Lieu : France

Après 65 ans, le fromage s'impose comme un précieux atout pour préserver votre mémoire

Christophe Duhamel· 19 septembre 2026 à 17:14

Après 65 ans, un aliment très ordinaire pourrait trouver une place inattendue dans les habitudes favorables au cerveau. Une vaste étude japonaise associe la consommation hebdomadaire de fromage à un risque légèrement plus faible de démence, sans pour autant en faire un aliment miracle.

Manger du fromage chaque semaine est associé à un risque de démence inférieur de 24 %

Le résultat intrigue par sa simplicité. Des chercheurs japonais ont suivi 7 914 personnes âgées de 65 ans ou plus pendant trois ans. L’étude, publiée le 25 octobre 2025 dans la revue scientifique Nutrients, comparait des consommateurs réguliers de fromage à des personnes qui en mangeaient rarement ou jamais.

Chez les personnes consommant du fromage au moins une fois par semaine, 3,4 % ont développé une démence, contre 4,5 % parmi les non-consommateurs. Cela correspond à une baisse relative du risque d’environ 24 %, mais à seulement 1,06 point de différence en risque absolu.

À retenir :

  • 134 cas chez les consommateurs de fromage

  • 176 cas chez les non-consommateurs

  • Un suivi réalisé sur trois années

Pourquoi les chercheurs s’intéressent aux nutriments et à la fermentation du fromage

Ce possible effet protecteur n’a pas encore d’explication certaine. Le fromage apporte toutefois des protéines, des acides aminés, du calcium et certaines vitamines. Selon sa fabrication, il peut également contenir des composés issus de la fermentation susceptibles d’intervenir dans des mécanismes liés à l’inflammation ou au stress oxydatif.

L’hypothèse du microbiote intestinal retient également l’attention. Certains aliments fermentés peuvent influencer les bactéries intestinales et, indirectement, l’axe intestin-cerveau. Mais l’étude japonaise n’a pas mesuré ces mécanismes biologiques. Impossible, donc, d’affirmer aujourd’hui qu’un type particulier de fromage protège directement les neurones.

Le fromage pourrait aussi révéler un mode de vie globalement plus favorable au cerveau

Un détail mérite toute l’attention : les amateurs de fromage présentaient aussi des habitudes alimentaires différentes. Ils consommaient davantage de fruits, légumes, viande et poisson. Ces écarts compliquent forcément l’interprétation, car la santé cognitive dépend d’un ensemble de comportements plutôt que d’un seul aliment posé dans l’assiette.

Les chercheurs ont donc ajusté leurs calculs afin de tenir compte de plusieurs différences entre participants. Après prise en compte d’autres habitudes alimentaires, l’association restait présente, avec une réduction du risque estimée autour de 21 %. Ce résultat renforce l’intérêt du signal, mais ne démontre toujours pas une causalité.

D’autres éléments peuvent compter :

  • activité physique et autonomie quotidienne

  • qualité générale de l’alimentation

  • niveau social et habitudes de santé

Ces facteurs rappellent une règle essentielle : aucun aliment isolé ne résume la prévention cognitive. L’OMS souligne d’ailleurs l’importance de facteurs modifiables comme l’activité physique, le tabagisme, l’isolement social, l’hypertension ou le diabète dans la réduction du risque de déclin cognitif et de démence.

Ce que cette étude permet vraiment de retenir après 65 ans, sans faire du fromage un remède

Les résultats sont encourageants, mais ils restent ceux d’une étude observationnelle. La quantité exacte de fromage n’était pas précisément mesurée, sa consommation n’a été évaluée qu’au départ et les chercheurs ne disposaient pas de toutes les informations génétiques susceptibles d’influencer le risque individuel de maladie d’Alzheimer.

La prudence est d’autant plus importante que cette recherche concerne le Japon, où les habitudes alimentaires diffèrent fortement de celles observées en Europe. En 2022, les autorités japonaises estimaient déjà que 12,3 % des personnes de 65 ans ou plus vivaient avec une démence.

À l’échelle mondiale, le sujet dépasse largement le contenu d’une assiette : l’OMS estime que 57 millions de personnes vivaient avec une démence en 2021. Une portion de fromage hebdomadaire peut donc rester un plaisir raisonnable, mais le cerveau semble surtout apprécier un mode de vie équilibré et durable.