Lieu : Union européenne

L'Europe dit stop au greenwashing : ce qui change

Christophe Duhamel· 1 octobre 2026 à 08:00

La nouvelle directive européenne met fin aux labels écologiques trompeurs. Découvrez ce que cela signifie pour les consommateurs et les entreprises.

Imaginez-vous en train de choisir un produit au supermarché, attiré par un label promettant une empreinte écologique réduite. Mais comment savoir si cette promesse est réelle ou simplement du greenwashing ? C'est là qu'intervient la nouvelle directive européenne, entrée en vigueur le 27 septembre 2026, qui vise à clarifier ces allégations souvent trompeuses.

Une directive pour plus de transparence

La directive 2024/825, adoptée par l'Union européenne, interdit désormais les allégations environnementales génériques et les labels de durabilité non certifiés par une tierce partie indépendante. Cette mesure est une réponse directe aux pratiques de greenwashing, où des entreprises utilisent des termes vagues comme "neutre en carbone" sans fournir de preuves tangibles.

Les marques doivent maintenant prouver leurs affirmations écologiques avec des éléments concrets, sous peine de lourdes amendes pouvant atteindre 10 % de leur chiffre d'affaires annuel. Cela signifie que les consommateurs peuvent s'attendre à des informations plus fiables lorsqu'ils font leurs achats.

Les labels internes dans le collimateur

Un des changements majeurs concerne les labels créés par les entreprises elles-mêmes. Ces labels, souvent utilisés pour donner une image plus verte aux produits, doivent désormais être certifiés par un organisme indépendant pour être valides. Par exemple, le label "Clean at Sephora" devra prouver sa conformité aux nouvelles règles pour continuer à exister.

Cette directive pousse donc les entreprises à revoir leurs stratégies de communication et à adopter des pratiques plus transparentes. Certaines, comme Mondelez avec sa "charte Harmony", ont déjà commencé à transformer leurs programmes internes en systèmes de certification indépendants.

Et en France ?

Bien que la directive soit en vigueur, la France n'a pas encore transposé ces nouvelles règles dans son droit national. Ce retard pourrait freiner l'application des sanctions sur le territoire français, mais la pression de Bruxelles pourrait accélérer le processus.

En attendant, les consommateurs français devront rester vigilants face aux allégations environnementales, même si cette directive promet une meilleure protection à long terme.

Les implications pour les consommateurs

Pour les consommateurs, cette directive représente une avancée significative. En effet, elle leur offre une garantie supplémentaire quant à la véracité des informations environnementales fournies par les entreprises. Toutefois, il est important de noter que la vigilance reste de mise. Les consommateurs doivent continuer à s'informer et à privilégier les produits avec des labels certifiés par des organismes indépendants, comme l'écolabel européen ou le label Bio.

Il est également essentiel de comprendre que cette directive ne signifie pas la fin immédiate du greenwashing. Certaines entreprises pourraient chercher à contourner les nouvelles règles, d'où l'importance pour les consommateurs de rester critiques et informés.

L'impact sur les entreprises

Pour les entreprises, cette directive impose une révision en profondeur de leurs pratiques de communication. Les marques doivent désormais s'assurer que leurs allégations environnementales sont étayées par des preuves solides et vérifiables. Cela peut nécessiter des investissements supplémentaires pour obtenir des certifications indépendantes ou pour améliorer leurs processus de production afin de répondre aux normes environnementales.

Les entreprises qui ne se conforment pas à ces nouvelles exigences s'exposent à des sanctions financières sévères, ce qui pourrait avoir un impact significatif sur leur rentabilité. Cependant, pour celles qui choisissent de se conformer, cela peut représenter une opportunité de renforcer leur crédibilité et de se différencier sur le marché en tant que leaders en matière de durabilité.

Le réflexe AirZen

Pour faire des choix éclairés, privilégiez les produits avec des labels certifiés par des organismes indépendants. Renseignez-vous sur les certifications reconnues et méfiez-vous des slogans trop vagues.

Sources