Mouillages écologiques : Temano redonne vie aux fonds marins

L’entreprise bretonne développe des mouillages écologiques à base de caoutchouc naturel, qui préservent la biodiversité des herbiers marins et du maërl, le corail breton.

Podcast

Temano : une technologie enfin viable

1 - Temano : une technologie enfin viable

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Temano : une méthode innovante et écolo

2 - Temano : une méthode innovante et écolo

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Temano : ramener de la biodiversité dans les fonds marins

3 - Temano : ramener de la biodiversité dans les fonds marins

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Sur les images satellites, vous avez peut-être déjà vu ces trainées blanches dans les zones de mouillage de bateaux, là où les herbiers marins n’existent plus. C’est pour lutter contre ce phénomène et contre la corrosion des installations, qui laisse échapper des microparticules d’acier dans l’eau, que Temano a mis au point des mouillages écologiques.  

A N N O N C E

“À l’origine, nous étions une entreprise de travaux maritimes, d’installation et de contrôle de mouillages, Alpha et Co”, raconte Quentin Demoulin, directeur de Temano, Technologies marines nouvelles. “C’est Nicolas Samzun, son gérant, qui a développé des mouillages écologiques à base de caoutchouc naturel.” L’idée d’utiliser de l’élastomère, des élastiques géants pour les mouillages, avec la propriété physique de pouvoir s’allonger jusqu’à sept fois leur longueur initiale, est née il y a une cinquantaine d’années. Seulement, aucune entreprise n’avait encore réussi à sertir des inserts sans cisailler le caoutchouc. Jusqu’à aujourd’hui. C’est cette technique qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet.

Une grande capacité d’absorption des chocs

Le montage est élasto-textile. Il comprend une partie en caoutchouc naturel, qui fait office d’amortisseur, ce qui permet d’absorber cinquante fois plus d’énergie qu’une chaîne métallique. Quand il y a de la houle, du vent contre le bateau, l’énergie est complétement absorbée par cet élastomère. Un système qui permet aussi de se débarrasser complètement de la corrosion marine. “Les sections de chaînes diminuent chaque année à cause des chocs et de la réaction d’électrolyse, c’est-à-dire ces microparticules d’acier, de métaux, qui s’échappent dans les fonds marins.”

Temano

“On voyait bien qu’on allait remplacer des chaînes tous les deux à trois ans sur certains sites. L’objectif était de s’affranchir de ces remplacements systématiques et de préserver l’environnement”, explique Quentin Demoulin. “Avec la différence entre marée haute et marée basse, les chaînes raclaient les fonds de l’eau, venaient faire, en quelque sorte, tondeuse et détruire l’environnement marin. L’ensemble élasto-textile permet de garder la ligne en légère tension permanente, et donc d’éviter ce phénomène.”

Soutenues par l’Office de la biodiversité 

La première commune à avoir fait confiance à Temano, c’est Roscanvel, dans la rade de Brest, dans le Finistère, où on trouve du maërl, le corail breton, de petits coraux rouges. “Roscanvel souhaitait protéger ce patrimoine et a fait appel à nous pour réaliser des mouillages écologiques.” Une initiative facilitée par l’Office français de la biodiversité, qui a mis en place des subventions, depuis l’an dernier, pour les communes qui passent aux mouillages à moindre impact.

Temano est également intervenue dans le Golfe du Morbihan et présente actuellement des projets pour l’Ile de Ré ou encore les herbiers de Posidonies, en Méditerranée. Et les premiers constats sont encourageants : “Sur l’ensemble des lieux où nos mouillages ont été installés, l’herbier repousse. La vie reprend”, s’enthousiasme Quentin Demoulin. 

“Les herbiers marins sont de véritables réserves de biodiversité, qui abritent énormément d’espèces, des petits poissons qui attirent les gros et absorbent dix à vingt fois plus de dioxyde de carbone que les forêts tropicales, donc qui ont un réel impact sur l’absorption de gaz à effet de serre.”