à vivre et j’ai toujours voulu faire quelque chose pour eux »

Elle défend des chiens, des chats, des chevaux, même un perroquet. S’il y a une dizaine d’années, cela aurait paru improbable, c’est aujourd’hui en train de changer. Dans le droit français, il y a trois blocs :  les immeubles, les meubles et les personnes. Les animaux sont toujours régis par le droit des meubles. Maître Gharbi-Terrin milite pour un quatrième bloc, qui engloberait le vivant. “Un jour viendra où ils auront la personnalité juridique”, prophétise-t-elle. 

Son association Défense et dignité animale, basée à Aix-en-Provence, compte dix avocats à travers la France. « C’est quelque chose de réel et ce n’est plus une utopie, une fantaisie. Aujourd’hui, il y a un avocat derrière chaque animal. »