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Rêverie : et si c'était bon pour notre cerveau ?

Christophe Duhamel· 2 novembre 2026 à 10:01

La rêverie, souvent perçue comme une distraction, pourrait être bénéfique pour notre cerveau. Découvrez comment elle stimule la créativité et la mémoire.

« Arrête de rêvasser ! » Combien d'enfants ont entendu cette phrase, souvent avec une pointe de reproche ? Pourtant, une étude récente publiée dans la revue Nature révèle que cette activité mentale, souvent sous-estimée, pourrait être un véritable atout pour notre cerveau.

La rêverie, un mode par défaut bénéfique

Les chercheurs de Harvard ont observé que les individus passent en moyenne 46,9 % de leur temps d'éveil à rêvasser, activant ainsi ce qu'ils appellent le « mode par défaut » du cerveau. Ce mode, loin d'être une simple pause, permettrait de simuler des possibilités, de planifier des actions et d'améliorer les capacités cognitives. En d'autres termes, rêvasser pourrait bien être une forme de gymnastique cérébrale !

Selon l'Inserm, ce mode par défaut est impliqué dans la réflexion sur soi, l'empathie et la mémoire autobiographique. Il s'agit d'un réseau complexe qui, lorsqu'il est activé, favorise la consolidation des souvenirs et la génération de nouvelles idées.

Rêverie et créativité : un duo gagnant

La rêverie n'est pas seulement une échappatoire, elle est aussi un moteur de créativité. Des études, comme celle publiée sur PMC, suggèrent que le vagabondage mental pourrait renforcer l'apprentissage implicite, essentiel pour prédire l'avenir et développer des idées innovantes. En effet, en permettant au cerveau de mélanger des expériences passées avec des objectifs actuels, la rêverie ouvre la voie à de nouvelles perspectives.

Ce processus est également régénérant. Pendant ces moments de divagation, le cerveau organise et consolide les souvenirs, ce qui aide à mieux retenir ce que l'on a appris et à trouver du sens à nos expériences. Ainsi, rêvasser pourrait bien être une clé pour alléger notre esprit et stimuler notre créativité.

Les nuances et incertitudes

Bien que les bienfaits de la rêverie soient prometteurs, il est important de noter que l'ampleur exacte de ses bénéfices cognitifs reste à déterminer. Comme le souligne l'étude de Nature Human Behaviour, l'impact de la rêverie peut varier selon les individus et les contextes. Certaines personnes peuvent trouver que rêvasser les aide à résoudre des problèmes complexes, tandis que d'autres peuvent le percevoir comme une distraction.

De plus, la rêverie ne doit pas être confondue avec la procrastination. Il s'agit d'un processus mental actif qui, lorsqu'il est bien utilisé, peut enrichir notre réflexion et notre créativité. Cependant, il est crucial de trouver un équilibre pour éviter que la rêverie ne devienne une échappatoire excessive aux tâches quotidiennes.

Et concrètement, comment favoriser la rêverie ?

Dans notre monde ultra-connecté, où chaque minute est optimisée, se laisser aller à rêvasser peut sembler un luxe. Pourtant, il existe des moyens simples pour encourager cette activité bénéfique. Par exemple, consacrer 10 minutes par jour à ne rien faire, ou se promener sans téléphone, peut aider à libérer l'esprit. Ces moments de pause cognitive sont essentiels pour prévenir la surcharge mentale et l'épuisement.

En intégrant la rêverie dans notre quotidien, nous offrons à notre cerveau l'opportunité de se ressourcer et de se réinventer. Et si, la prochaine fois qu'on vous reproche d'être dans la lune, vous répondiez que vous êtes simplement en train de booster votre créativité ?

Le réflexe AirZen

Pour intégrer la rêverie dans votre quotidien, essayez de programmer des moments de déconnexion. Par exemple, lors de votre pause déjeuner, laissez votre téléphone de côté et profitez de la nature environnante. Ces instants de rêverie peuvent vous aider à revenir à vos tâches avec un esprit plus clair et plus créatif.

Sources