Toulouse : un groupe de seniors lance un habitat partagé et auto-géré

Une association de seniors lance le projet d’un habitat partagé d’une quinzaine de personnes. Objectif : habiter autrement et mieux, loin du cadre offert par les établissements spécialisés.

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« Nous imaginons une belle et grande maison, entourée d’un parc arboré, ouverte sur l’extérieur à toutes les générations. Avec des appartements privatifs de 60 m² et des salles communes pour les repas, les activités physiques, la créativité. »

Les yeux de Marie brillent quand elle pense à son futur lieu de vie. À sa nouvelle “famille”, comme elle aime l’appeler. C’est en fait une idée d’habitat partagé et auto-géré par et pour des seniors de plus de 65 ans. Il verra le jour d’ici deux ans en région toulousaine. Il s’agirait du premier projet du genre.

Redonner du sens à la retraire pour mieux vieillir

C’est l’association Egregor qui porte l’idée. Elle est née dans la tête de Marie Clérivet et Roland Bugat. Elle a dirigé un centre de soins et d’aide à domicile pendant 20 ans. Lui est médecin oncologue, spécialisé dans les soins palliatifs. « Nous donnons le tempo de cet habitat, nous avons eu l’idée, mais nous comptons bien y vivre aussi », expliquent-ils.

Ce qu’ils ne veulent surtout pas, c’est un habitat similaire à une « pension dorée » ou à un Ehpad. Quand  « on arrive à la retraite, nous perdons notre utilité sociale, certains droits, on décide tout pour nous », déplore Roland. Alors, « tant que nous le pouvons, nous prenons notre vie en main mais aussi notre mort », ajoute Marie.  

“Si cela fonctionne bien, on peut imaginer exporter le concept ailleurs en France, à proximité d’autres grandes villes”

La maison qui abritera l’habitat partagé pour seniors, pas encore achetée, se situera en région toulousaine, à proximité d’une ville et d’un centre hospitalier. Par ailleurs, elle sera ouverte sur l’extérieur et pourra notamment servir de lieu d’exposition. Elle proposera aussi du jardinage et d’autres activités collectives.

Des seniors propriétaires de leur destin

L’association Egrégore a presque déjà recruté sa future maisonnée. Elle comptera une petite quinzaine d’habitants au total. Des habitantes et habitants propriétaires des lieux. « Nous allons monter une société civile immobilière (SCI, NDLR), qui nous permettra d’acheter la maison toutes et tous ensemble », explique Marie.

Le prix ? Il faudra compter autour de 270 000 euros pour un appartement indépendant au sein de la maison. « Nous avons choisi un projet à la hauteur de nos moyens, cela peut être élevé pour certaines bourses même si nous restons 4 fois moins cher qu’un Ehpad qui fonctionne sur un système de location ».

Où en est le projet ?

L’association Egregor compte faire de l’habitat occitan un laboratoire et un exemple. « Si cela fonctionne bien, on peut imaginer exporter le concept ailleurs en France, à proximité d’autres grandes villes. »

Quant à la question de l’autonomie, les deux fondateurs sont confiants. Les « trois piliers d’une autonomie consolidée, au plan médical, l’alimentation, l’activité physique et les interactions sociales. Dans cet habitat partagé pour seniors, nous intégrerons les trois. Nous aiderons ainsi les habitants à être autonomes plus longtemps même si nous prévoyons aussi l’intervention d’aides à domicile et infirmières au besoin », ajoute Roland Bugat.

A N N O N C E

Enfin, Marie et Roland souhaitent éviter au maximum l’excès de blouses blanches. Et ça, le Pr Bugat le sait bien. En tant que médecin oncologue, il assure que la fin de vie est trop médicalisée.

Egrégore s’appuie par ailleurs sur une start-up toulousaine spécialisée dans l’habitat participatif. Charge à elle de s’occuper du montage juridique et de l’animation des débats avant le lancement. Notamment pour dire si telle ou telle idée est réalisable ou non : une voiture électrique pour tous les habitants imagine Roland, la venue d’un psychologue plusieurs fois par semaine, souhaite Marie.

Aussi, l’association se laisse jusqu’à l’été 2023 pour trouver et acheter le bien de ses rêves. Ils souhaiteraient y poser leurs valises en 2024, après des travaux de rénovation. « On laisse souvent les retraités sur le bord de la route. Nous, on veut vivre bien jusqu’au bout du quai », conclut Roland.

Pour les contacter : [email protected]