Les députés ont adopté un amendement pour élargir la délivrance de médicaments à l'unité. Une mesure prometteuse, mais qui soulève des questions.
Imaginez-vous entrer dans une pharmacie et repartir avec exactement le nombre de comprimés prescrits par votre médecin. Fini le gaspillage de médicaments, ces boîtes à moitié pleines qui s'accumulent dans nos armoires. C'est ce que propose un amendement récemment adopté par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale.
Une mesure pour réduire le gaspillage
Adoptée le 15 octobre 2026, cette mesure vise à élargir la délivrance de médicaments à l'unité, une pratique déjà en place pour certains antibiotiques. L'objectif est clair : réduire le gaspillage médicamenteux et, par la même occasion, alléger les dépenses de l'Assurance maladie. Selon LCP, la liste des médicaments concernés sera définie par décret.
Guillaume Kasbarian, député, a souligné l'importance de cette mesure en expliquant que l'Assurance maladie ne devrait pas financer plus de comprimés que nécessaire simplement parce que les laboratoires choisissent de conditionner leurs médicaments en grandes boîtes.
Les défis de la mise en œuvre
Si l'idée semble séduisante, sa mise en œuvre pratique soulève plusieurs questions. Thibault Bazin, rapporteur général, a exprimé ses réserves quant à la complexité de l'adaptation des logiciels, des conditionnements et de l'étiquetage nécessaires pour cette nouvelle pratique. En effet, ces adaptations demanderaient une révision complète du modèle de rémunération des officines, comme le souligne Egora.
De plus, la Cour des comptes a émis des réserves sur l'impact réel de cette mesure sur les dépenses de santé, estimant qu'elle pourrait ne pas être aussi significative qu'espéré.
Une pratique déjà en place ailleurs
Certains pays ont déjà adopté la délivrance à l'unité depuis plusieurs années. Cependant, les résultats sont mitigés, et cette pratique n'a pas toujours conduit à des économies substantielles. Cela souligne l'importance d'une mise en œuvre réfléchie et adaptée aux spécificités du système de santé français.
Les implications pour les pharmaciens
Pour les pharmaciens, cette mesure représente un changement significatif dans leur manière de travailler. Actuellement, la délivrance à l'unité est limitée à certains antibiotiques et médicaments en tension d'approvisionnement, comme le note Ameli. Passer à une délivrance généralisée nécessite une adaptation logistique importante, sans compter la nécessité de former le personnel à ces nouvelles pratiques.
Il est également crucial de repenser le modèle économique des pharmacies, qui pourraient voir leur rémunération affectée par la vente à l'unité. Des négociations sont nécessaires pour définir un nouveau système de rémunération qui compense la perte potentielle de revenus liée à la vente de boîtes complètes.
Et concrètement, pour vous ?
Pour les patients, cette mesure pourrait signifier moins de médicaments inutilisés à la maison et une meilleure adéquation entre prescription et consommation. Toutefois, il reste à voir comment les pharmacies s'adapteront et si les économies espérées seront au rendez-vous.
Imaginez une personne âgée, souvent confrontée à des prescriptions multiples. La délivrance à l'unité pourrait simplifier sa gestion quotidienne des médicaments, en évitant les confusions et en réduisant le risque de gaspillage. Cela pourrait également faciliter la vie des aidants, qui n'auraient plus à gérer des stocks de médicaments inutiles.
Le réflexe AirZen
Lorsque vous recevez une prescription, n'hésitez pas à demander à votre pharmacien si la délivrance à l'unité est possible pour vos médicaments. Cela pourrait vous éviter de stocker des médicaments inutiles et contribuer à réduire le gaspillage.

