Intenable, le Dry January ? Essayez le Janvier sobre à la française

Le mouvement est porté pour la 5e année consécutive par Laurence Cottet. Objectif : adopter une consommation d’alcool raisonnée et raisonnable pendant un mois pour s’interroger et mesurer l’impact sur sa santé.

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« Non, je ne bois pas » : un regard plus positif sur la sobriété

1 - « Non, je ne bois pas » : un regard plus positif sur la sobriété

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Quelle est la différence entre le Dry January et le Janvier sobre ?

2 - Quelle est la différence entre le Dry January et le Janvier sobre ?

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Après les fêtes, adoptons une consommation raisonnable d’alcool

3 - Après les fêtes, adoptons une consommation raisonnable d’alcool

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Et vous, serez-vous sobre en janvier ? C’est le défi lancé pour la cinquième année consécutive par le mouvement Janvier sobre. Il est porté par Laurence Cottet, patiente-experte engagée dans un combat contre l’alcoolisme dont elle a elle-même souffert.

Elle a mis au point une méthode, basée sur son histoire personnelle, pour s’en sortir. Aujourd’hui, elle prône une abstinence heureuse.

Le Janvier sobre, qu’est-ce que c’est au juste ?

« La question de la consommation d’alcool est taboue en France. Il y a, d’un côté, les alcooliers qui ont un métier qui fait partie de notre patrimoine. De l’autre, les addictologues hygiénistes qui prônent la tolérance 0. Moi, bien qu’ancienne alcoolique, je ne suis pas contre l’alcool en soi. Je promeus une consommation raisonnée », explique Laurence Cottet.

Forte de ce constat, la juriste d’affaires de métier a lancé, en 2019, le mouvement Janvier sobre. La traduction littérale du mouvement anglo-saxon Dry January ?

Raté ! « Le mouvement anglo-saxon est honorable, mais adapté à la consommation anglaise. Là-bas, on consomme peu la semaine et on est dans l’excès le week-end. Chez nous, en France, on est sur une consommation plus quotidienne et parfois exagérée », explique-t-elle.

L’idée de Janvier sobre n’est donc pas de dire « pas d’alcool pendant un mois », mais de proposer de se conformer aux recommandations. En effet, Santé publique France indique qu’il faut éviter de consommer plus de deux verres par jour, tous les jours. « Quand on parle de verre, on parle des quantités servies en restaurant. 25 cl de bière par exemple », précise Laurence Cottet.

Comment avoir une consommation raisonnable ?

Les fêtes sont souvent synonyme d’excès en tous genres, y compris en matière d’alcool. « L’idée, là, c’est de ralentir et d’observer », dit Laurence. Mais alors, comment on s’organise ? « C’est comme vous le sentez », répond-elle.

En 2022, quelque 304 000 personnes se sont inscrites sur la plateforme janviersobre.fr ! Certaines ont décidé de ne rien consommer pendant les quinze premiers jours de janvier et de reprendre ensuite leurs habitudes. D’autres de ne rien consommer la semaine et de s’autoriser un verre le week-end. « Le mois de janvier est plein de tentations en France. Notamment parce que certains célèbrent la nouvelle année jusque tard. Il y a aussi tout un tas de cérémonies pour les vœux. Sans parler de l’Épiphanie ! »

Pour Laurence, même si l’abstinence totale d’un mois peut se faire comme chez nos voisins anglo-saxons, elle est plus difficilement réalisable en France. « L’adjectif sobre signifie consommer avec modération. Et cela, c’est déjà tout à fait louable », indique-t-elle.

Quels effets sur la santé ?

Selon les plus récentes données de Santé publique France, l’alcool est responsable de quelque 41 000 décès évitables chaque année. La consommation, même si elle est faible, a des impacts sur notre organisme. À outrance, l’alcool peut être à l’origine de cancers et autres maladies cardiovasculaires.

Alors en janvier, après les excès des fêtes, le fait de ralentir la consommation et de l’adapter aux recommandations permet de se rendre compte d’effets positifs. « Par exemple, au bout de quelques jours, on dort mieux. On a une plus jolie peau, plus de résistance à l’effort, moins de fatigue, explique Laurence. Et puis, mine de rien, même si ce n’est pas un objectif en soi, on perd du poids. L’alcool est très calorique. »

Mais alors, pourquoi essayer Janvier sobre ? Pour Laurence Cottet, le mois de janvier peut être la bonne occasion de s’interroger sur sa consommation habituelle d’alcool. De se rendre compte qu’on peut être tout aussi heureux sans les excès et les effets néfastes sur la santé. Rien qu’en respectant les recommandations. « Ce mois de janvier peut permettre aussi de prendre de nouvelles habitudes. Il peut se transformer en année sobre. Et pourquoi pas, en une vie sobre ? »