Au collège et au lycée, trop de filles décrochent du sport. Des associations et des éducateurs réinventent les règles du jeu pour une pratique plus inclusive, sûre et joyeuse.
Épisodes
Demain, le sport sera-t-il accessible aux filles comme aux garcons ? (partie 2)
Adapter la pratique sportive aux jeunes filles
Le sport au féminin : on a besoin de plus de modèles
D’autre part, l’offre sportive reste souvent pensée autour de la performance et de la compétition, alors qu’une partie des adolescent.es aspire à autre chose. « Beaucoup voudraient une pratique plus en loisirs, plus dans la coopération, moins dans la compétition », souligne Alexanne. Quand les structures ne proposent qu’un modèle unique, celles et ceux qui ne s’y reconnaissent pas finissent par s’éloigner. En milieu rural par exemple, cette mécanique peut se transformer en impasse. « Un club en milieu rural, s’il n’y a pas assez de filles, il n’y a plus de sport ».
Ce décrochage n’est pas seulement une affaire de logistique. Il touche aussi à la façon dont on se sent accueilli : dans un vestiaire, sur un terrain, dans un cours d’EPS. Quand l’ambiance devient “jugeante”, quand la comparaison ou les complexes s’installent, ou quand la peur du regard prend le dessus, l’activité perd son rôle de refuge et de plaisir.
Heureusement, des solutions concrètes existent
Bonne nouvelle : des initiatives existent déjà, concrètes, duplicables, et souvent simples à mettre en place. L’association Play International développe des programmes en mixité en valorisant le jeu coopératif. L’idée : modifier les règles pour que l’avantage ne dépende pas uniquement de la puissance ou de la vitesse, mais aussi de l’intelligence collective.
« Le but, c’est d’éviter cette opposition fille-garçon en permanence », insiste Tess Harmand de l’association Alice Milliat. En adaptant les règles, on valorise davantage le collectif, la mobilité, la stratégie, l’entraide. Et on permet à chacun d’exister dans la partie, quel que soit son gabarit ou son tempérament.
Le sport a un pouvoir unique : il construit la confiance, le goût de l’effort, le sens du collectif. Quand il devient accessible à toutes et tous, il agit comme un accélérateur d’égalité et de bien-être. En redonnant aux adolescentes des raisons de rester – et à chacun la possibilité de trouver sa place – ces initiatives dessinent un horizon simple et solide : celui d’une pratique sportive qui fait grandir, ensemble.