Strasbourg : une méthode douce pour éloigner les corbeaux

Le CNRS de Strasbourg teste une technique inédite en France qui consiste à diffuser des cris à la fois de prédateurs, mais aussi des cris positifs pour les inciter à faire leur nid dans des zones où ils ne dérangeront personne.

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Une méthode douce pour éloigner les corbeaux des habitations

1 - Une méthode douce pour éloigner les corbeaux des habitations

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Valérie Dufour, chercheuse au CNRS à l’origine de cette expérience

2 - Valérie Dufour, chercheuse au CNRS à l’origine de cette expérience

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Pourquoi Strasbourg choisit la méthode douce

3 - Pourquoi Strasbourg choisit la méthode douce

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Déplacer un problème dans un endroit où il n’en sera plus un. C’est ainsi que l’on pourrait résumer cette expérimentation menée depuis l’année dernière à Strasbourg.

A N N O N C E

Cela fait de nombreuses années que les habitants de certains quartiers se plaignent des nuisances causées par les corbeaux. Au printemps, les croassements des femelles redoublent d’intensité afin d’attirer les mâles, de quoi susciter quelques conflits de voisinage surtout quand ces oiseaux décident de s’installer dans les arbres à proximité quasi immédiate des fenêtres.

Sur le long terme

Pour faire face à cette problématique récurrente, la municipalité écologiste a fait appel à Valérie Dufour, chercheuse au CNRS et spécialiste des corvidés. Elle a mis au point une technique inédite qui consiste dans un premier temps à installer des haut-parleurs pour diffuser des cris de prédateurs.

Mais l’expérimentation ne s’arrête pas là. Pour éviter que les colonies ne reviennent, l’objectif est de les fixer ailleurs. Inciter les corbeaux à faire leur nid dans des arbres où ils ne gêneront personne. « Pour cela nous utilisons aussi des enceintes », explique Valérie Dufour. « Mais, cette fois-ci, nous diffusons des vocalisations positives comme des femelles qui appellent leur mâle ou alors des cris de nourrissage ».

Une méthode sur le long terme qui évite donc d’avoir recours à des procédés plus brutaux comme la destruction de nids, et qui permet ainsi de préserver le bien-être animal tout en apportant une solution aux habitants. Les premiers résultats sont encourageants mais l’expérimentation devra être renouvelée l’année prochaine de façon plus intense pour voir si elle est réellement efficace.