À Bordeaux, le dimanche soir, on skate entre filles au hangar Darwin

Pour que les filles puissent passer un moment plus détendu, l’association leur a ouvert un moment privilégié une fois par semaine. Elles sont de plus en plus nombreuses à répondre à l’appel.

Podcast

Skate féminin : leur donner confiance

1 - Skate féminin : leur donner confiance

01:55

Skate féminin : se révéler à soi-même

2 - Skate féminin : se révéler à soi-même

03:57

Skate féminin : une utopie qui a un lieu

3 - Skate féminin : une utopie qui a un lieu

04:10

“Darwin, c’est une utopie mais avec un lieu”, comme le décrit Tanguy Le Marec, manager du skate-park, “où on se rencontre de manière moderne, autour de sujets d’actualité, du social, de l’environnement”. On y retrouve un grand espace de coworking, le plus grand restaurant bio de France par son nombre de couverts, une boulangerie pâtisserie, Emmaüs, un atelier de réparation de vélo et le skatepark, le hangar Darwin, l’une des plus grandes associations sportives de Bordeaux. 

Depuis un an, un créneau est ouvert le dimanche soir, les Lev’elle up sessions, uniquement destinées aux filles. Musique entraînante à fond dans les enceintes et claquements de planches tonitruants, en skate, patins à roulettes ou rollers, plusieurs dizaines de filles s’en donnent à cœur joie sur les modules en bois. 

Prendre confiance

“Il y a de la place, c’est calme, c’est safe”, explique Georgina Bérézel, membre de l’association du skatepark de l’écosystème Darwin, qui a pour mission de rendre la discipline accessible aux femmes. “Les filles se donnent des conseils. Elles prennent plus le temps d’essayer, elles prennent confiance et leurs marques”.

« Il y a moins cette peur d’être jugée. On s’encourage. Je crains moins de foncer, d’y aller »

Une fois bien sur leurs roulettes, Georgina les pousse aussi à s’essayer aux sessions mixtes, qui, à l’écouter, a plus des allures d’autoroutes où il faut savoir s’imposer. D’où un petit entraînement dans de bonnes conditions le dimanche soir. “Dans les sports qui restent très masculins, les filles ont besoin d’être encouragées”, selon Georgina Bérézel. 

“Rien ne peut nous stopper” 

Les skateuses, ce soir-là, sont unanimes. “Il y a moins cette peur d’être jugée. On s’encourage. Je crains moins de foncer, d’y aller”, dit l’une d’elles. Et ici, pas besoin de faire attention au regard des autres. “On se sent vraiment soi, on se dépasse. Avec ce sentiment que rien ne peut nous stopper. La liberté, c’est vraiment le mot d’ordre”, poursuit une autre.  

Chloé, elle, fait du roller derby depuis plusieurs années. Elle tient un journal depuis ses débuts, ce qui lui permet de mesurer son parcours. “J’ose désormais prendre l’espace, m’exprimer. Mon rapport à mes émotions est devenu plus sain. Mon rapport aux autres, hommes et femmes, est meilleur également, parce que j’ai cassé quelques préjugés que j’avais malgré moi. Je peux désormais aller vers les autres en étant moi-même”.

Accessible et ouvert à tous 

Une pratique sportive, aussi, qui permet de redécouvrir son corps. “Je suis très reconnaissante envers mon corps qui me permet de faire autant de choses, d’être capable de faire du skate. Jamais de ma vie j’aurais pensé que ce lieu était pour moi”, avoue-t-elle fièrement. 

« J’ose désormais prendre l’espace, m’exprimer. Mon rapport à mes émotions est devenu plus sain »

Le hangar Darwin est l’un des skateparks les moins chers d’Europe. Une session à la journée coûte 5 euros, 60 euros à l’année, voire même 40 euros pour les étudiants, notamment. 90% des structures sont issues du réemploi.  

Les Lev’elle up sessions, réservées aux filles, ont lieu tous les dimanches soir, de 19 à 21 heures au hangar Darwin à Bordeaux. Une fois par mois, des sessions sont organisées pour les personnes à mobilité réduite. Les cours de skate sont gratuits pour les réfugiés, qu’une grande enseigne a pourvu en skateboards.