Lieu : France

Quelques gestes simples d'octobre au jardin offrent un abri solide aux hérissons, aux oiseaux et aux insectes avant le gel

Christophe Duhamel· 4 octobre 2026 à 16:15

Le hérisson d'Europe figure désormais parmi les espèces « quasi menacées » selon l'UICN. Pourtant, quelques gestes d'automne suffisent à lui offrir un abri sec. Oiseaux et insectes profitent aussi de ces gestes, car un jardin trop propre les prive d'abris.

Un nourrissage des oiseaux se justifie avec des gelées durables, des graines grasses et des boules sans filet

Dès les premières gelées durables, les oiseaux dépensent plus d'énergie pour garder leur chaleur. Avant cela, mieux vaut patienter, car un nourrissage trop précoce perturbe leur recherche naturelle d'insectes et de baies.

  • Choisir des graines de tournesol noir, riches en huile et faciles à décortiquer.

  • Retirer les filets en plastique des boules de graisse, car ils coincent les griffes des mésanges et des rouges-gorges.

  • Écarter le pain, qui gonfle dans l'estomac, ainsi que les restes de repas salés.

  • Nettoyer les mangeoires chaque semaine à l'eau savonneuse pour freiner les bactéries dangereuses.

Vous pouvez préparer ces gestes dès octobre pour protéger les passereaux tout l'hiver. En outre, une mangeoire propre limite la propagation des maladies entre oiseaux.

Un tas de branches et de feuilles mortes, ou un abri en bois bien placé, protège hérissons et musaraignes du gel

Hérissons et musaraignes cherchent un abri sec et isolé pour passer l'hiver en léthargie. Un simple monticule de branches et de feuilles mortes offre cette isolation naturelle contre le gel. Les jardins comptent beaucoup, car pesticides, routes et disparition des haies privent déjà l'espèce de refuges.

Un abri en bois du commerce demande un bon emplacement. Placez-le à l'abri des vents dominants, puis garnissez-le généreusement de feuilles de chêne ou de hêtre. Elles résistent longtemps à la moisissure, contrairement à celles des arbres fruitiers, et gardent l'habitacle sec.

Pensez aussi à la libre circulation des petits mammifères sur tout le terrain. Aménagez de petites ouvertures au bas des clôtures pour leur éviter de s'épuiser à chercher un passage. Une ouverture d'environ quinze centimètres suffit à préserver leur territoire de chasse et de repos.

Des tiges creuses non coupées et une fosse de pierres abritent abeilles, orvets et crapauds jusqu'au printemps

La taille drastique des massifs à l'automne nuit aux insectes auxiliaires. En effet, de nombreuses abeilles solitaires pondent dans les tiges creuses des vivaces desséchées. Leurs larves y passent l'hiver à l'abri du gel, donc laissez ces tiges debout jusqu'au printemps.

Les amphibiens et les petits reptiles ont besoin de cachettes souterraines ou minérales. Creusez une petite fosse, remplissez-la de grosses pierres et de gravats, puis recouvrez-la de terre. Ainsi, orvets, crapauds et lézards s'y enfouissent profondément et restent hors gel jusqu'au retour du printemps.

Fourche dans le compost, tas de bois remué sans bruit ou réveil forcé peuvent tuer la faune endormie au jardin

Un coup de fourche dans le compost met en danger la faune endormie. Orvets, hérissons et musaraignes s'y réfugient en profondeur, car la décomposition des végétaux y diffuse une chaleur constante. Évitez donc de retourner ce tas pendant l'hiver.

Le tas de bois de cheminée abrite aussi des occupants discrets. Avant de prélever une bûche, annoncez votre présence en tapotant le bois et en faisant un peu de bruit. Cela laisse aux animaux cachés le temps de se manifester ou de fuir lentement.

Ne réveillez jamais un animal en pleine hibernation, même par simple curiosité. Un réveil forcé épuise ses maigres réserves d'énergie et menace sa survie. Mieux vaut donc observer à distance, ce qui préserve le sommeil de la faune jusqu'au printemps.

Un abri d’automne pour protéger les hérissons avant les premières gelées — AirZen