Make my van : le marché du voyage en fourgon se porte très bien

L’entreprise girondine aménage des véhicules de voyage 4×4 sur-mesure. Le carnet de commande est plein. Tout est possible, pour tous les profils de voyageurs, novices ou confirmés.

Podcast

Make my van : se sentir libre 

1 - Make my van : se sentir libre 

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Make my van : faire rentrer une maison dans un fourgon

2 - Make my van : faire rentrer une maison dans un fourgon

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Make my van : le voyage sur-mesure

3 - Make my van : le voyage sur-mesure

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Le marché du voyage en fourgon aménagé progresse de 25 à 30% par an en France. Un mode de transports qui explose depuis le début des années 2010. Gaétan Pellat de Villedon a créé Make my van, en 2013, à Pessac, en Gironde.

Lui-même est un grand voyageur, avec une trentaine d’années de vie sur l’eau à son actif, puis sur la route. Ses rencontres lui ont permis de réaliser que la plupart des personnes qui voyagent par la route se heurtent souvent à une dure réalité : ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent dans les véhicules produits en série. Il y a donc dans ce domaine une véritable demande. Gaétan Pellat de Villedon décide alors de se lancer dans l’aménagement au cas par cas. 

Chaque fourgon est unique

Depuis dix ans, ce sont des centaines de projets de voyage qui se sont concrétisés grâce à ses conceptions. Le travail d’une équipe d’une quinzaine de personnes, dont une dizaine dans l’atelier, soit six métiers différents : du chauffagiste au carrossier, en passant par le plombier… Car c’est une véritable maison qu’il faut faire entrer dans des surfaces de 3m50 sur 1m70. Il faut alors faire preuve d’ingéniosité et surtout s’adapter à chaque demande, à chaque gabarit, à chaque usage. 

“C’est une des rares façons de se déconnecter complètement de la société et de ses contraintes quotidiennes”

Certains vont demander un aménagement pour transporter des vélos, d’autres des motos, des animaux, d’autres encore vont planifier un voyage au long cours avec toute leur famille à l’autre bout du monde ou un périple de l’extrême dans les pays nordiques en plein hiver. À chaque fois, il faut dessiner et matérialiser le véhicule parfaitement adapté. C’est une recherche, une adaptation permanentes. 

Entre 12 et 18 mois

Il y a d’innombrables étapes pour arriver au produit fini : d’abord, les modifications de carrosserie, l’installation des toits relevables, des pièces d’élargissement, puis celle de l’isolation et de l’insonorisation du véhicule pour plus de confort ; puis la partie habillage intérieur pour le rendre esthétique, la fabrication des meubles, l’agencement intérieur pour y intégrer tous les équipements techniques : réservoir d’eau, batterie, électroménager…

Aujourd’hui, il faut attendre entre douze et dix-huit mois pour obtenir son véhicule aménagé sur mesure. 

Les matériaux naturels sont privilégiés, comme le bambou ou le liège pour la partie isolation et insonorisation. Le contre-plaqué va être utilisé pour des problématiques de poids, car ces véhicules de grand voyage doivent être les plus légers possible et structurellement très costauds pour résister au mouvement sur les pistes. 

Se déconnecter complétement 

Un engouement pour le fourgon qui n’est pas seulement dû à la crise du Covid, mais aussi à des facteurs géopolitiques, comme le Printemps arabe et la modification des zones de destinations touristiques dans le pourtour méditerranéen. Un changement de philosophie des Français, aussi, sur la beauté des régions, le développement des circuits courts, la redécouverte de la nature, du patrimoine… “Le fourgon est un moyen de voyager qui s’adapte bien à cette philosophie-là”, explique le fondateur de Make my van.

« C’est une façon de prendre le temps de redécouvrir la nature et de rencontrer des gens, quand on est assez curieux et ouvert au monde »

Le fourgon offre aussi des avantages inégalés comparé à d’autres façons de voyager. Ceux qui ont connu l’expérience ne peuvent plus revenir en arrière. “C’est une des rares façons de se déconnecter complètement de la société et de ses contraintes quotidiennes”, explique Gaëtan Pellat de Villedon.

“Quand on part en fougon, on part avec ce dont on a besoin sur le dos, et on n’a besoin de rien d’autre que de son véhicule et de ce qu’on a mis dedans. On retrouve une liberté de mouvement et intellectuelle, qui est assez rare. C’est une façon de prendre le temps de redécouvrir la nature et de rencontrer des gens, quand on est assez curieux et ouvert au monde. Ces voyages sont riches en enseignements. On se cultive aussi sur chacun des pays qu’on visite, sur son histoire”. 

Par ailleurs, il est relativement aisé aujourd’hui de trouver un bivouac agréable, même si c’est une première et que l’on n’est pas un spécialiste. De nombreuses applications se sont développées pour accompagner les voyageurs novices, parmi lesquelles Home camper ou encore Camping-car park