La bio pour nourrir la planète ? Ce qu’il faut savoir et faire

L’agriculture biologique peut-elle nourrir la planète ? Sans aucun doute, mais sous certaines conditions.

Podcast

Comment la bio peut nourrir la planète

1 - Comment la bio peut nourrir la planète

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Nourrir la planète avec la bio : des raisons d’être optimiste

2 - Nourrir la planète avec la bio : des raisons d’être optimiste

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La bio peut répondre aux enjeux climatiques

3 - La bio peut répondre aux enjeux climatiques

04:12

Le politologue Paul Ariès est formel : l’agriculture biologique pourrait nourrir les 10 milliards d’humains attendus pour 2050 sur la planète. Mais pour cela, il y a des conditions. C’est possible, mais il faut sortir le bio-industrie “qui est totalement énergivore”. En parallèle, il faut se concentrer sur “l’agroécologie, qui s’appuie sur les fonctionnalités des écosystèmes”, précise-t-il.

Il prend l’exemple de “la principale hécatombe animale”, qui n’est pas celle des “bœufs mais les vers de terre.” Or, ces derniers représentent plus de 60% de la masse physique corporelle des animaux vivants. Le politologue accuse l’agriculture industrielle hyper-mécanisée et les insecticides et pesticides de les tuer.

Être optimiste pour nourrir tout le monde en bio

Auteur d'”Une histoire politique de l’alimentation”, aux éditions Max Milo, Paul Ariès affirme que passer au bio est une nécessité. Cela va de pair, selon lui, avec la défense de la diversité des types d’agriculture et d’élevage. La défense de la biodiversité est à mettre au premier plan. Aussi, il souhaite la préservation des diversités gustatives et des cultures culinaires.

D’autant que le passage massif à une agriculture biologique et paysanne est faisable économiquement. “L’ONU ne cesse de rappeler qu’il suffirait de mobiliser 30 milliards de dollars par an pendant 25 ans pour régler la fin dans le monde. On ne les trouve pas. Pourtant, le budget officiel de l’armement est de 2000 milliards de dollars par an. Le budget publicitaire mondial – pour orienter nos achats notamment vers la malbouffe – c’est 800 milliards de dollars par an. Le gaspillage alimentaire nord-américain, c’est 100 milliards de dollars par an – trois fois ce qui serait nécessaire pour nourrir toute la planète.”

Ce sont autant de “raisons de rester optimistes”, selon lui, à condition d’écouter davantage les paysans. L’auteur d'”Une histoire Politique de l’alimentation” s’en remet aux citoyens. Ils doivent être “moins des consommateurs que des usagers, c’est-à-dire maîtres de mes usages”. Invoquant l’Encyclopédie de Diderot, Paul Ariès rappelle que “savoir différencier les saveurs, c’est aussi savoir différencier les idées”.