Claude Grison, la chimiste qui révolutionne la dépollution des sols

Elle est finaliste du prix de l’Inventeur européen 2022 dans la catégorie « recherche ». Claude Grison a étudié une plante, le tabouret bleu, capable de dépolluer les sols.

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La tabouret bleu, la plante dépolluante prometteuse

1 - La tabouret bleu, la plante dépolluante prometteuse

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Le pouvoir des plantes pour absorber la pollution des sols

2 - Le pouvoir des plantes pour absorber la pollution des sols

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Claude Grison : la chimiste qui révolutionne la dépollution des sols

3 - Claude Grison : la chimiste qui révolutionne la dépollution des sols

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Claude Grison, chimiste et spécialisée en écologie, figure parmi les trois Français finalistes du Prix de l’Inventeur européen 2022 dans la catégorie « recherche », dont les résultats seront connus le 21 juin 2022.

Chim Eco

Elle est directrice de recherche au CNRS à Montpellier, professeure d’université et s’est fait connaître suite à la mise au point d’une méthode de dépollution des sols, grâce à des plantes mangeuses de métaux.

Le mystère du tabouret bleu

Si ce nom peut faire penser à un roman d’Agatha Christie, il n’en est rien ! La tabouret bleu, aussi appelée Thlaspi caerulescens, est cette plante étudiée par Claude Grison et qui a plusieurs propriétés extraordinaires : celles de tolérer la pollution, mais aussi de l’absorber, de la stocker et de la mettre à l’abri.

« Je ne me prédestinais pas au départ à consacrer ma vie à l’écologie scientifique », avoue Claude Grison, qui a d’abord passé une thèse en chimie organique, en Lorraine, avant de travailler sur les bactéries virulentes.

.Nanda Gonzague/European Patent Office

Mais c’était sans compter sur cette discussion passionnante qu’elle a eue un jour avec des étudiantes préoccupées par la pollution et intéressées par le pouvoir des plantes : « Elles étaient brillantes et m’ont donné envie de m’intéresser à ce sujet. J’ai donc pratiquement tout lâché et intégré un laboratoire de recherche en écologie à Montpellier », explique-t-elle.

C’est là qu’elle découvre les pouvoirs du tabouret bleu et de centaines d’autres espèces similaires et même plus performantes.

Elle teste alors une culture à grande échelle sur un site pollué du Gard et les résultats sont impressionnants : ces plantes sont capables de capter la pollution du sol et de stocker des métaux comme le zinc et le palladium. « Ce sont par ailleurs des métaux très rares, en voie de disparition », ajoute la chercheuse.

Une application prometteuse

Mais Claude Grison ne s’arrête pas là : « L’objectif était de valoriser cette plante, et d’autres que nous avons dénichées par la suite, d’un point de vue économique et écologique », raconte-t-elle.

En effet, pas question que le processus soit coûteux pour l’environnement.

Nanda Gonzague/European Patent Office

« Notre idée est de planter puis de récolter ces plantes, non pas pour produire des déchets, mais pour en faire des outils utiles pour la dépollution et l’utilisation en éco-catalyse », détaille la chimiste, membre de l’Académie des sciences, qui vient de créer la société BioInspir.

Une entreprise chargée de développer cette technique brevetée pour une « chimie durable et verte » au service de l’environnement.

Il faut désormais croiser les doigts pour une victoire de Claude Grison au Prix de l’Inventeur européen 2022, dont le verdict sera connu le 21 juin. Elle figure parmi les trois Français finalistes, avec Frédérick Pasternak, dans la catégorie “Industrie”, et Élodie Belnoué, nommée dans la catégorie “PME”.