À Fontainebleau, Eric Parmentier restaure des livres anciens

Eric Parmentier est artisan relieur et restaurateur, à Fontainebleau. À 36 ans, il a décidé d’ouvrir son atelier, le Grenier des Chagrins, suite à un changement de voie professionnelle.

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Visite d’un atelier de reliures de livres anciens

Visite d’un atelier de reliures de livres anciens

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Comment restaurer un livre ancien

Comment restaurer un livre ancien

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Eric : d’aide-soignant à relieur de livres anciens

Eric : d’aide-soignant à relieur de livres anciens

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Installé à Fontainebleau, Eric Parmentier a ouvert le Grenier des Chagrins il y a trois ans. Dans son atelier, il restaure et relie des livres anciens. Il doit aussi composer avec son autre métier : aide-soignant. Pour le moment, il fait encore les deux et a notamment dû traverser la crise du Covid au service réanimation.

C’est suite au décès de sa mère qu’Éric décide de reprendre ses études. « Elle est morte d’un cancer. Elle avait seulement 53 ans. Du coup, on réfléchit à sa vie et on se dit que la vie peut être courte. Il faut vraiment faire ce dont on a envie, ce qui nous passionne vraiment. Quelques mois après, j’ai pris mon premier cours de reliure à Paris et ça a commencé comme ça. J’ai eu mon diplôme de relieur un an après », explique le jeune artisan.

Il a dû faire sa formation et continuer à travailler en même temps. Des journées et des nuits bien chargées qu’il ne regrette pas. Aujourd’hui, il s’épanouit pleinement et aime prolonger la vie des livres afin qu’ils puissent traverser le temps.

Sa passion a commencé à l’âge de 11 ans dans une brocante. Il a trouvé un ancien livre de médecine et a eu envie de refaire la couverture. Il conserve d’ailleurs ce livre précieusement dans son atelier.

“On ne peut pas savoir où on va si on ne connaît pas notre passé”

« J’aime restaurer des livres anciens, ça permet, quelque part, de poursuivre et transmettre aux futures générations les connaissances qu’il y avait avant. C’est important de préserver tout ça. On ne peut pas savoir où on va si on ne connaît pas notre passé. »

Eric a bien pensé le nom de son atelier : « Le grenier représente à la fois un refuge et un endroit caché, propice au recueillement et à la solitude, aux secrets et aux mystères. C’est aussi un espace où on peut trouver tout un tas de trésors et d’antiquités que l’on a envie de découvrir… Comme de vieux livres poussiéreux laissés à l’abandon, alors qu’ils ont pourtant beaucoup d’histoires à nous raconter. Le mot “Chagrins”, lui, a un double sens. Il représente à la fois la souffrance du livre qui se détériore à cause du temps qui passe, avec une certaine mélancolie, mais c’est aussi le nom d’un cuir (une peau de chèvre, NDLR) utilisé en reliure. »

Ce contenu audio a été diffusé le 28 décembre 2022 sur AirZen Radio. Maintenant disponible en podcast sur airzen.fr, notre application et toutes les plateformes de streaming.

Par Hemelyne Guillemot

Journaliste

Agence de communication Perpignan