Ces dernières années, l’accessibilité au sein des universités est devenue un enjeu de taille. En 2019, en France, 37 502 étudiants en situation de handicap étaient inscrits dans des établissements de l’éducation supérieure. Cette accessibilité est aussi bien un gage de réussite qu’un moyen d’attirer des étudiants aux profils riches et variés.
Malheureusement, le parcours universitaire des étudiants en situation de handicap peut être semé d’embûches avec des conséquences problématiques sur leur réussite. La loi pour l’égalité des droits et des chances du 11 février 2005 tente alors d’améliorer l’accès à l’éducation des personnes en situation de handicap. Aujourd’hui, c’est au tour des écoles et des universités de s’adapter aux différents profils en facilitant cette inclusion.
À Lyon, l’Université Jean Moulin Lyon 3 a mis en place des solutions concrètes pour favoriser la réussite de tous ses étudiants. Alexandra Codina est cheffe de projet de l’action 13 du projet Include. Cette action vise à proposer un environnement d’apprentissage prenant en compte toutes les situations particulières. Pour ce faire, Alexandra et son équipe ont installé un parcours de guidage avec l’outil Evelity, développé par la société lyonnaise Okeenea.
Cette application de GPS intérieur guide pas à pas les usagers en situation de handicap. Ainsi, les étudiants peuvent se repérer plus facilement à travers les bâtiments et trouver aussi bien la bibliothèque que les toilettes les plus proches. Pour Alexandra, ce parcours, qui couvre plusieurs kilomètres, permet également aux étudiants de gagner confiance en eux et ainsi de rassembler toutes les chances pour réussir leurs études.
Gourbeyre, Fort-de France, Saubion, Paris, Aix-en-Provence, Quimper, Amiens, Vierzon… Au total, 41 villes vont vibrer à l’occasion de la 7ᵉ édition de la Nuit du handicap, samedi 15 juin, de 16 à 22 heures. Cet événement festif et ouvert à tous a pour but de créer la rencontre, briser les clichés et révéler des talents.
« Dès le départ, il y a eu l’envie de créer un événement unique et simultané dans plusieurs endroits de France, sur la place publique. Où les personnes en situation de handicap accueillent le grand public et révèlent leurs talents artistiques, sportifs, culinaires, musicaux, d’organisateurs et même à la sécurité. Le but est aussi de démontrer que la place du handicap évolue dans la société. Que ce ne sont pas toujours les personnes qui ne sont pas en situation de handicap qui s’occupent des autres », explique Héloïse Blain, bénévole de l’association à Boulogne-Billancourt. En France, 12 millions de personnes se trouvent en situation de handicap. Pour 80%, d’entre elles, celui-ci est invisible.
Valentin Reinehr, humoriste et bègue, est le parrain de cette édition. Membre du Jamel Comedy Club, il s’est fait connaître en 2019 dans “La France a un incroyable talent”, sur M6. Son premier seul en scène “La vie est bègue” s’est décliné en un livre autobiographique éponyme. S’il a accepté de parrainer la Nuit du handicap, c’est parce qu’il « trouve tellement dommage qu’on ait besoin d’une Nuit du handicap pour parler de ce sujet. J’espère qu’un jour « cette nuit » sera tout le temps, parce que le handicap existe tous les jours. Ce mot me gêne presque. Moi, j’aime bien de parler de petites différences ».
Il va par ailleurs profiter de ce rôle pour faire passer des messages d’inclusion et de solidarité. « Je pense que la notion du handicap est en train d’évoluer. Quand on voit le succès du film d’Artus [“Un p’tit truc en plus”, NDLR], je suis vraiment rassuré. Je pense qu’on est train de faire évoluer l’inconscient des gens. »
Pour cette édition 2024, le thème est les Jeux olympiques et paralympiques et les Special Olympics, consacrés aux personnes avec une déficience mentale. 400 animations sont prévues, 1 400 bénévoles mobilisés. Il est également possible d’être bénévole pour quelques heures, voire plus, et de faire un don à l’association.
À 25 ans, la vie de Martin Petit bascule. À la suite d’un accident de plongeoir, le jeune homme devient tétraplégique. Rien ne prédisait ce Bordelais de 32 ans à un tel destin. Et pourtant, Martin a décidé de faire de son handicap “quelque chose de plus grand que lui”, comme il aime le répéter. Chaque jour, il partage quelques tranches de vie, des morceaux de son quotidien via son compte Instagram el_marticino.
Son objectif est de visibiliser la condition des personnes en situation de handicap. Sa condition. Il réunit aujourd’hui une communauté de plus de 100 000 abonnés. “Rien de tout cela n’était calculé. Aujourd’hui, je suis approché par des marques pour des collaborations. Mais cela m’a aussi ouvert d’autres opportunités. Par exemple, j’ai fait des conférences pour le département, j’ai aussi écrit le livre “Résilience” avec Loury Lag“, explique-t-il.
Récemment, Martin a troqué sa casquette d’influenceur pour celle de mannequin. Pour la marque de vêtements Jules, il est l’égérie d’une nouvelle collection adaptée aux personnes en situation de handicap. Plein d’ambition, c’est certain, il a maintenant d’autres projets pour l’avenir. D’ici quelque temps, il ouvrira sa chaîne YouTube. L’objectif : interviewer d’autres personnes pour incarner d’autres causes.
Ça fait 7 ans que je parle de mon histoire. Maintenant, j’ai besoin d’avoir d’autres alliés”, explique-t-il. Ces formats longs permettront d’entrer plus en profondeur sur les problématiques abordées par ses invités. Un contenu à retrouver très bientôt en ligne.
AirZen Radio se mobilise pour vous donner les clés d’un vote crucial : celui des élections européennes du 9 juin. Dimanche prochain, 450 millions d’électeurs et d’électrices des 27 États membres choisiront leurs représentants au Parlement de Strasbourg pour les cinq prochaines années. Ce scrutin a lieu pour la neuvième fois depuis 1979, année des premières élections.
En quinze pastilles audios de deux minutes chacune, nos journalistes – Marie-Belle Parseghian, Jérôme Pasanau et Olivier Montégut – explorent différents aspects de l’Union européenne. Ils abordent des sujets tels que la mobilité, la santé, l’éducation, la justice, l’économie, le handicap, la diplomatie, l’emploi, la jeunesse, l’alimentation et l’agriculture. Ainsi, ils expliquent l’influence de l’Union européenne sur notre quotidien.
L’occasion également de faire le point sur des thèmes fondamentaux tels que la paix, la justice, le rôle des eurodéputés, la mobilité, l’inclusion dans les quartiers populaires. Mais également de parler de l’identité européenne et de l’histoire de l’Europe. Sans oublier de se tourner vers l’avenir, en examinant la transition écologique, les politiques environnementales de l’UE et le regard que porte la jeunesse sur l’Europe.
Enfin, ils expliquent pourquoi il est important de voter aux élections européennes. Du fonctionnement de l’Europe, aux raisons et enjeux de ce scrutin, vous aurez toutes les cartes en main pour exercer votre droit de vote ce dimanche 9 juin.
J’ai vu le film “Un p’tit truc en plus”, réalisé par Artus, dès sa sortie. J’avais très envie de le voir. D’abord, parce que j’aime bien rire au cinéma. Et aussi parce qu’un film avec des actrices et des acteurs en situation de handicap, comme moi, évidemment que ça m’intéresse.
Je ne vais pas vous le cacher : j’ai adoré. C’est drôle, émouvant, et pour être déjà partie en colonie de vacances avec des personnes en situation de handicap, je peux vous dire que c’est réaliste !
Tous les comédiens et les comédiennes sont excellents, porteurs de handicap ou non. Personnellement, j’ai beaucoup aimé certains passages, que j’ai trouvé très justes. Je ne veux pas vous spoiler, mais le film montre très bien que, non, les personnes en situation de handicap ne sont pas forcément fans de dessins ou de pâte à modeler ! Que, oui, elles aiment bien se mélanger avec les autres ! Que, oui, elles peuvent avoir aussi envie de faire la fête, d’aller faire des courses. Et que d’avoir des sentiments, aussi, ce n’est pas interdit.

J’ai eu la chance d’accueillir Céline Groussard, une des actrices du film, pour une interview. Elle nous parle de son parcours avant le film, lors duquel elle a rencontré le succès au théâtre, déjà au côté d’Artus. Ce qui ne l’a pas empêchée d’avoir à passer un casting pour son rôle dans “Un p’tit truc en plus” ! Elle nous parle aussi de sa relation avec les autres comédiens et comédiennes, de l’esprit de famille qui s’est formé à l’occasion du tournage et de plein d’autres choses.
Et si vous voulez voir “Un p’tit truc en plus”, foncez au cinéma !
Depuis sa création, l’association Portez-moi pour un rêve, une initiative unique, a transformé des rêves en réalité, ouvrant les portes de la culture à ceux qui en étaient exclus en raison de barrières physiques, de leur âge, de maladies ou encore de handicaps.
Avec une équipe d’ambulanciers bénévoles dévoués, l’association s’est engagée à transporter avec soin les personnes en situation de handicap vers des lieux artistiques et culturels, tels que des musées.
Nicolas Chevalier, fondateur de l’association, est un visionnaire. Conscient des défis auxquels sont confrontées les personnes à mobilité réduite, il a décidé de mettre son énergie et sa passion pour rendre la culture accessible à tous, sans exception.
Pour lui, chaque individu mérite de vivre l’enrichissement et l’émerveillement que procurent les expériences culturelles. Chaque lieu culturel visité est bien plus qu’une simple “sortie” : c’est un moment qui renforce le lien social.
L’impact de cette organisation va bien au-delà des simples déplacements. En permettant aux personnes à mobilité réduite de participer pleinement à la vie culturelle, l’association favorise l’inclusion sociale. “Le premier monument que nous avons visité est la Tour de Crest, dans la Drôme. C’est le plus haut donjon d’Europe, à égalité avec le donjon de la Tour de Vincennes, mesurant 52 mètres de haut. Ce n’était pas du tout simple. Le 29 juillet 2023, nous avons accompagné Jean-Yves et Amélie, deux personnes en fauteuil roulant. Ce sont les deux premières personnes de l’histoire en fauteuil roulant à avoir visité ce monument. C’était vraiment un moment exceptionnel,” explique Nicolas Chevalier, fondateur de cette association.
Portez-moi pour un rêve est aujourd’hui plus qu’une simple association. C’est un symbole d’espoir pour tous ceux qui croient en un monde où chacun a sa place. Et grâce à Nicolas Chevalier et à son équipe, ce monde est un peu plus proche de devenir une réalité.
Ancien militaire de 46 ans, Mathieu Sommet a créé en 2017 l’entreprise Alliés Sport à Bordeaux. Du coaching sportif et adapté au handicap de chacun.
“Je pratique moi-même la moto et j’ai connu plusieurs personnes ayant eu des accidents. D’autre part, mon frère était malentendant. J’ai toujours été très sensible à la question du handicap“, raconte-t-il. Pour s’adapter à chacun, le coach sportif a mis en place un processus bien rodé. Il organise toujours un premier rendez-vous pour déterminer ensemble les objectifs et mieux connaître le mode de vie, l’alimentation, et les antécédents médicaux et sportifs de son futur client.
“Je propose ensuite un programme sportif sur mesure. À ce moment-là, la personne est libre de décider ou non si elle souhaite travailler avec moi”.
“Parfois, certaines parties du corps ne bougent plus. Par exemple, quand j’accompagne une personne hémiplégique, on travaille sur la mobilité en effectuant des massages à minima pour la circulation sanguine”, explique le girondin. La pratique d’une activité sportive est, selon Mathieu Sommet, importante pour le corps, mais aussi pour l’esprit, quelle que soit sa condition physique. Chaque exercice peut être adapté. Faire du sport rime alors avec musculation, étirement ou encore renforcement.
Pour faciliter les séances, Mathieu se déplace à domicile avec son propre matériel : Swiss Ball, élastiques. Si son client souhaite reproduire plus tard les exercices en autonomie, il peut aussi proposer une liste d’équipements.
Mathieu Sommet se déplace à Bordeaux et en périphérie. Il est possible de prendre contact avec lui directement via son site internet.
En 2012, alors qu’il profitait des joies de la montagne, Romain fait une mauvaise chute à ski et devient tétraplégique. Malgré ce basculement de vie, le jeune homme ne se laisse pas pour autant abattre et adapte sa nouvelle vie à son handicap. Il accueille son premier enfant quelques mois plus tard et trouve un travail au centre d’appel des sapeurs-pompiers d’Indre-et-Loire. Régulièrement, il publie du contenu sur les réseaux sociaux. Plus connu sous le nom de Roro le Costaud, Romain rassemble une communauté de plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux. Cette aventure a commencé en 2018 lorsqu’il a voulu se lancer dans un projet sportif. Grâce aux financements récoltés, il a pu investir dans un fauteuil de sport et ainsi devenir un sportif de haut-niveau.

Lors de cette période, Romain a commencé à recevoir de plus en plus de questions autour du handicap. Via son compte Roro le Costaud, il a alors pris le temps d’y répondre en utilisant l’humour. Le rire au quotidien lui permet ainsi de faire passer des messages et diminuer les préjugés autour du handicap. Romain souhaite ainsi dédramatiser l’image de la personne en situation de handicap. Il aborde des thèmes aussi variés que la parentalité, la vie quotidienne ou encore la sexualité. Grâce à l’autodérision et son humour fédérateur, le jeune homme s’adresse à tous les âges. Il rappelle qu’en sensibilisant les nouvelles générations, il est possible de créer une société plus inclusive pour les personnes en situation de handicap. Pour Romain, l’humour via les réseaux sociaux s’apparente à une réelle thérapie qui lui a permis d’accepter sa situation au fil des ans. Tout ce cheminement se retrouve d’ailleurs dans son livre “Et pourtant… Ça roule“.
Depuis quelque mois, la jeune charentaise envisage de passer le permis de conduire. Pour atteindre cet objectif et acheter sa première voiture, elle a décidé de lancer une cagnotte participative. Elle a besoin de récolter 150 000€. Océane n’a pas la folie des grandeurs ! 150 000€, c’est la somme nécessaire pour acheter un véhicule adapté à sa maladie. La jeune femme est atteinte d’amyotrophie spinale. Cette maladie orpheline l’oblige à se déplacer en fauteuil roulant électrique depuis l’âge de deux ans.
“Dans cette voiture, la rampe s’ouvre à l’aide d’une télécommande. J’utilise un joystick, car je ne peux pas tourner le volant et j’accède à des boutons pour passer les vitesses”, raconte-t-elle. Cette voiture aménagée a bel et bien un coût, mais les heures pour apprendre à la conduire aussi… Pour une heure de conduite, il faut compter environ 90€. Soit 30€ de plus qu’une heure de conduite “ordinaire”. De plus, il lui faudra un minimum de 60 heures de pratique pour accéder à l’examen de conduite.
Partout où Océane va, Andy n’est jamais loin. Andy, c’est le chien d’assistance de la jeune femme. Ce labrador noir représente une aide technique indispensable, mais aussi “un grand soutien émotionnel“, ajoute-t-elle. Dans les balades comme à l’école, ce compagnon à quatre pattes l’accompagne partout !
“C’est un chien d’assistance. Mais comme tous les chiens, parfois, il a juste envie de jouer et peut se montrer têtu”, s’amuse Sandrine, la maman d’Océane. Plus tard, la jeune étudiante en communication aspire à devenir Community manager et à être autonome dans ses déplacements.
Ce que nous retiendrons de cet entretien : son sourire inaltérable et des regards complices avec sa maman. Un bel exemple d’optimisme, de courage et de résilience.
Rêve de Je(ux). C’est le nom du livre écrit par Mathieu Thomas, champion de para-badminton, et paru aux éditions City le 24 avril dernier. L’athlète, plusieurs fois champion de France et une fois champion d’Europe, revient sur son parcours et notamment sur ses 17 ans avec le diagnostic d’un cancer et la perte de mobilité de sa jambe droite après une opération. Jusqu’à aujourd’hui et ce rêve de participer aux Jeux paralympiques de Paris. Un rêve de participation, mais surtout de médaille en para-badminton.
Il retrace l’évolution de son rapport au handicap et son engagement actuel afin de « rendre visible l’invisible » et donc de favoriser l’inclusion. C’est à 28 ans qu’il découvre le badminton. Une renaissance pour lui, qui plus jeune, était passionné de sport. À force de passion et de travail, Mathieu enchaîne les victoires et se hisse parmi le top mondial. Cette réussite fait aujourd’hui sa fierté.

À travers ce témoignage plein d’espoir, il veut montrer sa capacité à dépasser la douleur et les échecs. Ce livre, conçu en trois axes, résume finalement le parcours de Mathieu : accepter, transformer et rêver. Sa jeunesse percutée par le cancer et le handicap, puis le badminton, la vie d’entrepreneur et de conférencier, l’engagement pour l’accessibilité et l’inclusion, l’objectif des Jeux de 2024.
La dernière partie « Rêver » permet de partager, grâce à son vécu, ce qui a permis cette évolution. Une ode à la vie.
En France, il existe un tissu associatif très important autour du handicap. Pourtant, selon Matthieu Annereau, il manquait une association complémentaire aux autres, c’est-à-dire un groupe de personnes qui puisse faciliter les rencontres et les débats entre les associations tout en mobilisant les acteurs économiques et politiques. Matthieu a alors fondé l’APHPP, l’Association pour la Prise en compte du Handicap dans les Politiques Publiques et Privées. Ce collectif agit à différentes échelles et propose au niveau national une parole de plaidoyer autour du handicap. Pour Matthieu, il est nécessaire aujourd’hui d’inscrire cette question au cœur des débats politiques et économiques afin de rendre la société plus inclusive. Avec l’APHPP, il fait bouger les politiques publiques en s’appuyant sur des rencontres et des séances de travail autour de l’accessibilité et du handicap.

Avec l’arrivée des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024, l’APHPP a de nombreux défis à relever. Elle est force de proposition et développe des améliorations qu’elle porte aux niveaux national et européen. Grâce aux réseaux associatifs et à plusieurs correspondants, l’APHPP est aussi présente sur le terrain afin de diffuser les solutions trouvées. L’une des principales volontés de l’association est ainsi d’inscrire l’accessibilité universelle dans la Constitution Française. Pour Matthieu, faire de l’accessibilité un principe constitutionnel favoriserait ainsi le vivre-ensemble pour l’ensemble de la population. Cela permettrait également de prévenir des lois jugées anticonstitutionnelles. Matthieu espère alors que l’anniversaire en 2025 de la Loi Handicap, promulguée en 2005, s’accompagnera d’avancées concrètes et inclusives.
Pour en savoir plus :
Le local de l’association Les Tournesols charentais, à Angoulême, ressemble au salon de “monsieur et madame tout le monde”. Au milieu de la pièce, une grande table à manger. Un peu plus loin, un coin cuisine et un canapé. Sur les murs, des photos de groupe, des “messages inspirants”, des dessins réalisés par les adhérents. Cela ne fait aucun doute, nous sommes dans un lieu de vie… Pourtant, personne n’habite ici. C’est un lieu d’accueil et d’échange où se réunissent les membres de l’association plusieurs fois par semaine.
Ce groupe d’entraide mutuelle (GEM) a été créé pour accompagner les personnes cérébrolésées. Son objectif est de rompre l’isolement et de recréer du lien social. Ces lésions cérébrales trouvent leur origine à un AVC ou un traumatisme crânien. Elles peuvent engendrer des séquelles et altérer les capacités motrices sensorielles, comportementales et psychiques.
Les adhérents de l’association nous accueillent avec le plus grand des sourires. Pour la visite, ils sont venus nombreux. Autour de la grande table, pas moins de 10 personnes. Des adhérents, des accompagnants et un éducateur spécialisé. Parmi eux, Sylvie, 62 ans, présidente de l’association. Elle est elle-même concernée par la cérébrolésion. Après deux AVC, elle a été licenciée d’une structure associative dont elle était directrice à l’époque pour inaptitude au travail. Lorsqu’elle a entendu parler de la création des Tournesols charentais, Sylvie a souhaité apporter ses compétences au projet. “J’avais perdu confiance en moi. Aujourd’hui, je suis très contente de la reconnaissance que m’apportent les adhérents.”
Après de brèves présentations, chacun raconte son parcours de vie. Emmanuelle est épileptique. Clémentine a fait une méningite à la naissance. Bénédicte est la femme d’Éric, il a perdu l’usage de la parole à la suite d’un AVC. Tous évoquent les difficultés du quotidien, les obstacles professionnels auxquels ils font face sous l’œil bienveillant de Cyril, éducateur spécialisé. “La personne handicapée ne se définit pas par son handicap. Elle est une personne à part entière et c’est le combat de l’association”, rappelle-t-il.
“Parfois, les gens nous considèrent comme “fainéants”. Notre comportement peut sembler “dérangeant” parce que les lésions cérébrales sont encore inconnues”, affirme Clémentine.
Le nom de l’association n’a pas été choisi par hasard. Le tournesol est le symbole universel du handicap invisible. Dans le monde, un milliard de personnes sont atteintes d’un handicap. Pour 80% d’entre elles, il ne se voit pas. D’autre part, les initiales de “Tournesols Charentais”, “TC” sont aussi celles de “traumatismes crâniens”, blessures à l’origine des lésions cérébrales. Pour lever les tabous autour des lésions cérébrales, les Tournesols Charentais organisent des ateliers. Une bonne opportunité pour sensibiliser le public à l’inclusion.
Quand on passe la porte du Village des enfants extraordinaire, à Saint-Maur-des-Fossés, on pénètre dans un lieu entièrement dédié aux enfants. Les salles de jeux ont des allures de forêts de conte de fées. Jeux numériques, salle Snoezelen, mobilier sensoriel, tout est réfléchi pour stimuler et apaiser les enfants autistes ou porteurs de handicap.
Ici, “pas de jugements de la part des adultes ou des enfants”, décrit Christine, la mère du jeune Nolan, porteur de TDHA. “ En France, la prise en charge des enfants TDHA ou autistes est un processus très lent et difficile. À l’école, on a dû mettre en place un ordinateur pour accompagner Nolan durant les cours. Et en dehors de l’école, pour l’occuper, c’est assez compliqué. Alors, quand j’ai appris l’ouverture de cet endroit, j’ai tout de suite foncé.”
“Ce lieu a été entièrement conçu pour les enfants atteints de troubles cognitifs ou polyhandicapés. On accueille aussi bien les enfants extraordinaires que leur fratrie ou le reste de leur famille. Cet endroit a vocation de rompre l’isolement de ces enfants, de leur apprendre des choses et de se sociabiliser”, explique Stéphanie Le Marec, la directrice des lieux.
“Entre parents, on se retrouve dans la cuisine à l’étage et on organise un café des parents. On s’échange nos astuces, nos adresses, nos praticiens”, précise Fadoua, mère de deux enfants autistes. En France, au moins 11 000 enfants handicapés attendent une place en institut médico-éducatif, selon le ministère de l’Éducation nationale.
À quelques kilomètres de Strasbourg, il existe un lieu inspirant où se mêlent le bien manger, la solidarité et le travail de la terre. Bienvenue à la Ferme Saint-André, à Friedolsheim. Si, à la base, le lieu est plutôt une terre d’élevage, c’est vers le maraichage que s’est tournée Sœur Béatrice quand elle a repris la ferme, dans les années 70, et lancé une activité liée à l’insertion professionnelle.
La production maraichère a l’avantage de fournir du travail régulier pour un effectif important, pense-t-elle alors. Aujourd’hui encore, le maraichage est l’activité principale de la Ferme Saint-André. Le domaine y consacre 12 hectares sur les 25. Des céréales destinées aux farines et pains du domaine complètent l’assolement avec des prairies permanentes et des vergers.
Les anciennes étables du corps de ferme centenaires sont aménagées en champignonnières où poussent, entre autres, pleurotes et shiitake. La ferme transforme en plats cuisinés une partie de la production, en conserve et pains vendus directement à la ferme. Le reste se vend sous forme de paniers, sur les marchés ou dans le cadre des ordonnances vertes mises en place par la mairie de Strasbourg.
La logistique et la vente sont des activités à part entière de la ferme. Un tiers des employés travaillent sur le conditionnement, la préparation des commandes, les livraisons, la gestion des clients et la vente. L’autre mission de la Ferme Saint-André étant l’insertion professionnelle, des personnes valides et en situation de handicap.
Pour aller plus loin > Alimentation : Strasbourg développe le bio sur ordonnance
Du 25 mai au 1ᵉʳ juin prochain se tiendra la troisième édition de l’IBSA Blind Football World Grand Prix, un tournoi international de cécifoot, c’est-à-dire le football pour les personnes déficientes visuelles. Les huit meilleures nations de ce sport vont s’affronter lors de cet événement. Aux côtés de la France, concourront le Brésil, la Turquie, l’Argentine, le Japon, la Colombie, la Thaïlande et la Chine. Les sportifs seront rassemblés au stade de l’Aar, à Schiltigheim, près de Strasbourg.
Cet événement sonne comme une répétition générale avant les Jeux paralympiques de Paris. Le World Grand Prix accueillera égalementsi trois équipes féminines de cécifoot : la sélection française, allemande et autrichienne. Les équipes vont s’opposer lors de matchs amicaux, avec, comme toujours, l’objectif de promouvoir la pratique féminine de ce sport et du football en général.
Cette belle fête du sport qui permet également de favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap. Concrètement, le cécifoot oppose deux équipes de cinq joueurs durant deux périodes de 15 minutes chacune avec chrono arrêté. Le terrain de 20 m sur 40 est bordé de barrières latérales et les buts font la taille des cages de hockey sur gazon. Le ballon utilisé est quant à lui sonore pour pouvoir suivre sa trajectoire. Les quatre joueurs de champ sont déficients visuels, seul le gardien est voyant.
Le film s’intitule “Personne, les oubliés du Ségur” parce que les professionnels sociaux et médico-sociaux, se sentent “complètement en manque de reconnaissance à ce moment-là” et ont l’impression de n’être personne, raconte Lorraine Reinsberger, coréalisatrice du documentaire. En 50 minutes, ce film donne la parole aux résidents d’établissements pour personnes en situation de handicap, aux familles et au personnel. Il dresse un état des lieux de la situation du secteur, l’histoire d’une révolte.
“On a travaillé vite, parce qu’il y avait un sentiment d’urgence pour faire entendre les messages”, explique Lorraine. Le film a donc été tourné en quelques jours, entre décembre 2021 et janvier 2022.
Les réalisatrices sont parties d’un constat : “La pandémie et l’application tardive des mesures de revalorisation salariales dites du “Ségur de la santé” ont été, en quelque sorte, le “coup de grâce” pour une filière déjà fragilisée. Les professionnels du soin et de l’accompagnement se sentent invisibles, divisés et déclassés. Ce film documentaire leur donne la parole“, montre les injonctions paradoxales auxquelles ceux-ci doivent faire face tout en mettant en lumière leurs métiers, leur courage, leur détermination à continuer à faire “le mieux possible” dans un contexte très difficile.”
Les personnes accompagnées et leur famille s’y expriment aussi sur les impacts de cette crise. Leur qualité de vie, leur dignité, leur inclusion. Comment réussir à faire bouger les lignes et à mettre en lumière ce secteur ?
Le dernier rapport de l’Arcome dresse un constat sans appel. “La représentation du handicap à l’écran reste marginale, avec un taux stagnant à 0,8%.” Dans le domaine de la communication et de l’information, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap est à 2,2%, bien en dessous de l’objectif légal de 6%.
De plus, la représentation est souvent biaisée, mettant en avant les handicaps moteurs, qui sont surreprésentés, à hauteur de 26%, plutôt que les déficiences visuelles, auditives ou psychiques. Du côté de la représentation publicitaire dans les médias, même constat : le handicap est présent dans moins de 1% des créations publicitaires, selon le baromètre Kantar de 2021.
De ce fait, l’ARCOM encourage “les éditeurs à renforcer leurs engagements pour favoriser l’expression des personnes handicapées sur tous les sujets, au-delà du handicap, dans les programmes d’information et de connaissance (JT, magazines, documentaires), en qualité de témoin, de citoyen ou d’experts”.
Pour tendre vers cet objectif, le groupe France Télévisions a récemment lancé la plateforme “Hagissants”, un annuaire digital de personnalités en situation de handicap expertes sur de multiples sujets.
Découvrez deux émissions “coup de cœur” de Lorraine Reinsberger. Ces programmes sont à retrouver sur France Télévisions.
Alors étudiants en médecine, Quentin et Iliès se rendent compte que la barrière de la langue crée de nombreuses problématiques au sein des Urgences à l’hôpital. Ils se lancent alors en 2018 dans la conception de Marti, un outil facilitant la communication entre les soignants et les patients. Le projet est mené par une équipe multidisciplinaire et s’accompagnera de deux ans de développement.

Pour Quentin, il est nécessaire que cet outil reste accessible au plus grand nombre. Grâce à une Web application, les patients, à leur arrivée aux Urgences, peuvent ainsi rentrer leurs informations dans la langue qu’ils souhaitent. Les questions ont été travaillées avec un laboratoire de recherche en linguistique et les traductions sont assurées par des interprètes. Une fois les informations détaillées, le médecin dispose d’un compte rendu médical structuré et traduit en français.
Sur les 22 millions de passages aux Urgences chaque année en France, Marti peut donc faciliter la prise en charge des 5 à 10% des patients non francophones ou ayant un trouble du langage. Cet outil médical permet ainsi de diminuer le risque d’une mauvaise prise en charge aux Urgences. Les médecins ne perdent en effet plus de temps à essayer de comprendre la situation du patient. Ils peuvent alors procéder à un meilleur examen clinique.
Quentin affirme également que Marti soulage la charge de travail des soignants et fluidifie le parcours de soin des patients. Plus d’une dizaine de langues sont déjà disponibles dans l’application. Avec cette innovation, l’équipe de Marti prouve qu’il est possible d’allier l’expertise médicale, la technologie digitale et la multiplicité des canaux de communication.

HandiSitter est une petite révolution pour les parents qui ont du mal à laisser leur enfant porteur de handicap. En effet, les parents ont souvent l’impression d’être seuls à pouvoir comprendre leur enfant et à le gérer, explique Caroline Battilana, fondatrice de l’association les Amis d’Émilie et de la plateforme HandiSitter. C’est justement pour leur venir en aide et leur permettre de souffler un peu – quelques heures, ou quelques jours – que Caroline a eu l’idée de lancer en 2008 cette plateforme à Marseille et dans le département des Bouches-du-Rhône.
Tout est parti d’une histoire personnelle, familiale, explique-t-elle. Elle venait en effet, de temps en temps, rendre visite à sa nièce et ainsi soulager les parents de cette dernière. De là est née l’idée de l’association et de la plateforme.
HandiSitter a la particularité d’être innovante, notamment avec sa plateforme collaborative, simple et rapide. L’association présélectionne des handisitters pour les familles et propose également des prestations sur mesure. En effet, Les Amis d’Emilie accepte les enfants porteurs de tout handicap, qu’il soit mental, physique, psychique ou les trois à la fois. Et accepte aussi tous les âges, car quand on est parent d’un enfant handicapé, on doit l’accompagner toute la vie.
Caroline échange longuement avec chaque famille pour connaitre en détail ses besoins, le type de handicap de son enfant, son degré d’autonomie… Le contact humain reste primordial, explique Caroline. Ensuite, c’est à la famille de décider. Elle sélectionne le handisitter qui leur convient, le payent et le déclare directement.
Pour aller plus loin > Elpyoo, une application pour rompre l’isolement des aidants
Depuis 2002, Handicap.fr est le 1er média d’informations en ligne sur tous les sujets liés au handicap et à l’autonomie des personnes handicapées. C’est aussi une équipe de personnes engagées qui mettent leurs énergies et leurs différences au service d’un objectif, celui d’une meilleure prise en compte des personnes en situation de handicap dans la société.
À l’occasion les Jeux olympiques et paralympiques 2024, la France s’apprête à accueillir une foule de touristes tout l’été. À Paris, pas moins de seize millions de visiteurs sont attendus à l’occasion de cet événement mondial. De nouveaux enjeux ont alors fait surface dans de nombreux domaines. Dans le domaine du transport, les acteurs du secteur ont dû se réinventer pour assurer le déplacement de ces foules à travers le pays.
L’opérateur de transport du quotidien Keolis s’appuie sur son expérience dans la mobilité inclusive pour répondre à ces défis. Pour Marie Gonzato, directrice accessibilité à Keolis, l’accessibilité est un engagement de longue date. Les JOP 2024 permettront ainsi de mettre en lumière les problématiques autour de cette mobilité inclusive.
Pour rendre ces transports inclusifs, Keolis s’appuie sur des leviers extrêmement variés. Selon Marie, il ne suffit pas de disposer d’un réseau accessible, mais il est nécessaire de travailler avec tous les acteurs. Les personnels sont formés pour répondre à tout type de demande et ainsi être attentifs aux voyageurs. L’information auprès de ces voyageurs reste également un outil indispensable pour que les personnes puissent préparer en amont leurs déplacements. Par exemple, un plan qui mentionne les arrêts et les stations accessibles est déjà une avancée concrète. Les dispositifs s’adaptent alors au type de handicap, qu’il soit moteur, sensoriel, intellectuel ou encore cognitif.
Les Jeux olympiques et paralympiques 2024 seront donc un bon prétexte pour faire évoluer plus rapidement cette accessibilité et ainsi rendre les transports plus inclusifs, confortables et faciles à utiliser.
Chaque année, plus de 433 000 cas de cancers sont diagnostiqués en France. Marie-Pierre Gamby a fait partie de cette statistique. Cette ancienne directrice commerciale de 59 ans s’est inspirée de cette épreuve pour opérer une reconversion professionnelle dans l’entrepreneuriat. En effet, lorsqu’elle a voulu retourner en entreprise, en 2020, tout ne s’est passé comme prévu. Elle a alors fondé Caregiver Conseil, une société de conseil en accompagnement des entreprises. Le but est alors de les sensibiliser à la maladie et de les aider à prendre connaissance des démarches à adopter lorsqu’un collaborateur a une maladie invalidante.

« J’ai travaillé pendant trente ans dans une agence de design que j’adorais et qui m’adorait. J’y suis retournée en mi-temps thérapeutique et là, le retour a été assez compliqué. Pourtant, avec mon employeur, on avait fait en sorte que les choses se passent au mieux. Mais au bout d’un an, j’ai fait un burn-out parce que, finalement, la vie en entreprise était devenue trop difficile pour moi. Je pense que les gens n’avaient pas compris ce qui m’était arrivé. » Ainsi, selon la Ligue contre le cancer, une personne sur trois perd ou quitte son emploi dans les deux ans qui suivent un diagnostic de cancer.
Durant cette période, Marie-Pierre s’est formée pendant un an, deux jours par mois, au DU patient-partenaire à la Sorbonne, fondé par Catherine Tourette-Turgis. C’est à ce moment-là qu’elle a eu cette réflexion : « En fait, cette entreprise m’a adorée et moi aussi. Pourtant, ils n’ont pas compris. Les entreprises ne comprennent pas le sujet de la maladie et il faut les accompagner. Il faut leur expliquer, leur faire percevoir la réalité d’une personne atteinte d’une pathologie lourde, qui subit des traitements lourds et dont les effets secondaires sont impactants. La maladie a évidemment une incidence sur des choix de vie et d’éventuelles réorientations sont possibles. »
La quinquagénaire a alors cocréé un jeu interactif à destination des entreprises : “Serious Game maladies invalidantes et cancers”, avec SIS UP, un centre de formation et de conseils sur les enjeux de politique RSE (responsabilité sociétale des entreprises), de management et d’inclusion, entre autres. Il s’agit d’un atelier qui dure environ deux heures et se joue avec 8 à 10 participants. Il se présente sous la forme d’un parcours de 110 mètres haies, où chaque haie symbolise une étape de la maladie. Les participants doivent alors relever plusieurs défis pour passer chaque haie, de l’annonce de la maladie, à la maladie, à la reprise du travail. Il faudra alors aider Paul à mieux vivre toutes les étapes de la maladie pour retourner au travail dans les meilleures conditions possibles.

Marie-Pierre a conçu ce jeu comme un outil de sensibilisation et pour favoriser le maintien dans l’emploi. Mais aussi, pour répondre à des piliers de la stratégie RSE; comme les relations et conditions de travail. Son objectif est de montrer que le turn-over et la perte des talents ont un coût pour l’entreprise (licencier, recruter, former à nouveau.)
L’ancienne directrice commerciale souhaite que ce Serious Game serve comme une boîte à outils. “Il va permettre, selon les besoins, d’aller piocher la réponse aux questions qu’on se pose. Elles concernent l’accompagnement du malade du moment de son annonce jusqu’à son retour en emploi. Il y a en tout une dizaine de questions : Comment je l’annonce à mon collaborateur ? Comment est-ce que je gère le mi-temps thérapeutique ? Comment est-ce que je gère le retour de mon collaborateur ? Et à chaque question, il y a des éléments de réponse concrets, faciles à activer. Le jeu fournir également des liens qui pourront servir aussi bien à un RH. »
Pour des informations complémentaires : [email protected]