L’architecture frugale et créative, pour un habitat plus sobre et écologique

Ce mouvement est né d’un manifeste publié en janvier 2018 qui a recueilli plus de 13 000 signatures dans 65 pays.

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L’architecture frugale et créative, pour un habitat plus sobre et écologique

1 - L’architecture frugale et créative, pour un habitat plus sobre et écologique

02:33

Le mouvement de l’architecture frugale et créative apprécie auprès des pro

2 - Le mouvement de l’architecture frugale et créative apprécie auprès des pro

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La naissance du mouvement de l’architecture frugale et créative

3 - La naissance du mouvement de l’architecture frugale et créative

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Il y a quatre ans Philippe Madec (architecte), Alain Bornarel (ingénieur) et Dominique Gauzin-Müeller (architecte chercheuse) ont rédigé un manifeste qui prône pour une frugalité heureuse et créative dans l’architecture et l’aménagement des territoires urbain et ruraux. Il a recueilli plus 13 300 signatures dans 65 pays. Parmi les signataires, on retrouve des professionnels du métier, mais aussi des citoyens.

Ils ont entamé cette démarche après avoir constaté qu'en France le secteur du bâtiment produit 40 % des déchets, est responsable de 40% des émissions de gaz à effet de serre tout en consommant 60 % des ressources naturelles. « C’est pourquoi nous prônons la frugalité, car c’est la juste utilisation de la terre et ça vaut aussi pour l’architecture. Ça passe donc dès le choix de l’implantation d’un bâtiment, et cela pose parfois la question : faut-il encore construire ? Il faut valoriser le territoire et construire uniquement quand c’est absolument indispensable. On encourage, par exemple, à transformer des bureaux en logements, ce qui nous manque en particulier », explique Dominique Gauzin-Müeller.

L’architecture frugale et créative est mise en application un peu partout en dans le monde. En France, par exemple, à Rosny-sous-Bois, en région parisienne, une halle de marché a été transformée en école maternelle avec des matériaux écologiques comme du bois, de la paille, des briques de terre crue. D’ailleurs, les habitants ont été invités à participer à la création de ces briques. À noter que l’utilisation de ces matériaux non énergivores en termes de production sont naturelles, un des principes de ce mouvement.

De plus, Dominique Gauzin-Müeller constate les professionnels de l’architecture et de l’aménagement sont sensibles à la démarche : « Ils ont de plus en plus conscience de la pollution de l’air, des sols et de la finitude des ressources. Le sable et les granulats sont de plus en plus rares et vont être de plus en plus chers. Il faut donc utiliser d’autres matériaux, comme le bois et la paille, ce qui apporte de la créativité et du sens. » Et ce mouvement gagne aussi les étudiants en école d’architecture « qui veulent donner du sens à leur action et faire une architecture qui répond aux besoins des futurs usagers et de la société en général ».