Geev, plateforme de dons d’objets et de nourriture entre particuliers

Plus besoin de stocker ou jeter les objets encore en bon état dont on n’a plus besoin. Geev nous met en relation avec des personnes intéressées, autour de chez nous. Et inversement.

Podcast

Geev : créer un système vertueux

1 - Geev : créer un système vertueux

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Geev : une plateforme de dons d’objets et de nourriture

2 - Geev : une plateforme de dons d’objets et de nourriture

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Geev : partager matériellement et humainement

3 - Geev : partager matériellement et humainement

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À l’origine de cette plateforme, un constat. Celui de Florian Blanc et Hakim Baka, fondateurs de Geev : “plus de la moitié des objets postés sur les plateformes de vente n’étaient sont pas vendus”. Des objets qui finissaient restockés, jetés, mis aux encombrants. “Il n’y avait pas de solution de seconde vie populaire, d’alternative positive.”

Les deux entrepreneurs ingénieux identifient toutefois le fait que beaucoup de ces objets sont donnés à l’entourage. Cependant, les anciens propriétaires ne sollicitent pas plus de deux ou trois personnes. “On a voulu adapter les mécaniques de marketplace, c’est-à-dire avoir une offre et l’exposer à un maximum de personnes via une plateforme digitale, à cet usage du don, pour donner une chance à ces objets de retrouver le chemin du réemploi”, précise Hakim Baka. 

Un gaspillage énorme évité 

Selon l’Ademe, 100 millions d’objets qui ont encore une valeur d’usage seraient jetés chaque année en France. Un chiffre qui ne prend pas en compte ce qu’il y a dans nos greniers, caves… même autour de nous, dans nos appartements et qui prend la poussière. Par ailleurs, 20 kilos de nourriture seraient gaspillés par Français et par an, dont 9 kilos de produits non déballés. Autant faire des heureux facilement, rapidement, localement. 

“Il n’y avait pas de solution de seconde vie populaire, d’alternative positive”

Sur Geev, il y a plus de demandes que d’offres. Donc pas besoin de faire traverser la France entière à ces produits, on trouve une demande suffisante localement. Et c’est surtout très pratique.

Hakim Baka se souvient d’une jeune maman, qui n’a pas acheté une seule couche la première année. Toutes les couches qu’elle a utilisées avaient été récupérées sur Geev. “On nous dit : “la veille de mon déménagement, il me restait trente objets. Tout est parti dans la journée.” On nous dit aussi “merci, je suis étudiant, je viens d’arriver à Bordeaux, j’avais très peu de budget, j’ai quand même pu trouver un lit, un canapé et une table dans la semaine”.” Les exemples sont nombreux. 

Des échanges humains

“L’expérience Geev démarre en digital parce qu’il faut poster son annonce ou regarder les annonces de dons autour de soi. Mais la finalité, c’est toujours la rencontre”, selon Hakim Baka. 

Patricia est une geeveuse fidèle. Elle a meublé tout son appartement, son salon, la chambre de son fils, a récupéré des livres… après une séparation et donc un déménagement. “Je n’ai pas le réflexe d’acheter neuf, pour des raisons financières et écologiques. D’ailleurs, on peut trouver de l’occasion mais de très bonne qualité”, explique-t-elle. 

“L’expérience Geev démarre en digital. Mais la finalité, c’est toujours la rencontre”

Et ça crée du lien humain. Patricia a rencontré un musicien qui est devenu un ami et qui compose désormais des musiques pour le groupe de la jeune femme. “Il m’est aussi arrivé de récupérer des choses chez des gens. Ils savaient que je travaillais avec des enfants avec des troubles du comportement. Sachant cela, ils m’ont recontactée directement pour me donner des objets pour eux”.

Objets qui auraient pourtant pu être revendus. Mais l’idée, c’est aussi de faire une bonne action. “J’ai eu la chance de pouvoir profiter, donc c’est à mon tour de partager ça avec d’autres personnes”, conclut Patricia. 

Les professionnels s’y mettent

“Vivre à 100% du réemploi, je pense que c’est très utopique”, tempère Hakim Baka. “Par contre, avoir une consommation beaucoup plus raisonnée, ne plus consommer n’importe quoi, ne plus gaspiller, c’est un usage qui s’accélère et on est très content d’y participer. Il faut plus penser au fait qu’on va créer un système vertueux dans lequel la seconde vie va avoir une place importante, voire peut-être plus importante que le neuf”.  

“On va créer un système vertueux dans lequel la seconde vie va avoir une place importante, voire peut-être plus importante que le neuf”

Geev évolue encore en travaillant désormais directement avec des entreprises, qui proposent désormais le don comme solution de reprise aux particuliers, lesquels peuvent être potentiellement récompensés pour cette action positive.

La plateforme lance également des comptes professionnels, pour que les magasins puissent directement proposer une solution de seconde vie. Pour l’heure, 3,5 millions de personnes sont déjà inscrites sur la plateforme en France.