Et si trois minutes suffisaient à débloquer une carrière ? Avec Chance, 19 000 membres s’entraident chaque semaine pour ouvrir des portes, clarifier un projet et retrouver l’« amour pro ».
À écouter
Une idée née d’une rencontre… et d’un besoin d’égalité des chances
À l’origine de Chance, il y a une conviction simple : personne ne devrait « endurer » sa vie professionnelle faute d’accompagnement. Ludovic de Gromard, cofondateur, raconte que tout démarre après une rencontre marquante avec Mohamed Yunus, prix Nobel de la paix et pionnier du microcrédit. « L’idée de Chance est de dire : Chance, c’est égalité des chances », résume-t-il.
En 11 ans, la structure est devenue un acteur majeur de l’orientation professionnelle en France. Son ambition : aider chacun à trouver « sa meilleure place dans le monde professionnel », en particulier quand la vulnérabilité économique ou sociale complique l’accès aux opportunités.
« Trois minutes pour les autres » : la solidarité qui ouvre des portes
Le cœur battant de Chance, c’est une mécanique de solidarité pensée pour être simple et réaliste. Chaque jeudi à 9h, les membres reçoivent par e-mail une liste de 10 personnes qu’ils pourraient aider professionnellement. « Ça vous prend trois minutes de swiper », explique Ludovic de Gromard, et « tout le monde a trois minutes, y compris des ministres ».
Résultat : des mises en relation, des conseils, des portes qui s’entrouvrent là où il manquait juste un contact ou une information. Depuis le lancement il y a 18 mois, « 44 000 coups de pouce professionnels ont été donnés ». Une preuve concrète qu’au-delà du bruit ambiant, l’entraide continue de circuler.
Un bilan de compétences nouvelle génération, du projet à l’action
Chance s’appuie aussi sur un bilan de compétences conçu comme un parcours complet, mêlant technologie, psychologie et coaching. La structure a investi « 22 millions d’euros de recherche et développement », avec une méthode outillée par le digital et l’intelligence artificielle, et une communauté de « 300 coachs ».
Les coachs sont sélectionnés, certifiés et expérimentés : « 10 ans d’expérience professionnelle et minimum 2 ans de pratique en tant que coach », puis une formation à la méthode Chance. Le parcours alterne activités autonomes et séances en visio, pour nourrir la réflexion et accélérer les décisions.
Surtout, Chance insiste sur un point : un projet ne doit pas rester dans un tiroir. « Un bilan de compétences, seul, ne sert à rien. Ce qui compte, c’est d’activer », martèle Ludovic de Gromard. C’est là que la communauté devient un levier décisif pour « crash tester » une idée, comprendre un métier, ou obtenir le dernier contact qui change tout.
Le baromètre « Amour pro » et la méthode CIPA pour se réaligner
Le baromètre Amour Pro 2025, publié avec YouGov, met des mots sur un malaise largement partagé. « En France, aujourd’hui, on ne manque pas de travail, on manque d’amour pro », affirme Ludovic de Gromard. Selon lui, « 4 Français sur 5 se sentent en déphasage avec leur quotidien professionnel » : la norme n’est plus d’aimer son travail, mais parfois de « l’endurer ».
Pour sortir du flou, Chance propose une boussole : le CIPA. C comme Contribution (à quoi je veux être utile), I comme Interactions (le type de relations humaines qui me convient), P comme Vie perso (contraintes de temps, d’argent, de géographie), A comme Activités (ce que je fais au quotidien, motivation intrinsèque). « Un travail qui a du sens, c’est un travail aligné avec ces quatre piliers », explique-t-il, en rappelant que cet équilibre évolue avec la vie.
Et quand il faut bouger, Chance identifie trois chemins possibles : changer de métier (50% des personnes accompagnées), changer d’entreprise (30%), ou changer d’équilibre (20%) en ajustant missions, management ou projets parallèles. Le plus dur n’est pas de choisir parmi ces options, mais de déterminer celle qui vous correspond vraiment… et de ne pas rester seul face à la décision.
Le message final de Ludovic de Gromard sonne comme un encouragement simple et puissant : « Si vous ne vous sentez pas à votre place, ne vous résignez pas. Votre juste place, elle existe. » Pour beaucoup, le premier pas tient en deux actions : clarifier son CIPA, puis s’appuyer sur l’énergie d’un collectif. Parfois, il suffit d’une rencontre… et de trois minutes pour changer la suite.
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