On respire sans y penser… mais souvent à côté de nos capacités. Avec des exercices courts, François Gautier montre comment retrouver calme, énergie et présence, simplement par le souffle.
Épisodes
François Gautier : petit exercice pratique pour apprendre à bien respirer
François Gautier : les bienfaits de la respiration quand elle est bien réalisée
François Gautier : petit exercice de respiration pour se détendre et se calmer
François Gautier : petit exercice de respiration pour s’endormir sereinement
François Gautier : apprendre à bien respirer, c’est possible !
Respirer, un réflexe… qui se réapprend
Respirer semble évident : c’est automatique, permanent, vital. Pourtant, dans notre quotidien pressé, beaucoup d’entre nous respirent « petit », haut dans la poitrine, parfois comme en apnée devant l’ordinateur. Sur AirZen Radio, François Gautier, auteur de L’art de la respiration pour les Nuls (éditions First), rappelle une réalité étonnante : la majorité d’entre nous n’utiliserait qu’une partie de sa capacité pulmonaire, avec des effets directs sur le bien-être.
Ce constat, il ne le fait pas de haut. Il raconte d’abord son propre chemin : une cloison nasale déviée, deux opérations, et malgré tout la sensation de « mal respirer ». Journaliste, souvent assis, il remarque aussi ce que beaucoup vivent sans le nommer : quand la tension monte, le souffle se raccourcit ; quand la colère arrive, la respiration se hache. « Chaque émotion influe sur la respiration. Et à son tour, chaque respiration peut influer sur vos émotions », explique-t-il, avec cette idée simple : agir sur le souffle, c’est aussi agir sur l’état intérieur.
Dans l’univers du yoga, ces techniques portent un nom : le pranayama. Mais sur AirZen, on reste au plus concret : des exercices faciles, guidés pas à pas, pour se calmer, se recentrer ou se dynamiser. Pas besoin d’être souple, initié, ni de viser la performance. « Ce n’est pas une compétition », rappelle François Gautier.
La respiration alternée : un rituel calme qui remet de l’espace
Parmi les exercices proposés, il y a la respiration alternée par les narines, appelée « loveloma ». François Gautier la décrit comme une pratique à la fois apaisante et méditative, utile notamment pour se poser, et même en avion pour aider à « dégager les tympans ». Le principe est simple : on alterne inspiration et expiration entre la narine gauche et la narine droite, en bouchant l’une puis l’autre avec les doigts.
Le geste est précis mais accessible. On place l’index et le majeur entre les sourcils, on ferme la narine droite avec le pouce, on expire puis on inspire par la narine gauche, on change, et on recommence. Un cycle complet, à répéter plusieurs fois, par exemple neuf cycles. L’objectif n’est pas de « réussir » mais de sentir : la longueur du souffle, la régularité, la détente qui s’installe.
François Gautier insiste sur un point important : inutile de se crisper sur le comptage. Bien sûr, il propose un rythme (inspirer sur 3, retenir sur 12, expirer sur 6), mais il dédramatise aussitôt « le plus simple, c’est de le faire sans compter… et de le faire naturellement ». Autrement dit : on revient au corps, au moment présent, et on laisse la respiration s’allonger à son propre rythme.
Ce qui se joue là dépasse la technique. Dans le studio, on entend la bascule : moins de pensées parasites, plus de présence. François Gautier le formule avec des mots simples : c’est une respiration « qui calme le mental ». Et c’est aussi une porte d’entrée vers la pleine conscience, sans effort spectaculaire, juste en revenant à la sensation du souffle.
Le bastrika : un “soufflet” pour retrouver de l’énergie
Autre ambiance avec le bastrika, un pranayama plus tonique. François Gautier le compare au soufflet qu’on utilise pour attiser un feu de cheminée : on inspire fort, on expire fort, uniquement par le nez, en synchronisant le mouvement des bras. Les coudes collés aux côtes, on monte les bras en ouvrant les mains à l’inspiration, puis on redescend en fermant les poings à l’expiration.
L’exercice est vivant, presque ludique, et il a un effet immédiat : il « dégage les narines », « dégage la tête », et donne un regain d’énergie. Dans l’échange, on entend aussi le sourire et l’autodérision : l’animateur demande quand intervient le mouchoir. Réponse : après, parce que « des choses vont sortir ». Le but n’est pas de faire peur, mais de rappeler qu’un souffle plus ample remet parfois du mouvement là où tout était un peu coincé.
Après une série (par exemple 20 respirations), François Gautier propose surtout de ne pas enchaîner tête baissée. Il invite à s’arrêter, relâcher les mains, fermer les yeux, observer. Et là, surprise : l’animateur ressent une tête qui tourne, puis une détente rapide. François Gautier rassure : c’est normal, et l’observation fait partie de la pratique.
Il guide alors un retour au ressenti : sentir l’air dans les narines, percevoir la « friction » sur les parois internes, ramener le mental à cette sensation dès qu’une pensée surgit. « Chaque fois que vous avez une pensée, vous ramenez votre mental sur la perception de la respiration », explique-t-il. Et l’effet, lui, tombe vite : « C’est vraiment étrange… parce qu’on se calme d’un seul coup », constate l’animateur, surpris de cette descente en pression quasi instantanée.
Dans sa vie personnelle, François Gautier raconte une routine simple : trois séries le matin, et entre chaque série, un temps d’observation. Un rythme court, accessible, qui installe une hygiène de présence avant que la journée ne s’emballe.
Le bramarie : le bourdonnement qui coupe le bruit du monde
Pour le soir, François Gautier propose un exercice particulièrement doux : le bramarie, une respiration avec bourdonnement, souvent conseillée avant de s’endormir et utile aussi en cas d’angoisse. Le geste : on bouche les oreilles avec les index (sans enfoncer), on inspire profondément, puis on expire en produisant un son d’abeille, tout en bougeant très légèrement les doigts au niveau de l’entrée de l’oreille. Les yeux peuvent rester fermés pour renforcer l’intériorisation.
Le résultat recherché est clair : créer une coupure avec l’agitation extérieure, comme si l’on baissait le volume du monde. L’exercice est court, répétable, et ne demande aucun matériel. Il s’adapte à chacun : la durée du bourdonnement dépend simplement de l’expiration du moment. « Le bruit que vous faites… c’est en fonction de notre respiration à nous », confirme l’équipe en studio.
Ce bramarie a aussi une vertu précieuse : il donne une consigne simple au mental. Au lieu de ruminer, on écoute la vibration, on suit l’expiration, on sent le corps se poser. François Gautier le rappelle sans mystifier : ces techniques sont là pour aider, pas pour impressionner. « Je ne prétends pas produire des miracles », dit-il, en soulignant qu’il suffit souvent de quatre ou cinq exercices bien choisis, pratiqués régulièrement.
Une compétence du quotidien, à remettre au centre
Au fil de l’échange, une idée revient comme un fil rouge : on respire bien enfant, puis la vie nous décentre. Peurs, colère, préoccupations, regard des autres… le mental prend la main, et le souffle suit. François Gautier le dit avec une clarté qui parle à tous : « Lorsqu’on commence à penser, lorsqu’on commence à avoir peur… le mental influe sur la respiration ». La bonne nouvelle, c’est que l’inverse est vrai : en travaillant le souffle, on peut influencer l’émotion.
Cela ne demande ni décor exotique, ni posture parfaite. Oui, il existe des centres en France pour apprendre plus loin. Oui, certaines traditions parlent d’énergie subtile. Mais sur AirZen, l’essentiel reste à portée de main : respirer un peu mieux, un peu plus souvent, et constater ce que cela change dans une journée. Devant l’ordinateur, au volant, avant une réunion, avant de dormir : le souffle devient un outil discret, toujours disponible.
Et c’est peut-être là le plus positif : dans un monde qui accélère, la respiration offre un bouton “pause” sans écran, sans abonnement, sans performance. Une pratique intime, simple, qui redonne de l’espace à l’intérieur — et, à force de régularité, un peu plus de confiance, d’énergie et de calme pour avancer.
Pour aller plus loin > Le Qi Gong, gymnastique qui allie mouvements et respiration