Arrêt maladie : votre employeur verra-t-il désormais le motif ? Ce qui change depuis septembre

Christophe Duhamel· 7 septembre 2026 à 13:12

Votre médecin vous arrête quelques jours ou plusieurs semaines ? Depuis le 1er septembre 2026, deux règles changent : le motif médical doit être renseigné pour l’Assurance Maladie et la durée de prescription est désormais plafonnée. Pour le salarié, en revanche, les démarches restent presque exactement les mêmes.

Vous sortez du cabinet médical avec un arrêt de travail. Est-ce qu’il faut remplir un nouveau formulaire ? Prévenir autrement son employeur ? Craindre que celui-ci découvre la raison médicale de l’arrêt ? Ou revenir chez le médecin au bout d’un mois quoi qu’il arrive ?

Depuis le 1er septembre 2026, les règles ont bien changé, mais surtout du côté du professionnel de santé qui prescrit l’arrêt. Pour l’assuré, l’essentiel est beaucoup plus simple : les démarches habituelles restent en place, avec deux nouveautés à comprendre pour éviter les malentendus.

Premier changement : le motif médical devient obligatoire

Pour les arrêts maladie ordinaires, hors accident du travail et maladie professionnelle, le médecin, la sage-femme ou le chirurgien-dentiste doit désormais indiquer systématiquement les éléments médicaux et le motif justifiant l’interruption de travail.

Ce motif est destiné au service médical de l’Assurance Maladie, pas à l’employeur. Autrement dit, votre entreprise n’a pas à connaître la pathologie qui justifie votre arrêt. Le volet transmis à l’employeur reste distinct des volets destinés à la caisse.

Cette précision est importante car l’annonce de la réforme peut donner l’impression que l’employeur va désormais accéder à davantage d’informations de santé. Ce n’est pas le cas : le secret médical continue de s’appliquer.

Deuxième changement : 31 jours maximum au départ

Un arrêt initial ne peut désormais pas dépasser 31 jours. Pour chaque prolongation, le plafond est fixé à 62 jours.

Concrètement, si votre état nécessite un arrêt plus long, cela signifie en principe que vous devrez revoir le professionnel de santé pour une prolongation. Mais ce plafond n’est pas absolu : une durée plus longue reste possible si le prescripteur la justifie médicalement, en tenant compte, lorsqu’elles existent, des recommandations de la Haute Autorité de santé.

Il serait donc faux de résumer la réforme par « désormais, aucun arrêt ne peut dépasser un mois ». Ce qui est plafonné, c’est la durée normalement prescrite en une seule fois pour un arrêt initial. Une dérogation médicalement motivée reste possible.

Faut-il retourner chez le médecin tous les 31 jours ?

Pas nécessairement.

Si l’arrêt initial respecte le plafond de 31 jours et doit être prolongé, la prolongation peut aller jusqu’à 62 jours. Et si votre situation justifie une durée plus longue, le professionnel peut déroger à ce plafond en l’expliquant sur la prescription.

Dans de nombreuses situations courantes (grippe, infection, épisode douloureux, convalescence courte...) le changement sera donc invisible pour le patient. Il concernera surtout les arrêts de longue durée, pour lesquels le suivi médical sera davantage rythmé par ces plafonds de prescription.

Les démarches du salarié ne changent pas

C’est probablement l’information la plus rassurante à retenir.

Si l’arrêt est télétransmis par le professionnel de santé, celui-ci vous remet le volet 3, à transmettre à votre employeur dans les 48 heures.

Si l’arrêt est établi sur le formulaire Cerfa papier sécurisé, vous devez toujours envoyer les volets 1 et 2 à votre caisse primaire d’assurance maladie et le volet 3 à votre employeur.

Le délai de 48 heures reste donc le même. Les règles concernant les indemnités journalières, le délai de carence ou encore les contrôles ne sont pas bouleversées par cette réforme.

Pourquoi plafonner les prescriptions ?

La réforme provient de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Son objectif affiché est d’encadrer davantage la prescription des arrêts de travail et de renforcer le suivi médical des arrêts longs.

Le décret du 12 juin 2026 fixe précisément les plafonds à 31 jours pour une première prescription et 62 jours pour une prolongation.

Il faut toutefois distinguer deux choses : encadrer la durée d’une prescription ne signifie pas limiter la durée totale pendant laquelle une personne peut être arrêtée. Un arrêt peut évidemment durer plusieurs mois si l’état de santé le nécessite, avec les prolongations ou dérogations adaptées.

Et pour un burn-out, une dépression ou une maladie longue ?

La réforme ne crée pas de règle spécifique selon la pathologie. Les mêmes plafonds s’appliquent en principe, mais la possibilité de déroger permet justement de tenir compte des situations où une durée plus longue est médicalement nécessaire.

Pour les troubles de santé mentale ou les maladies longues, l’enjeu reste donc le même : que la durée de l’arrêt soit adaptée à l’état réel du patient, et qu’elle s’inscrive dans un suivi médical.

Sur AirZen, nous avons déjà consacré un dossier au burn-out et aux signes d’épuisement professionnel. Il rappelle qu’un arrêt de travail peut parfois faire partie de la prise en charge, mais qu’il ne résume pas à lui seul le traitement ni le retour à l’équilibre.

Ce qui change… et ce qui ne change pas

En pratique, on peut résumer la réforme ainsi :

  • Oui, le professionnel doit désormais indiquer le motif médical destiné à l’Assurance Maladie.

  • Oui, un arrêt initial est normalement limité à 31 jours et une prolongation à 62 jours.

  • Oui, une durée plus longue reste possible si elle est médicalement justifiée.

  • Non, l’employeur n’a pas accès au motif médical.

  • Non, le salarié n’a pas de nouvelle formalité particulière à accomplir.

  • Non, la durée totale possible d’un arrêt maladie n’est pas limitée à 31 ou 62 jours.

Pour le patient, la réforme ressemble donc moins à un grand bouleversement administratif qu’à un nouveau cadre de prescription. Et dans la plupart des arrêts courts, vous ne verrez probablement aucune différence.

Le réflexe AirZen

Si votre arrêt doit dépasser quelques semaines, demandez simplement au professionnel qui le prescrit : « Quand dois-je vous revoir pour faire le point ? » C’est désormais la question la plus utile pour éviter une rupture entre deux prescriptions.

Sources :