Surcharge mentale : 10 minutes par jour pour penser moins mais mieux

Camille Tribet· 29 janvier 2026 à 15:30

Et si la clé d’un mental plus léger tenait… à l’espace ? Inspirée du concept japonais « Ma », une méthode propose 10 minutes par jour pour calmer le bruit intérieur et muscler l’intuition, en 66 jours.

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À l’origine, « Ma » désigne l’art de l’espace entre les choses : en esthétique japonaise, « moins, c’est mieux ». Quelques objets choisis et surtout du vide, pour révéler leur beauté. Selon David Perroud, cette même logique peut s’appliquer à notre vie intérieure, lorsque les pensées s’enchaînent sans pause.  En créant de l’espace d’une pensée à l’autre, les idées deviennent plus claires, plus qualitatives et l’esprit retrouve une forme de calme. Il faut pour cela tenter de réduire la surcharge mentale imposée par un quotidien qui ne s'arrête jamais.

Un carnet-guidé, comme un rituel du matin

Concrètement, la méthode prend la forme d’un carnet : « Chaque matin, on ouvre le carnet et il y a un exercice qui nous est présenté », explique David Perroud, auteur de 10 minutes par jour pour penser moins et mieux aux éditions Jouvence.  L’objectif : installer un nouveau rituel, mieux connaitre ses pensées et mieux les diriger vers le positif.

La méthode repose sur une alternance de deux pratiques. D’abord, l’inventaire : « Pendant les 10 minutes, on va simplement écrire tout ce qui nous passe par la tête », précise-t-il. Ensuite, la relecture et la reformulation : on repère les pensées négatives, les croyances limitantes, puis on les réécrit de façon plus neutre ou plus constructive. Petit à petit, l’anxiété baisse et l’espace mental augmente.

Décharger son flux de pensées sur le papier n'est pas qu'un exercice de confort, c'est une technique anti-stress éprouvée qui modifie l'activité de l'amygdale cérébrale. Une étude menée par l'Université méthodiste du Sud (SMU) à Dallas en 2018 a démontré que la mise par écrit des émotions complexes permet de réduire la rumination mentale et fait baisser la tension artérielle. En traduisant des angoisses abstraites en mots concrets, le cerveau cesse d'analyser le problème en boucle et enclenche un processus de détachement.

Cette mise au repos de notre système nerveux central constitue le socle indispensable pour surmonter les pics de pression du quotidien, une approche globale et préventive que nous développons dans notre guide complet Gestion du stress : le guide complet d'AirZen pour retrouver votre calme afin de rééquilibrer durablement votre hygiène émotionnelle.

Moins d’anxiété, plus de clarté : l’effet cumulé des petits pas

Si la santé mentale est un sujet si transverse, ce n'est pas parce que nous encaissons moins que les générations précédentes, c'est que la société actuelle nous surstimule. Nous aurions environ « 30 000 pensées » par jour : beaucoup apparaissent et disparaissent sans laisser de trace consciente. « Le fait qu’on ne les ait pas gardées en mémoire ne veut pas dire qu’elles n’aient pas eu de l’effet », rappelle l'auteur. En les répertoriant, puis en les transformant, on reprend la main. Et l’ambition est forte : « Au bout de 66 jours, on a complètement révolutionné sa façon de penser. » Une promesse qui repose sur une idée accessible à tous : la régularité, plus que la performance.

Cette accumulation de pensées parasites est particulièrement exacerbée lorsque nos yeux restent fixés sur les flux algorithmiques continuels. Pour apprendre à dresser un pare-feu efficace contre cette fatigue informationnelle spécifique, consultez nos conseils pour contrer le Stress des ecrans : surmonter l'infobesite au quotidien et redonner de l'air à vos neurones.

Faire de la place dans sa tête, c’est aussi se donner une chance d’entendre ce qui compte vraiment. Dix minutes demain matin peuvent devenir le premier pas vers un esprit plus calme... et une intuition plus vivante.

Pour en savoir plus :

Qu'est-ce que le concept japonais du « Ma » appliqué à la psychologie ?

Dans la culture japonaise, le « Ma » désigne l'espace, le vide ou l'intervalle entre les choses qui permet de leur donner du sens. Transposé à notre santé mentale, il représente les pauses conscientes et le vide thérapeutique que l'on crée entre deux pensées pour empêcher la saturation du cortex préfrontal et calmer l'anxiété.

Pourquoi la méthode demande-t-elle précisément 66 jours de pratique ?

Le chiffre de 66 jours s'appuie sur les recherches en psychologie comportementale de l'University College de Londres (2009). Leurs études démontrent qu'il faut en moyenne 66 jours consécutifs pour qu'un nouveau comportement automatique s'ancre profondément dans le cerveau et remplace une ancienne habitude, comme la rumination négative.

Comment différencier la surcharge mentale d'une simple fatigue passagère ?

La surcharge mentale se caractérise par une sensation d'esprit embrumé constant, une incapacité à prendre des décisions simples, des insomnies liées à des ruminations nocturnes et une hyper-réactivité émotionnelle aux imprévus. La fatigue passagère cède après une bonne nuit de sommeil, contrairement à la saturation cognitive.

Le rituel des 10 minutes fonctionne-t-il si on le fait le soir ?

Bien que David Perroud recommande de pratiquer ce rituel le matin pour aborder la journée avec un esprit clarifié, l'inventaire des pensées peut s'avérer très efficace le soir. Écrire ses sources de stress avant de dormir permet de vider la mémoire de travail et d'abaisser l'hyper-éveil, favorisant ainsi un endormissement plus rapide.

#Mieux être