Béchir Dridi a fondé, en 2012 à Lyon, l’ONG Ummanitaire Concept. Après plusieurs voyages à l’étranger, il a réalisé que l’accès à l’eau potable n’était pas universel. Il a ainsi pensé le programme Amaan Imaan, « l’eau, c’est la vie », en touareg. Au Niger, avec l’aide d’une équipe motivée, il a construit des puits dans les villages et des latrines dans les écoles.
Selon lui, l’eau ramène la vie et il est rassuré de savoir que plusieurs fillettes ont retrouvé le chemin de l’école grâce aux meilleures conditions d’hygiène. Aussi, il adapte ses installations en fonction du pays et de la culture des villages environnants.
À Lyon, lors de ses nombreuses maraudes, Béchir a rencontré plusieurs personnes en grande précarité, qui n’avaient pas accès à des douches. Il a ainsi décidé de restaurer deux camping-cars, les Vroom Shower. Avec ces camions-douches, l’ONG, aidée par la Croix-Rouge, sillonne la ville de Lyon et propose des douches, des vêtements propres ou encore des coupes de cheveux. Avec le programme Vroom Shower, Béchir assure à tous un accès à la dignité. Depuis plus de 4 ans, le premier camion a déjà donné plus de 8000 douches.

Le dernier programme de Béchir, Once Upon a Time, correspond à son parcours professionnel. Dans la vie, il est médiateur social et éducateur dans un foyer. Il a également aidé dans un orphelinat, lors de ses nombreux voyages. C’est pourquoi, aujourd’hui, avec Ummanitaire Concept, il agit au Cambodge et au Niger. Huit bébés ont déjà été accueillis au sein de l’orphelinat Cephée au Niger. Béchir veut viser la qualité au niveau de l’éducation.
Ummanitaire Concept a, par ailleurs, développé une cantine pour les enfants de rue. Chaque jour, 130 enfants viennent y manger. Enfin, il a mis en place un centre de formation où, en 2022, 21 jeunes filles ont été formées à la couture. Pour Béchir, l’objectif reste les bénéficiaires et il essaye tous les jours d’aider à son échelle.

De plus en plus d’étudiants sont confrontés malgré eux à la précarité. Avec l’inflation, la situation empire pour cette frange de la population déjà fragile économiquement, pour qui le coût de la vie a augmenté de 6,47% en 2022 selon le rapport annuel de l’Union nationale des étudiants de France (Unef).
D’après le ministère des Solidarités et de la Santé, 40% des étudiants qui vivent seuls sont en situation de pauvreté. Un constat préoccupant, et non sans conséquence. Selon l’Observatoire du Samu social, un quart des étudiants présents à l’aide alimentaire déclarent un état de faim modéré et sévère, et un état dépressif majeur pour un tiers d’entre eux.
Un constat et un bilan partagé par l’association Cop1. Dans son enquête annuelle dévoilée le 3 octobre dernier, Cop1-Solidarités étudiantes révèle que 56% des étudiants interrogés admettent ne pas manger à leur faim de manière générale. On apprend aussi dans cette étude que 85% d’entre eux ont déjà sauté un repas faute d’argent. Un étudiant sur trois ne prendrait d’ailleurs qu’un seul repas par jour faute d’argent.
Pour tenter d’aider les étudiants en situation de précarité, l’association, présente à Paris, Angers et Marseille, distribue des paniers repas et des kits d’hygiène. Mais la structure va aussi plus loin en tentant d’apporter du lien social et de permettre aux étudiants de garder aussi une vie sociale et culturelle, comme l’explique Gilles Kounkoud de Cop1.
L’idée du bière truck est née en Touraine en 2018. Le concept a été lancé par Cyril Boutrou et Anthony Sigonneau. Et depuis 2021, il se développe sous forme de franchise. Deux camions sont déjà en circulation en France : le premier dans l’Allier et le second dans les Landes. Les bières truck de Montluçon et des Landes ont démarré au printemps 2022.
Le troisième bière truck de France débarque donc aujourd’hui en Bourgogne. Et c’est tout à fait par hasard que Maxence Thévenard est tombé sur une offre sur internet pour se lancer. Amateur de bières et passionné par les vieux vans, il a immédiatement adhéré au concept.
Après plusieurs années à s’essayer à de nombreux métiers, sans jamais trouver pleine satisfaction, le jeune entrepreneur décide de se lancer à son compte. En plus de la liberté, il a carte blanche pour choisir ses produits, ses producteurs et collaborateurs. Une seule condition toutefois : que ces derniers soient des artisans locaux, de Bourgogne.
Pour l’instant, il travaille principalement avec quatre brasseries bourguignonnes. Il compte aussi proposer en parallèle une sélection de soft, là encore locaux, comme de la limonade artisanale à la pression.
Au-delà de l’aspect esthétique vintage du combi et de l’attention portée à la qualité des produits, l’une des forces du concept bière truck est la capacité d’adapter l’offre avec des formules à la clé. En effet, il est possible de louer le van pour des événements privés comme des mariages, des séminaires d’entreprises… Ou bien encore pour un festival. Mais Maxence Thévenard y voit aussi une façon de recréer du lien social dans les campagnes. Le lancement de son activité est prévue au printemps 2023.
Pour aller plus loin > Fit Truck votre salle de sport à domicile
Il y a quelques années, Rémi Grison a fondé l’association Tumclasst et a imaginé une bouquinerie-laverie à Colombes, à côté de Paris. Ce projet étonnant a pris place dans un quartier traditionnel de la ville, où les mineurs ont laissé place à des ouvriers.
Pour Marie-Françoise Vézin, la présidente de l’association et bénévole, Tout un Monde est ancré dans la vie de quartier. Ce lieu permet ainsi les rencontres et l’ouverture aux autres. Avec ce projet innovant, l’association Tumclasst essaye de promouvoir toute forme de loisir et d’actions de solidarité. De nombreuses activités sont proposées, comme des cours de français ou des formations au numérique, pour les femmes du quartier.


Les habitués de Tout un Monde apprécient le côté convivial de cette bouquinerie-laverie. En plus de laver leur linge, ils peuvent profiter d’un bon café ou d’un thé chaud tout en bouquinant. L’association a récupéré des milliers de livres qu’elle met à la vente à des prix très bas. Parfois, avec tous ces livres, ils se donnent rendez-vous en bas des immeubles de la ville pour rendre accessible la lecture à tous.
Marie-Françoise souhaite à l’avenir travailler en collaboration avec le lycée et le collège, à proximité. Pour elle, il est important d’accueillir aussi bien les jeunes que les personnes plus âgées pour créer une réelle convivialité. Le quartier de Tout un Monde va également recevoir les Jeux olympiques de 2024. Marie-Françoise espère réussir à intégrer les nouveaux habitants tout en s’adaptant aux évolutions du quartier.
Il faut remonter à 2004, à Lyon, au bar-restaurant salle de spectacles De l’autre côté du pont pour comprendre les débuts de VRAC. Là, Bertrand Tavernier et ses associés ont fait le choix très tôt de remplacer tous les produits du restaurant par des produits bio et locaux. Le but : soutenir le monde paysan et démocratiser une nouvelle manière de consommer. Le concept de VRAC est né de ces échanges avec des membres du monde associatif et des bailleurs sociaux. Ils venaient y déjeuner régulièrement.
En 2013, le fondateur de VRAC se lance et décide d’adapter le concept aux quartiers populaires. Dix ans plus tard, l’association est présente dans 13 villes en France et à Bruxelles en Belgique. Elle propose des produits bio et locaux à prix coûtants à ses abonnés pour seulement 1 euro d’adhésion par an. Sur le même principe que les Amap, les membres ont leur mot à dire sur le choix des produits et peuvent voter.
Un travail qui commence en allant au contact des habitants. Il faut rencontrer les associations sur le terrain. Créer un lien de confiance et surtout convaincre par le goût et par le prix. ” Notre choix, c’est de tout revendre à prix coûtant, donc sans aucune marge, en achetant aussi en grosses quantités, sans négocier les prix avec les paysans. Il est également important d’avoir de la solidarité des deux côtés de la chaine alimentaire”, précise Bertrand Tavernier.
“Dans le fonctionnement, on voulait que ce soit le moins stigmatisant possible, qu’on ne soit pas obligé de prouver qu’on est pauvre pour avoir droit à quelque chose. On part du principe que, quand on habite un quartier populaire, on n’a pas beaucoup d’argent, donc c’est 1 euro l’adhésion à l’année et prix coûtant sur tous les produits.”
Les consommateurs sont aussi acteurs. Une fois par mois, il y a une prise de commande sur une centaine de références. Les habitants peuvent décider des produits et de la quantité commandée. Les livraisons se font alors 10 jours plus tard dans les centres sociaux. Ils vont venir avec leurs propres emballages, leurs bouteilles et une épicerie solidaire est alors créée le temps d’une journée.
“C’est un projet à la fois économique, qui permet à des personnes de consommer ce qu’elles ne pouvaient pas se payer. Un projet autour de la santé. Parce qu’on est sur des quartiers qui sont fortement touchés par le diabète, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires. C’est aussi un projet environnemental de par les produits bio et l’absence d’emballage. Mais aussi un projet citoyen car les habitants sont dans la gouvernance de l’association et sont également ambassadeurs du projet. Ce qui nous intéresse, c’est de remettre les gens au centre du système agroalimentaire”, insiste Bertrand Tavernier.
L’association commence aussi à mettre en place des lieux qui lui sont propres. Dans le quartier Dravemont à Floirac, près de Bordeaux, l’un d’eux a récemment été inauguré en fanfare et en musique. Là où le dernier discounter a mis les voiles et où aucun commerce ne subsistait. Le bailleur social a alors mis une maison à disposition du projet.
L’association organise par ailleurs des sorties à la campagne pour rencontrer les producteurs. Elle a par ailleurs participé à l’élaboration d’un livre de cuisine, “Femmes d’ici, cuisines d’ailleurs” en 2017. Ou encore à “Ensemble pour mieux se nourrir” en collaboration avec Alexis Jenni et Frédéric Denhez. “On a visité plein d’alternatives partout en France, pour montrer qu’il y a d’autres possibles et qu’on n’est pas obligé d’être dans cette aide alimentaire d’urgence et ce système qui profite à l’industrie alimentaire.”


Des vocations sont nées aussi avec les concours de cuisine organisés par VRAC. Des participants ou gagnants sont devenus traiteurs, certains ont repris leurs études à 50 ans, ont passé des CAP de cuisine. Il y a plein de personnes issues de l’immigration qui connaissent très bien les bons produits, qui ont un jardin, des ruches. Une fois qu’on a cassé la barrière du prix et du goût, tout le monde a envie de bien manger et de bien agir pour la planète. Les préjugés sont en train de tomber. Quand on est pauvre, on ne prend pas l’avion, on ne va pas au restaurant. Alors, l’alimentation est le seul levier pour agir sur les questions de transition écologique. Et surtout, elles se sentent considérées parce qu’elles se sentent comme tout le monde en ayant accès à ce que seuls les riches pouvaient se payer. Si tout le monde mangeait bio, on ferait d’énormes économies de santé. Ce ne serait pas plus mal pour notre planète”, conclut Bertrand Tavernier.
Yannick Lemaire est le directeur artistique de l’ensemble de musique baroque Harmonia Sacra, à Valenciennes (Nord). Il porte la même casquette au sein de l’Opérabus. Un ancien bus de transport en commun, complètement transformé en salle de spectacle, en l’occurrence, en une salle d’opéra mobile.
Plus d’un an de travaux et quatre-vingts bénévoles auront été nécessaires pour venir à bout de ce chantier, aussi miniature que minutieux. Le but ? Aller à la rencontre des personnes dans les territoires éloignées de la culture pour des raisons sociales et/ou géographiques. Et ainsi, leur faire vivre une véritable expérience de spectacle et d’opéra.
Rien de particulier à l’extérieur du bus, dont les fenêtres ont été enlevées, si ce n’est une gravure au nom de l’Opérabus. Mais c’est une fois à l’intérieur que la magie opère. Tous les codes de l’opéra sont représentés : des dorures, des velours rouges, un plafond peint, un cadre de scène, des sièges en gradin, etc.
Au départ, il y a un festival itinérant dans la région de Valencienne. Depuis 17 ans, l’ensemble Harmonia Sacra sillonne à cette occasion la région pour y proposer des spectacles dans des théâtres mais aussi des écoles primaires ou encore des salles de motricité d’écoles maternelles. À chaque fois, les habitants des petites communes racontaient alors leur éloignement des salles de spectacle. D’où l’idée de créer un opéra mobile, une culture nomade. Si le public a du mal à aller à la culture, c’est la culture qui viendra à lui.
Depuis 2015, l’Opérabus propose environ 60 dates par an. Sur AirZen Radio, nous vous parlons souvent d’initiatives permettant l’accès à la culture pour le plus grand nombre, comme, par exemple, cette librairie itinérante.
À Clermont-Ferrand, en plein cœur de l’Auvergne, a ouvert en 2019 un lieu unique en France et en Europe. Son nom ? Mille Formes. Il s’agit d’un centre d’initiation à l’art pour les enfants âgés de 0 à 6 ans. Le lieu a été pensé et créé en collaboration avec le Centre Pompidou à Paris. Ce centre invite ainsi les tout-petits à prendre part à l’expérience de l’art sous toutes ses formes. Ce projet culturel d’éveil artistique unique devrait être prochainement déployé dans d’autres villes de l’Hexagone.
Mais avant d’essaimer partout en France, le projet a dû être testé et validé. Porté par Olivier Blanchi, maire de Clermont-Ferrand, depuis 2019, le pari est aujourd’hui gagné. Le centre est devenu en quelques années un véritable lieu d’immersion dans la création artistique contemporaine à destination des enfants. « L’idée, explique Sarah Mattera, directrice du centre Mille Formes, c’est de travailler avec des artistes contemporains et d’assister au processus de création. Immerger les enfants dans l’art, c’est les ouvrir au monde. »
Dans ce lieu unique en France, on trouve un lieu hybride, où se côtoient un musée et un espace citoyen, ouvert à tous, aux associations et aux familles. Mais aussi des ateliers, une galerie d’exposition, un espace pour les bébés, une salle de projection et même une cuisine pour des expériences de design culinaire.
Pour aller plus loin > Cette application fait bouger les enfants loin des écrans
D’après la 5e édition de l’étude France Bénévolat, dévoilée en mars 2022, 20% des Français seraient bénévoles dans une association. Soit tout de même près de 11 millions de personnes investies partout en dans le pays.
Ces bénévoles, on les retrouve notamment à Habitat et Humanisme. L’association, présente dans tous les départements et organisée en mouvement, compte une cinquantaine d’antennes en France.
Le mouvement Habitat et Humanisme est né il y a maintenant plus de 35 ans. En 1985, Bernard Devert, ancien professionnel du logement devenu ensuite prêtre, a ouvert la première antenne à Lyon. L’objectif était alors de répondre à l’exclusion et à l’isolement des personnes en difficulté. C’est toujours le cas aujourd’hui. L’association agit en faveur du logement, de l’insertion et de la création de liens sociaux. Résolument tourné vers l’innovation, le mouvement a développé des outils économiques à vocation sociale, pour financer et mener à bien son action.
Habitat et Humanisme a pour objectif de permettre aux personnes à faibles revenus d’accéder à un logement décent, adapté à leur situation et à leurs ressources. La structure privilégie les logements situés dans des quartiers dits « équilibrés » et propose un accompagnement personnalisé ou collectif pour favoriser la recréation de liens et l’insertion sociale. Près de 24 000 familles ont été logées depuis sa création.
Pour aller plus loin >> Une 5e édition de l’heure solidaire pour sensibiliser au bénévolat
Seriez-vous prêt à consacrer une heure par mois à rendre service à vos voisins ? C’est en répondant par l’affirmatif à cette question qu’Atanase Périfan, fondateur de la Fête des voisins, a décidé d’aller plus loin dans la création de lien de quartier. Il a alors commencé à lancer un nouveau concept dans sa mairie du 17e arrondissement de Paris en 2020 : l’Heure civique.
Le principe et simple : on met en relation ceux qui ont besoin d’un petit coup de main et ceux qui seraient prêts à en donner un dans le coin. « Une heure par mois, tout le monde peut le faire, et puis surtout tout ne se marchandise pas », précise Atanase Périfan. Le père de famille en est certain, il faut qu’il reste cette solidarité franche et entière entre les voisins pour rompre l’isolement.
Petit à petit, le concept s’est exporté. 114 mairies sont aujourd’hui partenaires et plus de 10 000 habitants se sont portés volontaires pour s’entraider dont ceux de la Charente-Maritime et de Vendée. Notez que certains établissements scolaires s’y intéressent également pour initier leurs jeunes à l’engagement citoyen.
“Depuis la crise sanitaire, on se replie. On nous apprenait déjà à avoir peur de l’autre mais. Là, on s’isole. Restons ouvert, restons dans la réciprocité, nous avons tous des choses à nous apprendre », explique Atanase Périfan. D’autres concepts de ce type existent également à l’image de l’Heure Solidaire.
Entourage est un réseau d’entraide solidaire de proximité. Cette association tente de remettre en lien des personnes isolées et en grande précarité avec les voisins du quartier. Grâce à des ateliers de sensibilisation, des événements collectifs ou encore une application mobile, l’association montre l’importance de préserver ce lien. À l’approche des fêtes, Entourage invite les citoyens à agir à leur échelle grâce à l’opération Fat’cœur. Pour Céline Devinoy, responsable de l’opération à Entourage, le sentiment de solitude peut être exacerbé durant les fêtes. L’opération Fat’cœur propose donc d’écrire des jolis vœux sur une carte et de l’envoyer via des associations partenaires à des personnes dans le besoin.


Cette troisième édition se déroule partout en France. L’année dernière, les bénévoles ont pu distribuer plus de 10 000 cartes de vœux. Tout le monde peut d’ailleurs envoyer ses écrits. Entourage est aussi allée à la rencontre de nombreux enfants. En mobilisant les écoles avec cette opération, Céline espère ainsi sensibiliser les plus jeunes à l’isolement social. Pour elle, les dessins sur les cartes sont les bienvenus. Il faut rester positif, parler de soi et se faire plaisir.
Les bénéficiaires sont souvent très touchés par ces petites attentions. Ces cartes offrent un réconfort social et un réseau pour rebondir. À l’avenir, Céline espère inciter les citoyens à s’engager auprès des personnes isolées et en précarité. Par des petites actions, chacun est capable de s’engager tout au long de l’année et, ainsi, avoir un impact positif durable.
Article 1 est née en 2017 de la fusion de deux associations d’une quinzaine d’années : Frateli et Passeport Avenir. Depuis, elle poursuit sa mission pour aider les jeunes issus de milieux modestes à réussir dans leur vie professionnelle. Le nom de cette structure n’est pas un hasard.
« Il est une référence à l’article premier de la Constitution. Il dit que : “Les Hommes naissent libres et égaux en droit”. On a vraiment cet objectif d’égalité des chances, de donner à chaque jeune les mêmes opportunités quels que soient ses origines ou son lieu de naissance », explique Amélie Nicaise. Elle est l’une des directrices générales déléguées d’Article 1.
Un certain nombre de dispositifs sont à destination des 16-25 ans, un peu partout en France, pour les aider à s’orienter, réussir leurs études et s’insérer sur le marché du travail. « Qu’ils viennent d’un quartier populaire ou d’un milieu rural, nous, on veut leur donner le maximum de chances d’aller au bout de leur projet, de leur rêve, et surtout de pas se censurer », souligne-t-elle.
Pour y arriver, Article 1 propose donc du mentorat. Tout d’abord, il faut remplir un questionnaire sur la plateforme Dema1n.org. Le but est d’en savoir plus sur le parcours et les besoins. Puis, le jeune est mis en relation avec un mentor qui a à peu près le même parcours.
Cette relation autour du mentorat va permettre au jeune d’être conseillé sur son orientation, de recevoir de l’aide pour trouver un stage ou un emploi, faire part de ses doutes, bénéficier du réseau du mentor etc… Du côté du mentor, cela lui permet d’avoir une expérience. Et il y a des résultats, constate Amélie Nicaise : « Oui, ça fonctionne. D’ailleurs, il y a des chercheurs, qui s’intéressent aux retours des mentorés. On a vu que sur le mentorat de longue durée, les étudiants s’inséraient plus facilement sur le marché du travail, plus de disponibilités de CDI et de meilleurs salaires par rapport à ceux qui n’ont pas bénéficié du dispositif. »
Au vu des bénéfices de ce dispositif, Article 1 souhaite constituer 40 000 binômes cette année.
Avec la société Cap Enfants, Claudia Kespy-Yahi a pensé des bulles musicales au début des années 2000. Elle s’est appuyée sur des artisans et des architectes pour imaginer ces igloos bleus adaptés aux enfants. En utilisant des matériaux acoustiques et des formes réconfortantes, Claudia a créé ces bulles musicales pour les tout-petits.
Pour elle, il était nécessaire de profiter de l’intérêt des enfants pour la musique. C’est pourquoi, à l’intérieur de son cocon, elle a aménagé tout un espace multisensoriel et interactif. Claudia rappelle qu’il est possible d’aménager ces bulles musicales dans des crèches, des cours d’école ou encore au sein d’hôpitaux. À l’intérieur de ces espaces, les enfants de 0 à 4 ans peuvent découvrir une multitude de sons associés à des images fixes. Selon Claudia, il était important de laisser les enfants libres. Chacun choisit ce qu’il veut entendre et devient ainsi acteur de sa découverte.

Immergés par le biais de l’ouïe, du toucher et de la vue, les enfants font la connaissance d’univers, de zones géographiques ou encore d’époques précises. Avec ces bulles de musique, les enfants découvrent la tolérance et la diversité comme une richesse. Le niveau de langage des tout-petits passés par ces igloos bienveillants est par ailleurs nettement meilleur que la moyenne nationale et les compétences sociales se développent fortement.
Ces bulles musicales sont ainsi installées aujourd’hui dans des zones prioritaires, comme à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Claudia aimerait lutter contre le déterminisme social avec ce projet. Chaque enfant aurait les mêmes chances de réussir et de s’épanouir.
Tout est prêt, ou presque. L’Espace MLK Grand Paris, à Créteil (Val-de-Marne), accueille gracieusement, les 10 et 11 décembre, un Noël solidaire géant. « Nous prévoyons des stands d’animation, une distribution de cadeaux, un moment de jeu au fun park ou encore une projection de film », raconte Nathalie Boudehent.
Cette dernière est la directrice jeunesse, sports et vie associative de cet espace commercial et multiculturel. « Noël, c’est l’occasion de se retrouver toutes et tous ensemble et de surtout permettre aux plus petits et à leurs familles, si elles sont dans le besoin, de profiter de deux après-midi et d’une soirée placés sous le signe de la solidarité, de la joie et de l’amusement », raconte-t-elle.

À Créteil, il s’agit de la seconde édition de ce Noël solidaire qui avait gâté l’an dernier quelque 200 familles. « Nous espérons faire encore mieux cette fois-ci », confie Nathalie. En effet, elle compte sur l’engagement des bénévoles des diverses associations qui y participent : « Elles vont collecter et apporter des jouets un peu partout, nous aussi, pour pouvoir les offrir. »
La journée du samedi sera rythmée par le passage du père Noël et la distribution de cadeaux, les jeux au Fun Park ou encore de petites compétitions sportives. Ensuite, « le lendemain, nous donnons aux enfants rendez-vous à l’auditorium ». Pour la séance, ce sera “Paddington 2” ! Les enfants pourront s’immerger intégralement dans l’univers du film grâce au soundsystem à 360 degrés quasi unique en région parisienne.
L’événement est ouvert aux bénéficiaires des associations solidaires de la ville de Créteil. Mais les informations peuvent aussi être communiquées à Nathalie à l’adresse suivante : [email protected].
Selon le ministère de la Transition écologique, entre 10 et 20 000 tonnes de produits textiles neufs sont détruits chaque année en France. L’équivalent du poids d’une à deux tours Eiffel. Pour tenter de réduire un peu ce gâchis, un couple – José et Josette Manço – a donc décidé d’ouvrir en septembre 2022 un lieu de solidarité insolite, dans l’Oise. Son nom ? Les Fringues Store Associatif.
À la base, il s’agit d’une association. Cette dernière s’est depuis transformée en boutique. Un vrai magasin implanté à Creil, avec les mêmes codes. Pourtant, ici, tout est gratuit. Le lieu s’adresse en effet aux familles monoparentales qui ont des enfants âgés de 0 à 12 ans, vivant dans les quartiers prioritaires de la ville et bénéficiant des minima sociaux. « Ici, tout est gratuit confirme José Manço. Les vêtements, les chaussures, mais aussi le matériel scolaire ou encore les produits d’hygiène. Pendant un an, on donne aux familles tout le nécessaire pour que les enfants puissent bien vivre ».
Le concept est simple. Pour la partie magasin, José récupère des vêtements invendus ou défectueux donnés par de grandes enseignes. Après avoir reconditionné les vêtements, ces derniers sont ensuite donnés aux familles dans le besoin. Le crédo de José ? Aider, insérer et upcycler.
Mais la solidarité passe aussi par la recréation de lien social. Pour ça, l’association propose aussi aux familles des activités une fois par mois : de la couture, de la broderie, des ateliers dessin ou encore origamis. Cela rentre aussi dans l’idée d’upcycler les objets. L’insertion, enfin, est l’un des points forts de la structure. Car l’association et la boutique permettent à des jeunes éloignés de l’école ou exclus de l’emploi de reprendre pied et d’apprendre une activité, un vrai métier.
Selon l’ADEME, l’Agence de la transition écologique, le gaspillage alimentaire pèse en France près de 10 millions de tonnes de produits par an. Fatima et son association lyonnaise, Mamaraude, récupèrent tous les soirs des invendus dans les grandes enseignes de son quartier.
Pendant la crise sanitaire, elle passait plusieurs heures au fourneau pour cuisiner ces denrées alimentaires et ensuite les distribuer à ceux dans le besoin. Aujourd’hui, tout en travaillant, elle continue de venir en aide aux personnes dans la rue. Parfois, il lui arrive aussi de récupérer de la nourriture de cantines scolaires. Elle n’hésite pas à améliorer le goût de ces plats et travaille en collaboration avec des associations ou des collectifs. Lorsqu’elle récupère des produits frais ou secs, elle fait profiter les personnes dans le besoin et connaît exactement les habitudes de chacun.

Au fur et à mesure des années, elle a créé des liens forts avec les personnes rencontrées lors de ses maraudes. Que ce soit des personnes dans la rue ou des personnes précaires, Fatima prend toujours le temps de leur faire plaisir. Elle retient les petits plaisirs et les régimes alimentaires de chacun. Elle répète d’ailleurs souvent à ses bénévoles qu’il ne sert à rien d’imposer quelque chose à quelqu’un. Pour elle, un bon repas chaud réchauffe aussi bien le corps et le cœur.
Lors de ses maraudes, elle partage des moments de convivialité et n’hésite pas à raconter des anecdotes touchantes. Les plats sont préparés à l’avance et Fatima essaye d’utiliser des contenants récupérés pour éviter le gaspillage. Elle reçoit aussi des messages de remerciement qui la touchent beaucoup et lui donnent de l’énergie pour la suite.
“Sans la pâtisserie, je pense que je ne serai pas là aujourd’hui”, glisse Silax, un pâtissier au parcours atypique. Cette année, le Salon du chocolat, qui s’est tenu du 28 octobre au 1er novembre à Paris, aura été marqué par l’inclusion et l’ouverture au monde. Silamaka Soukouma fait partie de ces personnes qui ont pu sortir du contexte parfois complexe des banlieues pour réaliser son rêve.
Aujourd’hui, le jeune homme de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) a construit sa pâtisserie. Son magasin accueille désormais tous les locaux et curieux des productions de Silax. Mais cela n’a pas toujours été le cas.
“Quand j’étais jeune, je faisais pas mal de bêtises. La pâtisserie m’a sauvé, c’est certain. C’est ce qui m’a permis de me concentrer et d’avancer. C’est militaire, c’est carré, c’est une science exacte !” confie le pâtissier en riant. Sylvain Dahirel, pâtissier aux Thermes Marins de Saint-Malo, s’accorde avec le propos de Silax. “C’est Auguste Escoffier qui a créé les brigades au sein des cuisines. C’est aussi ça qui rapproche le métier du monde militaire”, explique-t-il.
Isabelle Falys est une amoureuse de sa région. “Ce qu’on essaie de faire, c’est montrer tous les côtés de la Bretagne”, annonce-t-elle fièrement sur son stand de la Maison Le Roux. C’était probablement le stand le plus “breton” d’entre tous. Sur place, des menhirs, des phares, des fleurs séchées dépassant des vases traditionnels et, bien sûr, des caramels au beurre salé.
Pour retrouver toutes ces spécialités et bien plus rendez-vous chaque année au Salon du Chocolat à Paris.
Au-delà du chiffre symbolique de 100% de réussite au baccalauréat, l’école de la réconciliation que prône Jérémie Fontanieu déconstruit les clichés sur les banlieues et les quartiers.
Ceux que la société porte sur ces élèves des quartiers et ceux que ces jeunes, et bien souvent aussi leur famille, ont intégrés. La réussite ? Ce n’est pas pour nous. Elle nous échappera toujours. Nous ne sommes pas dans la bonne classe de la société ni de l’école.
Jérémie Fontanieu enseigne les sciences économiques et sociales dans un lycée de Drancy, en Seine-Saint-Denis. Autant dire que nous sommes loin des établissements parisiens Janson-de-Sailly ou de l’École alsacienne, où la réussite est quasiment un héritage familial. Pourtant, les résultats qu’il obtient depuis cinq ans feraient pâlir d’envie tous les établissements secondaires les plus huppés de France. Drancy est une banlieue dite “difficile”, avec des quartiers défavorisés. C’est aussi là où Jérémie Fontanieu a demandé son affectation.
Un endroit parfait pour se plonger dans la réalité de Pierre Bourdieu. Celle d’un système scolaire qui, selon le sociologue, reproduit les inégalités. Celle d’une école française où 50% des fils d’ouvriers ont le bac quand les fils de cadres sont 90% à obtenir le sésame vers des études supérieures. Un lieu où la méritocratie française ne dépasse pas le champ de la théorie. L’occasion, pour Jérémie Fontanieu, de tordre le cou aux idées reçues et aux clichés sur les quartiers. Et pour le coup, c’est une réussite.
Le professeur impose à ses élèves rigueur et discipline. Sa méthode repose sur le travail régulier et une communication, une alliance avec les parents. Toutes les semaines, les élèves doivent se soumettre à un QCM et un SMS est envoyé aux parents pour leur rendre compte des résultats obtenus.
Et leur travail paient. Celui des parents aussi. Les élèves réussissent. Un an, deux ans, puis trois, quatre et finalement cinq ans que ses classes obtiennent 100% de réussite au bac. Les enfants et leurs parents prennent confiance, se disent que c’est possible. Ils se disent que ça vaut le coup, que tout n’est pas joué d’avance. Banlieusards mais plus tricards, le monde des études est aussi pour eux.
“L’école de la réconciliation – Un professeur à Drancy“, de Jérémie Fontanieu, éditions Les liens qui libèrent. 240 pages, 19€
Fatima a toujours fait preuve de générosité. Bénévole depuis de nombreuses années, elle a depuis tout temps baigné dans le monde associatif. Avec son mari, elle est partante chaque jour pour aider les personnes dans le besoin.
Aujourd’hui, avec son association Mamaraude, elle ne compte plus les heures passées à nourrir, soutenir et écouter les personnes en situations de précarité. Son association est née au tout début de la crise sanitaire. Lors de ses maraudes, elle a constaté qu’une personne sans-abri avait besoin de contact humain en plus de nourriture.

Dans la rue, elle se fait appeler “La maman de la rue” ou encore “la tata”. Elle connaît les régimes alimentaires de chacun et n’hésite pas à cuisiner des repas chauds et équilibrés avec les invendus de son quartier.
En plus de sa cuisine, elle prend le temps de répondre à diverses demandes. Que ce soit des ustensiles de cuisine, des couches ou encore des duvets, elle équipe les personnes autour d’elle. Avec ses maraudes, elle a créé des liens de confiance forts puisqu’elle ne promet rien qu’elle ne puisse pas faire.
Chaque jour, elle apporte du réconfort et de la chaleur humaine aux personnes dans le besoin. Elle reste à l’écoute sans ne jamais émettre aucun jugement. Pour aider autour d’elle, elle a aussi mis en place divers ateliers. Les personnes sans-abri peuvent ainsi profiter de séances d’ostéopathie ou de sophrologies gratuites. Elle organise également des ateliers de cuisine dans un habitat avec des patients qui ont des troubles psychiatriques. Aujourd’hui, lorsqu’elle rentre des maraudes, elle est fatiguée mais satisfaite et remplie de bonheur.
Jérémie Fontanieu est un jeune professeur de sciences économiques et sociales du lycée Eugène Delacroix, à Drancy, en Seine-Saint-Denis. Avec un de ses collègues, ils ont mis au point une méthode qui a permis à ses élèves de passer de 70% à 100% de réussite au bac, en cinq ans.
Le principe est simple : impliquer les parents dans la scolarité de leur enfant pour réconcilier les enfants, les parents, l’école et plus loin le bac. En début d’année, Jérémie prévient ses élèves qu’ils auront un QCM chaque semaine portant sur le cours. Pour avoir une bonne note, il suffit de réviser cinq fois par semaine. Les élèves jouent le jeu, obtiennent de bons résultats, mais Jérémie est persuadé qu’ils peuvent faire mieux. Il tente alors un coup de bluff : si la note est égale ou inférieure à 4 sur 10, il préviendra les parents.
Ça marche. Les élèves se mettent à travailler régulièrement, leurs notes progressent et le lien que Jérémie a tissé avec les parents devient de plus en plus fort. Les SMS annoncent des bonnes nouvelles et si la note est mauvaise, il insiste sur le fait que la prochaine sera meilleure, que la réussite arrivera.
La méthode s’installe, de même qu’un climat de confiance entre tous les intervenants qu’ils soient élèves, enseignants ou parents. Un esprit de groupe se crée et avec lui une émulation. Les jeunes s’entraident, participent en classe, les anciennes fortes têtes prennent goûts à l’effort et les plus timides ne se cachent plus derrière elles.
La méthode fait ses preuves et les classes atteignent le chiffre symbolique de 100% de réussite au bac. Une fois, puis une deuxième, puis une autre, et encore une autre. Aujourd’hui, des professeurs de tout horizon prennent contact avec Jérémie pour en savoir plus et participer au projet.
Retrouvez ici tous les sujets d’AirZen Radio sur l’école et l’éducation.
“L’école de la réconciliation – Un professeur à Drancy, de Jérémie Fontanieu, éditions Les liens qui libèrent, 240 pages, 19 euros.