Le prix repère du gaz augmente de 6,3 % en octobre 2026. Voici 7 gestes efficaces pour réduire sa consommation sans sacrifier son confort.
Le prix repère du gaz atteindra 182,88 euros TTC le mégawattheure en octobre 2026. Une hausse sensible, mais pas une fatalité : quelques réglages bien choisis permettent de consommer moins sans transformer le salon en chambre froide.
Le thermomètre n’a pas encore vraiment baissé que le prix du gaz, lui, prépare déjà sa rentrée d’hiver. À partir du 1er octobre 2026, le prix repère de vente du gaz naturel publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) passera de 172,05 à 182,88 euros TTC par mégawattheure. Cela représente une augmentation de 6,3 % en un mois.
La CRE estime le surcoût moyen à 5,28 euros TTC sur la facture d’octobre pour les consommateurs dont l’offre est indexée sur ce prix repère. Si les conditions restaient à peu près stables jusqu’à la fin de l’année, la facture annuelle moyenne de 2026 pourrait être supérieure d’environ 10 % à celle de 2025, soit quelque 120 euros de plus.
Avant de toucher au thermostat, vérifiez votre contrat
Le prix repère n’est pas un tarif imposé à tous les fournisseurs. Depuis la disparition du tarif réglementé en juillet 2023, il sert de boussole pour comparer les offres. La hausse d’octobre concerne directement les contrats indexés sur ce repère, mais pas les offres à prix fixe pendant leur période de garantie. Environ 40 % des clients résidentiels du gaz disposaient d’une offre fixe à la fin de 2025, précise la CRE.
Premier réflexe, donc : regardez sur votre facture si le prix du kilowattheure est fixe ou indexé, ainsi que la date de fin de l’éventuelle période fixe. Comparez ensuite le coût annuel complet, abonnement compris, à l’aide du comparateur indépendant du Médiateur national de l’énergie. Changer de fournisseur est gratuit pour un particulier et ne nécessite ni changement de compteur ni coupure. Mais quelle que soit l’offre choisie, l’énergie la moins chère reste celle que l’on ne consomme pas. Voici comment agir sans perdre en confort.
1. Programmez le chauffage au lieu de baisser toute la journée
Il n’est pas nécessaire de passer l’hiver à 16 °C. L’idée est plutôt de chauffer au bon endroit et au bon moment. L’ADEME recommande 19 °C dans les pièces de vie lorsqu’elles sont occupées, 17 °C dans la chambre la nuit et jusqu’à 22 °C dans la salle de bains lorsqu’on l’utilise. Les 16 à 17 °C sont réservés aux pièces inoccupées ou aux périodes d’absence.
Un thermostat programmable peut faire ce travail automatiquement : la température baisse après le départ du dernier occupant, puis remonte avant le retour de la famille. L’ADEME estime qu’abaisser la température de consigne de 1 °C réduit en moyenne de 7 % la consommation de chauffage. Sur la part chauffage, une baisse moyenne d’environ un degré peut donc absorber l’ordre de grandeur de la hausse du prix d’octobre, sans promettre pour autant une diminution équivalente de la facture totale.
2. Chauffez les personnes, pas les mètres carrés vides
La chambre d’amis n’a pas besoin du même traitement que le salon. Réglez les robinets thermostatiques pièce par pièce, fermez les portes donnant sur les espaces moins chauffés et baissez la température dans les zones rarement utilisées. Attention toutefois à ne pas couper complètement le chauffage dans une pièce froide : un écart trop important peut favoriser la condensation et donner envie de pousser exagérément les radiateurs voisins.
Le bon test consiste à noter les températures réelles pendant quelques jours avec un petit thermomètre, plutôt que de se fier aux chiffres parfois très approximatifs des molettes de radiateur.
3. Rendez aux radiateurs l’espace dont ils ont besoin
Un canapé collé au radiateur, un rideau qui le recouvre ou du linge mis à sécher devant lui transforment une partie de la chaleur en dépense invisible. Dégagez quelques dizaines de centimètres devant les émetteurs et dépoussiérez-les régulièrement pour faciliter la circulation de l’air chaud.
Si un radiateur à eau reste froid en haut, gargouille ou chauffe de façon très inégale, il peut avoir besoin d’être purgé. Si plusieurs radiateurs posent problème, mieux vaut demander au chauffagiste de vérifier la pression et l’équilibrage du réseau plutôt que de multiplier les réglages au hasard. Une installation qui répartit mal la chaleur pousse souvent à augmenter le thermostat pour réchauffer la pièce la plus défavorisée.
4. Bloquez les courants d’air, jamais la ventilation
Avant d’envisager de gros travaux, faites le tour des fenêtres, de la porte d’entrée, de la trappe donnant sur les combles et, le cas échéant, du conduit de cheminée inutilisé. Des joints en bon état, un bas de porte adapté, des volets fermés dès la nuit tombée et des rideaux épais peuvent limiter la sensation de paroi froide et les infiltrations d’air.
Une règle de sécurité ne souffre aucune économie : ne bouchez jamais les grilles d’aération ni les entrées d’air prévues pour renouveler l’atmosphère. Avec un appareil à combustion, une ventilation insuffisante peut favoriser l’accumulation de monoxyde de carbone. Les rideaux ne doivent pas non plus recouvrir les radiateurs.
5. Aérez brièvement pour avoir moins froid
Cela paraît paradoxal, mais un logement humide est plus inconfortable. L’ADEME situe entre 40 et 60 % la plage d’humidité généralement souhaitable et conseille d’ouvrir les fenêtres cinq minutes le matin et cinq minutes le soir, en coupant les radiateurs pendant ce temps. Une aération courte et franche renouvelle l’air sans laisser les murs refroidir comme le ferait une fenêtre entrouverte pendant une heure.
Vérifiez aussi que les bouches de ventilation ne sont ni obstruées ni encrassées. Cuisiner avec un couvercle et utiliser la hotte, lorsqu’elle évacue réellement l’air, limite également la vapeur d’eau qui finit ailleurs sur les vitres et les murs.
6. Faites entretenir et régler la chaudière avant le froid
L’entretien annuel d’une chaudière au gaz est obligatoire. Au-delà de la sécurité, une chaudière mal entretenue consomme davantage et risque plus souvent la panne, rappelle l’ADEME dans ses conseils pour un chauffage plus économique.
Profitez de la visite pour demander au professionnel de contrôler le rendement, la pression, la programmation, la température de départ de l’eau de chauffage et, si nécessaire, l’équilibrage des radiateurs. Il ne s’agit pas de recopier un réglage trouvé sur Internet : la bonne température dépend de la chaudière, des radiateurs, de l’isolation et de la météo. Sur une chaudière à condensation, un réglage adapté permet aussi de profiter réellement de la condensation au lieu d’utiliser un appareil performant comme une vieille chaudière.
7. Si le gaz chauffe aussi l’eau, traquez les litres inutilement chauffés
La facture ne vient pas seulement des radiateurs. Si la chaudière produit l’eau chaude sanitaire, raccourcir légèrement les douches, couper l’eau pendant le savonnage, réparer rapidement un robinet qui fuit et installer une douchette ou des mousseurs économes réduit à la fois la consommation d’eau et l’énergie nécessaire pour la chauffer.
Évitez en revanche de modifier au hasard la température d’un ballon ou d’une réserve d’eau chaude : un réglage trop bas peut créer un risque sanitaire. Demandez la consigne adaptée à votre installation lors de l’entretien annuel.
Le plan d’action le plus rentable pour cet hiver
Commencez par relever votre consommation en kilowattheures sur les douze derniers mois, puis vérifiez votre type d’offre. Programmez ensuite les périodes de présence, mesurez la température dans les principales pièces et libérez les radiateurs. Terminez par la vérification des joints, des volets et des bouches d’aération. En une heure, vous aurez déjà traité l’essentiel sans devis, sans poussière et sans doudoune dans le salon.
Ces gestes ne feront pas disparaître la hausse du marché, mais ils redonnent une prise concrète sur la facture. Et surtout, ils évitent le faux choix entre laisser la chaudière chauffer une maison vide et vivre emmitouflé à 16 °C.
Sources : Service-Public.fr, Commission de régulation de l’énergie, ADEME et Médiateur national de l’énergie.

