Le retour au travail ou à l’école peut bousculer, même après de “bonnes” vacances. Ce blues post-vacances est fréquent… et peut devenir une occasion précieuse de réajuster son quotidien avec douceur.
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C’est quoi le blues de retour de vacances ?
Comment gérer et faire face au blues post retour de vacances ?
Un passage de vitesse qui secoue, et c’est normal
Reprendre après une parenthèse de repos n’a rien d’anodin. Pendant les vacances, on change de décor, de rythme, d’habitudes : on dort parfois plus, on marche davantage, on se libère des contraintes. Au retour, le contraste est brutal : exigences, horaires, responsabilités, pression… le corps et l’esprit doivent repasser en “mode quotidien”. La psychologue et docteur en psychologie Caroline Bonnet le résume simplement : « On a totalement lâché prise… et du coup, on n’est pas très bien ».
Ce malaise porte plusieurs noms — blues, déprime, anxiété — mais renvoie surtout à un même phénomène : la difficulté à passer d’un état à un autre. Ce n’est pas une faiblesse, ni un caprice. C’est un signal de transition, comme un temps d’échauffement après l’arrêt. Caroline Bonnet compare ce moment à une remise en route : « C’est comme une voiture… il faut un petit peu s’échauffer. On va remettre le contact ».
Des signes concrets : quand le corps dit “stop” avant la tête
Le blues de reprise ne se limite pas à un vague manque d’envie. Il peut se traduire par une fatigue inhabituelle, une irritabilité, un sommeil perturbé ou une difficulté à se lever. Certains ressentent une baisse de motivation, d’autres voient surgir des pensées plus négatives, parfois dès le trajet du retour. Et chez plusieurs personnes, le décalage surprend : tout semble aller bien le lundi… puis la baisse arrive en milieu de semaine.
Caroline Bonnet le constate en consultation : ce coup de mou peut durer “plusieurs jours”. Et c’est là que l’écoute de soi devient précieuse. Si l’inconfort s’étire, il ne s’agit pas de dramatiser, mais de prendre au sérieux ce que le corps exprime. L’objectif n’est pas de “tenir” coûte que coûte : c’est de comprendre ce qui pèse, et de retrouver une reprise plus respirable.
Verbaliser, accueillir, puis observer : la méthode qui apaise
Premier réflexe conseillé : mettre des mots. Parler à un proche, à un collègue de confiance, ou simplement reconnaître ce qui se passe en soi évite de basculer dans la culpabilité. Caroline Bonnet insiste sur l’importance de ne pas lutter contre l’émotion : « Déjà le verbaliser, l’accueillir et pouvoir le conscientiser ». Dire “je me sens bizarre”, “je n’ai pas envie d’y retourner”, “je suis tendu” peut déjà desserrer l’étau.
Ensuite, vient le temps de l’observation. Qu’est-ce qui rend la reprise difficile : la charge de travail, le rythme, le manque de pauses, l’impression de subir, une organisation familiale trop serrée ? La psychologue propose une piste simple, mais puissante : « Qu’est-ce qui fait que je n’ai pas envie d’y retourner ? Qu’est-ce qui fait que je ne suis pas bien ? ». Ces questions ne servent pas à se juger, mais à repérer ce qui mérite d’être ajusté.
Enfin, il y a un repère utile : la durée. Une journée ou deux peuvent correspondre à une phase normale d’adaptation. Si cela s’installe, si cela revient de manière répétitive ou s’intensifie, il devient pertinent de se faire aider. Caroline Bonnet le précise : en parler autour de soi peut suffire quand c’est passager, mais si cela “dure” et “se répète”, il faut “aller creuser” — avec un professionnel si nécessaire.
Prolonger le lâcher-prise : de petites actions qui changent la reprise
La bonne nouvelle, c’est qu’on peut apprendre à amortir la reprise. Et même à s’appuyer sur les vacances comme sur un laboratoire : qu’est-ce qui a fait du bien, exactement ? Plus de marche, moins d’écrans, des repas plus simples, un rythme plus humain, du temps social, du silence ? Caroline Bonnet encourage à garder une part de cet état : « Quand ces vacances ont été bénéfiques… on peut peut-être s’en servir pour changer son quotidien ».
Pas besoin de révolutionner sa vie dès le lundi matin. L’idée est d’injecter du “vacances compatible” dans la semaine : descendre une station plus tôt pour marcher, remettre un peu d’air entre deux rendez-vous, se prévoir une soirée cocon, reprendre une activité créative. Autant de micro-choix qui recréent de la marge et redonnent de l’élan. La psychologue le dit clairement : si on a réussi à lâcher prise en vacances, pourquoi ne pas apprendre à le faire aussi après le travail ?
Le collectif peut aussi aider. Caroline Bonnet évoque ces moments simples qui rechargent : marcher avec des collègues, partager un repas, faire un pique-nique même court. Trente minutes dehors peuvent suffire à relancer l’énergie, à condition de s’autoriser une pause réelle. Ce sont des gestes accessibles, qui rappellent qu’on n’est pas seul à ressentir cette bascule.
Et si le blues révélait surtout un besoin de réajustement ?
Le blues post-vacances ne dit pas seulement “les vacances étaient bien”. Il peut aussi révéler que le quotidien manque d’équilibre. La même logique vaut pour le retour de week-end, cette fameuse tension du dimanche soir : si l’angoisse est forte, c’est souvent un indicateur. Caroline Bonnet y voit un signal à écouter : « Ça montre qu’il y a quelque chose à revoir et à réajuster ». Non pas pour s’inquiéter, mais pour reprendre la main.
Parfois, le problème n’est pas la reprise en elle-même, mais l’accumulation : trop de contraintes, trop peu de respiration, pas assez de moments “pour soi” dans la semaine. Beaucoup trouvent alors des solutions simples et efficaces : sport, activité créative, rituels, temps social choisi. L’enjeu est de ne pas vivre sa semaine comme un tunnel dont on ne sort que le week-end. Quand l’équilibre revient, la reprise devient moins un choc et plus une continuité.
Caroline Bonnet glisse aussi un point important : certaines personnes n’arrivent pas à lâcher prise pendant les vacances, emportant “le sac à dos” mental partout. Résultat : la reprise est encore plus rude. Là aussi, en parler et se faire accompagner peut changer la donne, non pas pour “corriger” une personne, mais pour lui donner des stratégies et retrouver un repos qui protège vraiment.
Reprendre après une pause, c’est réapprendre un rythme. En accueillant ce passage avec bienveillance, en parlant, en ajustant quelques habitudes et en demandant de l’aide quand il le faut, ce moment souvent redouté peut devenir un repère utile. Une façon de se rapprocher, semaine après semaine, d’un quotidien plus respirable — et d’un bien-être qui ne dépend pas uniquement des vacances.
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