Perpignan : les espadrilles revisitées avec le cuir de raisin

Payote vient rajouter une touche vegan à la traditionnelle sandale pyrénéenne. L’entreprise revalorise le marc de raisin, matière jusqu’ici peu, voire pas du tout utilisée.

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Cuir de raisin : allier modernité et tradition

1 - Cuir de raisin : allier modernité et tradition

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Cuir de raisin : des espadrilles uniques

2 - Cuir de raisin : des espadrilles uniques

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Cuir de raisin : une nouvelle matière plus vertueuse

3 - Cuir de raisin : une nouvelle matière plus vertueuse

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Si Français et Espagnols se disputent l’origine de la traditionnelle espadrille, Payote met tout le monde d’accord avec sa toute nouvelle collection en cuir de raisin.

Le fondateur de l’entreprise, Olivier Gelly, originaire de Saint-Paul-de-Fenouillet, à côté de Maury, un village viticole des Pyrénées-Orientales, a grandi avec les parfums de la vigne. “Il voulait un modèle qui puisse lui rappeler son enfance, qui soit rattaché à ses terres”, raconte Marie Yamanaka, responsable de la communication de la marque. C’est alors qu’il découvre une entreprise basée à Milan, qui propose de la toile en cuir de raisin, réalisée à base de marc de raisin, de déchets viticoles, peau, tiges ou encore pépins.

« On a adoré l’idée parce que ça revalorise les déchets viticoles. Et puis c’est un modèle qui nous correspond parfaitement parce qu’on est aussi végan.  Aucun de nos produits ne comprend de matière animale”. La fabrication est lancée au printemps dernier. 

Une fabrication étonnante 

Tout commence avec le marc de raisin. Ce sont donc des déchets viticoles, que l’on n’utilise pas. Cela donne une grosse pulpe un peu humide. Celle-ci va être séchée dans des fours à très haute température et va être réduite en une poudre, un peu mauve. On va rajouter une huile végétale qui va permettre de créer une pâte plus solide, qui va être teinte. “On a choisi la couleur noire pour rappeler le grenache noir très populaire à Maury”, précise Marie Yamanaka.

La pâte est à nouveau séchée. Le polyester recyclé est alors ajouté, pour privilégier, là encore, la revalorisation des matières. On obtient alors une toile, totalement malléable, pour confectionner tout un tas de produits, et notamment des espadrilles. Cette toile est emmenée à l’atelier partenaire de Mauléon, où on va procéder à la découpe, avec des moules, des emporte-pièces. Le tout sera monté sur une semelle en corde et les rebords collés avec de l’hévéa. Puis la dernière étape : la couture avec du fil de nylon. 

Des savoir-faire qui se développent 

Payote est désormais en contact avec une toute jeune entreprise française qui produit également du cuir de raisin.

C’était une matière qu’on n’utilisait pas, donc ça fait à peine quelques années qu’on a compris qu’on pouvait la travailler. Les savoir-faire se développent. On va aller dans cette direction-là, des cuirs végétaux, des matières toujours plus recyclées parce qu’on a maintenant la technique et les infrastructures pour les travailler”, explique Marie Yamanaka. 

Payote, qui dispose désormais aussi d’une boutique à Toulouse, propose également des maillots de bain en polyester recyclé, made in France. Et l’entreprise a trouvé la technique pour remédier aux pieds qui transpirent grâce à “l’espadrille qui sent bon”, des microcapsules de parfum qui éclatent lorsque l’on marche. “Un pied de nez au cliché”.