La bio dans le monde : au Sénégal, la ferme école s’ouvre aux sourds

Si Audition Solidaire France Sénégal s’intéresse en premier lieu aux enfants porteurs de handicap auditifs, l’association a choisi de s’aider de l’agriculture biologique. Son président explique pourquoi.

Podcast

Une ferme pédagogique et inclusive au Sénégal

1 - Une ferme pédagogique et inclusive au Sénégal

02:23

Une intégration par l’agriculture biologique

2 - Une intégration par l’agriculture biologique

04:26

L’agriculture biologique et familiale pour nourrir le Sénégal ?

3 - L’agriculture biologique et familiale pour nourrir le Sénégal ?

04:15

Dans le Sud-Est du Sénégal, à Tambacounda et Sinthiou Maleme, les enfants porteurs de handicap auditif ont pu trouver une place dans la société grâce à une ferme pédagogique et biologique.

L’association Audition Solidaire France Sénégal a lancé depuis 2013 une formation pour les enseignants et, depuis 2017, ce lieu de ressources et d’apprentissage pour les enfants sourds ou malentendants en utilisant l’agriculture biologique.

“Dans les deux communes, on a une trentaine d’enfants qui ont fait déjà cinq ans d’initiation. D’habitude, ces enfants ne peuvent pas aller au-delà du CM1 car l’oralité prend déjà le dessus”, explique le président de l’association, Insa Diop.

“Un processus intégré”

À l’inverse donc, sa ferme pédagogique accueille les enfants grâce “à un processus intégré”. Il poursuit : “Nous travaillons sur les supports pédagogiques que nous sommes en train de traduire en langue des signes pour que ce centre de formation soit adapté aux enfants sourds.”

Le travail se fait autant avec l’Institut sénégalais des recherches agricoles (Isra) qu’avec l’Institut national en recherche agronomique en France, puisque son association est basée à Pessac, en Gironde.

Une solution pour l’autosuffisance

Il espère que son modèle puisse se développer à travers le pays pour une meilleure prise en charge des enfants mais aussi des adultes qui ont rapidement été exclus des études. D’ores et déjà, “dès l’année prochaine, nous comptons tendre vers un système d’internat”, annonce-t-il.

“Nous sommes dans une commune très pauvre, donc il est difficile d’avoir de l’engrais” rappelle Insa Diop. L’agriculture biologique et familiale serait donc la solution pour arriver à l’autosuffisance alimentaire du Sénégal : “Si on mangeait local, l’agriculture biologique primerait au Sénégal.”