Lieu : France

Ce chef espagnol aux douze étoiles Michelin snobe le four pour un poulet juteux saisi en deux minutes de poêle

Christophe Duhamel· 29 août 2026 à 10:47

Le chef basque Martín Berasategui, détenteur de 12 étoiles Michelin, mise sur la cuisse de poulet saisie deux minutes à la poêle plutôt que sur un four. Sa recette associe lanières dorées, émulsion de parmesan et pointe de vinaigre de Xérès pour une texture juteuse et contrastée.

Le choix du morceau qui change tout, pourquoi la cuisse de poulet résiste mieux à la chaleur vive que le blanc désossé

En France, le poulet domine les assiettes. L'interprofession ANVOL recense 31,7 kg consommés par habitant en 2025, une hausse continue depuis plusieurs années. Cette popularité s'accompagne d'un travers fréquent, par prudence, la cuisson se prolonge, surtout au four, et la chair perd son jus.

Martín Berasategui règle la question dès la découpe du poulet. Son choix se porte sur des cuisses désossées et sans peau, la version espagnole appelée contramuslo, taillées en lanières régulières d'environ un centimètre sur six.

La cuisse contient davantage de graisse intramusculaire et de collagène que le blanc, deux éléments qui amortissent la chaleur vive sans assécher la fibre. Le blanc, très maigre, pardonne moins l'excès de cuisson et perd son moelleux en quelques minutes de trop.

Deux minutes à feu vif, la technique de poêle qui scelle le jus du poulet sans dessécher la chair ni la fibre

Une fois les lanières prêtes, la poêle chauffe fortement à feu vif avec un filet d'huile d'olive et une gousse d'ail émincée, germe retiré pour éviter l'amertume. Le poulet cuit ensuite en une seule couche, environ deux minutes.

  • Cuisson par petites fournées, pour garder une poêle assez chaude

  • Morceaux fins et réguliers, pour une cuisson homogène sans partie crue ni partie sèche

  • Sel et poivre ajoutés en toute fin de cuisson, pour éviter que la viande ne dégorge

  • Pour le blanc de poulet, des lamelles plus fines encore et un temps de cuisson réduit au minimum

  • Une courte pause hors du feu, sous une assiette retournée, pour laisser les jus se redistribuer

Cette organisation évite l'erreur la plus fréquente en poêlée rapide, celle d'une poêle qui refroidit dès que trop de viande y entre d'un coup. Résultat en bouche, une croûte dorée qui craque, un cœur resté tendre.

La sauce au parmesan préparée par infusion lente, une onctuosité légère qui n'alourdit jamais l'assiette

Le poulet saisi repose ensuite sur une base crémeuse préparée à part. Le chef porte à ébullition 100 g de lait entier, 100 g de crème et 200 g de bouillon de volaille, puis retire du feu avant d'ajouter le parmesan râpé.

Hors du feu, le mélange infuse une trentaine de minutes, puis se mixe et se filtre finement pour donner une émulsion lisse, sans farine ni roux. À la maison, un grana padano ou un vieux comté suivent le même principe.

La salade acidulée à la pomme verte qui équilibre la richesse de la sauce au parmesan dans l'assiette

Pour contrebalancer cette onctuosité, Martín Berasategui ajoute une petite salade de jeunes pousses assaisonnée d'huile d'olive, de sel, de poivre et d'un trait de vinaigre de Xérès, plus aromatique et rond qu'un vinaigre de vin classique.

Une pomme verte type Granny Smith, détaillée en fins bâtonnets, apporte un croquant net et une fraîcheur acide au moment du dressage, un contraste de texture qui réveille le palais entre deux bouchées fondantes de poulet et de sauce.

Dans l'assiette, une cuillerée de sauce au parmesan se dépose en premier, suivie des lanières de poulet bien dorées, puis de la salade et des bâtonnets de pomme en finition. Le résultat reste gourmand sans jamais devenir lourd.