Habitant Orange, dans le Vaucluse, Mathieu Le Cannu est un véritable amoureux des chiens. Fin octobre dernier, il a remporté le titre de champion du monde de canicross handisport à Bardonecchia, en Italie. Un titre qu’il partage avec Pongo, son braque de Weimar.
Atteint du syndrome d’Usher, caractérisé par des troubles visuels et une perte d’audition, Mathieu avait déjà atteint la troisième marche du podium avec son autre chien, Lewis, un berger australien.
Il défendra son titre l’année prochaine, en République tchèque.
À Châteauroux (Indre), une innovation transforme l’expérience de la parentalité pour les personnes malvoyantes et aveugles. En effet, grâce à l’échographie haptique, ou « échographie en braille », les futurs parents peuvent toucher une représentation 3D de leur bébé.
Cette méthode offre ainsi un contact tactile unique. Celle-ci répond à un besoin jusque-là largement ignoré. En permettant aux parents malvoyants d’explorer les traits de leur bébé, cette méthode crée une connexion émotionnelle. Cette avancée technologique est notamment utilisée par Anthony Weber, échographiste engagé dans l’inclusion.
L’échographie haptique repose sur un processus relativement simple. Les données échographiques 3D du fœtus sont exportées pour être imprimées en résine. Ceci donne aux parents un modèle réaliste du visage, des mains ou des pieds du bébé.
La résine, choisie pour sa douceur au toucher, rend chaque détail perceptible, des narines aux lèvres. Elle permet aux parents de ressentir leur enfant. La fabrication de ces modèles peut être rapide, souvent en quelques jours, permettant d’organiser une consultation spécifique pour offrir aux parents cette première « rencontre » tactile.
Cette technologie représente bien plus qu’une simple innovation médicale : elle redéfinit l’expérience de la parentalité pour les personnes malvoyantes et aveugles, en leur offrant un accès direct à ce moment intime. Les retours des parents sont empreints de gratitude et d’émotion.
Enfin, pour beaucoup, l’échographie en braille permet de ressentir leur bébé autrement que par des mots, souvent perçus comme insuffisants pour transmettre l’ampleur de cette connexion. Anthony Weber constate également un intérêt croissant des associations pour faire connaître cette technologie et encourager son expansion en France.
Alors que cette pratique reste encore rare en France, son potentiel de croissance est évident. La simplicité de sa mise en œuvre et les possibilités qu’offrent les imprimantes 3D modernes pourraient en effet permettre à de nombreux autres cabinets de l’adopter. Au-delà de la parentalité, cette approche tactile ouvre la voie à de nouvelles applications médicales inclusives. Il est ainsi, par exemple, possible d’envisager d’étendre cette méthode aux personnes sourdes et malentendantes, en explorant des techniques basées sur les vibrations.
Pour l’instant, les modèles 3D ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale, bien que leur coût reste relativement abordable (environ 40 à 50 €). De nombreux cabinets, dont celui d’Anthony Weber, offrent ce service gratuitement, afin d’encourager l’inclusion sans toucher au budget des futurs parents.

« Porter un autre regard sur le handicap et donner de la visibilité aux artistes en situation de handicap. » C’est pour ces raisons que le festival Cultivons nos singularités a été créé à Bordeaux par le Glob Théâtre, en partenariat avec le festival francilien Imago, qui est aussi dans cette démarche-là.
La première édition a lieu cette année du 16 au 30 novembre. Plusieurs rendez-vous sont prévus pour l’occasion : cinq spectacles, une table ronde (Festival art & handicap, une démarche inclusive ou discriminante ?) et un atelier avec exposition.
Qui sont ces artistes ? Quelles sont les thématiques abordées ? Yoann Lavabre directeur du Glob Théâtre, à l’initiative de la création de ce festival à Bordeaux détaille la programmation. Il revient avec précisions sur l’histoire derrière l’événement Cultivons nos singularités.
Il s’agit de la seule structure de ce type en Loire-Atlantique. Le comité départemental handisport ainsi que l’association APF France Handicap sont à l’origine de l’école de sport handisport à Nantes. Ouverte à tous les âges et à tous les types de handicap, elle permet aux personnes de venir pratiquer une activité physique.
Les éducateurs et bénévoles qui encadrent les séances proposent du multisports. Les activités sont alors adaptées au handicap de chacun, tant d’un point de vue matériel que concernant les règles du jeu. L’idée est ainsi de pouvoir inclure le plus grand nombre. Des séances sont par ailleurs réservées aux plus jeunes pour leur donner le goût du sport.
Benoit doucet, chargé de développement au comité départemental handisport de Loire-Atlantique, nous en dit plus.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 13 millions de Français sont concernés par des maladies mentales et des troubles psychiques. L’INSERM rappelle également que la dépression est l’un des troubles les plus répandus. Elle touche « environ 15 à 20 % de la population générale, sur une vie entière ».
Ce constat rappelle que la santé mentale est un enjeu de santé. D’ailleurs, en 2025, elle sera la grande cause nationale.
L’association Clubhouse fait partie des structures créées pour apporter un soutien à un public vivant avec des troubles psychiques. Présente dans onze villes de France, elle se pose comme lieu ressource, non médicalisé, dédié à l’accueil et à l’accompagnement destiné à ce public.
Ses missions sont « la lutte contre les symptômes de la maladie mentale que sont la solitude, l’isolement et l’absence d’estime de soi ». Comment fonctionne le Clubhouse ? Pour le découvrir, nous nous sommes rendus à l’antenne bordelaise.
À Lyon, la Maison de la Danse met en avant tous les types de danses. Pour Ghislaine Hamid-Le Sergent, cette Maison est aussi celle de tous les publics. Travaillant au sein du service des publics à la Maison de la danse, Ghislaine œuvre chaque jour pour assurer plus d’inclusion auprès des publics sensibles. Pour elle, la danse est en effet une merveilleuse discipline qui permet à chacun de se découvrir et de découvrir l’autre.
Avec son équipe, elle organise de nombreux ateliers et met en place des dispositifs à destination de différents publics en situation de handicap. Elle cherche ainsi à propager l’énergie positive de la danse qui promet de belles surprises à celui ou celle qui s’y essaye.


Durant les vacances de la Toussaint 2024, l’atelier Les Plongées Créatives ont également partagé cette volonté d’accessibilité auprès des personnes isolées. Pendant une semaine, des personnes malentendantes et en situation de handicap ont pu découvrir les bienfaits de la danse.
Guidés par le chorégraphe burkinabé Yaya Sanou, les participants se sont lâchés le temps d’un après-midi. Ils ont reproduit les gestes avec légèreté et enthousiasme. Pour Yaya, ces cours sont une formidable opportunité pour rencontrer l’autre et partager avec lui tout son amour de la danse. Les sourires et les rires des apprentis danseurs le confortent aujourd’hui dans ce projet. Il a d’ailleurs déjà en tête de nombreuses idées artistiques à venir avec ces publics.

Comment continuer à vivre quand on est amputé d’un membre à l’âge de 17 ans ? Angelina Bruno, Francine de son vrai prénom, est d’origine belge et italienne. Adolescente, lors d’une virée en voiture avec son petit ami, elle est victime d’un grave accident de voiture. Elle perd alors son bras droit. Ses proches vivent la nouvelle comme un drame, mais Angelina décide de se battre, coûte que coûte.
Écrire, lacer ses chaussures, se préparer à manger, la jeune femme doit tout réapprendre seule. Un jour, elle pousse les portes d’une école de danse de sa ville, Charleroi. Là, son destin bascule.
Le hip-hop lui permet de se réapproprier son corps et la mène jusqu’à Los Angeles. Elle part même en tournée avec Black M, en 2017. Elle les raconte ses aventures dans son livre, qui est une ode à l’optimisme, à la confiance en soi et à la résilience. “Danser pour survivre”, l’autobiographie d‘Angelina Bruno, est parue aux éditions du Rocher.
L’association Aix en vue installée, comme son nom l’indique, à Aix-en-Provence, a pour objectif de rompre l’isolement des personnes déficientes visuelles. Rencontres, ateliers, sorties, manifestions socio-culturelles ou sportives… Les bénévoles font en sorte de créer une communauté solidaire.
Autre axe développé par Aix en vue : la défense des intérêts des personnes déficientes visuelles. Elle s’implique notamment dans l’amélioration de l’accessibilité et la réglementation en vigueur.
En France, près de 2 millions de personnes sont atteintes d’un trouble de la vision, selon la Fédération des aveugles de France. Karine Centeno, la présidente de l’association, nous parle son engagement.
Malo Lopez, metteuse en scène, a monté en 2013 la troupe de théâtre Insolite Fabriq. Persuadée que cet art peut faire bouger les lignes et transmettre des messages forts, elle a décidé de fonder une compagnie inclusive. Ainsi, 10 comédiennes et comédiens en situation de handicap mental, ont rejoint la troupe. Après quelques années, ils ont pu toutes et tous se professionnaliser, interprétant des pièces écrites et créées pour sensibiliser, instruire et surtout divertir.
L’une de leurs dernières mise en scène est l’adaptation d’un des plus grands classiques de l’histoire du théâtre : “Roméo et Juliette”, intitulé cette fois-ci “Dis le en un souffle”. “On a voulu moderniser “Roméo et Juliette””, explique Raphaëlle, l’une des comédiennes.
L’une des adaptations apportées à la pièce est notamment l’intégration de vidéos personnelles. Durant les scènes, elles sont projetées et montrent chaque comédien.nes parler de leur rapport à l’amour. “L’idée était vraiment de les laisser se dévoiler. Ils avaient envie de raconter leur rapport à l’amour, ils avaient beaucoup de choses à dire sur le sujet”, explique la metteuse en scène.
Ainsi, accompagnés de Julien Pénichost, vidéaste de formation, ils ont écrit une pièce à l’image des comédiens, avec leur histoire, leur réflexion et leur sincérité.

Nicolas, par exemple, raconte qu’il n’a pas eu le droit de vivre son premier amour. Ses parents, tout comme la famille de sa compagne, n’avaient pas accepté leur relation, pourtant consentie des deux côtés. Une injustice qu’il a souhaité mettre en avant, insistant sur le fait que l’amour doit être un choix personnel. Pour Raphaëlle, il s’agit d’une déclaration d’amour à son conjoint, avec qui elle partage sa vie depuis “très longtemps”.
Chacun et chacune dévoile un peu de soi, alternant entre fiction et réalité. La troupe a débuté sa tournée lyonnaise le 15 octobre dernier. Toutes les dates sont à retrouver ici.
Créative Handicap est une association qui, depuis 2003, agit en faveur de l’inclusion socioprofessionnelle des personnes en situation de handicap, à travers des enseignements de pratiques artistiques, numériques et de la formation aux métiers du numérique.
L’un de ses derniers projets est une plateforme inclusive d’éducation à la vie intime et sexuelle : Sous les DRAPS (Droit, Rencontre, Autonomie, Prévention, Sexualité). Celle-ci a été créée par et pour les personnes en situation de handicap. Mais elle s’adresse également aux aidants et aux professionnelles de santé qui sont à leur contact. Sur ce site, se trouvent des vidéos interactives, des quiz, des jeux, des personnages en 3D.
En quoi la plateforme Sous les DRAPS est nécessaire ? Solène Lebret, directrice de production, et Nora Elkebir, directrice de la communication, salariées de l’association, nous expliquent tout.
Son histoire était devenue virale sur Internet. En septembre 2018, Arthur Aumoite, Lillois, déficient visuel, s’est fait violemment expulser d’un magasin Monoprix, à Marseille, alors qu’il faisait ses courses avec son chien guide. La présence de sa chienne, Loya, n’était pas admise par le gérant de l’époque. Son ami et ex-colocataire avait filmé la scène. Face à cette injustice, Arthur a décidé de porter plainte.
Six ans après les faits, la justice a reconnu coupable l’ex-gérant de l’enseigne, qui l’avait poussé brutalement, coupable de discrimination et de violences volontaires sur personne vulnérable, ainsi qu’à verser une amende à la victime et à la partie civile.
Après le rendu de ce jugement, la personne incriminée a fait appel. Il n’en reste pas moins que la qualification de ces faits de discriminants est une première. Si le jugement est confirmé en appel, cela constituera une avancée dans la reconnaissance des droits des personnes aveugles et malvoyantes ayant un chien guide.
C’est ce que nous raconte Arthur Aumoite, vice-président du Conseil national consultatif des personnes handicapées, et Mathieu Juglar, avocat et malvoyant.
Ils ont reçu l’ovation de la salle Gaveau. Le 7 septembre dernier, le Heart to Heart orchestra a fait un concert dans la prestigieuse salle parisienne, avant la clôture des Jeux paralympiques. Cet orchestre sud-coréen est entièrement composé de musiciens en situation de handicap intellectuel.
L’objectif de cette formation : l’intégration des personnes handicapées dans la société et dans le monde de la musique classique.
“Il y a beaucoup de différences entre un orchestre dit “valide” et “non-valide”. Je dois m’adresser aux musiciens du Heart to Heart Orchestra avec des mots simples. Chaque consigne doit être amusante. Il faut aussi répéter les choses des dizaines, voire des centaines de fois pour qu’elles soient bien comprises”, explique Ahn Doo-hyun, le chef d’orchestre.
“Je suis ravie d’avoir pu jouer sur une si belle scène à Paris. Le public français nous a beaucoup applaudis. Nous recevons toujours un très bel accueil quand nous jouons en France”, explique une jeune violoniste.
Le Heart to Heart Orchestra dénombre près de 1200 représentations à son actif et joue sur les plus grandes scènes internationales.
La Fondation Visio œuvre pour améliorer le quotidien des enfants et des adultes malvoyants ou aveugles. Reconnue d’utilité publique depuis 2011, la structure a également pour mission de rendre la culture accessible à ces publics. Ce pôle d’accessibilité culturel comprend quatre sections : le cinéma, la littérature jeunesse, le spectacle vivant ou encore les beaux-arts avec les expositions. La Fondation Visio a d’ailleurs organisé avec le Musée des Confluences une visite audiodécrite de l’exposition “En Forêt avec Vincent Munier“.


À l’aide d’un QR Code et d’un smartphone, les visiteurs malvoyants et aveugles ont ainsi pu découvrir le travail délicat et poétique du photographe animalier Vincent Munier. Pour Pascale Humbert, la directrice de la Fondation Visio, cette exposition photographique a été un nouveau challenge.
Grâce à l’audiodescription, les visiteurs ont pu découvrir un parcours expérimental contenant 10 photographies, un film original, des vidéos de caméras-piège et une interview de l’artiste. En écoutant toute la beauté du travail de Vincent Munier, chacun a pu comprendre l’importance de préserver nos forêts qui abritent une biodiversité foisonnante.
Michael Habib s’apprête à relever un nouveau défi. Samedi 19 octobre, il s’élancera de la tour Eiffel pour courir de Paris à Dijon. Un trajet sans assistance, avec un sac de 5 kg. Le soir, Michael dormira chez l’habitant. Il réalise cette aventure sportive au profit de Milla, atteinte de la leucodystrophie. Il espère ainsi notamment récolter des dons pour elle et sa famille et sensibiliser à cette maladie.
Ce coup de pouce permettrait le financement d’une voiture médicalisée adaptée à son fauteuil. Le coureur espère arriver à Dijon le 27 octobre. Il partagera son aventure, comme à son habitude, sur ses réseaux sociaux et notamment Instagram, où 7500 personnes le suivent dans sa pratique du sport.
“On veut changer le regard vers le handicap”, explique le directeur adjoint de l’Hôtel Ara, Laurent Dubouchet-Poncey. Situé dans le Finistère, en Bretagne, 83% de son personnel est en situation de handicap.
“On veut prouver aux personnes que ce n’est pas parce qu’on a un handicap qu’on ne peut pas travailler dans un milieu ordinaire.” Les salariés sont ici des personnes en réinsertion, souvent après un handicap survenu au cours de leur vie et qui ont besoin de trouver un emploi qui s’adapte à leur particularité.
L’Hôtel Ara est le premier hôtel inclusif en France. Une exception que Laurent souhaite voir comme une norme : “La différence […] ou la méconnaissance fait peur, car avec un petit peu de moyen et de volonté, on arrive à favoriser l’inclusion”. Le directeur adjoint précise qu’une organisation supplémentaire est nécessaire, mais favorisant l’entraide entre salariés et surtout une ambiance ponctuée de “bienveillance”.
Cet hôtel est lui-même tenu par le Groupe VIDEAL, un groupement national d’entreprises adaptées depuis 1997. Celui-ci s’engage dans l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap à travers diverses activités.
Le site handirect.fr propose un comparatif d’agences de voyages adaptées aux handicaps. Certaines proposent des séjours dimensionnés pour les handicaps moteurs, d’autres pour les handicaps mentaux.
D’autres agences, qui s’adressent habituellement à un public valide, ont décidé d’étendre leurs services. “Cela pouvait paraître antagoniste, mais il nous paraissait primordial que les personnes en situation de handicap aient accès aux voyages outdoor”, explique le directeur général de Nomade Aventure, Fabrice Del Taglia. Pour ce dernier, l’enjeu est de savoir adapter le voyage selon plusieurs critères. “Il ne suffit pas de savoir qu’une chambre d’hôtel est accessible”, explique-t-il. Parmi les critères, le transport (jusqu’à la destination et une fois sur place), les activités et les hébergements.
Nomade Aventure a, par exemple, scellé un partenariat avec Myriam et Pierre Cabon, un couple de grands voyageurs handi-valides. “Ils testent en ce moment un voyage à vélo le long du Danube, en Allemagne et en Autriche”, raconte-t-il.
Pour découvrir l’enjeu de l’adaptation du voyage au handicap, écoutez notre interview.
Le Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH) DomicLés 16, rattaché à l’association Ardevie, offre un soutien essentiel aux adultes âgés de 20 ans et plus, confrontés à des handicaps physiques, cognitifs ou psychiques. Basée près d’Angoulême, en Charente, la structure se distingue par son approche individualisée et bienveillante, visant à favoriser l’autonomie et l’inclusion sociale de ses bénéficiaires.
Lors de notre visite au sein du SAMSAH, nous avons eu l’occasion de rencontrer certains bénéficiaires. Barbara, Stéphanie, Benoît, Marie, Nier, Édouard et Frédéric sont accompagnés par une équipe pluridisciplinaire composée de Françoise, éducatrice spécialisée, et Ophélie, conseillère en économie sociale et familiale.
Si chacun se présente en indiquant son nom, son âge et son lieu de résidence, aucun ne met en avant son handicap. Cette discrétion est révélatrice de l’approche inclusive de la structure, qui privilégie la personne au handicap. Les échanges sincères ont permis de lever le voile sur les rapports que ces personnes entretiennent avec leur handicap. “On est des personnes comme n’importe quelle autre personne”, raconte Barbara, bénéficiaire du SAMSAH. “Parler du handicap est devenu une cause de militantisme pour moi”, ajoute Nier, une autre bénéficiaire.
Dernièrement, un nouvel atelier théâtral a vu le jour, avec un thème qui fait réfléchir : la bien traitance et les droits des personnes handicapées.
Ici, pas de spectateurs passifs. Les participants se retrouvent sous les projecteurs, prêts à endosser multiples rôles. Chacun doit explorer les situations qu’il vit au quotidien en changeant de costume, prenant tantôt sa propre posture, tantôt celle des autres. Un vrai travail d’acteur !
Et comme tout bon théâtre, il y a un script : le fameux “blason”. Ce petit outil visuel aide les participants à mieux comprendre leurs droits et leurs devoirs, sans qu’ils ne se sentent coincés dans le rôle du figurant. Grâce à ce guide, chacun joue la vedette de sa propre vie et prend des décisions éclairées.
Depuis mai 2022, le média Petite Mu s’engage à rendre visibles les handicaps invisibles. Alors que 9 millions de Français seraient concernés par ces handicaps, ceux-ci sont souvent tabous et peu mis en avant.

Les fondatrices du média, Alice Devès et Anaëlle Marzelière, ont ainsi imaginé plusieurs formats pour sensibiliser tous les publics. Elles ont d’abord commencé par faire des interviews avec des personnes atteintes d’un handicap invisible. Ces portraits légitiment leur expérience de vie et permettent de faire évoluer les mentalités.
Les deux jeunes femmes ont également développé une bande dessinée à destination de tous les âges. En suivant Charlie dans le monde des Invisibles, le lecteur découvre plusieurs maladies et leurs conséquences au quotidien. Les couleurs sont vives et l’humour jaillit à chaque page. Cette bande dessinée est aussi utilisée par les deux fondatrices pour amener des pistes de réflexion au sein des entreprises. Pour Alice, tout ce travail de sensibilisation œuvre à rendre la société plus inclusive.
Julia De Felice n’est pas une artiste de cirque comme les autres. Diplômée en juin 2024, elle se lance dans une carrière où son handicap est à la fois un défi et une force. « Mon handicap n’est pas de naissance, il est arrivé au cours de ma vie suite à une intervention chirurgicale. J’ai perdu une partie de ma mobilité dans le pied droit. J’ai aussi une faiblesse musculaire générale dans la jambe droite et des douleurs chroniques », explique-t-elle. Son corps est son outil de travail et, malgré ses limitations physiques, elle refuse de laisser le handicap freiner son ambition artistique.
Elle dénonce l’uniformisation des corps dans le milieu du cirque actuel. « Aujourd’hui, il y a une grande uniformisation des corps. Tous les artistes sont filiformes, musclés, très valides. Moi, je n’ai pas ce corps-là », partage-t-elle. Elle rappelle que le cirque a historiquement été un refuge pour ceux qui s’écartaient de la norme. Elle souhaite aujourd’hui raviver cette tradition.
L’artiste croit fermement que pour rendre le cirque plus inclusif, il faut commencer par les centres de formation, selon elle, très peu accessibles aux personnes en situation de handicap. « Les gens abandonnent souvent avant même d’essayer », souligne-t-elle. Elle appelle à repenser la manière dont la valeur d’un artiste de cirque est évaluée, en se détachant des seuls critères de performance technique pour valoriser l’émotion et la capacité à transmettre une histoire, indépendamment des capacités physiques.
Julia travaille actuellement sur son prochain spectacle intitulé “Le Périple du scarabée”, un solo mêlant cirque, théâtre, danse et chant. Ce spectacle est une métaphore de son propre parcours de vie, inspiré du scarabée, un animal qui survit aux environnements les plus hostiles.
Elle joue avec les émotions du public, naviguant entre le sensible et l’autodérision. Pour Julia, raconter son vécu, c’est aussi toucher à une universalité des ressentis humains. « Même si je parle de moi, en fait, je parle de l’humain », ajoute-t-elle.
À travers son art, la jeune femme montre que le cirque est bien plus qu’une simple performance physique. C’est une plateforme de partage, de diversité et d’émotion.
Pour découvrir son univers et suivre l’évolution de ses projets, retrouvez Julia sur Instagram.
Si côté technique, il suffit d’avoir un smartphone et un casque. Côté éditorial, c’est un véritable défi que s’est lancé la soixantaine de bénévoles présents. En effet, rien n’a été laissé au hasard, tout a été préparé en amont pendant plusieurs mois, explique Renaud Vadant, audiodescripteur pour les Jeux de Paris.

Il a en effet fallu caster, recruter, tester des professionnels. Mais aussi les former, préparer les fiches techniques, connaître les épreuves, les athlètes, les statistiques… Il a fallu potasser. La magie du direct faisant la suite.
Bilan : sur le terrain, une soixantaine d’audiodescripteurs venus de toute la France se retrouvent sur les sites olympiques et paralympiques de Paris 2024. Installés en tribune, ils font vivre autrement, en direct et en toute neutralité le sport et la compétition. Une volonté d’inclusion et d’ouverture souhaitée par Paris 2024 devenue aujourd’hui réalité. *
La suite, c’est Renaud Vadant qui la raconte.