À Mendionde, des maraîchers se regroupent pour affronter le changement climatique. Leur objectif : innover pour préserver leur activité.
Imaginez un matin au Pays Basque, où les maraîchers de Mendionde se réunissent pour discuter de l'avenir de leur activité. Le changement climatique n'est plus une menace lointaine, mais une réalité qui les pousse à réinventer leurs pratiques. Face à la diminution des ressources en eau, ils ont décidé de prendre les choses en main.
Une gestion de l'eau repensée
La SCIC Garro, coopérative maraîchère de Mendionde, a inauguré un bassin de récupération des eaux pluviales d'une capacité de 3 000 m³. Ce réservoir, installé en partenariat avec la communauté d'agglomération Pays Basque et l'Agence de l'eau Adour Garonne, vise à couvrir deux tiers des besoins en irrigation de la coopérative. Cependant, son efficacité dépendra des précipitations futures, un défi en soi dans cette région où la disponibilité en eau pourrait diminuer de 30 % d'ici 2040.
Argitxu Ithourria, directrice de la coopérative, explique : « On ne peut pas faire du maraîchage sans eau, même si on fait attention à ne consommer que le strict nécessaire. » Cette initiative s'inscrit dans une stratégie plus large d'adaptation agricole régionale, où chaque goutte d'eau compte.
En France, d'autres régions suivent cet exemple. À Giey-sur-Aujon, en Haute-Marne, des maraîchers ont choisi de remplacer certaines cultures par des variétés moins gourmandes en eau, comme les carottes, pour s'adapter à la sécheresse. Mathieu Lecoffre, en Gironde, mise sur l'agroécologie pour optimiser l'utilisation de l'eau.
Des variétés de légumes adaptées au climat
En parallèle, la SCIC Garro prévoit de lancer un centre d'expérimentation en maraîchage biologique en 2027. Ce centre testera entre 20 et 30 variétés de tomates pour identifier celles qui s'adaptent le mieux aux conditions climatiques chaudes. L'objectif est d'apporter des outils et des techniques aux maraîchers pour qu'ils puissent continuer à cultiver des légumes de qualité, même en période de sécheresse.
Les expérimentations ne se limiteront pas aux tomates. Les calendriers de plantation seront également repensés. Par exemple, au lieu de planter le poireau fin juin, les maraîchers envisagent de le planter fin juillet, économisant ainsi un mois d'irrigation précieuse.
Cette approche proactive est essentielle car l'adaptation des variétés de légumes aux nouvelles conditions climatiques reste un défi. Les maraîchers doivent naviguer entre tradition et innovation, tout en assurant la viabilité économique de leur exploitation. Les essais variétaux permettront de déterminer quelles plantes résistent le mieux à la chaleur et à la sécheresse, mais cela prendra du temps et nécessitera des ajustements constants.
Et concrètement ?
Pour les maraîchers de Mendionde, ces initiatives représentent plus qu'une simple adaptation. Elles sont une question de survie et de pérennité. En mettant en place des solutions durables, ils montrent la voie à d'autres agriculteurs confrontés aux mêmes défis. La récupération des eaux pluviales et l'expérimentation de nouvelles variétés sont des pistes prometteuses pour un avenir où l'eau sera une ressource de plus en plus précieuse.
Ces efforts s'inscrivent dans une dynamique plus large observée ailleurs en France, où des initiatives similaires voient le jour. Par exemple, dans les Pyrénées-Orientales, une ferme immersive et autonome explore également des solutions innovantes pour faire face aux changements climatiques (AirZen).
En adoptant ces pratiques, les maraîchers ne se contentent pas de réagir aux défis climatiques, ils anticipent et innovent. Cela leur permet non seulement de sécuriser leur production, mais aussi de contribuer à un modèle agricole plus durable et résilient.
Le réflexe AirZen
Pour soutenir ces initiatives, pourquoi ne pas envisager de consommer davantage de produits locaux et de saison ? Cela soutient les producteurs tout en réduisant l'empreinte carbone de votre alimentation.

